Le ciel et la terre

ๅคฉๅœฐ tiฤn dรฌ

L’homme (ไบบ rรฉn) vit entre ciel (ๅคฉ tiฤn) et terre (ๅœฐ dรฌ) : debout, vertical ; il relie, intรจgre et accomplit les vertus du ciel et de la terre.

Ciel et terre sont indissociables

En mรฉdecine chinoise et dans la tradition chinoise, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’est le ciel, ce n’est pas ce qu’est la terre, c’est la relation qui se joue entre ciel et terre.

Franรงois Jullien in Procรจs ou crรฉation

Le ciel n’a pas de raison d’รชtre sans la terre et la terre ne peut exister sans le ciel. Il n’est pas de prรฉรฉminence de l’un sur l’autre ; la connotation laudative que l’on confรจre au ciel en Occident n’est pas de mise ici. L’important rรฉside dans leur interrelation. Ce qui compte, en effet, ce n’est pas ce que tu es ou ce que je suis, mais c’est ce qui se joue entre toi et moi, l’interrelation qui s’รฉtablit entre toi et moi, ร  chaque instant, qui varie sans cesse dans le temps, l’espace et selon les rรฉfรฉrences.

Le ciel fait naรฎtre, la terre fait croรฎtre

Les mรฉcanismes qui comportent une initiative, un รฉlan, une origine, un commencement, sont de l’ordre du ciel ; ceux qui comportent une rรฉponse, une rรฉalisation, un achรจvement sont ร  placer sous le symbole de la terre. Le catalyseur d’une rรฉaction est de l’ordre du ciel, la rรฉaction qui se dรฉroule ensuite est de l’ordre de la terre, car le ciel a l’initiative quand la terre rรฉalise pleinement.

Ciel et Terre sont nommรฉs dans un ordre intangible

En effet, la tradition chinoise dit ciel~terre, et non terre~ciel. De la mรชme faรงon, on dit yin~yang, jamais l’inverse. Il faut accepter cet ordre, qui a une signification, mรชme si l’on n’en comprend pas les raisons. Ainsi, ciel~homme~terre rรฉfรจre ร  l’homme qui relie ciel et terre. Ciel~terre~homme implique le ciel qui fรฉconde la terre pour engendrer l’homme. L’ordre de ces trois termes nous donne la rรฉfรฉrence.

Le ciel est pur, la terre tranquille

ๅคฉๅพ—ไธ€ไปฅๆธ…, ๅœฐๅพ—ไธ€ไปฅๅฎ

Le chapitre 39 du livre de la voie et de la vertu  (้“ๅพท็ถ“ Dร odรฉjฤซng) indique que tout ce qui est de l’ordre (ๅพ— de) du ciel est pur ou clair (ๆธ… qฤซng) et tout ce qui est de l’ordre de la terre est tranquille (ๅฎ nรญng).

Le ciel couvre, la terre porte

Ce qui couvre et protรจge est de l’ordre du ciel. Ce qui porte, supporte, accueille, contient, embrasse est de l’ordre de la terre.

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ๅคฉ tiฤn : ciel, jour, journรฉe, temps, saison, univers


ๅคฉ tiฤn est le ciel, le firmament, le principe ciel animant l’univers, yang, la nature, le naturel, le jour, le temps, l’impรฉrial.

Etymologiquement, un trait horizontal ไธ€ au-dessus du caractรจre de l’homme ไบบ rรฉn, vu ici de face, les jambes รฉcartรฉes, il est le firmament qui couvre les hommes.

  • Le ciel est dynamisme, activitรฉ, force, puissance.
  • Sont de l’ordre du Ciel l’ordre naturel du vivant, la rรจgle, la loi, dont le symbole est le jade.
  • Ce qui dรฉfinit une rรจgle, รฉtablit une loi, est ร  placer sous le symbole du ciel.
  • Au ciel est la crรฉation, le masculin, le pรจre, ce qui fait exister.
  • Au Ciel est ce qui donne vie, ce qui a l’initiative de la vie.

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ๅœฐ dรฌ : masse, terre, terrain, lieu

ๅœฐ dรฌ est la terre, le principe terre vivifiant l’univers et correspondant au yin, ร  la rรฉgion, la contrรฉe, au terrain, au sol, ร  la place, la situation, la disposition, la substance.

Son radical est ๅœŸ tว” : terre, sol, terrain, localitรฉ, terroir, indigรจne, rustique, l’agir terre placรฉ au centre des cinq agirs, fait de deux traits horizontaux, le sol et l’intรฉrieur du sol, et d’un trait vertical les plantes qui sortent de terre ยป.

  • La terre est repos, accueil, docile.
  • Sont de l’ordre de la Terre chaรฎne et trame, le tissage qui incarne et rรฉalise cet ordre, ces rรจgles et lois.
  • Ce qui les incarne et rรฉalise est sous celui de la terre.
  • ร€ la terre est la fรฉconditรฉ, la nutrition, le chaudron, le fรฉminin, la mรจre, ce qui fait croรฎtre.
  • ร€ la terre est ce qui donne forme, ce qui a capacitรฉ de mettre en forme.

Sont de l’ordre du ciel et de la terre, le pรจre et la mรจre, le paternel et le maternel en chaque รชtre, qu’il soit homme ou femme. Le pรจre รฉnonce la loi, la rรจgle, les limites ; la mรจre nourrit. Le pรจre couvre et protรจge, il fait exister ; la mรจre porte, supporte et accueille, elle fait croรฎtre.

Le rond et le carrรฉ, le ciel et la terre

Dans la Chine ancienne, le couple symbolique principal, รฉtait  ไผ็Šง Fรบxฤซ lโ€™inventeur mythique des trigrammes et sa contre partie fรฉminine, ๅฅณๅชง Nวšwฤ. Les vestiges les dรฉcouvrent presque toujours ensemble, reliรฉs par le triple entrelacement de leurs corps reptiliens. Seuls leurs attributs changent : Soit Fรบxฤซ tient ร  la main une รฉquerre avec laquelle on trace le carrรฉ de la terre et Nวšwฤ un compas avec lequel on trace le rond du ciel, soit Fรบxฤซ tient le soleil et Nวšwฤ la lune.

Les queues entrelacรฉes symbolisent le croisement entre lโ€™essence et la fonction. Croisement entre le compas de la figure fรฉminine qui permet de tracer le rond de lโ€™ordre du ciel, masculin, et lโ€™รฉquerre de la figure masculine qui permet de tracer le carrรฉ de lโ€™ordre de la terre, fรฉminin. Le ciel รฉtant reprรฉsentรฉ pour les chinois par un rond, comme la voรปte cรฉleste, et la terre par un carrรฉ, comme les champs quโ€™ils cultivent.

Le ciel est donc comme un cercle. Il ne possรจde ni commencement ni fin. Cโ€™est un trait sans rupture, un trait continu, โ˜ฐ. La terre, par contre, est articulรฉe selon les orients, les directions, comme un carrรฉ. Le tracรฉ dโ€™un carrรฉ arrive forcรฉment, ร  un moment donnรฉ, ร  un angle qui fait basculer dans une autre direction. Cโ€™est un trait avec une rupture, un trait discontinu, โ˜ท.

Le ้™ฝ yรกng, reprรฉsentรฉ dans le Livre des mutations (ๆ˜“็ถ“ yรฌ jฤซng ) par le trait continu, est fermetรฉ. Cโ€™est le pareil ร  soi-mรชme. Ce trait continu est une unitรฉ qui ne transige pas.

Le ้™ฐ yฤซn, reprรฉsentรฉ par le trait redoublรฉ, est souplesse. Cโ€™est la multiplicitรฉ des actions et des formes, lโ€™ouverture ร  la diffรฉrence. Une diffusion dans le temps, une patience qui mรจne ร  terme.

Le couple chinois primordial nous enseigne que chaque รชtre possรจde en lui un cรดtรฉ en acte et un cรดtรฉ en puissance. Il a des fonctions bien prรฉcises : Fu Xi est lโ€™รฉtincelle soudaine, lโ€™รฉnergie crรฉatrice, en acte, venant fรฉconder Nวšwฤ qui, elle, assure la stabilitรฉ du monde, en puissance.

Dans les palais impรฉriaux en Chine, lโ€™Autel Cรฉleste รฉtait de forme ronde et ouvert sur le ciel. Cela signifiait que la puissance crรฉatrice du ciel รฉtait accessible ร  toute chose sur terre. Au solstice dโ€™hiver, signalant le point de dรฉpart de lโ€™accroissement de lโ€™รฉnergie solaire, on cรฉlรฉbrait cet รฉvรฉnement encore imperceptible sur lโ€™Autel du Ciel, fait dโ€™une pierre ronde en jade vert (couleur du printemps, de lโ€™Est et du Yang montant).

En revanche, lโ€™Autel de la Terre รฉtait de forme carrรฉe et enfermรฉ dans une salle sombre, telle une matrice protectrice. Au solstice dโ€™รฉtรฉ, qui signe lโ€™arrivรฉe inรฉvitable des obscuritรฉs hivernales et de la froidure, une cรฉrรฉmonie rituelle รฉtait cรฉlรฉbrรฉe sur lโ€™Autel constituรฉ dโ€™une pierre carrรฉe jaune, couleur de lโ€™รฉlรฉment terre et du centre.

Ciel et terre sont en nous

La mรฉdecine traditionnelle chinoise considรจre qu’il existe des mรฉcanismes cรฉlestes qui aident ร  investir, intรฉgrer et connaรฎtre nos propres rรจgles et lois. Le mรฉridien taiyang situรฉ dans le dos, sur lequel on s’adosse en quelque sorte reprรฉsente le pรจre, la rรจgle. Sur le mรฉridien de vessie, son dixiรจme point le pilier cรฉleste qui est un point fenรชtre du Ciel, nous incite ร  dรฉcouvrir et ร  vivre notre rรจgle, c’est-ร -dire notre coloration personnelle des lois universelles. Face ร  taiyang, taiyin est la mรจre qui accueille et nourrit.

Ciel~terre sont en nous, morphologiquement : ร  la tรชte, le crรขne est de l’ordre du ciel, la face de l’ordre de la terre. Au tronc, le thorax est de l’ordre du ciel, l’abdomen de la terre. Remarquons l’analogie symbolique entre diaphragme et base du crรขne, qui sรฉparent et rรฉunissent deux zones, ciel et terre. Au niveau du corps, ce qui est au-dessus du nombril est de l’ordre du ciel, au-dessous, de la terre toujours, avec les fonctions et qualitรฉs affรฉrentes.

Entre ciel et terre, le vide mรฉdian

Le vide mรฉdian est une fonction indispensable ร  la vie. Il en est la condition et le garant. Il est dans le mรชme temps originel, existentiel, ultime.

Le vide, la potentialitรฉ (่™š xลซ) entre en rรฉsonnance avec le plein, la rรฉalitรฉ (ๅฏฆ shรญ). L’expression ่™›ๅฏฆ xลซ shรญ nous invite ร  apprendre ร  savoir ce qui est vrai et ce qui est faux, ร  รชtre ร  mรชme d’apprรฉcier la vraie situation.

Selon la juste vision de la voie (้“ dร o), le vide mรฉdian intervient chaque fois que le yin et le yang sont en prรฉsence. Drainant la meilleure part des deux, il est ce troisiรจme souffle qui รฉlรจve l’un et l’autre vers une transformation crรฉatrice, et leur permet de se dรฉpasser.

Existentiel

Trente rayons se joignent en un moyeu unique Ce vide dans le char en permet l’usage D’une motte de glaise, on faรงonne un vase Ce vide dans le vase en permet l’usage On mรฉnage des portes et des fenรชtres pour une piรจce Ce vide dans la piรจce en permet l’usage.

Chapitre 11 du livre de la voie et de la vertu

Existentiel, indispensable ร  nos transformations et รฉchanges, collaborations et alternances, il est plein de toutes nos potentialitรฉs.

Originel

La voie s’รฉcoule au vide mรฉdian.

Chapitre 4 du livre de la voie et de la vertu

Originel, il est la condition du passage de l’invisible au visible, du sans-forme ร  l’ayant-forme, et donc de l’รฉmergence d’un รชtre, d’une vie, non seulement ร  la conception mais ร  chaque souffle, puisque, notre crรฉation รฉtant rรฉcurrente, nous nous recrรฉons ร  chaque souffle.

Ultime

Parvenu ร  l’extrรชme du vide. Fermement ancrรฉ dans la quiรฉtude Tandis que dix mille รชtres d’un seul รฉlan รฉclosent Moi je suis ร  contempler le retour.

Chapitre 16 du livre de la voie et de la vertu

Ultime, le vide est le lieu du retour ร  l’origine.

Entre ciel et terre est un soufflet

L’intervalle ciel-terre
On dirait un soufflet
Vidรฉ il reste inรฉpuisable
Actionnรฉ il ne demande qu’ร  souffler

Chapitre 5 du livre de la voie et de la vertu

Le soufflet est ร  l’origine des condensations, transformations et circulations des souffles. Il gรฉnรจre les dix mille รชtres dans l’univers et en nous. Il fonde notre respiration. Outre qu’il rรฉgit l’incarnation du souffle (ๆฐฃ qรฌ), le poumon est dans notre corps ce soufflet cosmique. La profondeur de la vision chinoise nous permet non seulement de comprendre quels archรฉtypes cet organe manifeste, mais รฉgalement de saisir pourquoi certaines maladies respiratoires chroniques sont si difficiles d’accรจs, leur origine รฉtant si profonde !

Entre ciel et terre est l’homme

L’homme a pour vocation de relier, intรฉgrer, accomplir, gรฉrer quotidiennement les attributs et fonctions cรฉlestes et terrestres, chacun dans sa spรฉcificitรฉ puisque chaque รชtre est unique. Car si la fonction du ciel est de donner vie et couvrir et celle de la Terre de donner forme et porter, celle de l’homme est de se conformer ร  sa nature essentielle, ร  sa spรฉcificitรฉ.

L’homme est destinรฉe, nature et Qing

La nature propre et la destinรฉe, ensemble avec la forme corporelle, sortent de la lignรฉe ancestrale.

Huainan zi

ๅ‘ฝ mรฌng

Le caractรจre ๅ‘ฝ mรฌng est le mandat, la destinรฉe, l’ordre, le commandement, le dรฉcret du ciel. Ce mandat cรฉleste, originel et final (ยซ savoir d’oรน l’on vient, et, par lร , savoir oรน l’on retourne ยป ), n’est pas inรฉluctable.

Le caractรจre ๅ‘ฝ mรฌng se dรฉcompose en :

  • ไบผ : rรฉunir ; le triangle reprรฉsente le concept d’union, d’assemblage, de jonction d’รฉlรฉments divers figurรฉs par trois lignes. Trois est ici pris pour un nombre indรฉterminรฉ.
  • ๅฉ kรฒu : frapper

Li fonde la nature propre de chacun (ๅฝข xรญng), laquelle se reflรจte dans une forme particuliรจre (ๆ€ง xรฌng), manifeste le mandat reรงu (ๅ‘ฝ mรฌng) et est dite par le nom (ๅ mรญng). Comme tout ce qui est de l’ordre de l’essence, elle est dans l’interne, l’intime, voilรฉe, cachรฉe, occultรฉe, ร  dรฉcouvrir. La composition รฉvoque ce que lโ€™on dit (ๅฃ kว’u) pour sโ€™annoncer quand il fait nuit (ๅค• xฤซ).

ๆ€ง xรฌng

Le caractรจre ๆ€ง xรฌng reprรฉsente la nature, le naturel, le caractรจre, le sexe, la sexualitรฉ.

ร‰tymologiquement, ce qui, dans le cล“ur (ๅฟ„), engendre et fait vivre (็”Ÿ shฤ“ng).

C’est la nature essentielle, propre, innรฉe de chacun, visible ร  travers la forme corporelle, le visage particulier de chaque รชtre.

ๅฝข xรญng

Cette forme est ๅฝข xรญng : apparence, aspect, visage, configuration du terrain, prendre forme, dรฉcrire. Son radical ๅฝก, ร  droite, montre soit les poils, les plumes, les cheveux, donc quelque chose d’apparent, de visible, soit des rayons de lumiรจre qui rendent visible. A gauche ๅผ€ kฤi c’est ouvrir, mettre en marche, conduire, fonder, commencer.

Car chaque รชtre possรจde une forme particuliรจre, qui n’appartient qu’ร  lui, une apparence propre qui permet de le reconnaรฎtre et qui manifeste sa singularitรฉ, sa spรฉcificitรฉ.

Xรญng, la nature propre, est la conjonction de lว et de ๅฎ— zลng, la lignรฉe des ancรชtres qui aboutit ร  l’รชtre unique que nous sommes.

La destinรฉe (ๅ‘ฝ mรฌng) de l’homme consiste ร  accรฉder ร  sa nature propre (ๆ€ง xรฌng) en rรฉalisant ses dispositions naturelles (ๆƒ… qรญng).

Claude Larre

Cette nature essentielle, enfouie au cล“ur de chacun, recouverte des injonctions du social, du familial, du religieux, des images dont nous avons eu besoin mais dont nous devons nous dรฉprendre, est en l’homme le reflet de ็† lว.

Le caractรจre ็† lว signifie veines, raison, vรฉritรฉ, principe, raison naturelle. Lว c’est la raison cรฉleste en tant qu’elle vรฉhicule, comme les veines du jade, l’ordre naturel, le principe qui rรฉgit toute chose, les lois et les rรจglements, arranger, diriger. Lว est la raison d’รชtre de tout ce qui est. Le caractรจre ็† se dรฉcompose en ็Ž‹ wรกng, le roi et ้‡Œ lว, ร  l’intรฉrieur.

Transparente, toute chose apparaรฎt selon son รชtre naturel, son lว. Par la rรฉalisation de sa nature comme de sa destinรฉe rรจgne universellement la raison cรฉleste, lว, qui reflรจte la ligne la plus fine, la veine la plus secrรจte de tout ce qui existe.

Claude Larre

L’homme prend modรจle sur la terre. La terre prend modรจle sur le ciel. Le ciel prend modรจle sur la voie. La voie, elle, se modรจle sur le naturel.

Chapitre 25 du livre de la voie et de la vertu

La nature essentielle n’est ni bonne ni mauvaise: elle est ce qu’elle est. Elle tรฉmoigne de l’une des potentialitรฉs de l’unitรฉ, qui contient bien รฉvidemment toutes les dualitรฉs, yin et yang, l’affirmation et la nรฉgation โ€ฆ Chacun est invitรฉ ร  rechercher et ร  dรฉployer ce qu’il est en puissance, sa vocation profonde, son talent cachรฉ, en se conformant au naturel, ร  son naturel.

C’est ร  ce naturel que rรฉfรจrent le non-agir (็„ก็‚บ wรบ wรฉi) et la spontanรฉitรฉ naturelle (่‡ช็„ถ zรฌ rรกn). Wuwei implique, non que l’on n’agisse pas, mais que l’on n’agisse pas contre le cours naturel de la vie. Idรฉalement ce naturel devrait primer dans tout mode de gouvernement, social, politique, religieux, familial.

On doit laisser le monde ร  lui-mรชme afin que les Hommes ne s’รฉcartent pas de leur nature innรฉe. On doit รชtre tolรฉrant ร  leur รฉgard et non les gouverner, afin qu’ils n’altรจrent pas leurs vertus propres .

Chapitre 11 du Zhuangzi

Il en est de mรชme dans le gouvernement de soi-mรชme.

L’excellence ne rรฉside ni dans la bontรฉ ni dans la justice, mais dans les qualitรฉs intrinsรจques (ๆƒ… qรญng) de chacun d’entre nous. Est excellent celui qui ne compte que sur sa nature originelle (ๆ€ง xรฌng) et ses dispositions innรฉes (Qing).

Chapitre 8 du Zhuangzi


Il est cependant important de savoir qu’il existe deux types de spontanรฉitรฉ. La premiรจre est de l’ordre de l’agir, comme celle de l’enfant avec ses pulsions de vie et de mort. La seconde est de l’ordre de l’รชtre, comme celle de l’adulte qui a reliรฉ et intรฉgrรฉ les deux pรดles des dualitรฉs qui le constituent.

Rechercher sa nature essentielle est un chemin spirituel

Les formes, les corps ont un principe vital, chacun soumis ร  sa nature propre; c’est ce qu’on appelle la nature innรฉe. Qui perfectionne sa nature fait retour ร  sa Vertu Originelle. Qui atteint sa Vertu Originelle s’identifie avec l’origine de l’univers et par elle, avec le Vide.

Chapitre 12 du Zhuangzi

Cette nature advient spontanรฉment si nous ne lui faisons pas obstacle. Elle รฉmerge spontanรฉment lorsque nous nous sommes affranchis des injonctions de la famille, de la sociรฉtรฉ, des institutions religieuses โ€ฆ Lร  rรฉside au fond notre seul travail, mais il est immense, difficile, long et douloureux.

Tout est dรฉjร  en nous, potentiel, prรชt ร  jaillir quand nous ne l’empรชcherons plus.

L’รฉtat primordial n’est pas ร  conquรฉrir, il est dรฉjร  lร , il faut simplement รฉliminer ce qui fait รฉcran.

Sri Nisargadatta Maharaj in Sois


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1 rรฉflexion au sujet de ยซย Le ciel et la terreย ยป

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