Po

魄 pĂČ est l’un des cinq esprits (äș”ç„ž wǔ shĂ©n). Il est alors associes au mĂ©tal. Son mouvement propre est analogue Ă  celui du poumon et donc de l’Ă©lĂ©ment qu’il reprĂ©sente : pression vers le bas, caractĂ©ristique du mĂ©tal.

Les paysages sacrés de Bae Bien-U

魄 pĂČ

魂 hĂșn et 魄 pĂČ sont les noms donnĂ©s aux deux sortes d’Ăąmes qui animent un ĂȘtre humain. Dans le monde chinois ancien, ces Ăąmes sont don, du ciel pour les hĂșn et de la terre pour les pĂČ, Ă  un homme; il les leur restitue Ă  sa mort.

Il doit donc prendre grand soin de la qualitĂ© de ces Ăąmes, pour qu’elles s’intĂšgrent le mieux possible dans le ciel~terre quand sa vie est achevĂ©e. Le culte des ancĂȘtres honore et soutient les Ăąmes de ceux qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ© et permis de vivre.

Bien que les hĂșn relĂšvent du ciel et les pĂČ de la terre, le caractĂšre des esprits de la terre : éŹŒ guǐ, se retrouve dans leurs deux noms, car il s’agit de la rencontre du ciel et de la terre pour une vie qui prend forme sur terre.

éŹŒ guǐ reprĂ©sente un ĂȘtre humain äșș avec une tĂšte de dĂ©mon 甶. À droite, 掶indique la prĂ©sence de souffles insidieusement nuisibles. Le caractĂšre dĂ©signe d’abord les esprits des morts, plus particuliĂšrement ceux liĂ©s Ă  la terre ; puis les puissances d’animation de la terre; les esprits des morts qui reviennent hanter les vivants, fantĂŽmes; les esprits de la Terre comme puissances malĂ©fiques, dangereux dĂ©mons. Dans le caractĂšre 魂 hĂșn, les esprits de la terre sont accompagnĂ©s de la formation des nuages : , des vapeurs qui s’Ă©lĂšvent et qui, par accumulation dans les hauteurs, forment les nuĂ©es. Ils sont intimement liĂ©s aux souffles, portĂ©s par le mĂȘme mouvement qui les Ă©lĂšvent et les font voyager, lĂ©gers et rapides, dans le ciel. Les souffles, subtils et lĂ©gers, s’Ă©lĂšvent vers le ciel, par exemple sous forme de parfums se dĂ©gageant de substances odorifĂ©rantes brĂ»lĂ©es lors des sacrifices aux ancĂȘtres.

Dans le caractĂšres 魄 pĂČ, les esprits de la terre éŹŒ guǐ sont accompagnĂ©s de la couleur blanche 癜 bĂĄi, couleur du retour Ă  la terre, qui commence avec le blanchissement des cheveux et s’achĂšve quand il ne reste plus que des os blanchis. Ils sont intimement liĂ©s au sang, qui manifeste la vitalitĂ© essentielle et substantielle du corps ; le sang s’enfonce dans la terre lors des libations durant les sacrifices aux ancĂȘtres.

Les Ăąmes terrestres fixent l’humain dans un corps, une forme. Durant la vie, ils sont responsables de notre vie corporelle, des sensations, des rĂ©actions, des poussĂ©es instinctives. Le sensitif, le “vĂ©gĂ©tatif’, le corporel en dĂ©pendent. Les pĂČ sont aussi la force physique qui soutient le dynamisme de l’ĂȘtre, l’instinct de survie qui rend hardi. Tout ce qui est vitalitĂ© corporelle, animation des substances non contrĂŽlĂ©es par la conscience, relĂšve des pĂČ.

HĂșn et pĂČ vivent en couple : leur Ă©treinte est la vie sur terre; leur sĂ©paration, notre mort. Ils sont les deux facettes de la vie sur Terre, sa dualitĂ© propre. Ils sont interdĂ©pendants, mais les hĂșn doivent toujours dominer les pĂČ, comme le ciel toujours inspire et domine la terre, qui reçoit et suit. Si l’ordre s’inverse ou si les hĂșn se ferment Ă  l’inspiration cĂ©leste, les dĂ©sirs aveugles du corps mĂšnent la danse, le plus souvent au dĂ©triment de l’entretien de la vie.

À la sĂ©paration, Ă  la mort, chaque partenaire reprend son mouvement naturel : les pĂČ restent attachĂ©s aux substances du corps, s’Ă©chappant avec elles par les orifices et se dissolvant peu Ă  peu avec elles dans la terre.

Des Ăąmes qui ne retournent pas au lieu auquel elles appartiennent, en haut ou en bas, peuvent errer parmi les vivants, cherchant Ă  assouvir une vengeance ou Ă  se nourrir; elles sont de dangereux « revenants » qui aspirent la vitalitĂ© d’un ĂȘtre ou s’en emparent pour le possĂ©der.

Les paysages sacrés de Bae Bien-U
Les paysages sacrés de Bae Bien-U

Dans les textes mĂ©dicaux, hĂșn et pĂČ sont employĂ©s Ă  plusieurs niveaux Ă  la fois distincts et intriquĂ©s. HĂșn et pĂČ ensemble reprĂ©sentent la vie d’un homme par ses Ăąmes; il faut se garder de les dissiper et donc agir de façon Ă  les garder ensemble en soi, veiller Ă  ce que leur union ne se brise pas prĂ©maturĂ©ment, ce qui signifierait la mort.

Pas de pathologie particuliĂšre Ă  ce niveau. HĂșn et pĂČ font partie de la conduite de la vie : ils bĂ©nĂ©ficient d’une bonne conduite, qui procure des essences et des souffles en abondance, et souffrent d’une mauvaise qui les affaiblit et les pervertit; mais ils participent aussi Ă  cette conduite, bien ou mal en fonction de l’Ă©tat dans lequel ils sont. HĂșn et pĂČ sont souvent associĂ©s dans ces contextes aux esprits vitaux, les çČŸç„ž jÄ«ng shĂ©n.

PĂČ est l’un des cinq esprits (äș”ç„ž wǔ shĂ©n). Il est alors associes au mĂ©tal. Son mouvement propre est analogue Ă  celui du poumon et donc de l’Ă©lĂ©ment qu’il reprĂ©sente : pression vers le bas, caractĂ©ristique du mĂ©tal. Les souffles du poumon, qui sont yang, permettent garder les Ăąmes pĂČ, qui sont sang et yin. Sans ces combinaisons yin yang, les hĂșn s’envoleraient et les pĂČ s’enfonceraient; ce qui provoquerait leur dissociation, c’est-Ă -dire la mort.

HĂșn et pĂČ ne sont plus alors simplement un couple ciel~terre et yin~yang, puisqu’ils deviennent deux parmi un groupe de cinq. De la mĂȘme maniĂšre que l’eau et le feu n’ont pas exactement la mĂȘme signification quand ils sont pris en couple pour reprĂ©senter le yin~yang ou quand ils sont deux des cinq Ă©lĂ©ments. Le sens de base ne change pas, mais il s’adapte pour s’intĂ©grer dans un ensemble Ă  cinq.

Ainsi hĂșn et pĂČ ne reprĂ©sentent plus une totalitĂ© d’animation ciel~terre yin~yang dans l’ĂȘtre, mais l’animation propre au foie et celle propre au poumon. C’est uniquement Ă  ce titre qu’ils peuvent jouer dans des cycles de relation par cinq : cycle d’engendrement et cycle de contrĂŽle des cinq agents.

魄汗

La sueur des po

La sueur est un liquide, donc du cĂŽtĂ© du yin, de la substance, de la forme; ce qui convient aux pĂČ. La sueur s’Ă©vacue, profusĂ©ment, car les liquides sont trop abondants dans le corps, mal transformĂ©s, le yang ayant diminuĂ© et les souffles s’Ă©tant affaiblis. Les souffles sont le logis des pĂČ. Le poumon, maĂźtre des souffles, en est particuliĂšrement affectĂ©, ainsi que les souffles yang de la dĂ©fense et leur lieu privilĂ©giĂ© d’expression la peau percĂ©e des pores. Le symptĂŽme repose sur une pathologie du poumon et rend compte de la nature corporelle des pĂČ. On est en face d’un vide des souffles du poumon, qui rend incapable de contenir les substances, de travailler les liquides.

魄門

La porte des po

L’expression porte des po est un nom pour l’anus. Mais elle peut aussi dĂ©signer les pores. Les pores sont en relation avec la peau sous l’autoritĂ© du poumon. L’anus est l’extrĂ©mitĂ© du gros intestin, associĂ© au poumon, l’orifice qui restitue a la terre les substances inutilisables, çȕ pĂČ.

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