็ง qiลซ

A l’automne le ciel et la terre amorcent leur sรฉparation
A l’inverse du printemps, qui se caractรฉrise par un mouvement รฉnergรฉtique ascendant, l’automne manifeste le dรฉclin du yang et la naissance du yin.
Apres la pรฉriode de saturation du feu de l’รฉtรฉ dans l’expression d’un yang maximum, et grรขce au pouvoir de maturation et de transformation de l’รฉlรฉment terre dans l’intersaison, l’automne dรฉploie une รฉnergie plus tempรฉrรฉe. Les forces du ciel se retirent doucement, la lumiรจre solaire, moins ardente, teinte d’un รฉclat particulier les couleurs des paysages, รฉclat propre au mรฉtal. Celui-ci, associe a l’ouest, au soleil couchant, nous offre comme le crรฉpuscule les nuances poudrรฉes et profondes des ocres, des ors et des brans.
Toutes les forces de vie, actives aux saisons prรฉcรฉdentes, suintent maintenant des fruits de la terre, saturรฉs de chaleur, de couleurs et d’odeurs.
Le rรดle de l’homme au sein de la nature est encore sous le signe de lโactivitรฉ, car il doit cueillir, rรฉcolter, trier, engranger tout ce qui lui permettra de passer l’hiver confortablement. Mais nous rรฉcoltons ce que nous avons semรฉ.
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En cela, l’automne nous permet d’รฉvaluer les productions et les moyens mis en oeuvre pour mener ร bien le travail de la terre, durant les mois prรฉcรฉdents. Ce jugement est prรฉsent dans le crรฉateur, le pรจre qui, avant de se sรฉparer de la terre-mรจre, pour l’hiver, pose un dernier regard sur l’ordre รฉtabli.

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Le Joyeux donne deux images trรจs caractรฉristiques de l’automne. Aprรจs tant d’efforts fournis pendant le printemps et l’รฉtรฉ pour qu’arrivent ร maturitรฉ les semailles, pour que la vie suive son cours le mieux possible, la saison de la rรฉcolte apporte joie et satisfaction profondes. Ce n’est pas la joie du printemps, le coup de tonnerre intรฉrieur dans l’รฉnergie vive du yang naissant. La fatigue est prรฉsente, le climat moins clรฉment. Le temps du repos n’est pas encore venu, mais l’homme peut enfin pousser un soupir de contentement au terme de son labeur. Naรฎt en lui un sentiment de plaisir subtil, il se trouve en รฉtat de contemplation, telle l’eau paisible du lac reflรฉtant le monde extรฉrieur.
Dans ce reflet, pas de mensonge ou de distorsion de la rรฉalitรฉ, l’image est conforme ร son modรจle et, dans ce pouvoir rรฉflรฉchissant, le lac รฉvoque la sรฉrรฉnitรฉ : il s’agit de voir et d’accepter les choses telles qu’elles sont, sans projection et sans pour autant que cet apaisement intรฉrieur ne soit inhibiteur de l’action. Mais cette sรฉrรฉnitรฉ, ร la fois symbolique et concrรจte, que nous inspire l’atmosphรจre automnale, est parfois difficile ร intรฉgrer.

Si fruits et feuilles en tombant ร l’automne ne font que suivre, sans รฉtat d’รขme, un processus naturel, passant par l’รขge mรปr puis la mort, peut-รชtre n’est-ce pas la valeur poรฉtique de cette vision qui nous touche. Le temps passe, se dรฉroule, les cycles s’enchaรฎnent et nous entraรฎnent dans le mรชme processus de transformation. Un certain vague ร l’รขme peut nous envahir, des pensรฉes nostalgiques et l’incontournable bilan de notre vie passรฉe. Mais la vie est mouvement, changement, et cet ยซย arrรชt sur image ย ยป n’a pas lieu de se prolonger.
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