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La méditation Tonglen

Chogyam Trungpa Rinpoché dans le film Crazy Wisdom de Johanna Demetrakas

གཏོང་ལེན

Donner-recevoir est une pratique méditative d’entraînement de l’esprit du bouddhisme tibétain permettant de développer la compassion.

L’approche du tonglen n’est pas particulièrement subtile. […] Si l’on pense au bouddhisme et à sa profonde sagesse, à sa philosophie raffinée et à ses techniques perfectionnées, il est étonnant qu’on ait pu inventer une pratique aussi simple et primitive. Mais nous la faisons et elle marche. Elle semble avoir donné de bons résultats pendant plusieurs siècles. […] Des générations entières de pratiquants ont perfectionné la technique ; elle a fait ses preuves.

Chögyam Trungpa 

Cette pratique fait partie des principes du Lojong attribués au maître bouddhiste indien Atisha Dipankara Shrijnana, né en 982. Ces instructions furent d’abord mises par écrit par un maître du Kadampa, Langri Tangpa (en) (1054–1123). La pratique devint plus connue grâce au geshé (lama) Chekawa Yeshe Dorje (en) (1101–1175) qui l’évoque dans ses Sept points de l’entraînement de l’esprit (point sur le bodhicitta relatif). Cette liste de proverbes ou slogans compilée ensuite par Chekawa est souvent appelée Les slogans d’Atisha. Le quatorzième Dalaï-lama, qui pratiquerait le tonglen chaque jour, aurait dit à propos de cette technique : « Que cette méditation aide vraiment ou non, elle me procure la paix de l’esprit. Je peux alors être plus efficace et le bénéfice est immense ». Sa Sainteté a déjà offert une traduction des huit versets dans un de ses livres.

Il existe différents types de pratiques du tonglen. De manière générale, il faut tout d’abord s’asseoir, ramener l’esprit à lui-même et en percevoir la véritable nature, puis à prendre sur soi la souffrance d’un ou plusieurs êtres et à leur donner notre bonheur, bien-être, la paix de notre esprit. Cette pratique a pour support la respiration. On imagine la souffrance des êtres sous forme symbolique de fumée ; en l’inspirant celle-ci disparaît au centre de l’être. Puis lors de l’expiration, une lumière merveilleuse représentant ce qu’il y a de mieux pour chacun est renvoyée.

Sogyal Rinpoché préconise comme préalable de pratiquer tonglen pour soi avant de le pratiquer pour autrui : il s’agit de cultiver en soi l’amour et la compassion, de se guérir « de toute réticence, détresse, colère ou peur qui pourraient vous empêcher de pratiquer tonglen de tout votre cœur »

  • Asseyez-vous dans une position de méditation et concentrez-vous sur votre véritable nature. Elle peut prendre, si vous le désirez, la forme de la sagesse collective, de la compassion ou de votre moi superieur.
  • Maintenant, pensez à une émotion qui est difficile ou vous met mal à l’aise. Il s’agit peut-être de la peur qui accompagne les pensées sur l’accouchement. Allez au cœur de votre inconfort et de votre souffrance. Il se peut que vous sentiez une réaction automatique de résistance qui repousse la peur ou que vous vouliez faire quelque chose pour ne pas la sentir. Prenez note de ce qui se passe et respirez dans l’inconfort, tout en sachant que des millions d’autres femmes ressentent la mine chose.
  • Pendant que vous prêtez attention à cette émotion, prenez conscience de la souffrance que celle-ci a suscité en vous. Prenez mentalement note du stress et de l’inquiétude que vous avez vécus à cause de la peur. Peut-être votre sommeil a-t-il été perturbé ou avez-vous eu la mèche courte. Maintenant, éprouvez un sentiment de tendresse et de bienveillance à cette partie de vous-même qui a peur.
  • Inspirez cette émotion difficile qui est comme un nuage gris ou une fumée noire et intense. Inspirez-la par tous les pores de votre peau.
  • Expirez une lumière blanche, fraîche et rafraîchissante qui possède la nature de l’inspiration, de la vastitude, de la joie aimante et du lâcher-prise. Envoyez cette lumière vers la partie de vous qui souffre sous l’effet de la douleur. Expirez par tous les pores de la peau.
  • Si vos pensées vous distraient, prenez-en note sans vous laisser prendre par elles et transformez-les en fumée noire.
  • Remarquez si votre respiration est plus longue et profonde à l’inspiration ou à l’expiration. Est-il plus facile pour vous de donner ou de recevoir?
  • Pendant que vous respirez, continuez de donner et de recevoir aussi longtemps que vous vous sentez à l’aise. En approfondissant cette méditation, vous deviendrez de plus en plus intime avec vos émotions. Parallèlement, votre niveau d’aise et de confiance augmentera.

Grâce à la pratique du Tonglen, nous nous lions d’amitié avec nos émotions difficiles et sommes par la suite plus capables de ne pas fuir quand elles surviennent. En nous rapprochant de nos peurs, nous ouvrons notre cœur à nous-mêmes et la compassion advient non seulement à notre égard, mais également à celui des autres. Il se peut que nous soyons libérées de la peur de l’accouchement ou du moins que nous soyons plus à l’aise avec ce dernier. Ainsi la peur aura moins de pouvoir paralysant sur nous. Le Tonglen nous aide à nous relaxer et à nous préparer aux défis de l’accouchement et à son énergie puissante.


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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie