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Le champ de cinabre inférieur

Représentation de la vision intérieure du corps (內經圖 nèijīng tú), détail avec champ de cinabre

下丹田 xià dān tián

La priorité que nous accordons à l’intellect induit une séparation quasi permanente entre la tête et le corps. Tout se passe, pour l’Occidental, au niveau de la tête, siège du cerveau et de la plupart des capteurs sensoriels, yeux, oreilles, nez, bouche. Selon la médecine chinoise traditionnelle, chaque organe étant soutenu et sous-tendant un état de conscience qui lui est propre, le cerveau ne joue qu’un rôle d’ordinateur, à même de recevoir et de transmettre des informations au reste du corps. De ce fait, chaque zone du corps doit être préservée, reconnue en tant que lieu de vie physico-psychique. De même, toutes les attitudes de la vie courante (la station debout, assise, la marche, etc.) doivent être vécues en pleine conscience de la dimension intérieure à laquelle elle participe.

Faisons descendre notre attention vers le ventre. C’est en effet dans cette zone que nous pouvons réellement nous poser, nous stabiliser, trouver la source de l’extension du corps vers le ciel et la terre. C’est dans le ventre que doit se placer notre centre de gravité. Pour les Chinois et les Japonais, le ventre est le siège de l’énergie vitale, de la force, mais aussi de la conscience de vivre.

Sur certaines sculptures romanes du Christ, les plis de son vêtement forment dans la région du ventre une spirale tout à fait représentative de la présence d’une énergie particulière dans cette zone. L’assise du Christ, dans ces sculptures, se fonde réellement dans cette région du corps.

Le champ de cinabre inférieur, n’est pas l’abdomen dans son ensemble mais le bas-ventre, limité à l’arrière par le point Porte du destin, entre les vertèbres lombaires 2 et 3, et à l’avant par l’ombilic. Cette région du ventre est la réserve des souffles originels, de l’énergie ancestrale, énergie primordiale de tout phénomène créé, acquise au moment de la conception. Sur le ventre, à 3 cm sous le nombril, se trouve un autre point important de concentration, le point Mer des souffles.

L’activité de cette zone préside à tout art martial, au qi qong et au taijiquan, à la pratique traditionnelle du tir à l’arc et à la méditation. Ces arts, s’ils sont pratiqués de façon ponctuelle, doivent nous conduire à entretenir et à nous servir de manière constante de cette énergie vitale. Se poser dans son ventre, dans toutes les activités quotidiennes, apporte un équilibre physique et psychique, le moyen d’aborder toutes les situations dans le calme et la sérénité.

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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie