Tiandi

Bada Shanren

Aigle, encre sur papier de Bada Shanren, , 1702

朱耷 Zhū Dā

Zhū Dā ( 1625- 1705 ) fut un peintre et calligraphe chinois du XVIIe siècle, descendant de la dynastie Ming par le prince Zhu Quan. Il est aussi connu, en particulier en Chine, sous le pseudonyme de 八大山人 Bādà Shānrén, L’homme des huit grandes montagnes, un pseudonyme religieux qu’il prit à partir de 1684.

Il commença très jeune à peindre et à écrire des poèmes. En 1644, quand l’empereur Chongzhen se suicida après la prise de Beijing par une armée rebelle et le franchissement de la Grande Muraille de Chine par l’armée mandchoue, le jeune homme trouva refuge dans un temple bouddhiste et se fit moine à 23 ans sous le nom bouddhique de Chuanqi, obtenant rapidement le titre de prêtre puis d’abbé.

Lotus, encre sur papier de Bada Shanren

En 1672, à la mort de son maître spirituel, l’abbé Hong Min, il quitte le monastère et mène une vie de moine-artiste itinérant. Il rejoint la cour de Hu Yitang, magistrat du comté de Línchuān. Hésitant à faire carrière en raison de son ascendance Ming, il fut particulièrement contrarié par le départ de son protecteur, Hu Yitang.

哑 yǎ

Le cœur brisé, à moins qu’il n’ait été atteint d’une affection cérébrale, il refusait de parler à quiconque : sur sa porte il avait écrit le caractère 哑 yǎ , muet. Il gesticulait frénétiquement, buvait à l’excès, alternant les rires et les pleurs. Dans un accès de rage, il aurait brûlé sa robe mettant ainsi un terme à sa vie monastique. À 54 ans, il renoue ainsi avec la vie profane et se marie tout en restant un peintre itinérant.

Encre sur papier, Bada Shanren

Sa réputation de peintre sauvage en a fait une légende. Ses coups de pinceau vifs et spontanés sont caractéristiques. En calligraphie, il s’inspire du style de Weijin. Pour la peinture de paysage, il a été influencé par 董其昌 Dǒng Qíchāng et 黃公望 Huáng Gōngwàng. Et pour la peinture de fleurs et d’oiseaux, par 林良 Lín Liáng, 沈周 Shěn Zhōu et 徐渭 Xú Wèi.