L’art calligraphique s’accomplit au moyen du pinceau. Celui-ci est manipulรฉ par les doigts, lesquels le sont par le poignet et l’avant-bras. L’avant-bras, lui, obรฉit au coude et le coude se laisse guider par le bras et l’รฉpaule. รpaule, coude, avant-bras, doigts appartiennent tous au cรดtรฉ droit du corps, lequel s’appuie ร son tour sur le cรดtรฉ gauche du corps. Les deux cรดtรฉs, ensemble, forment la partie supรฉrieure du corps.
Francois Cheng in Et le souffle devient signe
Celle-ci, bien entendu, ne saurait fonctionner que grรขce ร la partie infรฉrieure du corps, et plus particuliรจrement aux deux pieds. Fermement posรฉs sur le sol, les deux pieds incarnent par excellence le plein de la partie infรฉrieure du corps. C’est ร partir de lร que tout se joue. Le plein de cette partie infรฉrieure a pour mรฉrite en effet de permettre ร la partie supรฉrieure du corps d’รชtre habitรฉe parย le vide. Non un vide pur et inerte, car, tout en รฉtant habitรฉe par le vide, la partie supรฉrieure possรจde aussi son plein qui n’est autre que son cรดtรฉ gauche. Prenant appui sur la table et se reliant en mรชme temps aux deux pieds, ce cรดtรฉ gauche, plein, permet alors au cรดtรฉ droit d’รชtre habitรฉ par le vide. Mais ร l’intรฉrieur du cรดtรฉ droit, ainsi rendu disponible, s’instaure ร nouveau un jeu de vide et de plein en chaรฎne, chaque รฉlรฉment qui le compose devenant tour ร tour plein et vide. C’est ainsi que l’รฉpaule vide, devenant pleine, agit sur le coude vide; le coude vide, devenant plein, agit sur l’avant bras vide; l’avant-bras vide, devenant plein, agit sur les doigts vides. C’est dans les doigts que le vide atteint son extrรชme. Cependant le vide qui s’y loge ne saurait tourner ยซย ร videย ยป; il faut qu’il devienne ร son tour plein. Car les doigts, ne l’oublions pas, sont prolongรฉs par le pinceau. Or, le vrai pinceau, selon l’expression heureuse des Anciens, doit รชtre comme un ยซย tube crevรฉย ยป, dans la mesure oรน le vide des doigts doit entiรจrement passer en lui au risque mรชme de le faire รฉclater. Gonflรฉ de vide, le ยซย tube crevรฉย ยป qu’est le pinceau ne se limitera pas au rรดle d’un simple rรฉceptacle : il est en charge de tout le mouvement dynamique du corps que nous venons de dรฉcrire, mouvement dont il est l’aboutissement. Investi d’un pouvoir plรฉnier, il est ร mรชme d’imposer une action double : par son plein, il imprime l’encre dans le papier si fortement qu’il semble le traverser : par son vide, il glisse sur le papier, aรฉrien tel un pur esprit qui sur son passage remplit l’espace de sa prรฉsence sans laisser de traces palpables.

็จ็ถ็ฐ Chรฉng Yรกotiรกn (1725๏ผ1814) est un thรฉoricien de l’art calligraphique, auteur du ไนฆๅฟ Shลซshรฌ , la structure interne de la calligraphie.
ไนฆไนไธบ้๏ผ่่ฟไน๏ผ่ฅๅคฉ็ถๆ่ไน๏ผๆ ๆฅๆๅฏๆๅพๆฅไปฃ่ฐข๏ผ่กๅๆถ็็พ็ฉ๏ผไบๅคๅธธไธบไนใ็ถ่ไนๆไปฅ่ฝ่ฟ่ ๏ผ่ฟไปฅๅฎไนใๆฏๆ ๅคฉๆๅๅๆไปฅไธบไนๆข็บฝ๏ผ็ณปไบๅ ถๆไธๅจ่ ๏ผ่ๅ่ฝ่ฟๅ ถๆๅธธๅจไนๅคฉใๆฅๆไบๆๅฟ ๅๆๅ ถๆ็ณปไนๆฌ๏ผๅคฉๅธธๅฑ ๅ ถๆ๏ผ่ๅ่ฝ้ๅทฆๆไนใๅคฉๆฅ่ฟ็๏ผไปฅๆๆๆฆใไนฆไนไธบ้๏ผไบฆ่ฅๆฏๅๅทฒ็ฃใๆฏๆ ไนฆๆไบ็ฌ๏ผ็ฌ่ฟไบๆ๏ผๆ่ฟไบ่ ๏ผ่ ่ฟไบ่๏ผ่่ฟไบ่ฉใ่ฉไนใ่ไนใ่ ไนใๆไน๏ผ็่ฟไบๅ ถๅณไฝ่ ไน๏ผ่ๅณไฝๅ่ฟไบๅ ถๅทฆไฝใๅทฆๅณไฝ่ ๏ผไฝไน่ฟไบไธ่ ไน๏ผ่ไธไฝๅ่ฟไบๅ ถไธไฝใไธไฝ่ ๏ผไธค่ถณไนใไธค่ถณ่ๅฐ๏ผๆ่ธตไธ้ฉ๏ผๅฆๅฑไนๆ้ฝฟไปฅๅปไบๅฐ่ ๏ผ็ถๆญคไน่ฐไธไฝไนๅฎไนใไธไฝๅฎ็ฃ๏ผ่ๅ่ฝ่ฟไธไฝไน่ใ็ถไธไฝไบฆๆๅ ถๅฎ็่ ๏ผๅฎๅ ถๅทฆไฝไนใๅทฆไฝๅ็ถๆฎๅ ๏ผไธไธ่ดฐ็ธๅฑ็ใ็ฑๆฏไปฅไธไฝไนๅฎ๏ผ่่ฟๅ ถๅณไธไฝไน่๏ผ่ไบๆฏๅณไธไฝ่ ๏ผไนๅ ถ่ณ่่่ณๅฎ่ ไนใๅคซ็ถๅไปฅ่ฉ่ฟ่๏ผ็ฑ่่่ ๏ผ่ๆ๏ผ็ๅไปฅๅ ถ่ณๅฎ่่ฟๅ ถ่ณ่ใ่่ ๅ ถๅฝขไน๏ผๅฎ่ ๅ ถ็ฒพไนใๅ ถ็ฒพไน่ ๏ผไธไฝไนๅฎไนๆ่็ปไบ่ณ่ไนไธญ่ ไนใไน่ณๆไน่่ ๅๅฎ็๏ผๅค่ไผ ๆๆ่ฐๆฆ็ ด็ฎกไนใๆฆ็ ด็ฎก็ฃ๏ผๆๅฎ็ฃ๏ผ่่ ๆๅจไบ็ฌ็ฃใ่ฝ็ถ๏ผ็ฌไน่้กพ็ฌไธฝไบ่ไน๏ผๆๅ ถๅฎไน๏ผๆ ๅ้ไน็บธไน่ใๆๅ ถ่ไน๏ผๆ ็ฒพๆตฎไน็บธไนไธใๅ ถๅฆไน๏ผๅฆ่กๅฐ่ ไน็ป่ฟน๏ผๅ ถ็ฅไน๏ผๅฆๅฏ่ๅพก้ฃๆ ่กๅฐ่ๅทฒ็ฃใ
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- Entretien avec Franรงois Cheng par Catherine Argand
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