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土 tǔ

Le Lakota était empli de compassion et d’amour pour la nature. Il aimait la terre et toutes les choses de la terre, et son attachement grandissait avec l’âge. Les vieillards étaient — littéralement — épris du sol et ne s’asseyaient ni ne se reposaient à même la terre sans le sentiment de s’approcher des forces maternelles. La terre était douce sous la peau et ils aimaient à ôter leurs mocassins et à marcher pieds nus sur la terre sacrée. Leurs tipis s’élevaient sur cette terre dont leurs autels étaient faits. L’oiseau qui volait dans les airs venait s’y reposer et la terre portait, sans défaillance, tout ce qui vivait et poussait. Le sol apaisait, fortifiait, lavait et guérissait.

C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement ; ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et ils se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient…

Stabding Bear cité in Pieds nus sur la terre sacrée

L’élément terre ne correspond pas à une saison, contrairement au bois, au feu, au métal et à l’eau, mais il est influent aux intersaisons. L’ordonnance des quatre saisons selon les points cardinaux : le printemps à l’est, l’été au sud, l’automne à l’ouest, l’hiver au nord ; suppose un observateur central. Ce centre, notamment par sa stabilité, est nommé terre et, si les quatre points cardinaux définissent une orientation spatiale, ils entretiennent aussi des relations particulières avec le centre, terre, caractérisées par l’échange, comme tous les phénomènes obéissant au principe yin~yang. Ainsi, à travers don et réceptivité, les quatre éléments prennent naissance au cœur de la terre et, grâce à son énergie, se transforment en son sein. Juste retour des choses, la terre, elle, va se nourrir des fruits de cette transformation des éléments : le bois qui pourrit, les feuilles d’automne, les cendres métalliques et minérales du feu, vont former l’humus grâce aux pluies et cours d’eau et à l’action digestive des micro-organismes.

La bonne terre, encre, pigment sur papier de Wu Lan-Chiann
La bonne terre, encre, pigment sur papier de Wu Lan-Chiann

Nourricière, la terre distribue aux êtres humains tous les fruits de sa chair sans compter, sans discrimination. Elle permet la croissance et la maturation des végétaux, se donne comme support pour toutes sortes de constructions. Perméable, elle reçoit les influences extérieures qui se manifestent entre autres par les climats (chaleur, vent, froid, pluie, sécheresse), sous l’effet desquels elle se modifie ; la chaleur et le vent l’assèchent, la pluie ou les cours d’eau l’humectent, le froid craquelle sa surface. Réceptive à travers cet accueil des influences célestes, elle l’est aussi sous la main de l’homme qui aménage surface et sous-sol, pour le meilleur et pour le pire.

Les essences combinées du ciel et de la terre font le yin et le yang. Les essences ordonnées yin-yang font les quatre saisons et des essences répandues des quatre saisons se font les dix mille êtres.

Dans la pensée chinoise, la combinaison des énergies du ciel, yang, et de la terre, yin, donne la vie. Ils se rencontrent, s’épousent et se fécondent au printemps, s’unissent en parfaite harmonie en été et produisent inlassablement puis, à l’automne, le ciel se retire doucement alors que la terre continue de s’épanouir et, enfin, l’hiver signe le temps de la séparation. La Terre, docile, reçoit et transforme, manifeste les énergies du ciel.

L’homme, fruit de l’union des souffles du ciel et de la terre, prend place entre ces deux pôles en tant que récepteur-émetteur, ne pouvant survivre sans le passage incessant des différents souffles en lui.

ssi protège.

shíSaisonIntersaison
Influence atmosphériqueHumiditéshī
Action de la saisonTransformationhuà
fāngDirectionCentre中央 zhōng yāng
xīngPlanèteSaturne鎮星
土星
zhèn xīng
tǔ xīng
zàngOrgane pleinRate
Organe creuxEstomacwèi
五體wǔtǐCinq partiesChairsròu
màiPoulsEn intermittencedài
sè CouleurJaunehuáng
shēngSonChant
yīnNotePremière notegōng
qiàoOrificeBouchekǒu
變動biàn dòngMouvementÉructationyuě
shénEsprit propreIntention
五誌wǔ zhìCinq vouloirsPensée

róng
huá
gloire
meilleure partie
Lèvreschún
wèiSaveurDouxgān
NombreCinq : terre, rate
Liquide organiqueSalivexián
VertuConfiancexìn
xiùOdeurParfuméxiāng
谷物gǔ wùGrainMillet
shēngAnimal domestiqueBœufniú

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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie

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