Tiandi

Le royaume rêvé des immortels

梦幻仙境 mènghuàn xiānjìng

Où se trouve la demeure spirituelle d’un artiste chinois contemporain ?

La Chine a une tradition picturale consacrée à représenter le monde des immortels. Les montagnes sacrées, inspirées de la tradition taoïste, sont au centre de ces expressions artistiques. Selon le taoïsme, le but fondamental de sa pratique est de cultiver et d’obtenir le 道 dào et de devenir immortel (大僊 dà xiān), comme le fait un humain véritable, un maître spirituel taoïste (真人 zhēn rén).

Caractère 仙 en style sigillaire

Le caractère chinois des immortels, 僊, 仙 xiān, dans ses différentes variantes, est étymologiquement lié aux montagnes 山 shān. Avec leurs imposants sommets, leurs grottes mystérieuses et leurs chemins de pèlerinage sinueux, les montagnes étaient le point focal de cultes avant même la formation du taoïsme religieux.

Caractère山 en style sigillaire

En tant qu’espace habité par les immortels vénérés et entouré de nuages ​​mystiques, les montagnes restent la résidence sacrée des temples et des retraites taoïstes, ainsi que l’habitat des herbes et des champignons magiques qui assurent la guérison et la longévité.

Montagne du ciel, 2014, encre sur soie, T泰祥洲 Tài XiángZhōu

Avec le temps, les montagnes sacrées sont devenues le site d’efforts individuels pour rechercher l’immortalité, semblant ainsi une évasion hors du temps. En tant que telles, les montagnes sont l’incarnation idéale du pouvoir mystique et de la vérité cosmique.

Pics de montagne par temps clair de Tài XiángZhōu est un rouleau suspendu exécuté dans le style de Li Tang, un peintre pivot dont le travail reflète la transition du style des Song du nord au style des Song du sud.

Le murmure des pins dans les montagnes, 1124, rouleau suspendu, encre et couleurs sur soie, 李唐 Lǐ Táng

En partie entourées de brume et de nuages, les montagnes monumentales de Tài portent les coups de pinceau «coupés à la hache» perfectionnés par Li, comme en témoigne le grand rouleau suspendu de Lǐ Le murmure des pins dans les montagnes.

Montagnes aérées, gorges rapides d’après Li Tang, 2004, encre sur papier, Liu Dan

Il est intéressant de comparer l’interprétation de Tài du style Lǐ Táng avec celle de son professeur Liu Dan dans Montagnes aérées, gorges rapides d’après Li Tang.

Montagnes aérées, gorges rapides d’après Li Tang, 2004, encre sur papier, Liu Dan

Montagnes d’automne, myriades de miles de Tai évoque Voyageurs entre montagnes et ruisseaux de Fan Kuan, maître des Song du nord, qui repose sur le principe taoïste de réclusion, la composition verticale mettant l’accent sur la monumentalité de la nature.

Voyageurs parmi les montagnes et les ruisseaux, 1000, encre sur soie, 范 寬 Fàn Kuān

Le grand rouleau suspendu de Tai devient une illustration des discussions ésotériques exprimées dans l’inscription jointe, qui réfléchissent sur les frontières de l’univers et du monde dans Les questions de Tang de 列子 Lièzǐ, un autre classique taoïste.

Montagne jaune 2, 2014, Zeng Xiaojun