L’exigence surprenante de la lenteur

Chêne et balancoire, Coustels Savignac juillet 2025, photographie de Dominique Clergue

Le taiji quan alterne phases statiques et dynamiques, le conditionnement isométrique prépare le corps à exécuter des mouvements fluides et contrôlés, en évitant les tensions inutiles. C’est une méthode holistique qui lie le corps, l’esprit et le souffle. Il permet de développer une force interne subtile, une stabilité physique et mentale, et une conscience accrue du mouvement, tout en respectant les principes de douceur et de fluidité propres à cet art.

De soi-même, on s’ouvre

Portrait de Claude Regy

« Créer des images en écoutant le silence » : écoutez le grand homme de théâtre Claude Régy faire l’éloge de la lenteur, en 1999.

En apprécier la lenteur

Grand vase en bronze patine et argente japon, epoque meiji (1868-1912), détail

Comme l’arbre, la tortue, qui vit sur Terre depuis 250 millions d’années, nous prouve qu’un modèle de lenteur peut également être durable et que pérennité n’est pas toujours synonyme d’accélération. Tout le règne végétal devient silencieux en hiver pour se préparer à accueillir le printemps. Un temps ralenti, figé, sans être mort pour autant. Dans nos vies trépidantes, les durées d’acceptation du silence se rétrécissent sans cesse.

Éloge de la lenteur dans la pratique martiale

Tetsuzan Kuroda pratiquant le Iaijutsu

Le travail au ralenti n’est qu’une étape, et ne saurait en aucun cas devenir une finalité et occuper la totalité du temps de pratique. Mais ce travail en conscience est un outil qui recèle d’innombrables bienfaits. Les maîtres du passé et ceux d’aujourd’hui comme Kuroda Tesuzan ou Hino Akira ne s’y sont pas trompés.