Bambou

J’ai rencontré Carlos Ipiens sur les réseaux sociaux, j’aime beaucoup son travail, par ailleurs il s’est inspiré de quelques unes de mes photographies pour les réinterpréter en peinture. Ici je vous propose une de ses œuvres qui lui sert d’introduction à son propos sur le sumi-e. Le sumi-e est un moyen d’expression qui me parle particulièrement, je m’y étais initié, notamment avec Robert Faure.

Le Sumi-e est essentiellement une technique de peinture monochrome. Il recherche l’essence et l’esprit plutôt que le détail réaliste : chaque trait est unique, construit à partir d’un seul geste et doit transmettre la vie et l’émotion.
Son impact sur les artistes occidentaux a été et a été plus important que ne l’ont souligné les historiens de l’art occidentaux, principalement sur les impressionnistes et les expressionnistes abstraits, qui y ont vu une voie vers la liberté gestuelle.
Le processus commence par la création de l’encre. Trois éléments sont nécessaires à sa fabrication : le suzuri (la pierre à encre utilisée en calligraphie et en peinture sumi-e. Elle possède une surface plane où l’encre est frottée et une rainure où le liquide s’accumule). Le deuxième élément est le bâton d’encre solide (sumi), fabriqué à partir de suie (généralement de l’huile de pin ou végétale) mélangée à de la colle animale et moulée en blocs ; le troisième élément essentiel est l’eau. L’encre est préparée à la main : quelques gouttes d’eau sont déposées sur la surface plane du suzuri. Un bâton d’encre solide (sumi) est frotté ; le frottement lent dissout le pigment dans l’eau, produisant une encre noire brillante, dont la densité varie selon le temps de préparation et la quantité d’eau.
Dans la tradition du sumi-e (peinture à l’encre), les maîtres parlent des « Quatre Gentilshommes » ou des « Quatre Honorables Seigneurs » (Shikunshi en chinois, Shikunshi en japonais).
Ce sont quatre motifs végétaux qui symbolisent les vertus humaines et servent de base à la formation du peintre :
L’Orchidée (Ran) : Saison : printemps ; Vertu : noblesse, humilité et pureté intérieure. Ses longues feuilles fines exigent maîtrise et délicatesse du pinceau.
Le Bambou (Take) : Saison : été ; Vertu : droiture, souplesse et résilience (il plie sans se briser). Il enseigne la fermeté des traits, la modulation des lignes droites et la structure rythmique.
Le chrysanthème (Kiku) : Saison : automne. Vertu : longévité, constance et résilience face à l’adversité. Il représente la discipline des traits répétés pour former des pétales avec énergie.
La fleur de prunier (Ume) : Saison : hiver. Vertu : espoir, renaissance et courage (il fleurit sous la neige). Il allie la force des branches noueuses à la délicatesse des fleurs.

Carlos Ipiéns in Bamboo

Dans cette œuvre, Carlos Ipiéns a fabriqué l’encre lui-même sur sa pierre à encre (chinois 硯 yàn ; japonais 硯 suzuri ).


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