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Regards

Hong Kong il y a 60 ans

Hong Kong il y a 60 ans

Les photographies de Fan Ho

NĂ© Ă  Shanghai en 1931 mais ayant, tĂŽt dans sa vie, dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  Hong Kong, Fan Ho fut un acteur, rĂ©alisateur et photographe renommĂ© qui, Ă  parir de 1956, remporta de nombreux prix pour son travail. À l’adolescence, il commença Ă  photographier le drame de la vie urbaine, allant des marchĂ©s grouillants aux ruelles dĂ©solĂ©es.

Fier photographe autodidacte, les images de Fan Ho rĂ©vĂšlent une fascination pour la vie urbaine, les bidonvilles, les ruelles sombres, les rues et les marchĂ©s, ainsi que les vendeurs de rue et les enfants. 

Dans les annĂ©es 1950 et 1960, environ 1,5 million de Chinois ont dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  Hong Kong, qui Ă©tait toujours sous domination britannique. L’Ă©conomie de Hong Kong Ă©tait principalement agricole. La ville n’Ă©tait pas le centre financier mondial que nous connaissons aujourd’hui. La guerre de CorĂ©e faisait Ă©galement rage et avait entravĂ© les activitĂ©s d’exportation de la Chine, ce qui a nui Ă  l’Ă©conomie de Hong Kong.

Pourtant, Ho a rĂ©ussi Ă  capturer une ville vide, se concentrant principalement sur des sujets singuliers. C’Ă©tait alors le tournant de la citĂ©-Ă©tat, juste avant son boom Ă©conomique et l’artiste a su capter tout ce chaos avant que Hong Kong ne se transforme en une grande mĂ©tropole.

Au dĂ©but des annĂ©es 1900, le monde a vu une incroyable effusion de travaux crĂ©Ă©s dans la rue, grĂące au dĂ©veloppement de l’avant-gardisme et Ă  la naissance des tabloĂŻds et des grands magasins. Deux photographes sont reconnus pour avoir raffinĂ© la photographie de rue et le concept de moment dĂ©cisif : Henri Cartier et Will Ronis. Le populisme et l’humanisme français ont jouĂ© un rĂŽle clĂ© dans le maintien de l’intĂ©rĂȘt pour l’apparence des gens dans leur vie quotidienne.

L’Ăšre de l’aprĂšs-guerre est considĂ©rĂ©e comme l’Ăąge d’or, Ă  certains Ă©gards, dans l’histoire de la photographie de rue car elle s’est Ă©loignĂ©e de l’humanisme français pour un style plus dur, comme le montrent les photos de Fan Ho.

Fan Ho

Fait inhabituel pour un photographe notable et emblĂ©matique, Fan Ho n’a possĂ©dĂ© qu’un seul appareil photo tout au long de sa carriĂšre, un Rolleiflex 3,5 A classique (type K4A) que lui a donnĂ© son pĂšre. Il a utilisĂ© cette camĂ©ra pour explorer les histoires cachĂ©es par les dĂ©tails de la surface et dĂ©couvrir ce qui a Ă©tĂ© nĂ©gligĂ© Ă  l’Ɠil nu.

Fan Ho prenait toujours des photographies qui avaient une histoire derriĂšre elles. Les photographies rĂ©vĂšlent une grande partie de la vie urbaine de Hong Kong au milieu du 20e siĂšcle. Fan Ho pensait que les photographies en noir et blanc lui permettaient de mieux s’exprimer. Selon lui, cela offre une sorte de distance par rapport Ă  la vie rĂ©elle. Contrairement Ă  Cartier-Bresson, sa principale source d’inspiration, Fan Hon Ă©tait un photographe de rue qui aimait les techniques de recadrage et de chambre noire. Il ne se considĂ©rait pas seulement comme un pur photographe, principalement en raison de son expĂ©rience dans la rĂ©alisation de films et de films, qui passe Ă©galement par le montage.

Bien qu’il y ait beaucoup d’Ă©lĂ©ments Ă  apprendre des photographies de Fan Ho, y compris l’utilisation de lignes, de formes gĂ©omĂ©triques et du moment dĂ©cisif, son utilisation de l’Ă©chelle lors du cadrage de ses sujets est Ă©galement tout aussi impressionnante. Il prenait toujours des photos Ă  une certaine distance oĂč il n’Ă©tait ni trop prĂšs ni trop loin de sa cible photographique.

La photographie est la reconnaissance simultanĂ©e, en une fraction de seconde, de la signification d’un Ă©vĂ©nement ainsi que d’une organisation prĂ©cise des formes qui donnent Ă  cet Ă©vĂ©nement sa propre expression.

Cartier-Bresson

Fan Ho Ă©tait connu pour toujours trouver le bon moment car il prenait ses photos tĂŽt le matin ou trĂšs tard le soir. C’est gĂ©nĂ©ralement lorsque le soleil est extrĂȘmement bas Ă  l’horizon qu’il crĂ©e de longues ombres d’objets.

Approche de l’ombre

L’artiste avait Ă©galement un talent pour l’Ă©dition de ses photographies. Il a profitĂ© de ses compĂ©tences en chambre noire pour booster l’apparence de ses images. Ho a Ă©galement fait appel aux techniques de peinture ć±±æ°Ž shānshuǐ. Alors que les puristes peuvent appeler cela de la triche, Fan Ho s’est distancĂ© de la photographie pure. Par exemple, dans Approche de l’ombre, l’artiste a ajoutĂ© l’ombre dans la chambre noire. C’est pourquoi, ses photographies ne sont pas une image fidĂšle de la rĂ©alitĂ© mais plutĂŽt une reprĂ©sentation de son imagination artistique. 

De toutes ses photographies, Approche de l’ombre (1954) est la plus emblĂ©matique et la plus discutĂ©e. Fan Ho a demandĂ© Ă  son cousin de se tenir prĂšs d’un mur du Queen’s College de Causeway Bay pour crĂ©er cette image. Il a ensuite pris la photo et ajoutĂ© une ombre en diagonale pour crĂ©er l’esthĂ©tique de cette image avec ses formes gĂ©omĂ©triques.

Il semble que Fan Ho ait minutieusement cherchĂ© un endroit parfait et attendu le bon moment pour que l’ombre atteigne le bord du mur pour pouvoir prendre une photo. Mais il y a plus que ce que l’on voit. En regardant la composition de cette photographie, les lignes horizontales et verticales lui offrent une stabilitĂ©: les deux lignes dirigent le regard du public vers le sujet de l’image. En revanche, la ligne diagonale fait l’image. La cousine de Fan Ho semble regarder l’ombre s’approcher d’elle progressivement. L’image symbolise la jeunesse qui dĂ©cline et le fait que chaque personne a son propre destin. Il convient de noter que la photo originale n’avait pas d’ombre et n’a Ă©tĂ© incluse que plus tard dans une piĂšce sombre.


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Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie
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