Vieillir, c’est se retirer progressivement du monde des apparences.
Johann Wolfgang vonย Goethe
- Lโรฉducation moderne/Hannah Arendt
L’exposition de la galerie Blue Lotus prรฉsenta en 2019 un corpus d’ลuvres du photographe Fan Ho, qui s’incarne dans le livre ยซ Portrait of Hong Kong ยป. Pour celui-ci, le cรฉlรจbre photographe et rรฉalisateur Fan Ho a parcouru ses vastes archives de nรฉgatifs pour compiler une sรฉrie de travaux qui n’avaient pas encore รฉtรฉ publiรฉs. En 2015, Fan Ho a sรฉlectionnรฉ environ 500 anciens nรฉgatifs de ses propres archives qu’il a ensuite recadrรฉes. Le flux d’images nous emmรจne dans un voyage d’ouest en est dans l’รฎle de Hong Kong, en commenรงant par les boat people, en passant par la construction et la modernisation, de l’autre cรดtรฉ du port jusqu’ร Kowloon.
corps ainsi que l’agilitรฉ des mouvements, rรฉside dans la relaxation du pied, en particulier la section du dessous du genou au pied.
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Intitulรฉย ไธ็ฉ็ตตๆฌๅคงๅ จๅณ, Le Grand livre dโimages de toutes les choses, cet ouvrage inรฉdit rรฉunit des illustrations aux sujets trรจs variรฉs qui pour certains ne se retrouvent pas ailleurs dans lโลuvre de Katsushikaย Hokusaiย (่้ฃพ ๅๆ 1760-1849). Lโartiste reprรฉsente aussi bien des paysages et des phรฉnomรจnes naturels que des animaux, des fleurs ou des figures mythologiques, historiques et littรฉraires. Lโiconographie quโil dรฉveloppe est principalement liรฉe ร lโhistoire et la culture de la Chine ancienne et de lโInde, mais รฉgalement de lโAsie du Sud-Est et lโAsie centrale.
Vieillir, c’est se retirer progressivement du monde des apparences.
Johann Wolfgang vonย Goethe
Cโest ร savoir se confronter sans sโaliรฉner ni se rรฉvolter que lโรฉtanchรฉitรฉ est utile. Lโรฉtanchรฉitรฉ est la vertu indispensable ร la tolรฉrance de la diffรฉrence. Il y a deux faรงons dโรชtre รฉtanches : comme une digue ou comme un bateau. Les humains qui fonctionnent en digue veulent protรฉger leur intรฉrieur des marรฉes montantes, des tsunamis, protรฉger un avoir, des certitudes, planter les fondations de leur digue sur la terre ferme, croire en la permanence. Les humains qui fonctionnent en bateau acceptent le dรฉrisoire et lโimpermanence. Le reste de lโunivers, les humains compris, est pour eux un vaste ocรฉan sur lequel ils naviguent, dรฉrisoires. Mais chaque goutte dโeau quโils rencontrent est aussi en elle-mรชme, mรชme si elle lโignore, un frรชle esquif confrontรฉ aux autres gouttes. A รชtre ร ce point รฉtanche, quelle que soit la hauteur de la marรฉe, lร oรน la digue sโaffole, panique et se dรฉsespรจre dโรชtre submergรฉe, le bateau flotte. Encore faut-il quโil ne soit pas amarrรฉ au quai. Mais cโest une autre histoire โฆ
Claude Maillet in Du chantier naval au grand large
ยซ A mes yeux, il me semble avoir รฉtรฉ qu’un enfant jouant sur le rivage, rรฉjoui de trouver de temps ร autre un galet mieux poli ou un coquillage plus joli qu’ร l’ordinaire, tandis que le vaste ocรฉan de la Vรฉritรฉ s’รฉtendait devant moi, inconnu. ยป โ Isaac Newton
L’รฉcriture occupe une place centrale dans la culture chinoise et la poรฉsie a toujours occupรฉ le premier rang parmi les modes d’expression. Lettrรฉ, รฉcrivain et poรจte y sont des termes interchangeables, qualitรฉs dรฉterminant la valeur d’un homme. Les examens impรฉriaux รฉtaient basรฉs en grande partie sur la maitrise de l’รฉcriture.
La production poรฉtique de la dynastie Tang (ๅๆ T’ang 618 โ 907) est considรฉrable : on compte dans la Poรฉsie complรจte des Tang quarante huit mille neuf cents poรจmes de plus de deux mille auteurs.
Li Bai, Du Fu et Bai Juyi sont les poรจtes les plus cรฉlรจbres. Meng Haoran et Wang Wei sont deux autres auteurs importants de cette dynastie.
Le poรจme de Li Bai, Vent d’automne, nโest pas des plus connus. Cโest une chanson dโamour sur la nostalgie de lโรชtre aimรฉ que lโautomne rend encore plus douloureuse.
Le contenu est relativement banal et renferme de nombreux lieux communs associรฉs au sujet : lโautomne (็ง qiลซ), saison traditionnellement associรฉ ร la mรฉlancolie ; la brise froide ; la lune brillante (ๆๆ yuรจ mรญng) en automne, qui rรฉpand une clartรฉ glaciale ; les feuilles (่ yรจ) mortes, les oiseaux rรฉveillรฉs par le clair de lune, les croassements que le lecteur imagine, la longueur de la nuit, etc.

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Trois, cinq et sept mots
Vent frais dโautomne,
lune brillante dโautomne.
Les feuilles mortes se rassemblent puis sโรฉparpillent.
Les corbeaux transis se reposent puis sโeffarouchent.
Qui sait quand viendra le jour des retrouvailles et de lโamour ?
En cet instant, en cette nuit, cโest lโรฉmotion qui me tourmente.
Traduction d’Anne-Hรฉlรจne Suares
Lโimage des feuilles mortes qui se rassemblent puis sโรฉparpillent, ainsi que celle des corbeaux que se rรฉunissent sur les arbres puis se rรฉveillent en sursaut et sโenvolent fait rรฉfรฉrence ร la prรฉcaritรฉ des rencontres des deux amants, qui peuvent avoir ร se sรฉparer brusquement, comme les feuilles par un coup de vent ou les corbeaux rรฉveillรฉs par le soudain clair de lune.
Les images de nuit dโautomne sont courantes dans les poรจmes dits de gynรฉcรฉe, qui parlent souvent de la solitude de la femme, de lโattente vaine de lโรชtre aimรฉ, de la perte de la jeunesse, etc., ร travers certaines images qui suggรจrent la froideur, comme le clair de lune, la rosรฉe glaciale ; ou bien des sons, comme les gouttes de la clepsydre, le crissement des grillons, etc.
La forme de ce poรจme est originale, voire exceptionnelle dans la poรฉsie du VIIIe siรจcle. Trois, cinq et sept mots fait rรฉfรฉrence au fait que le premier distique soit fait de vers trisyllabes, le deuxiรจme de vers pentasyllabes, et le troisiรจme de vers heptasyllabes. รtant donnรฉ quโen poรฉsie chinoise classique les mots sont normalement monosyllabes, cela donne ce quโannonce le titre, des vers de trois, de cinq et de sept paroles.
Le guqin, littรฉralement instrument ร cordes ancien, ou qin, est un instrument de musique traditionnel chinois ร cordes pincรฉes de la famille des cithares (ไธญ่ฏ็ตๆจๅ Zhลnghuรก xiรกn yuรจ qรฌ).
Un gentilhomme ne se sรฉpare pas de son qin ou de son se sans bonne raison.
Classique des rites
Il est jouรฉ depuis les temps anciens, et fut traditionnellement apprรฉciรฉ et considรฉrรฉ par les lettrรฉs comme un instrument raffinรฉ, d’une grande subtilitรฉ. Les Chinois font parfois rรฉfรฉrence au guqin comme le pรจre de la musique chinoise ou l’instrument des sages.

Le guqin est un instrument au son doux, dotรฉ d’une tessiture de quatre octaves. Ses cordes ร vides sont accordรฉes dans le registre des basses et son degrรฉ le plus bas est de deux octaves sous le do, ร savoir la mรชme plus basse note que le violoncelle. Le son est produit en pinรงant les cordes, ร vide, en les appuyant sur la touche ou en utilisant des harmoniques. L’utilisation du glissando lui confรจre un son rappelant le pizzicato du violoncelle, la contrebasse fretless ou encore la guitare slide. L’instrument est capable d’un grand nombre d’harmoniques, dont 91 couramment utilisรฉes et indiquรฉes par des points sur la touche. Traditionnellement le guqin avait ร l’origine cinq cordes, mais d’autres qin en possรฉdant 10 ou plus ont รฉtรฉ trouvรฉs. Sa forme moderne a รฉtรฉ standardisรฉe il y a deux millรฉnaires.
Contrairement ร ce que son nom pourrait laisser supposer, cet art de la scรจne nรฉ aux alentours du XIIIe siรจcle, nโa que peu en commun avec la tradition occidentale qui a commencรฉ au XVIIe siรจcle. L’opรฉra chinois est un spectacle multiple qui fait appel ร une musique bien diffรฉrente de ce ร quoi lโoreille europรฉenne est habituรฉe, mais il y aussi du chant, des parties rรฉcitรฉes, une gestuelle prรฉcise, de la danse, des acrobaties, un art particulier du costume et des maquillages. En effet, chaque รฉlรฉment ร une signification prรฉcise que le public chinois connaรฎt et apprรฉcie.
Cet art est nรฉ dans la Chine impรฉriale, probablement des รฉchanges avec lโInde. Les premiรจres traces dโOpรฉra chinois apparaissant dans une rรฉgion marchande, typique du commerce maritime avec son voisin du sud. LโOpรฉra chinois connaรฎt une sorte dโรขge dโor sous la dynastie des Yuan (1271-1368), nous connaissons dโailleurs plus de 150 piรจces de cette pรฉriode, elles sont encore relativement courtes, puisquโelles sont construites en quatre actes. Sous la dynastie Ming (1368-1644), ils commenceront ร pouvoir sโรฉtendre sur plusieurs jours.
Depuis lโรฉpoque des Yuan, ces opรฉras et ceux qui sont nรฉs ensuite sont sans cesse adaptรฉs tout au long des siรจcle. Le rรฉpertoire contient des piรจces historiques, des histoires dโamour difficile, des piรจces oรน les bonnes gens luttent contre les bandits, des lรฉgendesโฆ Outre les signes, le public connaรฎt ces histoires et sait les apprรฉcier. Le divertissement vient du travail de lโacteur et la qualitรฉ du chant. Les chinois รฉcoutent un opรฉra davantage quโils le voient, comme le fait lโOccident.
Il y a des constantes dans lโart de lโopรฉra chinois qui se retrouvent partout dans le pays. Tous les rรดles sont classรฉs de faรงon semblable, les rรดles de femmes, dโhommes, de clowns et de ยซ visages peints ยป. Ces catรฉgories se divisent elles-mรชmes en un grand nombre de subdivisions. Les costumes sont les mรชmes, quelle que soit lโรฉpoque. Cโest eux qui indiquent le statut social du personnage. Par exemple, les hauts fonctionnaires portent des robes ornรฉes de broderies, un dragon sur le corps et des vagues sur le bas. Les femmes vertueuses ont une longue veste noire brodรฉe dโun galon bleuโฆ La gestuelle est fixe, tel mouvement va ร tel personnage. Les faรงons dโexprimer les sentiments sont aussi codifiรฉes en fonction de chaque personnage.
LโOpรฉra chinois se refuse ร toute forme de rรฉalisme. ยซ A quoi bon reproduire ce quโon peut voir dans la rue ? ยป, scande un dicton dโacteur. Rien nโest laissรฉ au hasard, aucun geste nโest pas dansรฉ, aucune parole nโest parlรฉe, car mรชme dans le cas oรน le personnage rรฉcite, la voix naturelle de lโacteur ne doit pas transparaรฎtre, seulement celle de son personnage !
็ฏๅง ลujรน, ร l’origine connu sous le nom de ๆธฉๅท ไนฑๅผน Wฤnzhลu luร ntรกn ou ๆฐธๅไนฑๅผน Yวngjiฤ luร ntรกn, est une forme rรฉgionale d’opรฉra chinois du comtรฉ de Yongjia, Wenzhou dans le sud-est de la province du Zhejiang.
Wenzhou est le berceau du ๅๆฒ Nรกnxรฌ, une forme d’opรฉra chinois du 12e siรจcle. La forme la plus ancienne de l’opรฉra ลu, cependant, n’a รฉmergรฉ qu’aprรจs la fin de la dynastie Ming au 17e siรจcle, lorsque les styles de chant du ้ซ่ Gฤoqiฤng ont gagnรฉ en popularitรฉ dans le sud du Zhejiang. Le style luantan est arrivรฉ plus tard et a รฉtรฉ cooptรฉ par les locaux dans leurs performances avec le Gaoqiang et le Kunqiang. Au dรฉbut, les reprรฉsentations avaient lieu sur les scรจnes des temples uniquement lors d’occasions spรฉciales telles que le festival religieux Nuo d’un mois, les foires au temple, les courses de bateaux-dragons sur la riviรจre Ou, les mariages, les rรฉcoltes ou d’autres cรฉlรฉbrations. ร mesure que la demande augmentait dans toute la rรฉgion, plusieurs agriculteurs-artistes du comtรฉ de Yongjia sont devenus des artistes ร plein temps. Au milieu de la dynastie Qing, ils ont รฉgalement interprรฉtรฉ l’opรฉra Hui, le ็็ฐง Tฤn huรกng, un prรฉcurseur de l’opรฉra Xi, et le ๆ่ชฟ Shรญ diร o. Parce que le luantan s’est avรฉrรฉ le style vocal le plus populaire, il a dominรฉ la forme qui est progressivement devenue connue sous le nom de Yongjia luantan ou Wenzhou luantan.
Chapitre 1 de l’Explication des principes du taiji attribuรฉs ร Yang Banhou dรฉcrit les treize dynamiques.
Samฤโ dรฉsigne la danse giratoire sacrรฉe des derviches tourneurs Mevlevi qui sโexรฉcute dans le semahรขne. Le samฤโ fait partie des pratiques spirituelles du soufisme.
Les derviches tourneurs se dรฉplacent dโabord avec lenteur et font trois fois le tour de la piste. Chaque derviche se tourne vers celui qui est derriรจre lui et tous deux sโinclinent avant de reprendre leur circumambulation. Ce dรฉplacement est le symbole des รขmes errantes cherchant ร la pรฉriphรฉrie de lโexistence. Aprรจs le troisiรจme tour, le maรฎtre prend place sur son tapis et les danseurs attendent. Alors les chanteurs chantent et quand ils sโarrรชtent, les derviches, en un geste triomphal, laissent tomber leur manteau noir, dรฉvoilant leur vรชtement blanc. La chute du manteau est celle de lโillusion. Quand le manteau noir qui reprรฉsente lโenveloppe charnelle est abandonnรฉ, cโest la rรฉsurrection. Les derviches, bras croisรฉs sur la poitrine, mains sur les รฉpaules, se mettent ร tourner lentement, sur eux-mรชmes puis รฉcartent les bras, la main droite tournรฉe vers le ciel pour rรฉcolter la grรขce de Dieu et la main gauche tournรฉe vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En mรชme temps quโils tournent sur eux-mรชmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de lโunivers, lโhomme tourne autour de son centre, son cลur, et les astres gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique est le vรฉritable sens du Sema : toute la crรฉation tourne autour dโun centre.
Les poรฉsies mystiques chantรฉes dans le samฤโ associent les thรจmes de lโamant et de lโaimรฉ, de lโivresse spirituelle, de la nostalgie de la sรฉparation de l’รชtre bien-aimรฉ ou encore de notre divine essence. Ces รฉtats intรฉrieurs accentuรฉs par la danse sont les effets de lโivresse spirituelle qui se traduit par une sensation de submersion et un oubli de soi-mรชme dont lโaboutissement est lโextinction dans la prรฉsence divine.
Sache que le monde tout entier est miroir,
dans chaque atome se trouvent
cent soleils flamboyants.
Si tu fends le cลur d’une seule goutte d’eau,
il en รฉmerge cent purs ocรฉans.
Si tu examines chaque grain de poussiรจre,
mille Adam peuvent y รชtre dรฉcouverts…Un univers est cachรฉ dans une graine de millet ;
Mahmรปd Shabestarรฎ. Poรจte soufi, Iran (XIVรจ s.)
tout est rassemblรฉ dans le point du prรฉsent…
De chaque point de ce cercle
sont tirรฉes des milliers de formes.
Chaque point, dans sa rotation en cercle,
est tantรดt un cercle,
tantรดt une circonfรฉrence qui tourne.
Jโouvrais seulement la fenรชtre de ma chambre et lโair bleu, lโamour et les fleurs y pรฉnรฉtraient.
Marc Chagall
Lโair bleu est celui des vapeurs de ses rรชves dโenfant en terre natale russe ; ร son arrivรฉe ร Paris en 1911, cโest en ces termes que Chagall relate encore ses songes. Prรฉdominant dans sa teinte presque violine et jusque dans des nuances affleurant le turquoise, le bleu est aussi celui de la mer et du ciel de la Cรดte dโAzur, ร Saint-Jean Cap Ferrat puis ร Vence oรน il installe dรฉfinitivement son atelier en 1966.

Bruissants de clochettes blanches, les brins de muguet ramassรฉs au centre de la composition sont une variation sur le thรจme du bouquet. Indissociable de lโart de Chagall, souvent associรฉ ร la figure du couple ou ร celle de la mariรฉe, le bouquet est identifiรฉ par Andrรฉ Breton comme ยซย mรฉtaphore du plaisirย ยป. Coรฏncidant avec lโarrivรฉe du printemps et signifiant ยซย retour du bonheurย ยป, le muguet sโaccorde bel et bien avec cette symbolique. Dans Le Muguet, la place quasi-exclusive et foisonnante du bouquet de muguet fait รฉcho aux ลuvres du milieu des annรฉes 1920 oรน le bouquet est traitรฉ pour lui-mรชme. Il sโen distingue cependant par sa retenue chromatique. De maniรจre assez exceptionnelle, Chagall fait ici le choix dโune palette restreinte (le vert et le blanc) et nuancรฉe qui contraste avec la franche exubรฉrance habituelle. Il sโen distingue aussi par son ambivalence. Dans Le Muguet, le bouquet exalte le bonheur du couple qui le surplombe, ร gauche de la composition. Dans les ลuvres de cette รฉpoque cependant, ne sont pas rares les accents dโune nostalgie diffuse que Chagall semble avoir hรฉritรฉe de ses origines slaves. A cet instant, les empรขtements blancs des fleurs de mai ont aussi la douceur de flocons.