L’épée du taijiquan

太極劍 tàijí jiàn

Chen Weiming travaillant l'épée
Posture à l’épée montrée par 微明 Chén Wēimíng (1881-1958)

L’épée est une arme du taijiquan dite courte, à double tranchant, dont la taille varie entre 80 et 110 cm, et qui se manie d’une seule main.

Elle a une garde ( 劍格 jiàn gé ) assez petite qui protège la main, une poignée ( 劍柄 jiàn bǐng ), et un pommeau ( 劍首 jiàn shǒu ), l’extrémité de la poignée la plus proche de nous qui sert de butée pour éviter à la main de glisser et qui, à l’occasion, peut aussi servir à frapper. Sur le pommeau se trouve le chas ( 劍眼 jiàn yǎn ) auquel est attaché le pompon ( 劍穗 jiàn suì ) souvent de couleur rouge et dont les mouvements déconcentrent l’adversaire et parfois le pratiquant lui-même.

La lame, ( 劍刃 jiàn rèn ) se compose d’une pointe ( 劍尖 jiàn jiān ) pour les coups d’estoc, de l’arête ( 劍脊 jiàn jí ), ainsi que des tranchants supérieur ( 上刃 shàng rèn ) et inférieur ( 下刃 xià rèn ) pour les coups de taille.

On peut distinguer trois tiers dans la lame :

  • Le premier tiers côté poignée ( 後下刃 hòu xià rèn ) est le plus épais et s’utilise pour bloquer des coups puissants en prenant garde de ne pas utiliser le tranchant, ce qui entraînerait une détérioration du fil de la lame.
  • Le tiers médian ( 中下刃 zhòng xià rèn ) permet de couper profondément, de trancher, mais aussi de dévier un coup ou même de le bloquer s’il n’a pas trop de force.
  • Le tiers de la lame le plus éloigné de la main, côté pointe, ( 前下刃 qián xià rèn ) est la partie la plus souple, la plus fine. On ne l’utilise pas pour parer un coup, mais pour cisailler et lacérer ou pour des coups de pointe : ceux-ci ne sont efficaces que s’ils pénètrent dans l’axe de la lame.

劍訣 jiàn jué

Cheng Man Ching tenant son épée,

Si la main droite tient une épée, la main gauche est vide. Avec les doigts on fait un mudra, index et majeurs tendus et joints, les autres doigts repliés, pouce en-dessus. Ce mudra, épée magique du taoïsme, contribue à l’équilibre général du combattant.

Symbole de l’épée, on lui confère un sens énergétique. Au-delà de sa fonction d’équilibrage, il semblerait aussi qu’autrefois on combattait avec le fourreau de l’épée, on le tenait en posant les deux doigts en question dessus pour le contrôler. Le fourreau restait contre l’avant-bras, prêt à parer en cas de besoin. Autres explications : l’utilisation d’une dague ou l’attaque de points vitaux de l’adversaire à doigts nus.

Aller à la barre d’outils