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恐 kǒng

La peur est attraction vers le bas, repliement dans les profondeurs. Dans la normalité, elle compense l’exaltation, l’impétuosité, l’élan extraverti.

在志爲恐 zài zhì wèi kǒng
Dans les vouloirs, c’est la peur
恐傷腎 kǒng shāng shèn
La peur porte atteinte aux reins
思勝恐 sī shèng kǒng
La pensée l’emporte sur la peur

Une peur excessive, et c’est la fuite : fuite des essences par les orifices inférieurs, fuite de tout le corps par affolement des mouvements et des conduites, qui ne sont plus dirigés par une bonne coordination entre reins et cœur, entre essences et esprits, à cause de l’abaissement exagéré des essences vers le bas, incapables de communiquer avec les esprits, au réchauffeur supérieur.

La pensée réflexive (思 sī) représente le mouvement du centre, qui rétablit les échanges haut et bas, qui recentre l’individu en perte de possession de lui-même, qui relance la réflexion sensée, seule capable de délivrer de la peur.

Tristesse de la lune, 2005, Roberto Ferri
Tristesse de la lune, 2005, Roberto Ferri

Roberto Ferri est un peintre italien contemporain dont l’art n’est pas sans rappeler l’époque baroque. L’art baroque est unique pour son souci du détail, l’exagération du mouvement et la démonstration élaborée de la tension. Sur cette photo, une femme est représentée avec des cheveux roux tombant en cascade le long de son dos entre un ensemble d’ailes sombres. Au-dessous d’elle, une main dont les tons bleuâtres rappellent un cadavre. En raison de sa position sous la femme et du désespoir avec lequel elle atteint, la main semble être une victime de la femme.

Le regard de la femme montre sa sensibilité tandis que ses ailes, sombres et audacieusement déployées, représentent son potentiel d’être un monstre. Compte tenu de la main, il semble que le côté plus sombre et plus violent de la femme ait initialement remporté le conflit. Cependant, au lendemain que nous voyons sur la photo, le regard de la femme reflète le regret et la tristesse. Les bras enroulés autour de son corps, la femme tente de se protéger. Peut-être qu’elle essaie non seulement de se protéger contre les dommages externes, mais aussi contre les dommages internes. Elle a peur du conflit en elle. Les ailes sombres représentent les sentiments de peur que cette femme porte en elle. Tant que ses peurs auront le dessus, la tourmente sombre en elle continuera d’exister. Comme l’illustre le tableau de Ferri, toute peur dévorante peut conduire à la violence et à des actes que nous pourrons ensuite regretter profondément.

Ce n’est qu’en surmontant sa peur que la femme dans la peinture de Ferri pourra lâcher sa nature sombre pour que sa sensibilité règne. Au-delà de la peinture de Ferri, la peur détient un pouvoir similaire de manipuler notre processus décisionnel. La vie humaine est composée d’une série de choix, dont les résultats sont souvent déterminés par la mesure dans laquelle nous laissons la peur être un facteur dans notre processus décisionnel. Afin de prendre les décisions les plus saines, nous devons surmonter nos peurs, que ce soit notre peur de l’échec, du succès ou de la médiocrité et triompher de l’indécision afin que nos vies ne soient pas façonnées par le regret et la stagnation.


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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie

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