Yin mineur

民隂 shĂ oyÄ«n

Nature du mĂ©ridien :   Le yin mineur, en tant que niveau de fermeture des niveaux yÄ«n, et dirigĂ© vers les douze organes en profondeur, est prĂ©sentĂ© comme le plus profond des trois niveaux yin.

Il est constituĂ© du mĂ©ridien du cƓur et mĂ©ridien du rein, cƓur et reins participant Ă©troitement Ă  l’alchimie fondamentale interne de l’eau et du feu, qui conditionne tant l’équilibre que l’évolution de l’homme .

  • Le mĂ©ridien du cƓur, shĂ oyÄ«n de la main, feu souverain, pĂ©nĂštre tout et donne l’organisation fondamentale, la raison profonde de l’ĂȘtre. Ses circulations activent la langue, se projettent Ă  l’Ɠil et guident la main. La subtilitĂ© le caractĂ©rise.
  • Le mĂ©ridien du rein, shĂ oyÄ«n du pied, est liĂ© au yin et au yang originels, Ă  l’eau et au feu authentiques. Il maintient leur relation harmonieuse de façon Ă  ce que leur interaction supporte la vie par tous les organes.
Illustration des six niveaux dans la théorie des méridiens
Les six niveaux dans la théorie des méridiens

Il forme le cercle externe avec le tĂ iyĂąng, lequel cercle unit le monde extĂ©rieur et le monde intĂ©rieur. Il s’unit au tĂ iyĂąng Ă  l’auriculaire, lequel verrouille et ferme une prise manuelle en lui donnant sa puissance maximale, laquelle puissance se retrouve encore dans les coups portĂ©s avec le tranchant de la main . En bas le tĂ iyĂąng rejoint le shĂ oyÄ«n au niveau de la voĂ»te plantaire: pour ĂȘtre bien dressĂ© vers le ciel, l’homme doit ĂȘtre bien campĂ© sur la terre par ses deux pieds ! Ainsi shĂ oyÄ«n et tĂ iyĂąng unissent le ciel, l’homme et la terre.

ShĂ oyÄ«n est un yin qui n’a pas encore dĂ©veloppĂ© toutes les qualitĂ©s du yin, qui est le dĂ©but de l’avancĂ©e du yin; c’est le yin qui succĂšde au yang et qui progresse vers toujours plus de yin. C’est le jeune yin des textes attachĂ©s au 易經 yĂŹ jÄ«ng, dont une image peut ĂȘtre l’automne, annonciateur de l’hiver.

Cependant, les textes mĂ©dicaux privilĂ©gient une autre interprĂ©tation de shĂ oyÄ«n : le yin se fait secret, imperceptible; il ne se manifeste plus dans la plĂ©nitude des formes et la richesse des substances, mais devient le mĂ©canisme intime de la vie. On ne regarde plus le fruit, mais la graine dont il est mystĂ©rieusement issu. Plus profond que le tĂ iyÄ«n, mais pas encore tournĂ© vers le yang comme le juĂ©yÄ«n, le shĂ oyÄ«n joue un rĂŽle de pivot (暞shĆ«); il est Ă  la charniĂšre de ce qui dĂ©termine la vie.

Le shĂ oyÄ«n s’enfonce et se fait quasi invisible, sa grandeur n’est pas dans la manifestation, mais dans l’imperceptible; sa puissance est dans le germe, dans la source cachĂ©e de la vie. Les deux mĂ©ridiens shĂ oyÄ«n sont liĂ©s Ă  ce qui gĂ©nĂšre et commande la vie Ă  l’intime.

Dominique Clergue
Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie

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