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Distinguer le pur du bigarré

Portrait de Yang Chengfu

Propos de Yang Chengfu sur la poussée des mains

Il faut distinguer le pur du bigarré. Nombreux sont ceux qui pratiquent le taiji de nos jours mais ce n’est pas le vrai taiji. Le vrai a un goût différent et se distingue facilement. Avec un vrai taiji, votre bras est comme du fer enveloppé de coton. Il est doux et pourtant lourd pour celui qui s’essaie à le soulever. Vous pouvez le ressentir dans la pratique de la poussée des mains. Lorsque vous touchez un adversaire, vos mains sont douces et légères mais il ne peut pas s’en débarrasser. Lorsque vous attaquez, c’est comme une balle pénétrant proprement et fortement, mais sans user de force. Lorsqu’il est repoussé de trois mètres, il ressent un petit mouvement, mais pas de force ni de douleur. En le touchant, vous ne le saisissez pas. Au lieu de cela, vous adhérez légèrement à lui pour qu’il ne puisse pas s’échapper. Bientôt, ses deux bras deviennent si douloureux qu’il ne peut plus le supporter. C’est du vrai taiji. Si vous utilisez la force, vous pouvez le déplacer, mais ce ne sera pas propre et net. S’il essaie d’utiliser la force pour vous retenir ou vous contrôler, ce sera pour lui comme d’essayer d’attraper le vent ou les ombres. Partout c’est le vide. Cela peut être comparé à une marche sur des gourdes sur l’eau. Vous ne pouvez pas vous rendre là où est le substantiel. En termes simples, le vrai taiji est merveilleux.

楊澄甫 Yáng Chéngfǔ (1883–1936), propos recueillis par Chen Weiming

杨澄甫论推手

世间练太极者,亦不在少数。宜知分别纯杂,以其味不同也,纯粹太极,其臂如绵裹铁,柔软沉重。推手之时,可以分辨。其拿人之时,手极轻而人不能过。其放人之时,如脱弹丸,迅疾干脆,毫不费力。被跌出者,但觉一动,而并不觉痛,已跌丈余外矣。其黏人之时,并不抓擒,轻轻黏住,即如胶而不能脱,使人两臂酸麻不可耐。此乃真太极拳也。若用力按人推人,虽亦可以制人,将人打出,然自己终未免吃力,受者亦觉得甚痛,虽打出亦不能干脆。反之,吾欲以力擒制太极拳能手,则如扑风捉影,处处落空。又如水上踩葫芦,终不得力。此乃真太极意也。

杨澄甫口述 陈微明录

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A hauteur de nuages

Montagne Qiyun

八句口诀

顶天立地,形松意充,外敬内静,心澄貌恭,一念不起,神注太空,神意照体,周身融融

Le plus beau cadeau que mes amis de Hexianju m’aient offert est un poème en huit vers, comportant chacun quatre caractères. Trente-deux syllabes en tout, mais qui en requièrent beaucoup plus dans la traduction en français. Ce poème est devenu mon compagnon de route et il n’est presque pas de jour où je ne me le dise intérieurement ou en murmurant le texte chinois qui semble avoir, en lui-même, une force d’apaisement. Un des assistants de maître Liu avait une voix grave dont les vibrations à elles seules suffisaient à apporter la paix intérieure. J’en propose ici une traduction personnelle, pas nécessairement littérale, mais qui n’est pas infidèle à son sens profond.

Bernard Besret in A hauteur des nuages
顶天立地 dǐng tiān lì dì
Tête au ciel, pieds à la terre
形松意充 xíng sōng yì chōng
Corps détendu, la conscience se dilate
外敬内静 wài jìng nèi jìng
À l’extérieur, l’abandon ; à l’intérieur, la paix
心澄貌恭 xīn chéng mào gōn
Le cœur comme un lac d’eau limpide; attitude humble
一念不起 yī niàn bù qǐ
Pas une pensée ne venant le traverser
神注太空 shén zhù tài kōng
L’esprit s’identifie infini du ciel
神意照体 shén yì zhào tǐ
Quand l’attention revient à l’intérieur
周身融融 zhōu shēn róng róng
Tout est bon, tout est bien, tout est à l’harmonie du qi

Les maîtres de Hexianju me l’ont fait répéter et répéter encore, jusqu’à ce que je le sache par cœur, en chinois.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

顶天立地

Ding tian, li di, le premier verset du poème propose en quatre caractères un véritable condensé de l’anthropologie chinoise. L’homme est en effet conçu comme un trait d’union entre le ciel (de polarité yang) et la terre (de polarité yin). Il est tian/di, « ciel/terre ». Comme un aimant qui captera l’énergie qui, entre le ciel (pôle positif) et la terre (pôle négatif), emplit l’univers et la ferait circuler dans tout le corps. L’Homme réunit en lui les vertus du Ciel et de la Terre : il lui appartient pour son propre accomplissement de les mener à l’harmonie, écrit François Cheng’.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

形松意充

Xing song, yi chong, le corps doit être complète-ment détendu, libéré de toutes ses crispations et tensions internes pour que la conscience puisse se dilater. Ce concept de la conscience qui se dilate me facilite grandement l’exercice toujours difficile de la méditation. Faire le vide en soi n’est pas une démarche purement négative si elle s’accompagne d’une dilatation de la conscience. C’est sur le Vide que se fixe le Tao, dit Zhuang Zi. Du Vide de l’esprit jaillit la lumière ; là se trouve le salut de l’homme.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

外敬内静

Pour cela, wai jing, nous devons accepter avec respect ce qui se passe à l’extérieur et sur quoi nous n’avons aucune emprise. Les stoïciens disaient : « Ce qui est est » Et, nei jing, quoi qu’il arrive, il nous faut garder la paix.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

心澄貌恭

Xin Cheng, le coeur, c’est-à-dire l’esprit, est alors comme un lac d’eau limpide que rien ne vient troubler. Image à elle seule source de paix, si on l’intériorise. Mao gong, cette paix intérieure nous conduit à garder une attitude humble dans toutes les situations où nous conduit la vie. L’image qui me vient ici à l’esprit est celle des moines bouddhistes que l’on voit s’incliner, les mains jointes et toujours le sourire aux lèvres, lorsqu’ils vous saluent.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

一念不起
神注太空

Yi nian bu qi, si l’esprit arrive à faire le vide de toute pensée, de tout discours, de toute ratiocination, shen zhu tai kong, alors il peut s’identifier au vide de l’espace infini. Toutes les barrières se dissolvent, rien ne l’empêche plus d’être aussi vaste que l’univers.

Bernard Besret in A hauteur des nuages

神意照体
周身融融

Shen yi zhao ti, et lorsque l’attention revient à l’intérieur, zhou shen rong rong, il constate que tout est bien, que tout est bon, que tout est en harmonie, tout est dans la paix. Et je me répète : Zhou shen rong rong.

Bernard Besret in A hauteur des nuages
Palais Yuxu dans les monts Qiyun

Bernard Besret

Comment un ancien moine cistercien, prieur de l’abbaye de Boquen, dont la contestation puis la démission avait défrayé la chronique dans les années 60 et 70, peut-il se retrouver à fonder, en Chine, une auberge taoïste au flanc d’une montagne sacrée ? Les circonstances de la vie y sont certes pour quelque chose, mais tout se passe comme si Bernard Besret, éternel pèlerin de l’absolu, avait retrouvé à travers la sagesse chinoise la patrie spirituelle qu’il avait toujours cherchée.Voici donc les chroniques taoïstes de Bernard Besret : elles nous parlent de la vie quotidienne en Chine, de son propre parcours, de celui d’un ancêtre lointain qui fut jadis évêque en Chine ; elles nous invitent aussi à méditer sur le sens du temps, du corps, du rapport au cosmos… Autant de thèmes qui, au fil d’une plume alerte, nous interrogent sur notre propre vie, et nous enrichissent de connaissances sur cette « étrangeté » qu’est la Chine.

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L’amer

Posture du joueur de pipa, Cheng Man Ching

Ne craignez pas le travail amer. Si vous le craignez, vous ne progresserez pas. Les classiques du taijiquan disent que la racine correcte est dans le pied. Un débutant peut développer une racine en passant simplement trois à cinq minutes, matin et soir, debout une seule jambe. Alternez les jambes et augmentez progressivement le temps tandis que vous descendez plus bas. Ce travail amer non seulement développe une racine, mais il stimule également le système cardiovasculaire, ce qui profite au cerveau. Il est essentiel que votre qi coule vers le champ de cinabre inférieur, les deux pieds adhèrent au sol, et alors vous n’exercez absolument aucune force. Lorsque vous pratiquez cette posture debout, vous pouvez faciliter le maintien de votre équilibre en touchant légèrement une chaise ou une table avec le majeur et l’index. Après un certain temps, utilisez uniquement l’index. Quand vous pouvez rester sans assistance, vous pouvez choisir la posture de lever des mains ou la posture du joueur de pipa continuer votre pratique. La posture du simple fouet développe l’ouverture et l’extension tandis que la posture du commencement cultive l’unité indifférenciée. Ces postures sont essentielles pour comprendre la forme et l’application du taijiquan- alors ne les négligez pas !

La nouvelle méthode d’apprentissage personnel du Tai Chi Ch’uan selon Maître Cheng

On retrouve les postures asymétriques debout dans le Wudang qi gong et dans le qi gong des cinq animaux.


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Matinales

En ces temps de confinement je vous propose un enchaînement de 6 postures immobiles debout, précédé d’un massage des mains par percussion.
Ces postures renforce les défenses immunitaires de l’organisme en améliorant et régulant : la circulation sanguine, l’évacuation des blocages et tensions, la libre circulation du souffle dans tous les méridiens, la diminution de l’état de stress, la clarification de l’esprit.

En arrière plan, le chant de l’Aveyron.

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Koon Wai Bong

Chuchotements des bois, 2014, encre sur papier, panneau du triptyque, Koon Wai Bong

管偉邦 Guǎn Wěi Bāng

既 用 古法 , 亦 用 我 法 ;
求 千年 在 紙 ,
亦 求 一 藝 在 手。

Ce que j’ai l’intention de faire est de fusionner l’ancien et le nouveau ensemble, héritant de quelque chose du passé et divulguant quelque chose qui appartient à notre époque.

對於 過去 的 筆墨 , 我 欲 承 之 ;
對於 現今 的手法 , 我 欲 融 之。

C’est pourquoi j’attache d’ une part de la valeur à l’utilisation du pinceau et de l’encre, mais d’autre part , j’adapte mon travail la vision du monde d’aujourd’hui.

我 自有 我 在。

Je pense que c’est la façon de donner naissance à mon propre art unique.

Verdure, 2015, encre sur carton shikishi, polyptyque de 96 panneaux, Koon Wai Bong, collection du Asian Art Museum de San Francisco
Verdure, 2015, encre sur carton shikishi, polyptyque de 96 panneaux, Koon Wai Bong, collection du Asian Art Museum de San Francisco

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Dans un jardin qu’on dirait éternel

Dans un jardin qu’on dirait éternel

Film de Tatsushi Omori avec Haru Kuroki, Mikako Tabe, Kirin Kiki

Dans une maison traditionnelle à Yokohama, Noriko et sa cousine Michiko s’initient à la cérémonie du thé. D’abord concentrée sur sa carrière dans l’édition, Noriko se laisse finalement séduire par les gestes ancestraux de Madame Takeda, son exigeante professeure. Au fil du temps, elle découvre la saveur de l’instant présent, prend conscience du rythme des saisons et change peu à peu son regard sur l’existence. Michiko, elle, décide de suivre un tout autre chemin.

Entrons dans le jardin, dans le jardin sauvage et foisonnant
Avant que je
L’avale
L’eau de la source a bruissé
Sur mes dents

Du simple pliage d’une serviette au nombre de pas imposés ou aux gestes méticuleux exécutés par des mains « qui pensent », jour après jour, saison après saison, année après année, Noriko apprend la lenteur et la patience, se révélant pudiquement à nous, en voix off, dans l’exploration de plus en plus sensible de son moi intérieur.

日々是好日 nichinichi kore kōnichi  

Un accomplissement qui prendra du temps et que symbolise la devise, immuable entre toutes, répétée à l’envi par l’enseignante : Chaque jour est un bon jour et que Noriko va faire sienne, ayant intégré progressivement la signification zen à sa propre expérience de vie.

Il y a des choses qui demandent du temps et ce sont celles qu’on parvient à comprendre petit à petit.

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Louange de l’ombre

Détail d'un coffret-écritoire, en laque du Japon urushi, début du XVIIIe siècle.

Tanizaki Jun’ichirô

Devant des coffres, dessertes à livres ou commodes en laque lisse et brillante, décorés d’incrustations voyantes, vous jugerez ceux-ci d’une ostentation agaçante, voire vulgaires; mais enduisez-les du noir complet de l’espace qui les enveloppe, remplacez le soleil ou la lampe électrique par la lumière d’une unique lampe à huile ou d’une bougie, et ces choses arrogantes se trouveront à faire le grand plongeon, soudain chics et posées. C’est que les artisans d’autrefois avaient précisément en tête cette pièce sombre et recherchaient un effet sous lumière pauvre lorsqu’ils enduisaient de laque et dessinaient des motifs d’or sur ces ustensiles. Il faut de même admettre que la surenchère de doré était la conséquence de leur réflexion sur la façon dont l’or surgirait des ténèbres et réfléchirait la flamme de la lampe à huile. Car en effet, cette peinture à la poussière d’or n’est pas faite pour être scrutée brutalement d’un seul coup d’ail dans un lieu éclairé, mais découverte peu à peu dans un lieu sombre, au hasard d’une nouvelle partie qui luit discrètement. C’est dans la mesure où la plupart de ses motifs extravagants demeureront cachés dans le noir qu’ils provoquent une émotion indescriptible. Jusqu’à la texture trop brillante de sa peau: il suffit qu’elle soit posée en un lieu sobre pour que, reflétant l’épi de la flamme qui vacille, elle nous informe de la visite occasionnelle d’un filet d’air dans la pièce si tranquille, et nous invite à la méditation. Sans un objet de laque dans ces pièces sombres et mélancoliques, combien perdrait de son charme le monde fantasmatique qui se forme à la lumière mystérieuse des bougies et lampes à huile, au pouls nocturne de leurs flammes vacillantes! La laque se saisit de-ci de-là des ombres de la lampe, comme des ruisseaux s’écoulant sur les tatamis avant d’abonder dans un étang, et les fait jouer timidement, dans l’intermittence et l’éphémère, jusqu’à tisser des motifs à la poudre d’or sur la nuit elle-même.

Tanizaki Jun’ichirô in Louange de l’ombre

Nous, les Orientaux, là où il n’y a rien nous faisons surgir l’ombre et cela crée de la beauté.

Tanizaki Jun’ichirô in Louange de l’ombre


Voici enfin proposée une nouvelle traduction du livre fondateur de l’esthétique japonaise du clair-obscur et du presque rien, du subtil et de l’ambigu, opposée au tout blanc ou noir écrasé de lumière rationaliste de l’Occident.
La profonde couleur de la laque, obtenue par accumulation de couches de ténèbres. Le chatoiement de l’or et des rutilants costumes du nô et du kabuki, surgissant de la pénombre et dérobant la clarté aux lampes à huile. La lumière tout intérieure des pâtisseries traditionnelles qui semblent rêver dans leur assiette. L’architecture de l’apaisement les matières éteintes, le bois, la paille, contre l’hygiénique céramique.
Rédigé en 1933 dans une langue scintillante d’élégance et d’ironie, ce classique nous parle non pas d’un monde disparu mais de celui que nous voudrions faire advenir : moins de clinquant, plus de beauté modeste et de frugalité.

Cabinet en laque période Edo-Meiji
Cabinet en laque période Edo-Meiji, à décor en iroe takamakie rehaussé de kirikane d’un complexe palatial dans une fôret de pins, surmonté d’une anse trilobée, s’ouvrant pour découvrir trois tiroirs superposés, ferrures à décor de rinceaux feuillagés.
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Abrégé d’histoire du qi gong

Illustration représentant des exercices de cong fu, dans les Mémoires sur les Chinois paru en 1779, Joseph Amiot

Les techniques destinées à cultiver l’esprit et à préserver la santé pour prolonger la vie sont apparues à une époque très reculée de l’histoire chinoise.

Technique de longévité ou technique thérapeutique, le dǎoyǐn a été rattaché à plusieurs personnages légendaires qui, tous, furent classés sous les Han comme immortels – 仙 xiān -. Dans le Zhuangzi, le daoyin est associé à Pengzu, qui aurait été un fonctionnaire éminent au temps des Yin. Descendant de l’empereur Zhuanxu, il aurait vécut plus de huit cents ans. Il mangeait régulièrement de la cannelle et de l’agaric. Il excellait dans le dǎoyǐn et l’art de conduire le souffle.
À partir des Han, le dǎoyǐn  est fréquemment lié à deux maîtres associés et appartenant à la tradition des immortels : Chisongzi et Wang Ziqiao (ou Wang Qiao) qui constituèrent sous les Han, les Jin et les Six Dynasties, les modèles de la plupart des adeptes des techniques d’entretien du principe vital et du dǎoyǐn .

Les Han Occidentaux

190-168
Postures de 導引 dǎoyǐn représentées sur un rouleau dessiné sur une étoffe de soie en couleurs trouvé dans le tombeau n°3 des Han de Mawangdui.
110-207
Le célèbre médecin 華佗 Huá Tuó soutenait que pour vivre longtemps en bonne santé, le corps devait être en permanence en mouvement. Il fallait se tordre le cou comme les hiboux. Il fallait s’étirer comme les animaux savent bien le faire spontanément. Il proposait de prendre modèle sur le tigre, le cerf, l’ours, le singe et l’oiseau. Il appellait cet exercice le Jeu des cinq animaux – 五禽之戲 wǔ qín zhī xì.

La période des Trois Royaumes

Le monde vulgaire s’éveille difficilement; Il ne s’arrête jamais dans sa poursuite des choses matérielles. Mais l’homme parfait regarde au loin; Il retourne à la nature.

– Xi Kang in La Civilisation de la Chine classique
223-262
Le poète, musicien et penseur chinois de l’époque  嵇康 Jī Kāng, l’un des Sept Sages de la forêt de bambous, a écrit le Traité pour nourrir la vie – 養生論  yǎngshēng lùn -. Le concept du yǎngshēng  englobe la notion d’hygiène, de gymnastique, de massage, de techniques respiratoires, de diététique, de règles de vie. Cette notion est la base du qi gong moderne.
Les lettrés de l’école taoïste – 道家 dào jiā – de cette période, en continuité avec la pensée de  老子  Lǎozǐ et de 莊子Zhuāng Zǐ, ont écrit des essais sur l’art de nourrir la vie ou la préservation de sa santé.

Les dynasties du nord et du sud

420-589
Avec l’introduction du bouddhisme en Chine et son développement entre le 5e et 10e siècle, les pratiques corporelles – exercices physiques et pugilistiques – se développent dans les monastères.br>Le Classique de la transformation des muscles et des tendons – 易筋經 yì jīn jīng – fut introduit d’après la légende par Bodhidharma dans le temple Shaolin sur le mont Tsongchan. Ces exercices étaient pratiqués par les moines pour éliminer la fatigue et garder une bonne condition physique après les prières et le travail.

La dynastie des Tang

618-907
La conception taoïste du corps et sa vision du monde ont influencé considérablement les pratiques corporelles chinoises. Les techniques respiratoires et les exercices taoïstes avaient pour but d’assurer la libre circulation du souffle, des fluides et du sang dans les vaisseaux.
Les compétences internes – 內功 nèigōng – font référence à un ensemble de disciplines de respiration , de méditation et de pratique spirituelle chinoises associées au taoïsme et aux arts martiaux chinois .  Le nèigōng a pris un essor à cette période. Pour la première fois apparaît l’expression de procédés du souffle – 氣功 qìgōng -.
581-682
Le célèbre médecin et pharmacien 孙思邈 Sūn Sīmiǎo donne les premières indications pour les massages de santé dans son ouvrage Prescriptions essentielles valant mille pièces d’or – 備急千金要方 Bèi jí qiānjīn yào fāng -. Cet ouvrage est encore aujourd’hui un livre indispensable dans la médecine traditionnelle chinoise.

La dynastie des Song

960-1279
Cette période est prolifique en documents sur les arts corporels chinois.
871-989
陳摶 Chén Tuán était un sage taoïste crédité de la création du poing des Six harmonies et des huit méthodes -六合八法拳 liùhé bā fǎ quán -. Parallèlement à cet art interne, il aurait également été associé à la  méthode dǎoyǐn des 24 saisons -二十四氣導引法  èrshísì qì dǎo yǐn fǎ– utilisant des exercices assis et debout conçus pour prévenir les maladies. pendant les changements saisonniers tout au long de l’année.
1103-1141
Le général 岳飛 Yuè Fēi, au cours de cette période troublée, créa les huit pièces de brocart – 八段錦 bā duàn jǐn – pour améliorer la santé de ses soldats. Il fut le premier à introduire systématiquement les techniques martiales – 武術 wǔ shù – dans la formation des troupes.

La dynastie des Ming

1579
La moelle du phénix rouge – 赤鳳髓 chì fèng suǐ – un ouvrage de 周履靖 Zhōu Lǚjìng, présente un tableau de dǎoyǐn des anciens immortels, des personnages légendaires qui fournissent au peuple des symboles et des modèles pour mieux vivre. Dans cet ouvrage, figurent aussi les premiers dessins des jeux des animaux dans le livre des animaux – 五禽書 wǔ qín shū.
1504-1564
羅洪先 Luó Hóngxiān, lettré taoïste, publia deux ouvrages de référence, les formules pour se maintenir en bonne santé – 衛生真訣 Wèishēng zhēn jué – et le livre des immortels –  萬壽仙書 wàn shòu xiān shū-. Ces ouvrages comportent les exercices respiratoires taoïstes des anciens immortels ainsi que des prescriptions médicales.

La dynastie des Qing

1644-1911
A cette époque, le savoir et l’enseignement commencent à se populariser vers les laïcs. Mais la transmission se fait toujours par un maître dans le cadre de disciples, de petit groupe ou dans la famille (le clan) suivant l’école et le courant d’origine. Le contact avec l’occident a amené les Chinois à valoriser leurs savoirs ancestraux.
1718-1793
Les pratiques psychosomatiques des taoïstes ont été pour la première fois signalées en France par le père  jésuite Jean-Joseph Amiot qui arriva à Pékin en 1751, où il mourut en 1793. Il interpréta les attitudes du “kong fou” dans le tome 4 de son livre mémoires sur les Chinois. Ces mémoires inspirèrent  P.H. Ling (1776–1839) le fondateur de la gymnastique suédoise.
1800-1900
Plusieurs auteurs firent des compilations, des révisions et des rajouts des traités anciens. Presque tous les documents illustrés de dessins explicatifs des techniques datent de cette époque.
1832
Dans une édition en 4 volumes  曹無極 Cáo Wújí  fit t une compilation des techniques de longévité anciennes incluant le wàn shòu xiān shū
1881
王祖源 Wáng Zǔyuán séjourna pendant 3 mois en 1854 au temple Shaolin. Il préfaça le traité illustré  explications du travail interne – 內功圖說 nèigōng túshuō -, qui sera une source d’inspiration importante pour le qi gong moderne. Un des chapitres important est la “méthode des douze trésors – 十二段錦 shí’èr duàn jǐn -.
1895
John Dudgeon, médecin écossais, écrivit le  Kung-Fu, or Tauist Medical Gymnastics, il s’est aperçu que les pratiques chinoises avaient une valeur hygiénique.
1910
La Chin Woo Athletic Association – 精武體育會 jīngwǔ tǐyùhuì – une célèbre école d’arts martiaux chinois est fondée à Shanghai avec le soutien du héros national 霍元甲 Huò Yuánjiǎ (1868-1910). Elle permet de préserver les arts martiaux traditionnels tout en leur donnant un cadre d’expression modernisé, axé sur l’exercice physique et le loisir, destiné aux classes moyennes y compris les femmes. 精武 jīngwǔ, signifie élite martiale.

Les grands courants historiques ancestraux : le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, les arts martiaux, les médecins et les guérisseurs se sont influencés et mélangés mutuellement au cours des siècles dans les pratiques populaires. La base commune est la notion de préservation de la santé, soit pour vivre en harmonie avec la nature, soit pour le contrôle de soi, pour servir le bien commun, ou pour être fort pour servir la famille ou son clan.

La République de Chine

La notion de sport pour l’éducation et l’hygiène avec l’influence de l’occident commence à rentrer dans les mœurs. Les jeux olympiques modernes engrangent un engouement pour les sport athlétiques, la république de Chine organise des jeux nationaux. Des cours de culture physique à la mode occidentale rentrent dans les écoles. Des associations sportives ouvertes à tous commencent à faire leur apparition. La Chin Woo Athletic Association ouvre des filiales dans toutes la Chine. Les arts martiaux  subissent des transformations insistant sur l’aspect sportif ou l’aspect santé.
Pendant le conflit entre les forces nationalistes et les forces communistes, la guérilla communiste se fia à des thérapeutes locaux traditionnels malgré un discours critique du parti sur ces pratiques superstitieuses.

La république populaire de Chine

La création du qi gong moderne s’est fait avec l’arrivée au pouvoir duparti communiste. Par manque de moyen et pour utiliser le potentiel humain existant, le gouvernement décide d’utiliser les savoirsancestraux dans le cadre de la médecine tout en essayant de la moderniser et de la rénover.

1947
劉貴珍 Liú Guìzhēn (1920-1983), jeune cadre du parti, sera soigné d’un ulcère par son oncle Liu Duzhou qui lui apprend le travail de la force intérieure – 內養功 nèi yǎng gōng -, pratique transmise traditionnellement de maître à disciple.
Le parti le pousse à approfondir cette pratique. Le secrétaire du parti, Cheng Yulin, l ‘assigna à l’enseignement dans le sanatorium des cadres du Hebei méridional et l’entoura d’un groupe de chercheurs.
1949
Le 3 mars, 黃月庭 Huáng Yuètíng, chef des chercheurs au sanatorium, proclame  formellement l’adoption du terme 氣功  qìgōng lors d’une réunion de travail sur la santé.
Le choix de ce terme fut difficile mais il fallait trouver un nom officiel à cette méthode thérapeutique. Les expressions suivantes furent envisagées :
  • méthode thérapeutique pour l’esprit – 精神疗法 jīngshén liáofǎ -,
  • méthode de thérapie psychologique – 心理疗法 xīnlǐ liáofǎ -,
  • méthode thérapeutique par incantations – 祝由疗法 zhù yóu liáofǎ -,
  • méthode thérapeutique de travail sur le souffle – 氣功療法 qìgōng liáofǎ.

C’est l’appellation qìgōng liáofǎ qui fut retenue.

Le choix de ce  nom sera critiqué par de nombreux spécialistes trouvant 氣 qì inapproprié, ce terme ayant beaucoup de significations. De nombreux courants préférerons garder le terme ancien de méthode pour nourrir la vie – 養生法  yǎngshēng fǎ -.

Je considère que le travail interne – 內功 nèi gōng – correspond à la théorie de la transformation du 氣功  qì de la médecine nationale : le qì commande le sang ; lorsque le qì circule, le sang circule naturellement, le qì véritable émerge de la tranquillité et du vide, et la guérison des maladies découle de la protection de l’esprit intérieur. Ces principes expliquent l’effet thérapeutique du travail interne. D’après son sens général, le terme « qi gong » est un choix tout à fait justifiable, et nous pouvons considérer son usage comme préférentiel.

– 黃月庭 Huáng Yuètíng

Si on considère le qi comme signifiant certains phénomènes de l’activité du système nerveux, on peut facilement le comprendre, mais si on insiste en disant que c’est l’effet dans le corps humain du mystérieux qi cosmique, il sera impossible de se libérer d’un revêtement mystique.

– 陳濤 Chén Tāo, fondateur du sanatorium de Shanghaï
1954 -1961
L’originalité de Liú Guìzhēn et de son équipe de chercheurs fut de regrouper de nombreuses pratiques qui se complètent et de créer une théorie qui est la base du qi gong d’aujourd’hui. Il définit le qìgōng  comme intégrant la triple discipline – 三調 sān tiáo – : du corps, de la respiration, de l’esprit .
Au départ, Liú Guìzhēn enseignait quatre méthodes au sanatorium de Beidahe :
  • 內養功 nèi yǎng gōng: méthode de respiration en position allongée ou assise,
  • 强壮功 qiáng zhuàng gōng: méditation en posture debout ou assis ou libre
  • xingbugong : mouvements gymniques ambulatoires à pratiquer en position verticale.
  • 保健功 bǎojiàn gōng : forme d’auto massage en position assise.

D’autres sanatoriums ou des cliniques en Chine vont introduire “la méthode qi gong” dans le cadre de soin avec prescriptions en fonction de la maladie. Le traitement peut comporter des séances d’acupuncture, de massage et de drogues herbales. Plus de 70 unités thérapeutiques de qi gong sont mises sur pied dans toute la Chine.
A Pékin, les méthodes les plus répandues sont le zhanzhuangong(méditation en posture du pieu) et le jeu des cinq animaux de Hua Tuo.
Dans le sanatorium de Shanghai est créé le qi gong de relaxation(fangsonggong) dérivé des techniques de méditation de Jiang Weiqiao (1873-1958) car on s’est aperçu que la tension nerveuse est un obstacle au bien-être .
Le taijiquan de santé a été considéré rapidement comme une forme de qigong.

1957
Liú Guìzhēn publie Application de la thérapie par le qi gong – 氣功療法實踐 – qui sera une référence. Le concept et le modèle de sa méthode seront reproduits dans de nombreux ouvrages jusqu’à aujourd’hui.
Ce fut “le grand bond en avant” pour le qi gong, les échanges entre les experts populaires et les hôpitaux et facultés de médecine sont à leur apogée. Grâce au mot d’ordre : “le médecin doit étudier le savoir du peuple pour servir la nation”.
1962 à 1964
Un revirement commence contre la médecine traditionnelle. La plupart des fondateurs du Qi gong moderne étaient des élites du parti. Mao Zedong commence ses attaques contre l’appareil du parti vers 1960. Toutes les structures institutionnalisées sont fermées et les dirigeants sont critiqués.

La période de 1949 à 1964 a été une période d’échange et de mise en pratique des techniques de longévité et de santé dans un cadre d’état. La plupart des pratiquants faisaient partie de l’élite du parti. Le mode de transmission médecins / patients a pris la place du mode ancien maître / disciple.

1964 – 1978
Pendant la révolution culturelle, toutes les institutions d’état ont été fermées et les praticiens envoyés en camp de rééducation. Les pratiques familiales et populaires ont continué dans la clandestinité.
Mais une pratiquante fait de la résistance dans les parcs publics et sa pratique marquera la résurrection du qi gong : 郭林 Guō Lín, une artiste peintre. Dès 1970, elle pratique et enseigne dans les parcs publics, arrêtée plusieurs fois, elle change de parc . Elle réussit à continuer son enseignement jusqu’à la fin de la révolution culturelle.
1978 à 1989
Guō Lín, forte de son expérience de sept années d’enseignement et de soins et avec l’aide de dirigeants du parti, promulgue sa “nouvelle méthode thérapeutique de qi gong”. Ayant elle-même soigné son cancer grâce à son grand-père, un maître taoïste, puis soigné de nombreux malades dans les parcs, elle envoie un rapport en 1977 sur sa méthode au ministère de la santé.
L’innovation principale de Guō Lín est l’enseignement dans les parcs hors des institutions des années 50. Ceci a permis la diffusion de masse, de nombreux groupes se forment, le qi gong devient populaire. A 70 ans, Guō Lín est à l’origine de la grande vague du qi gong des années 80.
Les grandes lignées de la pratique de masse apparaissent :
  • Le qi gong de la grande oie de Yang Meijun
    Un qi gong taoïste familial traditionnel transmis de génération en génération, en 1978, elle décide de transmettre son héritage à tous.
  • L’envol de la gruede Zhao jingxiang
    Une forme de qi gong des années 80 : les mouvements spontanés (la transe) sur la base de la méditation et de l’imitation de la grue. Cette forme a eut un succès, sûrement un besoin dans une société qui se libère.
  • Le qi gong nourrissant de Ma Litang
    Un gi gong de la lignée des arts martiaux. Une forme issue du wushu (arts martiaux) adaptée à tous et création de forme spécifiques pour les personnes âgées.

Ce vent de liberté et ce défoulement collectif vers le qi gong engendrera des abus. La création de nouveau qi gong amènera de nouveaux concepts comme la transmission de pouvoirs surnaturels par des maîtres charismatiques descendus de montagne lointaine. Cette effervescence vers des pratiques incontrôlées (transes et délires) aboutira à des problèmes de santé pour certains adeptes.
Il y eut pendant cette période une multitude de nouveau qi gong. Toutes ces lignées auront un maître fondateur :

  • Liang Shifeng (mouvements spontanés du jeu des cinq animaux),
  • Pang Heming(qigong de la sagesse),
  • Zhang Hongbao (zhonggong)…
1989-1999
L’état essaye de contrôler la vague du qi gong en publiant la liste des lignées de masse autorisées à enseigner.
1995
La critique est forte envers le monde du qi gong :  culte de la personnalité, retour des superstitions féodales, abus thérapeutiques, escroqueries, pseudo maîtres.
Des groupements comme le 法轮 fǎlúngōng et le zhonggong prennent une importance considérable dans tous les secteurs de la société.
1999
李洪志 Lǐ Hóngzhi, le fondateur du fǎlúngōng, va trop loin dans les manifestations populaires. Le gouvernement lance une campagne pour la suppression du fǎlúngōng . Dans la foulée, tout le monde du qi gong est touché. La plupart des associations sont démantelées.
L’état réglemente son propre système d’enseignement et d’administration du qi gong hygiéniste.
1999 à 2016
Aujourd’hui, l’état chinois a essayé d’écarter tous les pseudo qi gong des années 80 et les groupes sectaires. Le qi gong est scindé en 2 pôles:
  • le qi gong thérapeutique enseigné et pratiqué dans les lieux de soins: cliniques et hôpitaux, sanatorium,
  • le qi gong hygiéniste de bien-être enseigné dans les parcs ou dans les centres sportifs.

L’état réglemente la pratique et l’enseignement pour le bien-être, il valorise les techniques ancestrales qui ont fait leurs preuves comme : les ba duan jin, le jeu des animaux, le yi jin jing, le taiji santé, les 6 sons.

2016
Depuis quelques années, l’association chinoise du qi gong pour la santé, relevant de l’Administration Nationale Chinoise du Sport, organise des stages dans le monde entier pour promulguer les formes officielles chinoises du qi gong .  Elle incite les participants à la fin des stages de passer des grades – 段 duàn – de qi gong.
En France, les fédérations ont suivi cet exemple, et font passer des grades à leurs adhérents. Dans la continuité de cette logique on voit la création de compétitions en qi gong.

Les techniques pour préserver la santé et prolonger la vie font partie du patrimoine chinois. Ces pratiques demandent un effort personnel, une pratique quotidienne et de la volonté pour obtenir des résultats. En France, l’état considère le qi gong comme une gymnastique énergétique  douce de bien-être, mais on commence à observer dans certains hôpitaux  des praticiens qui inclus le qi gong dans un processus de soins.


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Bonne année !

Bonne année, 新春好年 xīnchūn hǎonián

新年快樂 xīnnián kuàilè

Le nouvel an chinois est le premier jour du premier mois du calendrier chinois. La fête du printemps marque le début des festivités qui se déroulent sur quinze jours et qui s’achèvent avec la fête des lanterne.

農曆新年 nónglì xīnnián
Nouvel an chinois
過年 guònián
Nouvelle année
春節 chūnjié
Fête du printemps
元宵節 yuánxiāo jié
Fête des lanternes

Le calendrier chinois étant un calendrier luni-solaire, la date du nouvel an chinois dans le calendrier grégorien varie d’une année sur l’autre, mais tombe toujours entre le 21 janvier et le 19 février, lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d’hiver quand le soleil se trouve dans le signe du verseau. C’est, comme tous les commencements de mois lunaires chinois, le premier jour d’une nouvelle lune. Par convention, l’alignement astronomique qui signale la nouvelle lune est déterminé à l’observatoire de la Montagne Pourpre à Nankin.

Lors du nouvel an chinois, on s’échange des vœux de bonheur, prospérité et de réussite. Traditionnellement on a deux semaines pour le faire, à partir du premier jour de la nouvelle année lunaire.

祝你新年快乐 zhù nǐ xīn nián kuài lè
Je te souhaite une bonne année

Pour formuler une phrase commençant par Je te souhaite… en chinois, il suffit de l’amorcer avec 祝你 zhù nǐ. Pour dire Je vous souhaite … en s’adressant à une personne de façon courtoise, on utilise les caractères 祝您 zhù nín

Les Chinois utilisent plusieurs expressions pour formuler leurs vœux et la majorité d’entre elles sont constituées de seulement quatre caractères ; on les appelle 成语 chéng yǔ ou expressions idiomatiques chinoises.

Vœux couramment utilisés

新年快樂 xīnnián kuàilè
新年好 xīn nián hǎo
Bonne année
过年好 guò nián hǎo
Passer une bonne année
新春快乐 xīn chūn kuài lè
Bonne année
节快乐 chūn jié kuài lè
Bonne fête du printemps
春节快乐 chūn jié kuài lè
Bonne fête du printemps
春心想事成 xīn xiǎnɡ shì chénɡ
Que tous tes rêves se réalisent
吉祥如意 jí xiáng rú yì
La bonne fortune selon tes souhaits
万事如意 wàn shì rú yì
Que tout te réussisse
六六大顺 liù liù dà shùn
Que tout se passe en douceur
年年有余 nián nián yǒu yú
L’abondance année après année
吉星高照 jí xīng gāo zhào
Que ta bonne étoile t’accompagne
大吉大利 dà jí dà lì
Beaucoup de chance et de grands profits

Vœux pour la santé

身体健康 shēn tǐ jiàn kānɡ
Une bonne santé physique
健康长寿 jiàn kānɡ chánɡ shòu
Bonne santé et longue vie
马精神龙 lóng mǎ jīng shén
L’esprit du dragon et du cheval

Vœux pour la fortune

恭喜發財 gōngxǐ fācái
恭喜发财 ɡōnɡ xǐ fā cái
Bonheur et prospérité
财源广进 cái yuán ɡuǎnɡ jìn
Des richesses de partout

Vœux pour le travail et les affaires

工作顺利 ɡōnɡ zuò shùn lì
La faveur dans le travail
事业有成 shì yè yǒu chéng
Du succès dans les affaires
平步青云 píng bù qīng yún
Une ascension fulgurante
马到成功 mǎ dào chéng gōng
Un succès immédiat
升官发财 shēng guān fā cái
Promotion et richesse
生意兴隆 shēng yì xīng lóng
Des affaires prospères

Vœux pour les études

学业有成 xué yè yǒu chéng
Le succès dans les études
学习进步 xué xí jìn bù
Des progrès dans l’apprentissage
金榜题名 jīn bǎng tí míng
La réussite dans les examens

Vœux pour toute la famille

阖家欢乐 hé jiā huān lè
La joie dans toute la famille
阖家幸福 hé jiā xìng fú
Le bonheur pour toute la famille

鼠 shǔ

Illustration chinoise de la Bonne année du rat

Selon l’astrologie chinoise, c’est l’année du rat de métal qui commencera le 25 janvier 2020 avec le nouvel an chinois, pour se terminer le soir du 11 février 2021 et laisser place au signe chinois du buffle de métal.

Le rat occupe une place privilégiée dans l’astrologie chinoise, puisqu’il est le premier des douze animaux du zodiaque. Avant de porter le nom d’un animal, le premier signe de l’horoscope chinois avait pour symbole le caractère qui désigne un enfant. Il indique ainsi le début d’un nouveau cycle grâce à une renaissance. Le rat sert également à représenter minuit sur les montres chinoises, signalant ainsi la naissance d’un jour nouveau. Il est vraisemblable qu’au moment d’attribuer un animal à chacun des douze signes du zodiaque, il y a bien longtemps, les moines bouddhistes choisirent le rat pour le premier d’entre eux parce que minuit est l’heure où il est le plus actif.

Le rat en plus d’être le premier signe du zodiaque chinois, est l’emblème de la timidité et de la mesquinerie. Heureusement le rat est aussi le symbole de l’industrie et de la prospérité, étant donné son ingéniosité et son habilité à trouver et entasser d’importantes réserves de nourritures.

Certains chinois pensent que les rats font d’excellents « chiens de garde », car leur cri strident avertit toute la maison de la présence d’un intrus. La visite inattendue d’un gros rat dans un foyer est un signe de prospérité future.

Illustration du rat de métal
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De la vertu

Les vertus cachées - vertueuses, porcelaine sur toile, 2014, Caroline Cheng

Le 道德經 dàodéjīng, le livre de la voie et de la vertu, nos pratiques imprégnées de taoïsme, nous invitent à nous interroger sur la notion de 經 dé, le plus souvent traduit par vertu.

La démarche 彳de celui qui a un cœur droit 悳.

德 dé, traduit en général par vertu, a en chinois moderne le sens de vertu, moralité, volonté, bonté, bienveillance ; mais a eu autrefois tout comme son équivalent français le sens d’effet ou de pouvoir.

Ἀρετή

En grec ancien, ἀρετή, l’arété, qui se rencontre déjà aux époques les plus lointaines, traverse toute l’histoire de la culture et de l’éducation en Grèce, et demeure vivant dans la langue grecque moderne. Cette notion au sens premier de « mérite, vertu », est en réalité beaucoup plus riche de sens.

Son étymologie permet d’approcher de sa signification fondamentale : le mot est formé sur la racine indo-européenne *ar-, au sens d’adapter, ajuster, et désigne l’adaptation parfaite comme l’adjectif ἂριστος, aristos, qui signifie excellent. À cette racine se rattachent aussi les verbes άραρίσκω, arariskô, et άρμόττω, armottô, ajuster, qui disent l’adaptation pratique, ainsi que le nom ὰρμονία, harmonia, l’harmonieuse beauté, et plus encore, le verbe άρέσκω, areskô, plaire.

Dans la culture grecque des temps archaïques, l’arété consiste dans la bravoure face à l’adversité et a désigné à l’origine une prouesse guerrière. 

Le concept d’arété constitue une part significative de la paideia, c’est-à-dire de l’éducation des enfants, dont le but est de les mener à l’âge adulte. Cette éducation inclut un entraînement physique, qui consiste essentiellement (mais pas seulement) en de la gymnastique, un entraînement intellectuel (art oratoire, rhétorique, physique) et un entraînement spirituel (musique et éducation morale).

Au total, l’arété désigne, au sens le plus fondamental, toute sorte d’excellence. Celui qui jouit de cette arété réalise son plein potentiel, elle fait de lui un homme complet. Elle est ce à quoi tout Grec doit aspirer.

Virtus 

La virtus est la qualité propre du vir, c’est-à-dire du mâle. Aussi la première acception du mot fut-elle de désigner le courage physique dont doit faire preuve le soldat sur le champ de bataille.

Sous l’influence de la pensée philosophique grecque, virtus connut une extension imprévue et désigna le courage moral nécessaire à l’homme pour accéder à la sagesse. La diffusion de la pensée stoïcienne à Rome fut décisive pour l’évolution du mot : dans la mesure où le sage stoïcien doit vaincre ses passions pour consentir à la place qui lui est assignée dans l’ordre du monde, quelle qu’elle soit, il convenait de mettre en relief l’énergie que requiert un tel consentement ; ce fut la virtus. À partir de là, le mot finit par désigner de façon générale la rectitude morale par opposition au vitium, à tout ce qui gâte ou dévie la conduite morale de l’homme

Vertu

Courage physique ou moral; force d’âme, vaillance

Ce fut sans doute avec une profonde sagesse que les Romains appelèrent du même nom la force et la vertu.

Joseph De Maistre in Les Soirees De Saint-Petersbourg

Disposition habituelle, comportement permanent, force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le bien, vers son devoir, se conforme à un idéal moral, religieux, en dépit des obstacles qu’il rencontre. 

La perfection de la volonté s’appelle la raison, la perfection de l’action est la vertu, virtus, action forte; car la vertu est force même avec la faiblesse physique.

Louis de Bonald in Législation primitive

Exercice de la vertu

Le christianisme (…) changea la position relative qu’occupaient entre elles les vertus. Les vertus rudes et à moitié sauvages étaient en tête de la liste; il les plaça à la fin. Les vertus douces, telles que l’humanité, la pitié, l’indulgence, l’oubli même des injures, étaient des dernières; il les plaça avant toutes les autres.

Tocqueville in Correspondance Entre Alexis de Tocqueville Et Arthur de Gobineau

 Propriété d’un corps, de quelque chose à quoi on attribue des effets positifs

Les vertus curatives et préventives des fruits frais.

Dr Robert Schwartz in Nouveaux remèdes et maladies d’actualité

Principe agissant, pouvoir actif

On avait récemment, au moyen de la distillation, tiré du haschisch une huile essentielle qui paraît posséder une vertu beaucoup plus active que toutes les préparations connues jusqu’à présent.

Charles Baudelaire in Les Paradis artificiels

Pouvoir, propriété

Le temps n’a par lui-même aucune vertu effective; tout arrive dans le temps, mais rien ne se fait par le temps.

Pierre-Joseph Proudhon in Qu’est-ce que la propriété ?

En vertu de

Une planète, qu’on suppose lancée dans l’espace en un instant donné, avec une vitesse et suivant une direction déterminée, parcourt, autour du soleil, une ellipse, en vertu d’une force dirigée vers cet astre, et proportionnelle à la raison inverse du carré des distances.

Marie-Jean-Antoine de Caritat Condorcet in Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain

Hiérarchie céleste

Nous connaissons par les livres sacrés neuf ordres distingués parmi les Esprits célestes, les Anges, les Archanges, les Vertus, les Puissances, les Principautés, les Dominations, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. En effet, il est parlé des Anges et des Archanges dans presque tous les livres de l’Écriture. Tout le monde sait que les Prophètes font souvent mention des Chérubins et des Séraphins. Saint Paul d’un autre côté a parlé de quatre ordres différents dans l’Épître aux Éphésiens, où il dit que Jésus Christ a été élevé au-dessus des Puissances, des Principautés, des Vertus et des Dominations ; et il en nomme un cinquième dans l’Épître aux Colossiens, où il parle des Trônes et des Dominations, des Principautés et des Puissances. Si l’on joint donc l’ordre des Trônes aux quatre dont il est parlé dans l’Épître aux Éphésiens, on trouve qu’il y en a cinq, et si l’on ajoute à ces cinq les Anges, les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on aura les neuf ordres d’Anges dont nous parlons. 

Sermon de Saint Grégoire le Grand

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L'accroupissement

Un jeune garçon à Delhi, en posture accroupi

L’art oublié de l’accroupissement est une révélation pour les corps ruinés par la position assise

Traduction de l’article The forgotten art of squatting is a revelation for bodies ruined by sitting de Rosie Spinks parue sur le site Quartzy  le 9 novembre 2017.

Les phrases qui commencent par l’expression Un gourou m’a dit une fois … sont, le plus souvent, inductives. Mais récemment, alors que je me reposais à Malasana ou dans un cours de yoga à East London, j’ai été frappé par la seconde moitié de la phrase de l’instructeur: Un gourou m’a dit un jour que le problème avec l’Occident était de ne pas s’accroupir.

Cela  est vrai. Dans une grande partie du monde développé, le repos est synonyme de s’asseoir. Nous nous asseyons sur des chaises de bureau, nous mangeons sur des chaises de salle à manger, nous faisons la navette assis dans des voitures ou dans des trains, puis revenons à la maison pour regarder Netflix depuis de confortables canapés. Avec de courts répits pour marcher d’une chaise à l’autre, ou de courts intervalles consacré à un exercice frénétique, nous passons nos journées à nous asseoir. Cette dévotion à placer nos arrières sur des chaises fait de nous une exception, à la fois à l’échelle planétaire et historiquement. Au cours du dernier demi-siècle, les épidémiologistes ont été contraints de changer leur façon d’étudier les mouvements. A l’époque moderne, le résultat obtenu est un problème distinct de la quantité d’exercice que nous réalisons.

Notre échec à nous accroupir a des implications biomécaniques et physiologiques, mais il indique aussi quelque chose de plus important. Dans un monde où nous passons tant de temps dans nos têtes, dans les nuages ou sur nos téléphones, ne pas nous accroupir nous laisse dépourvus de la force d’ancrage que la posture nous a procurée depuis que nos ancêtres hominidés se sont dressés. En d’autres termes: Si ce que nous voulons, c’est être bien, il serait peut-être temps pour nous de nous baisser.

Pour être clair, s’accroupir n’est pas seulement un artefact de notre histoire évolutionniste. Une grande partie de la population mondiale le fait encore quotidiennement, que ce soit pour se reposer, pour prier, pour cuisiner, pour partager un repas ou pour aller aux toilettes. (Les toilettes à la turque sont la norme en Asie et les latrines à fosse dans les zones rurales du monde entier demandent que l’on s’accroupisse. Lorsqu’ils apprennent à marcher, les tout-petits du New Jersey à la Papouasie-Nouvelle-Guinée s’accroupissent facilement. Dans les pays où les hôpitaux ne sont pas très répandus, s’accroupir est aussi une position associée à cette partie la plus fondamentale de la vie: la naissance.

Ce n’est pas spécifiquement l’Ouest qui ne s’accroupit plus; ce sont les classes riches et moyennes du monde entier. Mon collègue Quartz, Akshat Rathi, originaire d’Inde, m’a fait remarquer que l’observation du gourou serait aussi vraie pour les riches des villes indiennes que pour l’Occident.

Mais dans les pays occidentaux, des populations entières – riches comme pauvres – ont abandonné la posture. Dans l’ensemble, s’accroupir est considéré comme une posture désinvolte et inconfortable, que nous évitons complétement. Au mieux, nous pourrions l’entreprendre au cours d’un Crossfit, d’un Pilates ou en soulevant à la gym, mais seulement partiellement et souvent avec des poids (une manœuvre répétitive qu’il est difficile de s’imaginer comme utile il y a 2,5 millions d’années). Cela ne tient pas compte du fait que l’accroupissement profond en tant que forme de repos actif est intégré à notre passé évolutionnaire et développemental : ce n’est pas que vous ne pouvez pas vous asseoir confortablement dans un accroupissement profond, c’est juste que vous avez oublié comment.

Le jeu a commencé avec la posture accroupie, explique l’auteur et ostéopathe Phillip Beach. Beach est connu pour avoir été le pionnier de l’idée de postures archétypales. Ces positions, qui s’ajoutent à un accroupissement profond avec les pieds à plat sur le sol, comprennent s’asseoir avec les jambes croisées, s’agenouiller sur les genoux et les talons. ne sont pas seulement bonnes pour nous, mais sont profondément ancrées dans la façon dont nos corps sont construits.

Vous ne comprenez vraiment pas les corps humains jusqu’à ce que vous réalisiez à quel point ces postures sont importantes, me dit Beach, qui est basé à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Ici en Nouvelle-Zélande, il fait froid, humide et boueux. Sans un pantalon moderne, je ne voudrais pas poser mon dos dans la boue froide et humide, donc [en l’absence d’une chaise] je passerais beaucoup de temps accroupi. La même chose pour aller aux toilettes. Toute  votre physiologie est construite est autour de ces postures.

Dans une grande partie du monde, s'accroupir est aussi normal que de s'asseoir sur une chaise.
Dans une grande partie du monde, s’accroupir est aussi normal que de s’asseoir sur une chaise.

Alors pourquoi s’accroupir est-il si bon pour nous ? Et pourquoi tant d’entre nous ont-ils arrêté de le faire ?

Il s’agit simplement de «l’utiliser ou de le perdre», explique le Dr Bahram Jam, physiothérapeute et fondateur de l’Advanced Physical Therapy Education Institute (APTEI) en Ontario, au Canada.

Chaque articulation de notre corps contient du liquide synovial. C’est l’huile dans notre corps qui nourrit le cartilage, explique Jam. Deux choses sont nécessaires pour produire ce fluide : le mouvement et la compression. Donc, si une articulation ne traverse pas toute cette gamme – si les hanches et les genoux ne dépassent jamais 90 degrés – le corps dit «je ne suis pas utilisé» et commence à dégénérer et arrête la production de liquide synovial.

Un système musculo-squelettique sain ne nous permet pas seulement de nous sentir agiles et frais, il a aussi des implications pour notre santé en général. Une étude réalisée en 2014 dans l’European Journal of Preventive Cardiology a révélé que les sujets qui avaient des difficultés à se lever du sol sans soutien des mains, du coude ou de la jambe (ce que l’on appelle le test s’assoir-se levert

En Occident, la raison pour laquelle les gens ont cessé de s’accroupir régulièrement a beaucoup à voir avec notre conception des toilettes. Les trous dans le sol, les toilettes extérieures et les pots de chambre ont tous nécessité la position accroupie, et les études montrent qu’une plus grande flexion de la hanche dans cette posture est corrélée avec moins de tension quand on se soulage. Les toilettes assises ne sont en aucun cas une invention britannique – les premières toilettes simples remontent à la Mésopotamie au IVe millénaire AEC., alors que les anciens Minoens de l’île de Crète auraient été les pionniers de la chasse d’eau – mais elles furent d’abord adoptées en Grande-Bretagne par les Tudors, qui enrôlèrent des «palefreniers» pour les aider à se soulager dans des cabinets ornés comme des trônes au XVIe siècle.

Au cours des deux siècles qui suivirent, l’innovation en matière de toilettes fut lente et inégale, mais en 1775, un horloger nommé Alexander Cummings développa un tuyau en forme de S qui reposait sous une citerne surélevée, un développement crucial. Ce n’est qu’après le milieu du XIXe siècle, lorsque Londres a finalement construit un système d’égouts fonctionnel après des épidémies de choléra persistantes et l’horrible “puanteur” de 1858, que les toilettes assises entièrement lavables commencent à apparaître fréquemment chez les gens.

Le Lillipad est conçu pour s'asseoir au niveau ou au-dessous du bord des toilettes.
Le Lillipad est conçu pour s’asseoir au niveau ou au-dessous du bord des toilettes.

De nos jours, les toilettes à la turque de style accroupi que l’on trouve à travers l’Asie ne sont pas moins hygiéniques que les toilettes occidentales. Mais Jam dit que le passage de l’Europe à la conception du trône assis a privé la plupart des Occidentaux de la nécessité (et donc de la pratique quotidienne) de s’accroupir. En effet, la prise de conscience que l’accroupissement mène à de meilleurs mouvements de l’intestin a alimenté la popularité culte du Lillipad et du Squatty Potty, plates-formes surélevées qui transforment une toilette de style occidental en toilette à la turque et permettent à l’utilisateur de s’asseoir dans une position fléchie qui imite l’accroupissement.

Si l’accroupissement nous parait si inconfortable c’est parce que nous ne le pratiquons pas, dit Jam. Mais si vous allez aux toilettes une ou deux fois par jour pour une selle et cinq fois par jour pour la fonction de la vessie, c’est cinq ou six fois par jour que vous vous êtes accroupi.

Bien que le malaise physique soit la principale raison pour laquelle nous ne nous accroupissons plus, l’aversion de l’Occident pour l’accroupissement  est également culturelle. Bien que s’accroupir ou s’asseoir les jambes croisées sur une chaise de bureau serait parfait pour l’articulation de la hanche, la garde-robe du travailleur moderne – sans parler de l’étiquette formelle du bureau – rend généralement ce type de posture irréalisable. La seule fois où nous pourrions nous attendre à ce qu’un leader ou un élu de l’Ouest plane près du sol, c’est pour une séance photo avec de jolis jardins d’enfants. En effet, les gens que nous voyons accroupis sur le trottoir dans une ville comme New York ou Londres ont tendance à être les types de personnes que nous dépassons dans une arrogante précipitation.

Quelque part nous considérons comme primitif et de statut social inférieur de s’accroupir, explique Jam. Quand nous pensons à l’accroupissement, nous pensons à un paysan en Inde, ou à un villageois d’une tribu africaine, ou à un plancher urbain insalubre. Nous pensons que nous avons évolué au-delà de cela, mais en réalité nous nous en sommes vraiment éloignés.

Avni Trivedi, une doula et ostéopathe basée à Londres (révélation: je lui ai rendu visite dans le passé pour mes propres douleurs induites par ma façon de m’asseoir) dit qu’il en va de même de l’accroupissement comme de la position d’accouchement, qui est toujours pratiquée dans plusieurs régions du monde en développement et qui est de plus en plus préconisé par les mouvements d’accouchement holistiques en Occident.

Dans une position d’accouchement accroupie, les muscles se relâchent et vous permettez au sacrum d’avoir un mouvement libre pour que le bébé puisse pousser vers le bas, la gravité jouant également un rôle, dit Trivedi. Mais le fait de percevoir cette position comme primitive est la raison pour laquelle les femmes sont passées de cette position active à l’alitement , où elles sont moins incarnées et interviennent moins dans le processus d’accouchement.

Photographie d'un enfant accroupi
Les enfants de l’Ouest s’accroupissent avec aisance. Pourquoi leurs parents ne le peuvent-il pas ?

Alors devrions-nous remplacer s’asseoir par s’accroupir et dire au revoir à nos chaises de bureau pour toujours ? Beach souligne que «toute posture maintenue trop longtemps cause des problèmes» et des études suggèrent que les populations qui passent trop de temps dans un accroupissement profond (plusieurs heures par jour) ont  plus de problèmes de genou et d’arthrose.

Pour ceux d’entre nous qui ont largement abandonné l’accroupissement, Beach nous dit que: «Vous ne pouvez pas vraiment faire grand-chose.» Au-delà de ce type de mouvement améliorant notre santé et notre souplesse, Trivedi souligne qu’un intérêt croissant pour le yoga dans le monde est peut-être en partie une reconnaissance du fait qu’ «être sur le sol vous aide physiquement à être ancré en nous-même», – quelque chose qui manque largement à nos vies hyper-intellectualisées et dominées par l’écran.

Beach convient que ce n’est pas une tendance, mais une pulsion évolutionnaire. Les mouvements de bien-être modernes commencent à reconnaître que la “vie au sol” est la clé. Il soutient que l’acte physique de nous ancrer a contribué fortement au devenir de notre espèce. En un sens, l’accroupissement  est l’endroit d’où viennent les humains, chacun d’entre nous, il nous incombe donc de le revisiter aussi souvent que possible.  

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Kayama Matazō

Ondes de printemps et d'automne, 1966, Matazo Kayama

加山 又造

Kayama Matazō fut un peintre japonais Nihonga du XXe siècle, né à Kyoto en 1927.

Grues japonaises, peinture sur paravent, Kayama Matazō
Grues japonaises, peinture sur paravent, Kayama Matazō

Ses œuvres donnent l’impression d’un croisement entre une peinture et une photographie. En 1950, il a commencé à incorporer des éléments discrets du cubisme , ainsi que des éléments du futurisme italien dans sa série de peintures centrées sur les oiseaux et autres animaux. En 1964, il conçoit une fresque en céramique pour le temple Taiseki-ji de Fujinomiya . Il a également conçu, en 1974, une pagode en pierre pour le temple Jindai-ji, en hommage à son défunt ami Yokoyama Misao (1920). Vers la fin des années 1970, plusieurs organisations d’État lui ont confié la réalisation de décorations murales, dont l’ ambassade du Japon aux États-Unis.

Un millier de grues

La large surface de ces deux écrans accueille l’élégant hommage de Kayama aux styles décoratifs du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. Il y a plusieurs références au Sōtatsu et au Kōrin dans le contenu et dans la technique. 

Paysages d’hiver

Chats

Les animaux étaient les sujets préférés de Kayama et ses œuvres semblent mélanger peinture et photographie. Ses chats sont des persans duveteux ou des siamois élégants posés en train de se comporter comme des chat typiques ou à côté de belles fleurs comme cela est typique des peintures japonaises.

Portrait de Matazo Kayama

En tant que jeune homme, Kayama avait été profondément impressionné par les expositions d’œuvres de Sōtatsu, Kōrin et Henri Matisse (1869-1954) qui se sont tenues au Musée national de Tokyo en 1947, qui devait avoir semblé être une oasis de beauté dans la guerre. vil. Fils d’un designer textile et teinturier de Kyoto, Kayama partageait probablement une sensibilité avec Sōtatsu et Kōrin.

Henri Matisse, La Danse
Henri Matisse, La Danse
Tsuru emaki, détail, encre, couleur, argent et or sur papier, calligraphie de Kōetsu, peinture de Sōtatsu
Tsuru emaki, détail, encre, couleur, argent et or sur papier, calligraphie de Kōetsu, peinture de Sōtatsu
Irisis, écran droit, encre, couleur et or sur papier, d'Ogata Korin
Irisis, écran droit, encre, couleur et or sur papier, d’Ogata Korin, XVIIIe siècle

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