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Texte de Tao Bingxiang

Un peu sous la surface des classiques du taijiquan

J’apprends l’art du taijiquan (également appelé boxe de l’ombre) depuis soixante ans, et je suis également engagé dans l’enseignement de cet art depuis quarante ans. En ce qui concerne cet art de la boxe, avec sa théorie exceptionnellement profonde, j’ai toujours l’impression que lorsque j’enseigne, il est difficile de savoir par où commencer.
L’étude de l’art du taijiquan doit être basée sur les classiques et traités du taiji. L’essentiel de la pratique et de la réalisation a déjà été complètement inclus sans omissions dans les classiques et les traités, qui se sont transmis depuis des générations ; néanmoins, comme ces travaux sont indépendants, ils sont difficiles à comprendre sans faire de lectures intensives, de recoupements et de vérifications. Pour aider ceux qui souhaitent étudier cet art à mieux comprendre, j’ai pris la liberté, malgré les limites de ma propre compréhension, d’introduire les classiques et les traités en synthétisant, en classant et en organisant les principaux écrits dans une analyse concise.

Les classiques et traités utilisés dans ce livre sont basés sur les textes couramment disponibles du style Yang. Ils se composent des éléments suivants :

  • Le Traité de Chang San Feng sur le taijiquan
  • Le Traité du taijiquan de Wang Tsung Yueh de la dynastie Ming
  • L’explication la plus interne de la pratique des treize postures
  • Le chant de frapper avec la main

La théorie nécessaire à la pratique du taijiquan n’est pas difficile, mais il est très difficile d’atteindre le domaine décrit par la théorie. Pour ce faire, il faut une pratique minutieuse ; ce n’est pas quelque chose qui peut être atteint simplement en étant enseigné. Les mots des classiques et des traités ne sont pas difficiles à comprendre, mais si l’on fait trop d’explications et de commentaires, il est difficile d’éviter d’ajouter ses propres idées, ce qui permet de s’éloigner facilement du sens original. Ce livre adapte donc les textes originaux, sans insérer d’interprétation supplémentaire. À mon avis, le type de catégorisation et d’arrangement fait dans ce livre est suffisant pour permettre aux détails et aux spécificités de devenir clairs par eux-mêmes, et peut conduire à des indices sur les bonnes méthodes de pratique. La poursuite d’un haut niveau dans cet art dépend d’une bonne appréhension de la théorie et d’une pratique acharnée. Mais puisqu’il est possible que mes propres pensées ne soient pas correctes. J’espère que mes lecteurs experts prendront la peine de corriger mes erreurs.

Objectif

Quelle est la norme par laquelle nous jugeons la base et les applications des pratiques ? La bonne méthode est que l’esprit commande et que le corps (os et muscles) obéisse.

Quel est le but de pousser les mains? Une jeunesse constante et une longue vie.

Le commentaire original dit : Ce sont les paroles transmises par le patriarche taoïste, Chang San Feng de la montagne Wu Dang. Il voulait que les peuples héroïques et généreux du monde aient une longue vie et ne gaspillent jamais leur vie à lutter avec des techniques moins importantes.

Écoles

Il existe de nombreuses écoles de boxe où l’enseignement est orienté vers le combat. Bien qu’elles aient toutes des différences, cela ne vas pas au-delà de : Le puissant bat le moins puissant et le lent cède au rapide – Pourtant, c’est le résultat d’une dotation physique et non d’une application ou d’une expérience pratique.

Principe

Le taiji vient de l’illimité (infini ou wuji), et est la source (la mère) du yin et du yang. S’il bouge, il se sépare ; s’il est statique, il se combine.

La méthode d’apprentissage

Les conseils oraux d’un maître compétent, associés à une pratique continue, vous amèneront à un point où la culture des compétences prendra soin d’elle-même.

Prérequis

Conscience

Tous les mouvements doivent être dirigés par la conscience (l’intention) et non par l’apparence extérieure. En se déplaçant vers le haut ou vers le bas, devant ou derrière, à gauche ou à droite, la même intention apparaît.

Écouter

D’abord l’esprit puis le corps (lorsque l’abdomen est complètement détendu, le qi peut s’élever spontanément dans le corps) ; alors le qi peut pénétrer dans les os. Lorsque votre esprit et votre corps sont à l’aise, vous pouvez toujours bouger selon vos intentions.

Qi

Le qi est le drapeau. Le qi, qui circule librement, mobilise le corps (le qi est comme une roue de charrette). Si le qi est correctement cultivé, l’esprit vital sera élevé. Cela élimine la lenteur ou la maladresse du corps.

Taille

La taille est comme une bannière (comme un axe, comme l’axe de la terre). Faites toujours attention à votre taille. La taille est la source du commandement (la taille domine).

Sacrifier les ambitions

Sacrifiez d’abord vos propres ambitions et suivez les autres, mais apprenez ces techniques correctement. La moindre déviation vous fera sortir de ce chemin. Même une erreur aussi petite que la courbure d’un seul cheveu peut égarer un millier de li (un li équivaut à environ un demi-kilomètre). Les étudiants doivent examiner cela en détail.

Sans excès ni défaut

Après avoir cédé à la pression d’un adversaire, adhérez à lui. Puis étirez votre conscience vers votre adversaire et laissez votre action l’atteindre. (Après avoir cédé à la pression, puis plié. Vient ensuite l’extension et la récompense). La ligne droite vient de la flexion.

Flexion et extension / Ouverture et fermeture

Les mouvements de flexion et d’extension, d’ouverture et de fermeture, peuvent être automatiques (libres et spontanés).

Se retirer et adhérer

L’autre est plus fort que moi. J’ai besoin de devenir doux et de céder à l’attaque de l’autre. C’est ce qu’on appelle 走 zǒu, se retirer. Ma situation est meilleure que celle de mon adversaire (il est plus facilement contrôlable). C’est ce qu’on appelle 粘 nián, adhérer.

(Vitesse) Répondez rapidement aux actions rapides et lentement aux actions lentes.

Concepts de base

Forme

En pratique, commencez par des mouvements plus larges et réduisez-les à des mouvements plus petits. De cette façon, ils deviendront parfaitement compacts.
Les treize postures ne doivent jamais être négligées. Vous devriez chérir leur signification spécifique et alors vous connaîtrez le but de chaque posture. Si vous examinez attentivement vos postures, vous n’aurez pas l’impression de perdre du temps et de l’énergie.

Erreurs dans la pratique

C’est vraiment dommage si l’on ne connaît pas le but et le but de la pratique ! Par la suite, on va perdre du temps et de l’énergie.

Pousser les mains

Le but de l’arrêt, du recul, de la pression et de la poussée devrait faire l’objet d’une étude approfondie. Si le haut et le bas sont liés ensemble dans le corps, il n’y aura pas de fissure par laquelle un autre peut entrer.

Laissez l’adversaire utiliser une force immense contre vous. Dévier l’élan d’un millier de 斤 jīn (unité de poids chinoise égale à 500 g) en utilisant une force de déclenchement de seulement 100 grammes. Menez votre adversaire. Laissez votre adversaire se déséquilibrer et concentrez votre puissance à ce moment-là.

Adhérez (粘 zhān), collez (粘 nián), reliez (聯 lián), suivez (随 suí) et ne vous éloignez ni ne repoussez (不丟不頂 bù diū bù dǐng).

Observez les mots « pour dévier l’élan d’un millier de jīn, utilisez une force de déclenchement de 100 grammes », qui signifie clairement ne pas gagner la partie uniquement par la force.

Observez la forme et la vitesse du vieil homme (de 80 à 90 ans) qui se défend des jeunes hommes. Comment peut-il le faire si bien ?

Lignes directrices pour le corps

Le sommet de votre tête doit tomber comme s’il était soulevé vers le haut, mais votre cou ne doit toucher que légèrement votre collier. Vous devriez vous sentir comme si votre tête était suspendue au-dessus par un fil. Lorsque votre esprit vital est élevé, vous n’avez pas à vous soucier de la maladresse ou de la lenteur. C’est ce qu’on appelle avoir la tête suspendue d’en haut par un fil.

Lorsque les fesses et la colonne vertébrale sont tenues droites, l’esprit atteint le sommet de la tête. Lorsque la tête est tenue comme suspendue par un fil, tout le corps est léger et agile.

En position debout, le corps doit être droit et détendu. Il devrait ressembler à une balance, capable de répondre immédiatement à une attaque provenant de l’une des huit directions. Son activité ressemble à la roue d’une charrette.

Exigences pour les postures

Légèreté et agilité

Dans tout mouvement, tout le corps doit être léger et agile. Le corps entier doit être si léger que même le toucher d’une plume sera remarqué, et si réactif que même une mouche ne peut pas trouver un endroit ferme pour atterrir.

Relier ensemble

On devrait être lié ensemble, avec toutes ses parties liées comme des pièces (les anciennes pièces de monnaie chinoises avaient un trou carré au milieu) enfilées sur une corde. La boxe s’enracine dans les pieds, se développe dans les jambes, est régie par la taille et s’exprime à travers les doigts. Les pieds, la jambe et la taille doivent agir comme une seule unité. Lorsque cela est fait en avançant et en reculant, vous pouvez tirer parti des opportunités offertes par votre adversaire et de votre élan.

Erreurs dans la pratique

Si vous ne parvenez pas à profiter de ces avantages d’opportunité et d’élan, votre corps sera désordonné et confus. Pour corriger cela, ajustez simplement votre taille et vos jambes.

Qi

  • Le qi (ou moment) doit se déplacer comme une vague dans l’espace.
  • Le qi  descend (pas de force) vers le champ de cinabre (à l’intérieur de l’abdomen sous le nombril). Lorsque l’abdomen est complètement détendu, le qi peut s’élever spontanément dans le corps. La respiration doit être naturelle, pour que vos mouvements soient actifs et alertes.
  • Le qi circulera alors sans entrave dans tout votre corps.
  • Le qi  (ou moment) doit traverser le corps comme s’il s’enfilait facilement à travers la perle des neuf chemins en zigzag. Ensuite, il n’y aura rien que vous ne puissiez réaliser.
  • Si le qi  est cultivé naturellement et avec un esprit tranquille, aucun mal ne viendra.

L’esprit vital

  • L’esprit vital doit être retenu à l’intérieur.
  • Combiner : La légèreté et l’agilité doivent être liées au qi et à l’esprit.
  • Ne pas afficher non plus : défaut ou effondrement ; concavité ou convexité ;séparation ou épissure.
  • Toutes les parties du corps doivent être vissées ensemble, pouce par pouce, sans aucun écart ni rupture de continuité.
  • La puissance ou l’élan de la boxe longue (autre nom du taijiuan) coule sans cesse comme le fleuve Yang Tze ou une grande mer houleuse.
  • Parer, attirer, pousser, presser, cueillir, tordre, coup de coude, coup d’épaule (les huit postures dans la poussée des mains) correspondent aux huit trigrammes du I Ching.
  • Avancer, reculer, regarder à gauche, regarder à droite et équilibre central (les mouvements) correspondent aux cinq éléments (de la philosophie naturelle chinoise).
  • Parer, tirer, presser et appuyer correspondent à ☰ 乾 qián, ☷ 坤 kūn, ☵ 坎 kǎn  et ☲ 離 lí : les quatre trigrammes à angle droit.
  • Cueillir, fendre, coude et épaule correspondent au ☴ 巽 xùn, ☳ 震 zhèn, ☱ 兌 duì et ☶ 艮 gèn : les quatre trigrammes diagonaux.
  • Avancer, retraite, regarder, regard et équilibre central correspondent au métal, au bois, au feu et à la terre : les cinq agirs.
  • Lorsqu’elles sont combinées, ces cinq étapes et huit postures constituent les treize postures originales du taijiquan.

Non substantiel et substantiel

Le passage du non substantiel au substantiel et inversement doit être effectué avec soin.
L’esprit (conscience) et le qi (ou moment) doivent être échangés avec sensibilité. C’est très satisfaisant. C’est ce qu’on appelle l’échange mutuel ou l’échange du non substantiel et du substantiel.

Insubstantiel et substantiel doivent être clairement différenciés. Chaque expérience de boxe, à un moment donné, a des aspects substantiels et non substantiels. En boxe, c’est le corps tout entier qui a cette particularité d’être insubstantiel ou substantiel.

Bien que les situations changent comme un kaléidoscope, les principes restent les mêmes.

Techniques (poussée des mains et application)

  • Quand quelque chose se passe en haut, il faut faire attention en bas.
  • Quand quelque chose se passe devant, il faut faire attention derrière.
  • Quand quelque chose se passe à gauche, il faut faire attention à droite.
  • Si l’on a l’intention de monter, il faut simultanément descendre, comme lorsqu’on arrache un arbre on déplace d’abord les racines dans l’autre sens (inverse), et on est ainsi capable de le déraciner immédiatement.

Le moment entendu

Ne vous inclinez pas d’un côté ou de l’autre et ne vous penchez pas en avant ou en arrière, les postures sont réalisées debout. La vérité des postures doit être soudainement cachée, ou soudainement révélée. Lorsque l’adversaire exerce une pression sur votre côté gauche, ce côté doit être insignifiant (vide). Lorsque la pression est exercée sur votre côté droit, ce côté devrait disparaître.

Si l’adversaire aspire à monter, vous devriez suivre en étant plus haut. Si l’adversaire souhaite descendre, vous devriez suivre en étant plus profond. Un adversaire qui cherche à avancer devrait sentir que la distance entre vous devient incroyablement longue. Un adversaire en retraite devrait sentir que la distance est exaspérante.

Si votre adversaire ne bouge pas, vous ne devez pas bouger. Votre mouvement doit prédire le moindre mouvement de votre adversaire. Vous arrivez le premier à sa destination.

L’idéal

Même une plume ne peut pas être ajoutée, pas plus qu’une mouche ne peut se poser sur le corps. L’autre personne ne me connaît pas du tout, mais je la connais très bien. Pourquoi le héros est-il toujours inégalé ? Pour cette raison seulement.

Lorsque l’énergie est apparemment lâche mais pas réellement lâche, elle est sur le point de se déployer mais ne s’est pas encore déployée. Même si votre énergie est brisée, vous ne devriez pas laisser votre intention se briser.

L’attraction est libération. En cas de coupure, l’énergie peut être à nouveau connectée.

Gardez votre corps enfoncé et lesté d’un côté. Ensuite, votre élan circulera en continu. Sinon, si votre poids se répartit des deux côtés, votre corps est en double poids et vous vous déplacerez lentement.

Les erreurs dans la pratique

Si l’on a pratiqué durement le taijiquan pendant de nombreuses années mais n’a jamais bien appris les points précédents, on sera toujours contrôlé par les autres. Tout cela parce qu’on n’a toujours pas reconnu l’erreur d’être en double poids.

Afin d’éviter cette erreur, comprenez la régulation entre le yin et le yang, leur relation mutuelle. C’est ce qu’on appelle la compréhension de le moment des postures.

Pour développer l’habileté à frapper, comprendre progressivement le moment des postures ; alors vous obtiendrez des effets miraculeux. Vous devez pratiquer longtemps. Vous ne pouvez pas vous attendre à tout réaliser immédiatement.

Pour comprendre le moment des postures, plus vous pratiquez, meilleure sera votre habileté. Sonder silencieusement et intérieurement les distinctions. Suivez votre chemin pas à pas.4

Dynamique énergétique

  • Mobilisez votre énergie (moment) comme si vous tiriez un fil de soie du cocon d’un ver à soie (en continu). L’énergie sera purifiée comme de l’acier cent fois raffiné.
  • Du plus souple et cédant, vous deviendrez le plus puissant et le plus inflexible, permettant à n’importe quel objet d’être détruit.
  • L’énergie doit être réservée pour que vous en ayez à revendre, ne l’épuisez pas complètement. Avant d’attaquer, vous devez d’abord puiser dans votre énergie.
  • Réserver ou stocker de l’énergie, c’est comme tirer une corde d’arc. Le relâcher, c’est comme tirer une flèche.
  • La libération d’énergie doit être profondément enfoncée. Détendez-vous complètement et visez dans une seule direction.
  • Au fur et à mesure que vous bougez, le qi doit adhérer à votre dos et se rassembler dans la colonne vertébrale. Intérieurement, concentrez votre esprit. Extérieurement, paraissez calme et paisible.
  • L’énergie est développée à partir de la colonne vertébrale. Vos pas doivent être modifiés en fonction de la position de votre corps. Marchez comme un chat.
  • Lors des échanges de mouvements de va-et-vient, utilisez la technique du repliement (cette technique utilise toutes les articulations du corps). Les postures doivent être échangées en avançant et en reculant.
  • Agissez comme un faucon saisissant un lapin, ou copiez l’esprit d’un chat observant un rat.
  • Quand un adversaire touche mon corps immobile, même si cela provoque un mouvement, je suis toujours à l’aise. Mes réactions aux changements d’un adversaire sont merveilleuses et surprenantes.
  • Rappelez-vous, dès que vous bougez, chaque partie doit bouger. Dès que vous vous arrêtez, il ne devrait y avoir aucune partie qui ne s’est pas arrêtée.
  • Lorsque la forme (qi et moment) est immobile, c’est comme une montagne. Lorsqu’il se déplace, le pouvoir coule sans cesse comme un long fleuve ou une grande mer houleuse.
    Portez une grande attention à l’esprit de tout le corps. Ne portez pas d’attention particulière à votre qi ou à votre respiration ; sinon, vos actions seront affaiblies et maladroites.
  • Si vous faites attention à votre qi (respiration), vous n’aurez aucune énergie ; si vous ne forcez pas votre qi, votre énergie sera forte et dure.

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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie