Treize puissances

捁侉拱 shísān shì

Les treize puissances ou treize schémas sont plus communément connues sous le terme de treize mouvements du taijiquan.

捁侉 shí sān
treize, 13
拱 shì
puissance, force, intensité, énergie interne, influence, potentiel, pouvoir, tendance, configuration, situation, circonstance, apparence, schéma, geste, attitude

Dans les annĂ©es 60, le caractĂšre 拱 ou 抿 fut gĂ©nĂ©ralement et improprement rendu par posture. Le maĂźtre Yang Jwing Ming le traduit par aspect, impression laissĂ©e ou schĂ©ma, c’est-Ă -dire la sensation laissĂ©e par l’environnement dans une situation donnĂ©e. En anglais, il existe un sens plus proche : feeling, en espagnol on parle du duende. Traduire le caractĂšre 抿 par posture implique un art mort ; traduit par sensation implique un art vivant.

Les treize puissances du taijiquan consiste donc en un enchaĂźnement traditionnel permettant le travail du æ°Ł qĂŹ et des sensations indispensables Ă  la pratique. Selon la lĂ©gende, ces 13 mouvements auraient Ă©tĂ© crĂ©Ă©s par Zhang San Feng et sont un fonds commun Ă  toutes les Ă©coles de taijiquan. En fait, tout le taijiquan s’y trouve synthetisĂ©.

  • Cet enchaĂźnement est constituĂ© de 3 sĂ©quences de mouvements qui se rĂ©pĂštent dans les 4 directions cardinales (3×4=12) auxquelles on ajoute la position de dĂ©part (centre), qui est aussi celle de fin, conçue comme la position centrale (12+1=13).
  • Le chiffre 13 fait aussi rĂ©fĂ©rence au fait que ce travail repose sur les 13 mouvements de base utilisĂ©s dans tous les mouvements de taijiquan.
    13 = 8 + 5 : 

ć…«é–€ bā mĂ©n

Le nombre 8 fait rĂ©fĂ©rence aux 8 principales techniques de mains appelĂ©s les 8 portes, lesquelles sont en relation avec les huit trigrammes.

掀PĂ©ngParer☰Ciel
捋LĆ­Tirer, rouler en arriĂšre☷Terre
擠 JǐPresser☔ Eau
æŒ‰Ă€nPresser, appuyer surâ˜ČFeu
æŽĄCăiCueillir, saisir☎Vent
挒LiĂšSĂ©parer, fendre, dĂ©chirer, briser☳Tonnerre
肘ZhǒuCoup de coude, frapper avec une articulation saillante☱Lac
靠KĂ oAppuyer contre, coup d’épaule☶Montagne

Le corps dans son ensemble manifeste les principes de la complémentarité du yin~yang : douceur~ force, souplesse~fermeté, courbes~droites, vide~plein, ouverture~fermeture, etc. Les membres expriment ainsi les transformations issues des huit trigrammes par les mains qui montrent huit modes de frappe.

äș”æ­„ wǔ bĂč

Le nombre 5, quant à lui, fait référence aux 5 schémas stratégiques de déplacement des membres inférieurs.

èż›æ­„jĂŹn bĂčPas en avantAvancer
退歄tuĂŹ bĂčPas en arriĂšreReculer
淊饧zuƏ gĂčRegarder Ă  gaucheSe prĂ©occuper de la gauche
ćłç›ŒyĂČu pĂ nRegarder Ă  droiteSe prĂ©occuper de la droite
侭漚zhƍng dìngÉquilibre centralGarder le centre

Les pieds, le centre de gravitĂ©, l’Ă©nergie, l’esprit, se dĂ©placent alors selon la loi des cinq agirs. Ainsi, pris ensemble, les huit trigrammes et les cinq agirs forment ainsi les treize puissances ou treize mouvements du taijiquan.

C’est Ă  partir de ces treize puissances de base que les trente sept mouvements du taijiquan vont ĂȘtre dĂ©veloppĂ©es. Certes, il existe des enchaĂźnements de 48, 72, 108 mouvements ou plus encore mais il s’agit toujours des 37 mouvements fondamentaux rĂ©pĂ©tĂ©s dans plusieurs directions ou rĂ©alisĂ©s de diffĂ©rents cĂŽtĂ©s.

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