Un style raffinรฉ
ไน้ฌผ ๅจ้ Kuki Shลซzล (1888โ1941)
La structure de l’iki (ใใใใใฎๆง้ Iki no kลzล) de Shลซzล Kuki est sans doute l’ลuvre la plus importante de l’esthรฉtique japonaise du XXe siรจcle – et certainement l’une des plus courtes. Kuki a รฉcrit le premier projet en 1926 alors qu’il vivait ร Paris, vers la fin d’un sรฉjour de sept ans en Europe, et a publiรฉ le livre peu de temps aprรจs son retour au Japon en 1929. C’est une รฉtude phรฉnomรฉnologique et hermรฉneutique d’un phรฉnomรจne, iki, qui รฉtait au centre de la vie esthรฉtique japonaise au cours des deux ou trois cents derniรจres annรฉes et dรฉrivรฉe de formes de relations รฉrotiques entre hommes et geisha dans les quartiers de plaisir des grandes villes. Kuki remarque que si les termes franรงais chic, coquet et raffinรฉ partagent des connotations avec le terme iki, aucun mot europรฉen n’est capable de traduire la richesse de ses significations – ce qui est sans surprise, car le terme a รฉmergรฉ d’un contexte culturel particulier et Kuki est soucieux d’apprรฉhender la forme vivante du phรฉnomรจne tel qu’il est vรฉcu. Kuki mentionne l’esprit franรงais et le sehnsucht allemand comme des termes รฉgalement intraduisibles, pour des raisons similaires d’imbrication culturelle.


Kuki distingue deux autres ยซmomentsยป d’iki en plus de sa base de sรฉduction ou de coquetterie (bitai): le sang-froid (ikiji) et la rรฉsignation (akirame). Dans la mesure oรน l’iki en tant que sรฉduction vise ร maintenir une relation dualiste, en garantissant la possibilitรฉ comme possibilitรฉ – une allusion ร la conception existentielle de Heidegger de la mort comme possibilitรฉ ultime – elle embrasse dรฉjร l’impermanence et la mortalitรฉ. Cette dรฉfense de la possibilitรฉ est ainsi renforcรฉe par un sang-froid empreint de courage, qui pour Kuki est illustrรฉ par l’attitude envers la mort (la sienne et celle des autres) de la part du guerrier samouraรฏ et par sa faรงon de vivre (bushidล). Elle est รฉgalement renforcรฉe par le moment de la rรฉsignation, que Kuki comprend comme l’attitude bouddhiste de non-attachement ร un monde d’impermanence. Tous ensemble, ils permettent une sorte de jeu esthรฉtique, grรขce ร une mise entre guillemets (phรฉnomรฉnologique) des prรฉoccupations de la vie quotidienne.
รgalement dรฉnommรฉ Nakayama Hiromishi, Nakayama Hakudo fut un des grands experts japonais qui marqua lโhistoire des arts martiaux de la premiรจre moitiรฉ du XXe siรจcle. Menkyo kaรฏden de Shindo Munen Ryu, instructeur de Shintล Musล-ryลซ et fondateur du Musล shinden ryลซ, Nakyama senseรฏ fut un des proches de Ueshiba senseรฏ. Il fut รฉgalement lโenseignant dโadeptes de renom dont Mochizuki Minoru, fondateur de lโรฉcole Yoseรฏkan, mais aussi d’Haga Junโichi, lโun de ses meilleurs รฉlรจves.
La silencieuse paix du ravissement
Aprรจs avoir positionnรฉ le phรฉnomรจne de l’iki parmi une variรฉtรฉ d’autres sentiments esthรฉtiques tels que le doux (amami), l’astringent (shibumi), le tape-ร -l’ลil (hade), le calme (jimi), le brut (gehin) et le raffinรฉ (jลhin) ; Kuki continue ร examiner les expressions objectives du phรฉnomรจne, qui sont soit naturelles, soit artistiques. Dans la nature, les saules et la pluie lente et rรฉguliรจre illustrent iki ; dans le corps humain, une lรฉgรจre dรฉtente, une voix de ton moyen plutรดt que d’aigu, un visage plus long que rond, une certaine tension et dรฉtente des yeux, de la bouche et des joues, la main lรฉgรจrement recourbรฉe en arriรจre. Il y a aussi le port de tissu fin, le maquillage finement appliquรฉ, les cheveux coiffรฉs pas trop formellement, ร l’aide d’eau plutรดt que d’huile, et un dรฉcolletรฉ conรงu pour attirer l’attention sur la nuque nue.


Dans ยซl’art libreยป du dessin, les lignes parallรจles, et en particulier les rayures verticales, sont expressives de l’iki: presque tous les autres beaux motifs dรฉveloppรฉs par les arts du tissu japonais, puisqu’ils impliquent souvent des lignes courbes, sont un-iki. Les seules couleurs qui incarnent l’iki sont certains gris, bruns et bleus. En architecture, le petit salon de thรฉ zen (quatre tapis et demi) est un paradigme de l’iki, d’autant plus qu’il initie une interaction entre le bois et le bambou. L’รฉclairage doit รชtre tamisรฉ : lumiรจre du jour indirecte ou bien le type d’รฉclairage fourni par une lanterne en papier.
L’architecture est une musique figรฉe et la musique comme une architecture fluide.
Shลซzล Kuki cite Goethe
Viktoria Mullova interprรจte La Chaconne de Jean-Sรฉbastien Bach. La performance a eu lieu au Festival des Pays-Bas 2010 ร la Salle de musique de chambre J.S. Bach de Zaha Hadid Architects. Viktoria joue sur un Giovanni Battista Guadagnini, 1750.
La chaconne est le dernier des cinq mouvements de la deuxiรจme partita pour violon seul en Rรฉ Mineur de Bach, classifiรฉe BWV 1004. Cette partita est composรฉe par Bach entre 1717 et 1723 et il semblerait quโelle ait รฉtรฉ รฉcrite ร la mรฉmoire de Maria Barbara, son รฉpouse dรฉfunte, alors que Bach รฉtait en voyage. Il apprend la nouvelle ร son retour et les funรฉrailles de sa femme ont dรฉjร eu lieu.
La salle de musique de chambre J.S. Bach est spรฉcialement conรงue pour accueillir des performances en solo des ลuvres de JS Bach – mettant en valeur la multiplicitรฉ de sa musique en utilisant un seul ruban de tissu continu qui change, s’รฉtire, se comprime et bouge en permanence pour cocooner les artistes et le public dans un espace fluide intime.
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Article magnifique ! Merci.