Shén

神 shén : divinité, dieu, Dieu, esprit, expression, air, énergie
shén
divinité, dieu, Dieu, esprit, expression, air, énergie
Le radical 113, qui signifie le culte des ancêtres, est un des 23 des 214 radicaux chinois répertoriés dans le dictionnaire de Kangxi composés de cinq traits.
申 shēn
9e des 12 Rameaux terrestres (15h-17h), affirmer, exprimer

神 se décompose en 礻et 申.

  • 礻évoque les influences venant d’en haut, les signes par lesquels le ciel instruit les hommes ; le ciel, le soleil, la lune et les étoiles révélant aux hommes les choses transcendantes.
  • 申 shēn figure l’expansion alternante des forces naturelles.

Vibration première se déployant dans l’infini du multiple, il se répand dans toutes les directions, il n’est pas de lieu où shén n’aille.

Isabelle Robinet in Méditation taoïste

Quand le Ciel-Terre produit les dix mille êtres, chaque être est pourvu d’un [principe] maître, c’est ce qu’on appelle le shén.

說文解字 Shuōwén jiězì

Le caractère 神 est employé dans les inscriptions sur bronze, comme dans les textes les plus anciens, avec le sens des esprits des ancêtres et des esprits de la nature : les puissances qui sont au ciel et qui exercent un pouvoir en bas sur leurs descendants; les puissances qui commandent les phénomènes célestes, les forces de la nature, comme 電, l’éclair, caractère dont la partie inférieure est analogue à 申 , et qui représente une longue extension qui s’étire dans le ciel et vient pénétrer la terre.

D’où l’usage de 神 shén pour les esprits du ciel, par opposition à 鬼 guǐ les esprits de la terre. Les shén sont des êtres dotés d’une puissance divine, exerçant leurs influences sur les hommes et la nature entière. Leur pouvoir est merveilleux, prodigieux, miraculeux, subtil.

Les esprits sont le ressort de ce qui se passe dans le monde, la source des transformations qui font apparaître les multiples formes de vie. Ils sont l’ordre sacré de la vie dans chaque phénomène naturel comme dans les affaires humaines. Ils président à toutes les activités de la nature et de l’homme.

Ils contrôlent en l’homme tous les mouvements de sa psychologie comme de sa physiologie. Un homme « spirituel » est éclairé, de l’intérieur, par ces puissances célestes; c’est un être inspiré et merveilleusement sage.

La destinée de l’homme est de devenir de plus en plus semblable aux esprits, de devenir lui-même un esprit du Ciel, après sa mort ou de son vivant.

Le sens exact d’esprit dépend toujours du contexte de son emploi et des autres notions auxquelles il se trouve associé. Il varie par exemple selon que l’on parle des divinités de la nature ou protectrices, bienfai-santes ou dangereuses, à un niveau de croyances populaires, voire de superstitions; ou que l’on parle des esprits qui se rendent présents en un homme, ou encore des esprits qui président à la vie de l’univers.

Dans les textes médicaux, la notion de shén est employée à plusieurs niveaux, déterminés par le contexte.
En tant qu’extérieurs à l’être, les esprits sont les puissances cosmiques, célestes, originelles ( 原神 yuán shén ), qui permettent à chaque phénomène vivant de débuter et dérouler la chaîne des changements et transformations qui composent son existence. Les esprits manifestent l’ordre naturel de la vie dans le cosmos, qui se voit par exemple dans l’alternance régulière des quatre saisons, du jour et de la nuit, dans la modération du vent et de la pluie … Ces manifestations harmonieuses s’offrent à notre intelligence comme un exemple et un modèle pour la conduite de notre propre vie.

Ces mêmes puissances se rendent présentes dans un corps humain, par elle-mêmes et par le fait de l’homme. Les esprits investissent une vie humaine dès les débuts de sa formation, au stade fœtal, car la subtilité des essences propres à la nature humaine attire et accueille 精神 jīng shén, les esprits vitaux; ces esprits apportent la lumière, la possibilité d’intelligence et de compréhension, 神明 shén míng, l’Intelligence spirituelle, qui donne sa spécificité à 心 xīn, au cœur humain, et lui confère conscience et discernement. Par sa conduite, un homme fait venir à lui et en lui les esprits, ou les rejettent. Celui qui se garde dans le calme et l’équilibre, sans désirs ni passions qui troublent xīn et obscurcissent l’entendement, est de plus en plus éclairé par les esprits, en contact avec la nature des choses et l’ordre du monde; il et sage et avisé, se conduit d’autant mieux et s’emplit encore davantage d’esprits.

On peut alors dire que les esprits qui sont en mon cœur sont en moi, qu’ils sont mon cœur et qu’ils sont moi; ou encore que « je » est « mon cœur » . Si je deviens ce que je suis destiné à être, par nature, alors je deviens esprit ou semblable aux esprits, puisque, par nature, les esprits viennent dans un humain et donnent la lumière à son cœur pour qu’il puisse conduire sa vie selon l’ordre naturel.


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