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La posture assise

Bouddha Maitreya sous sa forme de Milefo entouré de disciple, temple de Lingyin, près de Hangzhou

Sur une chaise

Asseyez-vous au bord de la chaise, ce qui permet d’ériger le dos à la verticale.

  • Respirez tranquillement.
  • Construisez votre posture depuis la base : les deux pieds, légèrement espacés, sont fermement à plat sur le sol, prenez conscience des muscles des cuisses qui se relâchent.
  • Sentez l’appui des ischions sur la chaise et, à partir de ce support, grandissez votre colonne vertébrale petit à petit, en respectant une légère cambrure lombaire.
  • Créez de l’espace entre les vertèbres, rentrez le menton légèrement, ” poussez le plafond” avec le sommet du crâne.
  • Le dos s’élargit, les épaules s’ouvrent et descendent, détendues.
  • Les mains sont ouvertes sur les cuisses, ou encore placées main droite dans la main gauche devant le bas ventre. Détendez le visage, la nuque, et fermez les yeux.

Sur un coussin

Si vous êtes assis sur un coussin, jambes croisées, choisissez un support suffisamment haut pour que vos genoux touchent le sol et s’y appuient fermement.

  • Prenez conscience du triangle formé par les ischions sur le coussin et par les genoux au sol.
  • A partir de cette base, ériger la colonne vertébrale en respirant lentement, comme pour la posture sur la chaise.
  • Les mains s’ouvrent sur les cuisses ou se placent devant le ventre, main droite dans la main gauche.
  • Détendez le vi sage, la nuque, et fermez les yeux.

Bien que tous les agirs soient actifs dans cette posture, elle symbolise, particulièrement dans sa forme, la montagne ou la pyramide : base ferme et large sur le support, branchement à la terre et sommet léger, en relation avec le Ciel. Le temps que dure cette pratique, suivez simplement le va-et-vient du souffle.

Accueillez le souffle dans le bas-ventre et laissez-le repartir. Restez très vigilant quant à la posture, rectifiez avec délicatesse toute zone qui se relâche. L’attention doit permettre l’entretien d’un juste équilibre entre les étirements qui permettent la posture correcte et une recherche d’ouverture intérieure, d’espace, dans les moindres segments du corps. Vous êtes comme lesté en votre assise, en votre ventre, ce qui vous permet de défroisser toutes les parties du corps. Dans le souffle, l’esprit se déploie à l’intérieur tout en se centrant dans le ventre.

Les mouvements du diaphragme, qui procurent un massage des viscères de l’abdomen dans cette respiration abdominale, transcrivent les mouvements respectifs des énergies de l’estomac et de la rate: l’énergie de l’estomac descend, celle de la rate monte. Terre vivante en votre centre, les mouvements diaphragmatiques équilibrent parfaitement ces énergies.

Se centrer

Ramenez constamment votre mental sur la posture et le va-et-vient du souffle, il n’y a rien d’autre à faire… et c’est déjà beaucoup ! Par la pratique quotidienne, l’entretien de cette stabilité physique et mentale, sans rigidité, vous procure un apaisement certain. Cette posture vous fait ressentir ce que se centrer veut dire et vous pourrez ainsi, quand vous le souhaitez, retourner à ce centre. Pensez à la localisation de la terre au centre des quatre autres agirs : de cette position centrale, elle donne à tous et reçoit de tous. Vous-même au centre, dans votre centre, vous acquérez ce rayonnement et cette réceptivité. Le centre permet la situation dans l’espace des quatre points cardinaux, sans point central, sans observateur, il n’y a pas d’orientation possible. Parler de recentrage suppose que l’on puisse se décentrer. C’est le cas, par exemple, des moments où vous êtes sous le coup d’une émotion. Vous êtes alors hors de vous. Sous l’effet de la colère, vous sortez de vos gonds, ou au contraire vous vous trouvez pétrifié par la peur, noué par l’angoisse. Tous ces comportements se manifestent en tant qu’explosion vers l’extérieur ou fixité, stagnation ; dans ces derniers cas, le centre devient totalement mou ou rigide. De même, la concentration intellectuelle prolongée, si elle ne semble pas perturbante, suscite pourtant un effort mental dans une direction, à l’extérieur de soi, à l’image du regard cherchant à suivre vers l’infini un fil hypertendu. Le centre actif se situe alors dans votre tête et le reste du corps, en quelque sorte, s’atrophie. Lors de toutes ces expériences quotidiennes, votre activité ou vos réactions ne procèdent plus d’un centre, du pôle stable de votre être, et, de ce fait, votre faculté d’émetteur-récepteur se perd. Apprenons à vivre, notamment dans cette pratique, l’aller et le retour immuable du souffle, dans un corps posé.

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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie