Les six niveaux

ๅ…ญ็ถ“ liรน jฤซng


Une รฉcole, d’un importance historique et clinique considรฉrable, se dรฉveloppe ร  partir du troisiรจme siรจcle de notre รจre, fondรฉe le Traitรฉ des atteintes par le froid (ๅ‚ทๅฏ’่ซ– shฤn ghรกn lรนn) et ses nombreux commentaires. Elle considรจre les six variations du souffle yin yang dans le corps humain: ๅคช้™ฝ tร i yรกng, ๅฐ‘้™ฝ shร o yรกng, ้™ฝๆ˜Ž yรกng mรญng, ๅคช้š‚ tร i yฤซn, ๅฐ‘้š‚ shร o yฤซn, ๅŽฅ้™ฐ juรฉ yin, qui forment รฉgalement les mรฉridiens. C’est pourquoi cette approche est celle dite des Six mรฉridiens (ๅ…ญ็ถ“ liรน jฤซng) ou des Six niveaux de rรฉgulation des souffles.

Il faut commencer par รฉvaluer les quantitรฉs relatives de yin et de yang au moment oรน la situation se prรฉsente afin de dรฉterminer s’il faut tonifier ou disperser. Un qi inhabituel a pรฉnรฉtrรฉ dans les mรฉridiens et si vous ne pouvez pas aider les organes ร  [traiter ce problรจme], c’est parce que vous n’avez pas compris ce que signifient les racines et les jonctions! Vous ne comprenez pas les organes yin et yang, ni comment ils bougent en s’ouvrant, se fermant ou pivotant. Le yin et le yang sont peut-รชtre en train de s’effondrer et vous ne savez mรชme pas par oรน commencer !

Qi Bo


Cette envolรฉe de Qi Bo est pleine de conviction et sert ร  souligner deux concepts fondamentaux de la thรฉorie des mรฉridiens.

Racines et jonctions

Le concept de racines et jonctions , qui fait rรฉfรฉrence aux mรฉridiens et ร  leurs jonctions, les points d’acupuncture. En bref, les textes anciens affirment que, pour une approche de la complexitรฉ du corps humain, il faut commencer par essayer de comprendre la faรงon dont il est maintenu en tant que tout par les mรฉridiens avec, ici et lร , un ensemble de points distincts (les jonctions).

Ouverture, fermeture et pivot

ๅคช้™ฝtร i yรกngGrand yangGouverne l’ouverture vers l’extรฉrieur้–‹kฤi
ๅฐ‘้™ฝshร o yรกngPetit yangGouverne le pivot yangๆจžshลซ
้™ฝๆ˜Žyรกng mรญngYang lumineuxGouverne l’unification de l’intรฉrieur้—”hรฉ
ๅคช้š‚tร i yฤซnGrand yinGouverne l’ouverture vers l’extรฉrieur้–‹ kฤi
ๅฐ‘้š‚shร o yฤซnPetit yinGouverne le pivot yinๆจžshลซ
ๅŽฅ้™ฐjuรฉ yinYin terminalGouverne l’unification de l’intรฉrieur้—”hรฉ

Il dit que les organes s’ouvrent (้–‹ kฤi), se ferment (้—” hรฉ) et pivotent (ๆจž shลซ). C’est une affirmation qui renvoie ร  la faรงon dont chacun des six niveaux, tout comme les mรฉridiens associรฉs ร  ces niveaux, bougent. Chacun a une faรงon particuliรจre de bouger ร  l’intรฉrieur d’un systรจme unifiรฉ. Les niveaux yang, les plus externes, ont trois parties ; la premiรจre s’ouvre sur l’extรฉrieur, la seconde pivote au milieu, et la troisiรจme se ferme sur l’intรฉrieur et l’unifie. Les trois niveaux yin ont la mรชme dynamique. Les organes du corps fonctionnent dans ce vaste ensemble de six niveaux par une action de rรฉรฉquilibrage dynamique. Chaque niveau unit deux organes dans un duo dรฉdiรฉ ร  un aspect spรฉcifique de la physiologie traditionnelle. Le Classique interne rรฉsume la nature des mรฉridiens.

Les six niveaux dรฉcrivent le processus de transformation d’un yang expansif, allant vers l’extรฉrieur vers un yin absolu fait de fermeture et d’immobilitรฉ silencieuse; ou, au contraire, d’un yin fait de substance matรฉrielle vers une force yang purement motrice. C’est l’interaction permanente entre l’รฉnergie et la matiรจre.

Plus prรฉcisรฉment, les six niveaux dรฉcrivent le processus de transformation d’un yang expansif, allant vers un yin absolu fait de fermeture et d’immobilitรฉ silencieuse ; ou, au contraire d’un yin fait de substance matรฉrielle vers une force yang purement motrice C’est l’interaction permanente entre l’รฉnergie et la matiรจre.

ๅคช้™ฝtร i yรกngIntestin grรชleVessie
ๅฐ‘้™ฝshร o yรกngTriple rรฉchauffeurVรฉsicule biliaire
้™ฝๆ˜Žyรกng mรญngGros intestinEstomac
ๅคช้š‚tร i yฤซnPoumonRate
ๅฐ‘้š‚shร o yฤซnCล“urRein
ๅŽฅ้™ฐjuรฉ yinMaรฎtre du cล“urFoie

Chaque niveau unit deux organes dans un duo dรฉdiรฉ ร  un aspect spรฉcifique de la physiologie traditionnelle.

Au cours de presque deux millรฉnaires, les mรฉdecins chinois ont empruntรฉ leurs concepts de base au Classique interne et c’est sur eux qu’ils ont bรขti leur pratique clinique. Avec le temps, une comprรฉhension de plus en plus subtile s’est dรฉveloppรฉe et les rรฉsultats cliniques s’en sont trouvรฉs amรฉliorรฉs. Les caractรฉristiques des diffรฉrents niveaux du systรจme des mรฉridiens et de leur influence constante sur les fonctions organiques dรฉcrivent les mรฉcanismes qui sous-tendent de nombreux choix thรฉrapeutiques traditionnels. Cela comprend le systรจme du traitement par les plantes dรฉcrit pour la premiรจre fois dans le Traitรฉ des maladies dues au froid (ๅ‚ทๅฏ’่ซ– Shฤng hรกn lรนn). Sans ce modรจle physiologique, unifiรฉ par les mรฉridiens, le praticien se verrait obligรฉ de glaner une poignรฉe de traitement empiriques susceptibles de marcher pour certaines maladies mais il ne disposerait pas de la flexibilitรฉ d’un systรจme vivant et animรฉ. Comprendre ce systรจme permet plus de souplesse dans le diagnostic et le traitement.


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