Le triple réchauffeur

Éternité, huile sur toile, vers 1865-1869, Gustave Courbet

Le triple réchauffeur (三焦 sān jiāo) assure l’unité des souffles et du corps et maintient la relation entre le souffle originel et ses manifestations dans l’organisme, à l’image des trois souffles, issus de l’origine, qui composent l’univers : le clair en haut, le trouble en bas et l’harmonieux mélange du clair et du trouble au milieu. Son fonctionnement est donc d’assurer que tout circule bien et partout, que les souffles se conduisent correctement, et que les liquides soient normalement guidés et transformés.

La vésicule biliaire

28.4.77, huile sur toile, 1977, Zao Wou-ki (1920-2013)

La vésicule biliaire (胆 dǎn) est, au centre du territoire, de l’ordre du feu. Tous les viscères viennent y prendre leurs ordres : elle a vocation d’initiative, de mise en route des transformations (digestives, mais pas seulement). Dans le juste et le médian, elle est le juge qui décide et condamne ; elle régit tous les commencements ; elle permet qu’ils se fassent aux justes temps et lieux, à l’instar de l’Empereur qui initie le début de l’année à l’est et au printemps, faisant coïncider le temps et l’espace correspondants.

L’intestin grêle

Peinture de feu sans titre, vers 1961, carton brûlé sur panneau, Yves Klein

L’intestin grêle fait partie des organes creux, c’est donc un organe yáng, son complément yīn est le cœur, et appartient comme ce dernier à l’élément feu.

Le sang

Peau, 2016, fil rouge sur toile, triptyque de Chiharu Shiota

La circulation du liquide rouge qu’est le sang atteint la moindre parcelle de l’espace corporel, y transmet la vie et y assure la présence du cœur et de ses esprits. <

La nature du méridien

Quarante vues du jardin de la Clarté parfaite, planche 25 (détail)

Cette partie du nom du méridien qui décrit sa nature le place dans le réseau général en utilisant le langage du 隂 yīn et du 陽 yáng.

Les six niveaux

Illustration des six niveaux dans la théorie des méridiens

Les six niveaux décrivent le processus de transformation d’un yang expansif, allant vers l’extérieur vers un yin absolu fait de fermeture et d’immobilité silencieuse; ou, au contraire, d’un yin fait de substance matérielle vers une force yang purement motrice. C’est l’interaction permanente entre l’énergie et la matière.

Les reins

Lune d'automne sur un lac paisible, 2024, Chen Jialing

Le rein, organe plein, est l’un des cinq organes yīn, il est couplée à la vessie, organe creux, qui est yáng. 

Le cœur

Sous le ciel (détail), huile, toile, panneau composite aluminium-plastique 2014, Xu Zhen

Le cœur est l’empereur. fils du ciel, miroir du shén, Centre du thorax: ces termes recouvrent une même position médiatrice entre 天 tiān, le ciel archétypal, et le corps. Le rôle du cœur est de faire en sorte que tout ce qui est d’ordre universel soit coloré par notre nature singulière.

La rate

Paysage d'été, 1883, Georges Pierre Seurat

La rate (脾 pí) fait partie des organes pleins, elle est localisée sous le diaphragme dans le réchauffeur moyen. Comme les quatre autres zàng; la rate est reliée à un organe creux, en l’occurrence l’estomac. Les deux organes sont connectés l’un à l’autre sur un mode surface~profondeur par leurs méridiens respectifs : lé méridien de la rate et le méridien de l’estomac. La rate est liée d’une manière privilégiée aux muscles notamment ceux des membres, ainsi qu’à la bouche et aux lèvres. Elle correspond à l’élément terre.

Le foie

Fleurs de la Primevère commune

Le foie, dans un homme, est ce mouvement d’élévation, de jaillissement, de déclenchement, d’élan, de diffusions impétueuses jusqu’à la périphérie, de remuement et de stimulation. Il se déploie en fonction de la richesse et de la solidité de la base sur laquelle il repose.

L’eau

La douce brise et la bruine n'ont pas besoin de revenir, Ye Wu

L’eau (水 shuǐ) correspond à l’hiver, au froid, et aux rivières de la fonte des neiges. Elle est associée aux reins et à la vessie, au noir, au sentiment de peur, aux oreilles et au sens de l’ouïe.

Le métal

Vase rituel argenté période Shang, détail

Jīn, le métal est le prototype de la matière condensée, asséchée, dans le sein de la terre. Le métal est la forme achevée et durcie ; c’est aussi la possibilité de la perte de cette forme, par fusion, permettant la diffusion, puis une nouvelle forme ; comme l’automne est la saison où tout arrive à maturation terminale, mais pour être coupé, détruit, mangé.