Centre et équilibre dans les arts martiaux internes chinois

Le centre (中 zhōng) et l’équilibre (平衡 píng héng) sont au cœur de notre entraînement. Quelle que soit la position du corps – debout, assis, en position basse ou même au moment d’un saut, il ne faut jamais perdre le centre de gravité équilibré du corps. Ce centre n’est pas un simple point physique ; c’est l’axe à travers lequel s’exprime toute fonction. Chaque action, chaque transition, chaque expression de puissance est régie par la stabilité et la clarté de ce centre.

其根在脚,发于腿,主宰于腰,形于手指。
qí gēn zài jiǎo, fā yú tuǐ, zhǔ zǎi yú yāo, xíng yú shǒu zhǐ.
由脚而腿而腰,总须完整一气。
yóu jiǎo ér tuǐ ér yāo, zǒng xū wán zhěng yī qì.

张三丰太极拳论 Zhāng Sānfēng tàijí quán lùn

Le texte chinois à l’origine de la citation La force naît des pieds, est dirigée par les jambes, contrôlée par la taille, et s’exprime par les doigts est tiré du Traité du taiji quan de Zhang Sanfeng (张三丰太极拳论) ou parfois attribué aux Explications sur la pratique des treize postures (十三势行功解略) de Wu Yuxiang (武禹襄 1812-1880).

Traduction littérale

Sa racine (根 gēn) est dans les pieds (脚 jiǎo), est envoyé (发 fā) par les jambes (腿 tuǐ), maîtrisé (主宰 zhǔ zǎi) par la taille (腰 yāo), et se manifeste (形 xíng) par les doigts (手指 shǒu zhǐ). Des pieds aux jambes, puis à la taille, tout doit être un souffle (气 qì) complet (完整 wán zhěng) et unifié (一 yī). »

L’exercice présenté dans cette vidéo vise à comprimer le corps verticalement, à le rendre aussi compact que possible dans un espace restreint. Lorsque le corps est ainsi contraint, la conscience s’aiguise naturellement. Les sensations corporelles s’affinent et le contrôle de sa propre structure devient plus clair et plus précis. La respiration est également affectée. Les poumons ne pouvant se dilater librement comme d’habitude, le souffle est contraint de se répartir ailleurs. Cette subtile redistribution éveille une sensation interne plus délicate, qui amplifie la capacité à emmagasiner l’énergie plutôt qu’à la libérer immédiatement.

Simultanément, la douceur se cultive. Cette douceur n’est pas une faiblesse, mais une disponibilité. De cette douceur, le souffle peut alors être guidé vers l’intérieur et diffusé à travers le corps, pénétrant sans obstacle et atteignant jusqu’aux extrémités. Ce n’est que lorsque douceur et maîtrise coexistent que la véritable force interne (劲 jìn) peut s’exprimer.

Pourtant, rien de tout cela n’est possible sans une condition essentielle : un centre de gravité exceptionnellement équilibré. Sans lui, la structure s’effondre. Avec lui, le corps devient unifié, calme, sensible et capable de libérer l’énergie naturellement, sans excès ni effort. Il ne s’agit pas d’exécuter des techniques. Il s’agit de revenir au centre du corps, encore et encore, jusqu’à ce que l’équilibre devienne un réflexe.



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