Les points antiques

Le bateau aux pêchers en fleurs de Wang Hui sous la dynastie Qing

Les cinq points antiques de la médecine traditionnelle chinoise sont aussi appelés points de commande ou points des cinq éléments. Ces cinq points d’acupuncture concernent chacun des douze méridiens, ce qui fait un total de soixante points antiques. Ils sont répartis entre le coude ou le genou et l’extrémité des membres.

Les points puits

Massage des ongles juste avant d'aller au lit

Les points puits (井穴 jǐng xué )se situent à l’extrémité des doigts ou des orteils, aux ongles, à l’exception des points Sources jaillissantes situé à la plante des pieds, et de Carrefour du médius situé à l’extrémité du majeur. Ce sont les premiers ou les derniers points des méridiens, les points de changement de polarité de l’énergie, qui peut se changer en yin ou en yang en raison de l’instabilité du souffle dans ces zones.

Les méridiens réguliers

Schémas des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise

Les méridiens réguliers (十二經脈 shí èr jīng mài) constituent les voies permettant la circulation du souffle et du sang. Etant distribués symétriquement de chaque côté du corps, ils se dédoublent et passent donc à vingt-quatre. Partant et aboutissant à certaines parties de l’organisme selon des itinéraires bien définis, ils traversent et mettent en continuité les différentes parties du corps, assurent une connexion directe des zang fu et, en fonction des besoins des organes, des viscères, des tissus, etc., régulent le tempo, le rythme et aussi ce que l’on peut appeler le débit de la circulation du souffle et du sang — qui, tout simplement, autorise et conditionne leur existence.

Le triple réchauffeur

Éternité, huile sur toile, vers 1865-1869, Gustave Courbet

Le triple réchauffeur (三焦 sān jiāo) assure l’unité des souffles et du corps et maintient la relation entre le souffle originel et ses manifestations dans l’organisme, à l’image des trois souffles, issus de l’origine, qui composent l’univers : le clair en haut, le trouble en bas et l’harmonieux mélange du clair et du trouble au milieu. Son fonctionnement est donc d’assurer que tout circule bien et partout, que les souffles se conduisent correctement, et que les liquides soient normalement guidés et transformés.

La vésicule biliaire

28.4.77, huile sur toile, 1977, Zao Wou-ki (1920-2013)

La vésicule biliaire (胆 dǎn) est, au centre du territoire, de l’ordre du feu. Tous les viscères viennent y prendre leurs ordres : elle a vocation d’initiative, de mise en route des transformations (digestives, mais pas seulement). Dans le juste et le médian, elle est le juge qui décide et condamne ; elle régit tous les commencements ; elle permet qu’ils se fassent aux justes temps et lieux, à l’instar de l’Empereur qui initie le début de l’année à l’est et au printemps, faisant coïncider le temps et l’espace correspondants.

Le gros intestin

Souffle de la nature, polyptyque, 2002-2004, encre sur papier, Zhou Gang

Correspondant à l’élément métal, le gros intestin (大腸 dà cháng) forme avec les poumons le couple 脏腑 zàng fǔ, les deux organes étant connectés en surface et en profondeur (表裡 biǎo lǐ) par leurs méridiens.

L’intestin grêle

Peinture de feu sans titre, vers 1961, carton brûlé sur panneau, Yves Klein

L’intestin grêle fait partie des organes creux, c’est donc un organe yáng, son complément yīn est le cœur, et appartient comme ce dernier à l’élément feu.

Le sang

Peau, 2016, fil rouge sur toile, triptyque de Chiharu Shiota

La circulation du liquide rouge qu’est le sang atteint la moindre parcelle de l’espace corporel, y transmet la vie et y assure la présence du cœur et de ses esprits. <

La nature du méridien

Quarante vues du jardin de la Clarté parfaite, planche 25 (détail)

Cette partie du nom du méridien qui décrit sa nature le place dans le réseau général en utilisant le langage du 隂 yīn et du 陽 yáng.

Les six niveaux

Illustration des six niveaux dans la théorie des méridiens

Les six niveaux décrivent le processus de transformation d’un yang expansif, allant vers l’extérieur vers un yin absolu fait de fermeture et d’immobilité silencieuse; ou, au contraire, d’un yin fait de substance matérielle vers une force yang purement motrice. C’est l’interaction permanente entre l’énergie et la matière.