Douze méridiens tendino-musculaires

十二筋經 shí èr jīn jīng

Chacun des douze méridiens réguliers possède un méridien tendino-musculaire qui part de son point puits et circule de façon très superficielle véhiculant le souffle défensif à la limite du derme et de l’épiderme. Le méridien tendino-musculaire double plus ou moins le trajet du méridien régulier le long des muscles selon un parcours centripète, vers l’extérieur.

Les 12 vaisseaux tendino-musculaires, quoique parcourant plus ou moins les mêmes trajets que les méridiens principaux dont ils dépendent, sont des ramifications superficielles des mêmes méridiens. Ils sont centripètes, ils prennent naissance aux extrémités, aux points puits des méridiens principaux, et bien qu’ils se trouvent à l’intérieur de l’abdomen et du thorax, au contraire des principaux, ils ne sont pas en relation directe avec les organes internes (脏腑 zàng fǔ). Ils connectent et lient l’ensemble des os, ils entourent le corps entier en maintenant les segments du squelette à leur place et ils se concentrent surtout aux affaissements des membres, très près des articulations.

Le terme 筋 jīn comprend les différentes significations de muscles, nerfs, tendons, ligaments, aponévrose et force musculaire, ils devraient en réalité s’appeler méridiens neuro-tendino-ligaments-musculaires. On peut donc admettre l’existence d’un système circulatoire de l’énergie, constitué par des vaisseaux secondaires superficiels qui arrivent en profondeur et spécialement en correspondance avec les articulations. Ces vaisseaux débutent aux extrémités, aux points puits des méridiens principaux, et par un parcours centripète recouvrent comme des larges rubans la surface des muscles du squelette. De cette façon ils définissent la forme du corps, l’assemblage des différentes parties du squelette et la motilité de l’individu.

Comme les méridiens principaux dont ils sont une ramification, on les distingue en quatre groupes trois yin et trois yang du membre supérieur et du membre inférieur qui s’unit aux quatre zones d’union ou points d’union. Ces points sont : le zygoma pour les trois yang du membre inférieur (18 IG , Creux de la pommette), le front pour les trois yang du membre supérieur (13 VB, Racines spirituelles), le pubis pour les trois yin du membre inférieur (3 VC, Centre du faîte) et le thorax pour les trois yin du membre supérieur (22 VB, Abîme de l’aisselle).

Les points d’union des méridiens tendino-musculaires

Illustration des méridiens tendino-musculaires
Les méridiens tendino-musculaires

Le tendon du taiyang de pied commence au petit orteil … et descend se nouer à la pommette …
Le tendon du shaoyang de pied commence sur le quatrième orteil … et monte se nouer à la pommette …
Le tendon du yangming du pied commence au troisième orteil … arrive au creux sus claviculaire et s’y noue, monte au cou et des deux côtés de la bouche, s’unit aux pommettes …

Classique ordonné de l’acupuncture

À chaque jīn jīng d’un méridien yang du membre inférieur, correspond une intersection commune avec les deux autres jīn jīng de la même catégorie, dans le cas présent, la pommette avec le point Creux de la pommette. Il peut exister des divergences au niveau de certains points. Certains auteurs considèrent que le Coin de la tête est le point d’union des trois jīn jīng des méridiens yang des membres inférieurs à la place du point Racines spirituelles, et que, à la place du point Centre du faîte, le point Os courbe est celui des jīn jīng des méridiens yin des membres inférieurs. D’où l’intérêt de parler des zones d’union. Effectivement on constate que les points en question sont proches l’un de l’autre, tout en sachant que certains auteurs doutent même de l’existence des ces points d’union. Néanmoins, il est difficile de les nier à la vue de la biomécanique modeme.

La biochimie et la physiologie musculaire montrent que le sarcomère, donc la fibre musculaire, représente le dispositif énergétique qui transforme les apports alimentaires – respiratoires en travail musculaire, l’énergie trophique (榮氣 róng ou 營氣 yíng qì) en énergie mécanique.

La biomécanique moderne est parvenue à la définition d’effecteur périphérique qui, dépassant les divisions structurelles descriptives topographiques des muscles, tendons, ligaments, faisceaux s’inspire au concept fonctionnel selon lequel l’acte moteur implique la participation active de différentes unités fonctionnelles telles que le tissu musculaire, osseux, connectif, ligamenteux et des faisceaux.

Schéma de la coordination des muscles antagonistes
Coordination des muscles antagonistes

On précise en outre que le grand nombre de mouvements des différents segments du squelette effectués dans différentes postures, ne sont pas toujours le résultat de la simple contraction-raccourcissement d’ un muscle entre deux segments squelettiques unis par une articulation.

Souvent un mouvement est le résultat de l’implication fonctionnelle de fibres ou de parties de muscles différents, même innervés par des troncs nerveux différents, mais aussi de ligaments et tendons chargés de la fixation-coaptation des têtes articulaires, qui peut changer selon les conditions où le mouvement est accompli.

Donc selon les enseignements de la médecine traditionnelle chinoise, les vaisseaux tendino-musculaires, qui devraient s’appeler en fait neuro-tendino-ligamento-musculaires, peuvent être considérés aujourd’hui au point de vue biomécanique comme des effecteurs périphériques, c’est-à-dire comme l’ensemble des myofibrilles qui, même si elles appartiennent à des muscles différents, participent avec les tendons et les ligaments aux fonctions de statisme et dynamisme de l’organisme. Au point de vue énergétique ils peuvent être considérés comme des dispositifs capables de transformer les substrats énergétiques venant de l’alimentation et de la respiration (énergie trophique) en énergie mécanique.

La biomécanique moderne, en franchissant l’aspect purement descriptif topographique de muscles, tendons, ligaments, faisceaux, etc., introduit le concept strictement fonctionnel d’effecteur périphérique. L’effecteur périphérique constitué de l’ensemble des fibres musculaires d’un muscle ou d’un groupe de muscles, des tendons et de leurs insertions, des ligaments et tendons pour la coaptation des têtes articulaires, représente le dispositif responsable du mouvement et du travail musculaire.

Le mouvement, mais aussi le maintien d’une position et le tonus musculaire, sont le résultat de phénomènes énergétiques, biochimiques, physiques et biomécaniques qui concernent les effecteurs périphériques. Dans cette optique au point de vue fonctionnel, les méridiens tendino-musculaires peuvent être considérés comme des lignes de force qui en s’insérant à proximité des articulations qu’ils contrôlent, créent le mouvement et la complexe dynamique articulaire. Au point de vue biomécanique, ils peuvent être assimilés à des effecteurs périphériques qui régissent les fonctions de statisme et dynamisme du corps. Si l’on remarque que les fibres musculaires, les lignes de force qui configurent le méridien tendino-musculaire peuvent appartenir à des muscles différents contigus ou proches, même innervés par des troncs nerveux différents, l’image de bandes ou rubans que l’on attribue aux méridiens tendino-musculaires prend un sens fonctionnel moderne et une signification ali


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