Intersaison

La cinquiĂšme saison reprĂ©sente un Ă©tat de ce qui n’est plus mais qui n’est pas encore. On peut voir cette intersaison comme une pĂ©riode de transformation, de changement d’état avec une prĂ©paration Ă  ce qui vient .

La saison terre

Selon les modalitĂ©s yin~yang, le passage d’un dynamisme Ă  l’autre, de l’Ă©tĂ© Ă  l’autornne, par exemple, ne peut s’accomplir que d’une maniĂšre progressive. Les qualitĂ©s de l’Ă©lĂ©ment terre, actives aux intersaisons, permettent cette transition. Dans la tradition chinoise, ces intersaisons sont marquĂ©es par des durĂ©es variables. Pour les taoĂŻstes, par exemple, le troisiĂšme mois de chaque saison fait office d’intersaison.

A l’Ă©poque des empereurs, le souverain inaugurait chaque saison dans les piĂšces du Palais de la clartĂ© agencĂ©es selon l’ordre cardinal. Cette circulation dans la maison du calendrier animait harmonieusement l’ordre des saisons. Le souverain, Ă  la fin de l’Ă©tĂ©, faisait une pause de sept ou douze jours selon les Ă©crits, dans la salle centrale, vĂȘtu de jaune, couleur de la terre. Cette station au centre figurait une pĂ©riode de retraite.

Dans les douze jours par exemple, on voyait une prĂ©figuration des douze mois de l’annĂ©e. On considĂ©rait cette pĂ©riode privilĂ©giĂ©e comme une sorte de temps concentrĂ©, Ă©quivalent Ă  la durĂ©e entiĂšre de l’annĂ©e.

S’il veut animer l’Espace, il faut bien qu’il occupe cette place royale et, des qu’il s’y arrĂȘte, c’est d’elle qu’il semble animer le Temps : il a donnĂ© un centre “Ă  l’annĂ©e.

Marcel Granet

Ces considĂ©rations Ă©clairent la valeur de cette saison terre, l’Ă©tĂ© indien et les intersaisons. La terre est associĂ©e Ă  une facultĂ© mentale particuliĂšre, la pensĂ©e ou la rĂ©flexion. Cette pause mĂ©ditative effectuĂ©e par l’empereur chinois nous est aussi offerte lors de l’Ă©tĂ© indien, pĂ©riode qui prĂ©cĂšde la rentrĂ©e de septembre. Si l’annĂ©e civile dĂ©bute le 1er janvier, la vie sociale, scolaire et professionnelle, prend un nouveau dĂ©part Ă  la fin de l’Ă©tĂ©. Cette saison se prĂ©sente donc comme une pĂ©riode favorable Ă  la rĂ©flexion, aux bilans, la rĂ©orientation ne pouvant se faire que depuis un centre. Nous retrouvons l’image de la montagne, dans l’idĂ©e de stabilitĂ© et de recentrage nous permettant l’orientation.

En regard des cinq Ă©lĂ©ments, si l’Ă©nergie au fil des saisons se caractĂ©rise par un Ă©lĂ©ment (le Bois, le Feu, le MĂ©tal et l’Eau), nous pouvons dire qu’Ă  chaque intersaison l’Ă©nergie retourne au centre, expression de la terre, pour se rĂ©gĂ©nĂ©rer. Cela se traduit dans notre corps par une Ă©nergie trĂšs active dans la rate et l’estomac et, sur le plan mental, par un haut pouvoir de rĂ©flexion. Ainsi, il est important de nous accorder Ă  chaque changement de saison un temps de pause, de retour sur soi, permettant de digĂ©rer les expĂ©riences des mois passĂ©s avant de faire vivre en nous l’Ă©nergie propre Ă  la saison Ă  venir. Les souffles d’intersaison doivent aussi ĂȘtre fortifiĂ©s par une alimentation particuliĂšre, dĂ©tail d’autant plus important que cc sont justement les organes de la digestion qui sont concernĂ©s.

Schémas saisons et intersaison chinoisess
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