La tombe du chef de la communautรฉ sogdienne ๅฒๅ Shวjลซn (dรฉcรฉdรฉ en 579) et de son รฉpouse a รฉtรฉ retrouvรฉe en 2003 dans la banlieue nord de ่ฅฟๅฎ Xฤซ’ฤn, non loin de celles de deux autres personnes d’origine sogdienne, ๅฎไผฝ ฤn Qiรฉ et ๅบทๆฅญ Kฤng Yรจ.

La tombe consistait en une seule chambre funรฉraire, au centre de laquelle se trouvait un sarcophage en pierre, ou cercueil extรฉrieur, en forme de maison de style chinois. ร l’intรฉrieur se trouvaient un canapรฉ en pierre et des peintures murales rouge cinabre reprรฉsentant des motifs de vigne. Le tombeau avait dรฉjร รฉtรฉ pillรฉ et donc peu de biens funรฉraires ont รฉtรฉ trouvรฉs.

Les murs extรฉrieurs du sarcophage prรฉsentent un programme complexe de reliefs picturaux. Le mur avant (ou sud) comporte des portes cloutรฉes flanquรฉes de gardiens de tombes ร quatre bras.

De chaque cรดtรฉ, aux coins infรฉrieurs du mur, se trouvent deux prรชtres mi-homme mi-oiseau portant des couvre-bouches (padams) et s’occupant des feux sur les autels.

Lโรฉpitaphe de Shi Jun, situรฉe sur le linteau du sarcophage, a la particularitรฉ dโรชtre bilingue. L’inscription dรฉcrit en chinois et en sogdien la vie et les rรฉalisations de Shi Jun. Bien que les deux cรดtรฉs transmettent gรฉnรฉralement les mรชmes informations, celle de Sogdian est mieux prรฉservรฉe. Nous en apprenons que les noms sogdiens de Shi Jun et de sa femme รฉtaient Wirkak et Wiyusi, et que leurs trois fils survivants ont commandรฉ les ambitieuses sculptures sur pierre de la tombe.


Plusieurs รฉpisodes semblent faire rรฉfรฉrence aux occupations de Shi Jun avant et aprรจs avoir รฉtรฉ nommรฉ ่ฉไฟ sร bวo, ou chef d’une communautรฉ sogdienne. Les reliefs reprรฉsentent รฉgalement un certain nombre de scรจnes religieuses, aboutissant ร une illustration รฉlaborรฉe de Shi Jun et Wiyusi traversant le pont de Chinvat, une vision zoroastrienne du jugement et du voyage au paradis dรฉcrite dans des textes mais rarement reprรฉsentรฉe visuellement. Cela a conduit un savant ร dรฉcrire les reliefs comme une ยซversion extrรชmement bien informรฉeยป des textes zoroastriens, unique ร ce jour parmi les tombes de Sogdiens ou d’autres Asiatiques centraux enterrรฉs en Chine.


Les Sogdiens รฉtaient un peuple de langue indo-europรฉenne de la branche des langues iraniennes (comme les Scythes), qui vivait autrefois dans une rรฉgion recouvrant une partie des actuels Turkmรฉnistan oriental, Ouzbรฉkistan, Tadjikistan occidental et Afghanistan septentrional, englobant Samarcande et Boukhara, rรฉgion ร laquelle ils ont donnรฉ leur nom : la Sogdiane. Important peuple de commerรงants, ayant jouรฉ un rรดle fondamental dans le dรฉveloppement de la route de la soie et des routes commerciales de lโAsie centrale, les Sogdiens ont connu un apogรฉe entre le dรฉbut de lโรจre chrรฉtienne et le VIIe siรจcle. Hรฉritiers des civilisations prรฉcรฉdentes, ces ยซ Phรฉniciens ยป de lโAsie centrale en ont accumulรฉ et transmis les richesses et complexitรฉs jusquโau VIIIie siรจcle.
Leur langue รฉtait trรจs proche, voire identique ร celle de laย Bactriane, qui se trouvait au sud de la Sogdiane. Elle a รฉtรฉ supplantรฉe par leย tadjik, une autre langue iranienne beaucoup plus proche de lโactuelย persan, mais elle nโa pas totalement disparu puisquโune langue sogdienne รฉtait encore rรฉcemment parlรฉe dans un groupe de villages de la vallรฉe duย Yaghnob, affluent duย Zeravchan, riviรจre qui arrose Samarcande. Outre cette langue appelรฉeย yaghnobi, leย sogdienย a donnรฉ des mots au tadjik et au persan moderne.
Dans leย zoroastrisme, leย pont de Chinvatย dรฉpartage les morts, qui vont soit dans la Maison duย Druj, soit dans laย Maison des Chants. Cette notion est ร la source d’idรฉes similaires dans d’autres traditions religieuses et culturelles.
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