ๆฒ bฤi

Tristesse et affliction, avant d’รชtre pathologiques, sont des rรฉactions, des sentiments, normaux et souhaitables. ร la mort d’un parent, la tristesse dรฉvore intรฉrieurement. Il ne faut pas la nier, ni l’empรชcher; mais l’exprimer.
Lorsqu’on enlevait le cercueil le fils pleurait, se lamentait et bondissait un nombre de fois indรฉterminรฉ. Sous le poids de la douleur et du chagrin de son cลur, dans la pรฉnible agitation de son esprit, dans les รฉtreintes de la tristesse et de l’affliction, il se dรฉnudait le bras gauche et bondissait, afin de calmer son cลur et de faire descendre ses souffles, en mettant ses membres en mouvement.
Mรฉmoires sur les biensรฉances et les cรฉrรฉmonies
On remarque que la mise en mouvement du corps empรชche les souffles de se bloquer dans la poitrine, ce qui facilitera le retour ร la normale.
On peut aussi dire que les manifestations extรฉrieures de la tristesse associe cette derniรจre avec des mouvements et des cris rituels. La diminution de ces manifestation, toujours selon les prescriptions rituelles, amรจne aussi la diminution de la tristesse, ร la fois parce qu’on s’autorise ร รชtre moins triste et parce que le lien รฉtabli entre la tristesse et ses manifestations incite
naturellement ร une rรฉduction commune.
Si le deuil et la tristesse sont normaux, ils ne doivent pas durer.
Un fils, ร la mort de son pรจre, pleurait sans interruption trois jours durant ; de trois mois, il ne quittait ni le bandeau ni la ceinture de chanvre ; pendant un an (il pleurait matin et soir) avec un profond sentiment de tristesse ; son chagrin durait trois ans. Les tรฉmoignages d’affection allaient ainsi en dรฉcroissant. La douleur dรฉcroissant avec le temps, les anciens sages avaient dรฉterminรฉ comment sa manifestation devait diminuer graduellement. Voilร pourquoi la durรฉe du deuil a รฉtรฉ fixรฉ ร trois ans, et la libertรฉ n’a pas รฉtรฉ laissรฉe aux plus sages de la prolonger, ni aux moins sages de la diminuer.
Mรฉmoires sur les biensรฉances et les cรฉrรฉmonies
La tristesse allant jusqu’ร l’affliction est donc le sentiment propre que l’on รฉprouve devant la mort, celui que doit รฉprouver le โfils pieuxโ ร la mort d’un parent, et d’abord de son pรจre. C’est le deuil menรฉ, le sentiment qui accompagne le dรฉpart dรฉfinitif du vivant qui vous a transmis la vie. Le Livre des Rites abonde en considรฉrations sur la tristesse et l’affliction; il en dรฉcrit les manifestations physiques, les altรฉrations de l’apparence, les attitudes du deuil de l’รขme; il montre comment cris, pleurs, bondissements de douleurs โฆ sont des faรงons de rendre la tristesse supportable, de diminuer l’affliction intense par le mouvement donnรฉ ainsi au corps,
et comment tout le processus doit, sur trois annรฉes, ramener la paix dans le cลur de l’affligรฉ.
Dรฉjร , on remarque combien la tristesse et l’affliction portent des coups rรฉpรฉtรฉs au sentiment profond d’exister, ร la vivacitรฉ cherchant ร s’exprimer et ร surgir, ร se dรฉgager continรปment. On prend le deuil d’un pรจre; mais pas pour toujours, pour trois annรฉes. Poursuivre le deuil, le temps rรฉvolu, serait un excรจs; le refus de la rรฉalitรฉ, fut-elle douloureuse, envenime la souffrance et dรฉtruit la santรฉ. Porter le deuil de soi-mรชme, รฉprouver le sentiment de perte de la vie, alors qu’on vit encore est une perversion grave. La vie se venge et la mort s’engendre du deuil mรชme, car on a รฉbranlรฉ l’interne, attaquรฉ le centre de la vitalitรฉ, tournรฉ le dos ร la raison.
En savoir plus sur Tiandi
Subscribe to get the latest posts sent to your email.