้ๅพท็ถย Dร o dรฉ jฤซng
Traduit en franรงais par Stanislas Julien Imprimerie Royale, Paris, 1842, XLVI+296 pages.
LIVRE PREMIER
้ๅฏ้๏ผ้ๅธธ้ใๅๅฏๅ๏ผ้ๅธธๅใ็กๅๅคฉๅฐไนๅง๏ผๆๅ่ฌ็ฉไนๆฏใๆ ๅธธ็กๆฌฒ๏ผไปฅ่งๅ ถๅฆ๏ผๅธธๆๆฌฒ๏ผไปฅ่งๅ ถๅพผใๆญคๅ ฉ่ ๅๅบ่็ฐๅ๏ผๅ่ฌไน็๏ผ็ไนๅ็๏ผ็พๅฆไน้ใ
Chapitre I
La voie qui peut รชtre exprimรฉe par la parole n’est pas la Voie รฉternelle ; le nom qui peut รชtre nommรฉ n’est pas le Nom รฉternel. (L’รชtre) sans nom est l’origine du ciel et de la terre ; avec un nom, il est la mรจre de toutes choses. C’est pourquoi, lorsqu’on est constamment exempt de passions, on voit son essence spirituelle ; lorsqu’on a constamment des passions, on le voit sous une forme bornรฉe. Ces deux choses ont une mรชme origine et reรงoivent des noms diffรฉrents. On les appelle toutes deux profondes. Elles sont profondes, doublement profondes. C’est la porte de toutes les choses spirituelles.
ๅคฉไธ็็ฅ็พไน็บ็พ๏ผๆฏๆก็ฃ๏น็็ฅๅไน็บๅ๏ผๆฏไธๅ็ฃใๆ ๆ็ก็ธ็๏ผ้ฃ ๆ็ธๆ๏ผ้ท็ญ็ธๅฝข๏ผ้ซไธ็ธๅพ๏ผ้ณ่ฒ็ธๅ๏ผๅๅพ็ธ้จใๆฏไปฅ่ไบบ่ใ็ก็บ ใไนไบ๏ผ่กใไธ่จใไนๆใ่ฌ็ฉไฝ็่ไธ่พญ๏ผ็่ไธๆ๏ผ็บ่ไธๆ๏ผๅๆ ่ๅผๅฑ ใๅคซๅฏๅผๅฑ ๏ผๆฏไปฅไธๅปใ
Chapitre II
Dans le monde, lorsque tous les hommes ont su apprรฉcier la beautรฉ (morale), alors la laideur (du vice) a paru. Lorsque tous les hommes ont su apprรฉcier le bien, alors le mal a paru. C’est pourquoi l’รชtre et le non-รชtre naissent l’un de l’autre. Le difficile et le facile se produisent mutuellement. Le long et le court se donnent mutuellement leur forme. Le haut et le bas montrent mutuellement leur inรฉgalitรฉ. Les tons et la voix s’accordent mutuellement. L’antรฉrioritรฉ et la postรฉrioritรฉ sont la consรฉquence l’une de l’autre. De lร vient que le Saint fait son occupation du non-agir. Il fait consister ses instructions dans le silence. Alors tous les รชtres se mettent en mouvement, et il ne leur refuse rien. Il les produit et ne se les approprie pas. Il les perfectionne et ne compte pas sur eux. Ses mรฉrites รฉtant accomplis, il ne s’y attache pas. Il ne s’attache pas ร ses mรฉrites ; c’est pourquoi ils ne le quittent point.
ไธๅฐ่ณข๏ผไฝฟๆฐไธ็ญ๏นไธ่ฒด้ฃๅพไน่ฒจ๏ผไฝฟๆฐไธ็บ็๏นไธ่ฆๅฏๆฌฒ๏ผไฝฟๆฐๅฟไธไบ ใๆฏไปฅใ่ไบบใไนๆฒป๏ผ่ๅ ถๅฟ๏ผๅฏฆๅ ถ่ น๏ผๅผฑๅ ถๅฟ๏ผๅผทๅ ถ้ชจใๅธธไฝฟๆฐ็ก็ฅ็ก ๆฌฒใไฝฟๅคซๆบ่ ไธๆข็บไนใ็บใ็ก็บใ๏ผๅ็กไธๆฒปใ
Chapitre III
En n’exaltant pas les sages, on empรชche le peuple de se disputer. En ne prisant pas les biens d’une acquisition difficile on empรชche le peuple de se livrer au vol. En ne regardant point des objets propres ร exciter des dรฉsirs, on empรชche que le cลur du peuple ne se troublรฉe. C’est pourquoi, lorsque le Saint gouverne, il vide son cลur, il remplit son ventreย (son intรฉrieur), il affaiblit sa volontรฉ, et il fortifie ses os. Il s’รฉtudie constamment ร rendre le peuple ignorant et exempt de dรฉsirs. Il fait en sorte que ceux qui ont du savoir n’osent pas agir. Il pratique le non-agir, et alors il n’y a rien qui ne soit bien gouvernรฉ.
ใ้ใๆฒ๏ผ่็จไนๆไธ็ใๆทตๅ ฎ๏ผไผผ่ฌ็ฉไนๅฎ๏นๆซๅ ถ้ณ๏ผ่งฃๅ ถ็ด๏ผๅๅ ถๅ ๏ผๅๅ ถๅกต๏นๆนๅ ฎไผผๆๅญใๅพไธ็ฅ่ชฐไนๅญ๏ผ่ฑกๅธไนๅ ใ
Chapitre IV
Le Tao est vide ; si l’on en fait usage, il paraรฎt inรฉpuisable. O qu’il est profond ! Il semble le patriarche de tous les รชtres. Il รฉmousse sa subtilitรฉ, il se dรฉgage de tous liens, il tempรจre sa splendeur, il s’assimile ร la poussiรจre. O qu’il est pur ! Il semble subsister รฉternellement. J’ignore de qui il est fils ; il semble avoir prรฉcรฉdรฉ le maรฎtre du ciel.
ๅคฉๅฐไธไป๏ผไปฅ่ฌ็ฉ็บ่ป็๏น่ไบบไธไป๏ผไปฅ็พๅง็บ่ป็ใๅคฉๅฐไน้๏ผๅ ถ็ถๆฉ ่ฅไน๏ผ่่ไธๅฑ๏ผๅ่ๆๅบใๅค่จๆธ็ชฎ๏ผไธๅฆๅฎไธญใ
Chapitre V
Le ciel et la terre n’ont point d’affection particuliรจre. Ils regardent toutes les crรฉatures comme le chien de paille (sacrifice). Le Saint n’a point d’affection particuliรจre ; il regarde tout le peuple comme le chien de paille (du sacrifice). L’รชtre qui est entre le ciel et la terre ressemble ร un soufflet de forge qui est vide et ne s’รฉpuise point, que l’on met en mouvement et qui produit de plus en plus vent). Celui qui parle beaucoup (du Tao) est souvent rรฉduit au silence. Il vaut mieux observer le milieu.
่ฐท็ฅไธๆญป๏ผๆฏ่ฌ็็ใ็็ไน้๏ผๆฏ่ฌๅคฉๅฐๆ นใ็ถฟ็ถฟ่ฅๅญ๏ผ็จไนไธๅคใ
Chapitre VI
L’esprit de la vallรฉe ne meurt pas ; on l’appelle la femelle mystรฉrieuse. La porte de la femelle mystรฉrieuse s’appelle la racine du ciel et de la terre. Il est รฉternel et semble exister (matรฉriellement). Si l’on en fait usage, on n’รฉprouve aucune fatigue.
ๅคฉ้ทๅฐไน ใๅคฉๅฐๆไปฅ่ฝ้ทไธไน ่ ๏ผไปฅๅ ถไธ่ช็๏ผๆ ่ฝ้ทไน ใๆฏไปฅ่ไบบๅพๅ ถ ่บซ่่บซๅ ๏ผๅคๅ ถ่บซ่่บซๅญใ้ไปฅๅ ถ็ก็ง้ช๏ผๆ ่ฝๆๅ ถ็งใ
Chapitre VII
Le ciel et la terre ont une durรฉe รฉternelle. S’ils peuvent avoir une durรฉe รฉternelle, c’est parce qu’ils ne vivent pas pour eux seuls. C’est pourquoi ils peuvent avoir une durรฉe รฉternelle. De lร vient que le Saint se met aprรจs les autres, et il devient le premier. Il se dรฉgage de son corps, et son corps se conserve. N’est-ce pas parce qu’il n’a point d’intรฉrรชts privรฉs ? C’est pourquoi il peut rรฉussir dans ses intรฉrรชts privรฉs.
ไธๅ่ฅๆฐดใๆฐดๅๅฉ่ฌ็ฉ่ไธ็ญใ่็พไบบไนๆๆก๏ผๆ ๅนพๆผ้ใๅฑ ๅๅฐ๏ผๅฟๅ ๆทต๏ผ่ๅไป๏ผ่จๅไฟก๏ผๆฟๅๆฒป๏ผไบๅ่ฝ๏ผๅๅๆใๅคซๅฏไธ็ญ๏ผๆ ็กๅฐคใ
Chapitre VIII
L’homme d’une vertu supรฉrieure est comme l’eau. L’eau excelle ร faire du bien aux รชtres et ne lutte point. Elle habite les lieux que dรฉteste la foule. C’est pourquoi (le sage) approche du Tao. Il se plaรฎt dans la situation la plus humble. Son cลur aime ร รชtre profond comme un abรฎme. S’il fait des largesses, il excelle ร montrer de l’humanitรฉ. S’il parle, il excelle ร pratiquer la vรฉritรฉ. S’il gouverne, il excelle ร procurer la paix. S’il agit, il excelle ร montrer de la capacitรฉ. S’il se meut, il excelle ร se conformer aux temps. Il ne lutte contre personne ; c’est pourquoi il ne reรงoit aucune marque de blรขme.
ๆ่็ไน๏ผไธๅฆๅ ถๅทฒ๏นๆฃ่้ณไน๏ผไธๅฏ้ทไฟใ้็ๆปฟๅ ๏ผ่ซไน่ฝๅฎ๏นๅฏ่ฒด ่้ฉ๏ผ่ช้บๅ ถๅใๅ้่บซ้๏ผๅคฉไน้ใ
Chapitre IX
Il vaut mieux ne pas remplir un vase que de vouloir le maintenir (lorsqu’il est plein). Si l’on aiguise une lame, bien qu’on l’explore avec la main, on ne pourra la conserver constamment (tranchante). Si une salle est remplie d’or et de pierres prรฉcieuses, personne ne pourra les garder. Si l’on est comblรฉ d’honneurs et qu’on s’enorgueillisse, on s’attirera des malheurs. Lorsqu’on a fait de grandes choses et obtenu de la rรฉputation, il faut se retirer ร l’รฉcart. Telle est la voie du ciel.
่ผ็้ญๆฑไธ๏ผ่ฝ็ก้ขไน๏ผๅฐๆฐฃ่ดๆ๏ผ่ฝๅฌฐๅ ไน๏ผๆป้ค็่ฆฝ๏ผ่ฝ็ก็ตไน๏ผๆ ๅๆฒปๆฐ๏ผ่ฝ็ก็บไน๏ผๅคฉ้้้๏ผ่ฝ็บ้ไน๏ผๆ็ฝๅ้๏ผ่ฝ็ก็ฅไน๏ผ็ไน็ ไน๏ผ็่ไธๆ๏ผ็บ่ไธๆ๏ผ้ท่ไธๅฎฐ๏ผๆฏ่ฌ็ๅพทใ
Chapitre X
L’รขme spirituelle doit commander ร l’รขme sensitive. Si l’homme conserve l’unitรฉ, elles pourront rester indissolubles. S’il dompte sa force vitale et la rend extrรชmement souple, il pourra รชtre comme un nouveau-nรฉ. S’il se dรฉlivre des lumiรจres de l’intelligence, il pourra รชtre exempt de toute infirmitรฉ (morale). S’il chรฉrit le peuple et procure la paix au royaume, il pourra pratiquer le non-agir. S’il laisse les portes du ciel s’ouvrir et se fermer, il pourra รชtre comme la femelle (c’est-ร -dire rester en repos). Si ses lumiรจres pรฉnรจtrent en tous lieux, il pourra paraรฎtre ignorant. Il produit les รชtres et les nourrit. Il les produit et ne les regarde pas comme sa propriรฉtรฉ. Il leur fait du bien et ne compte pas sur eux. Il rรจgne sur eux et ne les traite pas en maรฎtre. C’est ce qu’on appelle possรฉder une vertu profonde.
ไธๅ่ผปๅ ฑไธ่ฝ๏ผ็ถๅ ถ็ก๏ผๆ่ปไน็จใๅๅดไปฅ็บๅจ๏ผ็ถๅ ถ็ก๏ผๆๅจไน็จใ้ฟ ๆถ็ไปฅ็บๅฎค๏ผ็ถๅ ถ็ก๏ผๆๅฎคไน็จใๆ ๆไนไปฅ็บๅฉ๏ผ็กไนไปฅ็บ็จใ
Chapitre XI
Trente rais se rรฉunissent autour d’un moyeu. C’est de son vide que dรฉpend l’usage du char. On pรฉtrit de la terre glaise pour faire des vases. C’est de son vide que dรฉpend l’usage des vases. On perce des portes et des fenรชtres pour faire une maison. C’est de leur vide que dรฉpend l’usage de la maison. C’est pourquoi l’utilitรฉ vient de l’รชtre, l’usage naรฎt du non-รชtre.
ไบ่ฒไปคไบบ็ฎ็ฒ๏นไบ้ณไปคไบบ่ณ่พ๏นไบๅณไปคไบบๅฃ็ฝ๏น้ฆณ้จ็็ต๏ผไปคไบบๅฟ็ผ็๏น ้ฃๅพไน่ฒจ๏ผไปคไบบ่กๅฆจใๆฏไปฅ่ไบบ็บ่ นไธ็บ็ฎ๏ผๆ ๅปๅฝผๅๆญคใ
Chapitre XII
Les cinq couleurs รฉmoussent la vue de l’homme. Les cinq notes (de musique) รฉmoussent l’ouรฏe de l’homme. Les cinq saveurs รฉmoussent le goรปt de l’homme. Les courses violentes, l’exercice de la chasse รฉgarent le cลur de l’homme. Les biens d’une acquisition difficile poussent l’homme ร des actes qui lui nuisent. De lร vient que le Saint s’occupe de son intรฉrieur et ne s’occupe pas de ses yeux. C’est pourquoi il renonce ร ceci et adopte cela.
ๅฏต่พฑ่ฅ้ฉ๏ผ่ฒดๅคงๆฃ่ฅ่บซใไฝ่ฌๅฏต่พฑ่ฅ้ฉ๏ผๅฏต็บไธ๏ผๅพไน่ฅ้ฉ๏ผๅคฑไน่ฅ้ฉ๏ผ ๆฏ่ฌๅฏต่พฑ่ฅ้ฉใไฝ่ฌ่ฒดๅคงๆฃ่ฅ่บซ๏ผๅพๆไปฅๆๅคงๆฃ่ ๏ผ็บๅพๆ่บซ๏ผๅๅพ็ก่บซ ๏ผๅพๆไฝๆฃ๏ผๆ ่ฒดไปฅ่บซ็บๅคฉไธ๏ผ่ฅๅฏๅฏๅคฉไธ๏นๆไปฅ่บซ็บๅคฉไธ๏ผ่ฅๅฏๆๅคฉไธ ใ
Chapitre XII I
Le sage redoute la gloire comme l’ignominie ; son corps lui pรจse comme une grande calamitรฉ. Qu’entend-on par ces mots : il redoute la gloire comme l’ignominie ? La gloire est quelque chose de bas. Lorsqu’on l’a obtenue, on est comme rempli de crainte : lorsqu’on l’a perdue, on est comme rempli de crainte. C’est pourquoi l’on dit : il redoute la gloire comme l’ignominie. Qu’entend-on par ces mots : son corps lui pรจse comme une grande calamitรฉ ? Si nous รฉprouvons de grandes calamitรฉs, c’est parce que nous avons un corps. Quand nous n’avons plus de corps (quand nous nous sommes dรฉgagรฉs de notre corps), quelles calamitรฉs pourrions-nous รฉprouver ? C’est pourquoi, lorsqu’un homme redoute de gouverner lui-mรชme l’empire, on peut lui confier l’empire ; lorsqu’il a regret de gouverner l’empire, on peut lui remettre le soin de l’empire.
่ฆไนไธ่ฆ๏ผๅๆฐใๅคทใ๏น่ฝไนไธ่๏ผๅๆฐใๅธใ๏นๆไนไธๅพ๏ผๅๆฐใๅพฎใ ใๆญคไธ่ ไธๅฏ่ด่ฉฐ๏ผๆ ๆทท่็บไธใๅ ถไธไธ็ฆ๏ผๅ ถไธไธๆงใ็นฉ็นฉไธๅฏๅ๏ผๅพฉ ๆญธๆผ็ก็ฉใๆฏ่ฌ็ก็ไน็๏ผ็ก็ฉไน่ฑก๏ผๆฏ่ฌๆๆใ่ฟไนไธ่ฆๅ ถ้ฆ๏ผ้จไนไธ ่ฆๅ ถๅพใๅทๅคไน้๏ผไปฅๅพกไปไนๆใ่ฝ็ฅๅคๅง๏ผๆฏ่ฌ้็ดใ
Chapitre XIV
Vous le regardez (le Tao) et vous ne le voyez pas : on le dit incolore. Vous l’รฉcoutez et vous ne l’entendez pas : on le dit aphone. Vous voulez le toucher et vous ne l’atteignez pas : on le dit incorporel. Ces trois qualitรฉs ne peuvent รชtre scrutรฉes ร l’aide de la parole. C’est pourquoi on les confond en une seule. Sa partie supรฉrieure n’est point รฉclairรฉe ; sa partie infรฉrieure n’est point obscure. Il est รฉternel et ne peut รชtre nommรฉ. Il rentre dans le non-รชtre. On l’appelle une forme sans forme une image sans image. On l’appelle vague, indรฉterminรฉ. Si vous allez au-devant de lui, vous ne voyez point sa face ; si vous le suivez, vous ne voyez point son dos. C’est en observant le Tao des temps anciens qu’on peut gouverner les existences d’aujourd’hui. Si l’homme peut connaรฎtre l’origine des choses anciennes, on dit qu’il tient le fil du Tao.
ๅคไนๅ็บๅฃซ่ ๏ผๅพฎๅฆ็้๏ผๆทฑไธๅฏ่ญใๅคซๅฏไธๅฏ่ญ๏ผๆ ๅผท็บไนๅฎน๏ผ่ฑซๅ ฎ่ฅ ๅฌๆถๅท๏น็ถๅ ฎ่ฅ็ๅ้ฐ๏นๅผๅ ฎๅ ถ่ฅๅฎข๏นๆธๅ ฎ่ฅๅฐไน้๏นๆฆๅ ฎๅ ถ่ฅๆด๏นๆ ๅ ฎ ๅ ถ่ฅ่ฐท๏นๆททๅ ฎๅ ถ่ฅๆฟใๅญฐ่ฝๆฆไปฅ็ไนๅพๆ๏ผๅญฐ่ฝๆฟไปฅ้ไนๅพๆธ ๏ผๅญฐ่ฝๅฎไปฅ ๅไนๅพ็๏ผไฟๆญค้่ ไธๆฌฒ็ใๅคซๅฏไธ็๏ผๆ ่ฝ่ฝ่ๆฐๆใ
Chapitre XV
Dans l’antiquitรฉ, ceux qui excellaient ร pratiquer le Tao รฉtaient dรฉliรฉs et subtils, abstraits et pรฉnรฉtrants. Ils รฉtaient tellement profonds qu’on ne pouvait les connaรฎtre. Comme on ne pouvait les connaรฎtre, je m’efforcerai de donner une idรฉe (de ce qu’ils รฉtaient). Ils รฉtaient timides comme celui qui traverse un torrent en hiver. Ils รฉtaient irrรฉsolus comme celui qui craint d’รชtre aperรงu de ses voisins. Ils รฉtaient graves comme un รฉtranger (en prรฉsence de l’hรดte). Ils s’effaรงaient comme la glace qui se fond. Ils รฉtaient rudes comme le bois non travaillรฉ. Ils รฉtaient vides comme une vallรฉe. Ils รฉtaient troubles comme une eau limoneuse. Qui est-ce qui sait apaiser peu ร peu le trouble (de son cลur) en le laissant reposer ? Qui est-ce qui sait naรฎtre peu ร peu (ร la vie spirituelle) par un calme prolongรฉ ? Celui qui conserve ce Tao ne dรฉsire pas d’รชtre plein. Il n’est pas plein (de lui-mรชme), c’est pourquoi il garde ses dรฉfauts (apparents), et ne dรฉsire pas (d’รชtre jugรฉ) parfait.
่ด่ๆฅต๏ผๅฎ้็ฏค๏ผ่ฌ็ฉไธฆไฝ๏ผๅพไปฅ่งๅพฉใๅคซ็ฉ่ธ่ธ๏ผๅๅพฉๆญธๅ ถๆ นใๆญธๆ นๆฐ ้๏ผ้ๆฐๅพฉๅฝใๅพฉๅฝๆฐๅธธ๏ผ็ฅๅธธๆฐๆใไธ็ฅๅธธ๏ผๅฆไฝๅถใ็ฅๅธธๅฎน๏ผๅฎนไนๅ ฌ ใๅ ฌไน็๏ผ็ไนๅคฉ๏ผๅคฉไน้๏ผ้ไนไน ๏ผๆฒ่บซไธๆฎใ
Chapitre XVI
Celui qui est parvenu au comble du vide garde fermement le repos. Les dix mille รชtres naissent ensemble ; ensuite je les vois s’en retourner. Aprรจs avoir รฉtรฉ dans un รฉtat florissant, chacun d’eux revient ร son origine. Revenir ร son origine s’appelle รชtre en repos. รtre en repos s’appelle revenir ร la vie. Revenir ร la vie s’appelle รชtre constant. Savoir รชtre constant s’appelle รชtre รฉclairรฉ. Celui qui ne sait pas รชtre constant s’abandonne au dรฉsordre et s’attire des malheurs. Celui qui sait รชtre constant a une รขme large. Celui qui a une รขme large est juste. Celui qui est juste devient roi. Celui qui est roi s’associe au ciel. Celui qui s’associe au ciel imite le Tao. Celui qui imite le Tao subsiste longtemps ; jusqu’ร la fin de sa vie, il n’est exposรฉ a aucun danger.
ๅคชไธ๏ผไธไธ็ฅๆไน๏นๅ ถๆฌก๏ผ่ฆช่่ญฝไน๏นๅ ถๆฌก๏ผ็ไน๏นๅ ถๆฌก๏ผไพฎไนใไฟกไธ่ถณ ็๏ผๆไธไฟก็ใๆ ๅ ฎๅ ถ่ฒด่จใๅๆไบ้๏ผ็พๅง็่ฌ๏ผใๆ่ช็ถใใ
Chapitre XVII
Dans la haute antiquitรฉ, le peuple savait seulement qu’il avait des rois. Les suivants, il les aima et leur donna des louanges. Les suivants, il les craignit. Les suivants, il les mรฉprisa. Celui qui n’a pas confiance dans les autres n’obtient pas leur confiance. (Les premiers) รฉtaient graves et rรฉservรฉs dans leurs paroles. Aprรจs qu’ils avaient acquis des mรฉrites et rรฉussi dans leurs desseins, les cent familles disaient : Nous suivons notre nature.
ๅคง้ๅปข๏ผๆไป็พฉ๏นๆบๆ งๅบ๏ผๆๅคงๅฝ๏นๅ ญ่ฆชไธๅ๏ผๆๅญๆ ๏นๅๅฎถๆไบ๏ผๆๅฟ ่ฃใ
Chapitre XVIII
Quand la grande Voie eut dรฉpรฉri, on vit paraรฎtre l’humanitรฉ et la justice. Quand la prudence et la perspicacitรฉ se furent montrรฉes, on vit naรฎtre une grande hypocrisie. Quand les six parents eurent cessรฉ de vivre en bonne harmonie, on vit des actes de piรฉtรฉ filiale et d’affection paternelle. Quand les รtats furent tombรฉs dans le dรฉsordre, on vit des sujets fidรจles et dรฉvouรฉs.
็ต่ๆฃๆบ๏ผๆฐๅฉ็พๅ๏น็ตไปๆฃ็พฉ๏ผๆฐๅพฉๅญๆ ๏น็ตๅทงๆฃๅฉ๏ผ็่ณ็กๆใๆญคไธ ่ ๏ผไปฅ็บๆไธ่ถณใๆ ไปคๆๆๅฑฌ๏ผ่ฆ็ด ๆฑๆด๏ผๅฐ็งๅฏกๆฌฒใ
Chapitre XIX
Si vous renoncez ร la sagesse et quittez la prudence, le peuple sera cent fois plus heureux. Si vous renoncez ร l’humanitรฉ et quittez la justice, le peuple reviendra ร la piรฉtรฉ filiale et ร l’affection paternelle. Si vous renoncez ร l’habiletรฉ et quittez le lucre, les voleurs et les brigands disparaรฎtront. Renoncez ร ces trois choses et persuadez-vous que l’apparence ne suffit pas. C’est pourquoi je montre aux hommes ce ร quoi ils doivent s’attacher. Qu’ils tรขchent de laisser voir leur simplicitรฉ, de conserver leur puretรฉ, d’avoir peu d’intรฉrรชts privรฉs et peu de dรฉsirs.
็ตๅญธ็กๆใๅฏไน่้ฟ๏ผ็ธๅปๅนพไฝ๏ผๅไน่ๆก๏ผ็ธๅป่ฅไฝ๏ผไบบไนๆ็๏ผไธๅฏ ไธ็ใ่ๅ ฎๅ ถๆชๅคฎๅ๏ผ็พไบบ็็๏ผๅฆไบซๅคช็ข๏ผๅฆ็ปๆฅๅฐใๆ็จๆณๅ ฎๅ ถๆชๅ ๏ผๅฆๅฌฐๅ ไนๆชๅญฉใ ๅ ฎ๏ผ่ฅ็กๆๆญธใ็พไบบ็ๆ้ค๏ผ่ๆ็จ่ฅ้บใๆๆไบบ ไนๅฟไนๅ๏ผๆฒๆฒๅ ฎใไฟไบบๆญๆญ๏ผๆ็จๆๆใไฟไบบๅฏๅฏ๏ผๆ็จๆถๆถใๆพนๅ ฎๅ ถ ่ฅๆตท๏ผ้ฃๅ ฎ่ฅ็กๆญขใ็พไบบ็ๆไปฅ๏ผๆ็จ้ ไธ้ใๆ็จ็ฐๆผไบบ๏ผ่่ฒด้ฃๆฏ
Chapitre XX
Renoncez ร l’รฉtude, et vous serez exempt de chagrins. Combien est petite la diffรฉrence de weรฏ (un oui bref) et de o (un oui lent) ! Combien est grande la diffรฉrence du bien et du mal ! Ce que les hommes craignent, on ne peut s’empรชcher de le craindre. Ils s’abandonnent au dรฉsordre et ne s’arrรชtent jamais. Les hommes de la multitude sont exaltรฉs de joie comme celui qui se repaรฎt de mets succulents, comme celui qui est montรฉ, au printemps, sur une tour รฉlevรฉe. Moi seul je suis calme : (mes affections) n’ont pas encore germรฉ. Je ressemble ร un nouveau-nรฉ qui n’a pas encore souri ร sa mรจre. Je suis dรฉtachรฉ de tout ; on dirait que je ne sais oรน aller. Les hommes de la multitude ont du superflu ; moi seul je suis comme un homme qui a perdu tout. Je suis un homme d’un esprit bornรฉ, je suis dรฉpourvu de connaissances. Les hommes du monde sont remplis de lumiรจres ; moi seul je suis comme plongรฉ dans les tรฉnรจbres. Les hommes du monde sont douรฉs de pรฉnรฉtration ; moi seul j’ai l’esprit trouble et confus. Je suis vague comme la mer ; je flotte comme si je ne savais oรน m’arrรชter. Les hommes de la multitude ont tous de la capacitรฉ ; moi seul je suis stupide ; je ressemble ร un homme rustique. Moi seul je diffรจre des autres hommes, parce que je rรฉvรจre la mรจre qui nourrit (tous les รชtres).
ๅญๅพทไนๅฎน๏ผๆ้ๆฏๅพใ้ไน็บ็ฉ๏ผๆๆๆๆใๆๅ ฎๆๅ ฎ๏ผๅ ถไธญๆ่ฑก๏นๆๅ ฎ ๆๅ ฎ๏ผๅ ถไธญๆ็ฉใ็ชๅ ฎๅฅๅ ฎ๏ผๅ ถไธญๆ็ฒพ๏นๅ ถ็ฒพ็็๏ผๅ ถไธญๆไฟกใ่ชไปๅๅค ๏ผๅ ถๅไธๅป๏ผไปฅ้ฑ็พ็ซใๅพไฝไปฅ็ฅ็พ็ซไน็ๅ๏ผไปฅๆญคใ
Chapitre XXI
Les formes visibles de la grande Vertu รฉmanent uniquement du Tao. Voici quelle est la nature du Tao. Il est vague, il est confus. Qu’il est confus, qu’il est vague ! Au dedans de lui, il y a des images. Qu’il est vague, qu’il est confus ! Au dedans de lui, il y a des รชtres. Qu’il est profond, qu’il est obscur ! Au dedans de lui il y a une essence spirituelle. Cette essence spirituelle est profondรฉment vraie. Au dedans de lui, rรฉside le tรฉmoignage infaillible (de ce qu’il est) ; depuis les temps anciens jusqu’aujourd’hui, son nom n’a point passรฉ. Il donne issue (naissance) ร tous les รชtres. Comment sais-je qu’il en est ainsi de tous les รชtres ? (Je le sais) par le Tao.
ๆฒๅๅ จ๏ผๆๅ็ด๏ผ็ชชๅ็๏ผๆๅๆฐ๏ผๅฐๅๅค๏ผๅคๅๆใๆฏไปฅ่ไบบๆฑไธ็บๅคฉ ไธๅผใไธ่ช่ฆ๏ผๆ ๆ๏นไธ่ชๆฏ๏ผๆ ๅฝฐ๏นไธ่ชไผ๏ผๆ ๆๅ๏นไธ่ช็๏ผๆ ้ทใ ๅคซๅฏไธ็ญ๏ผๆ ๅคฉไธ่ซ่ฝ่ไน็ญใๅคไนๆ่ฌใๆฒๅๅ จใ่ ๏ผ่ฑ่่จๅ๏ผ่ช ๅ จ ่ๆญธไนใ
Chapitre XXII
Ce qui est incomplet devient entier. Ce qui est courbรฉ devient droit. Ce qui est creux devient plein. Ce qui est usรฉ devient neuf. Avec peu (de dรฉsirs) on acquiert le Tao ; avec beaucoup (de dรฉsirs) on s’รฉgare. De lร vient que le Saint conserve l’Unitรฉ (le Tao), et il est le modรจle du monde. Il ne se met pas en lumiรจre, c’est pourquoi il brille. Il ne s’approuve point, c’est pourquoi il jette de l’รฉclat. Il ne se vante point, c’est pourquoi il a du mรฉrite. Il ne se glorifie point, c’est pourquoi il est le supรฉrieur des autres. Il ne lutte point, c’est pourquoi il n’y a personne dans l’empire qui puisse lutter contre lui. L’axiome des anciens : Ce qui est incomplet devient entier, รฉtait-ce une expression vide de sens ? Quand l’homme est devenu vรฉritablement parfait, (le monde) vient se soumettre ร lui.
ๅธ่จ่ช็ถใๆ ้ฃ้ขจไธ็ตๆ๏ผ้ฉ้จไธ็ตๆฅใๅญฐ็บๆญค่ ๏ผๅคฉๅฐใๅคฉๅฐๅฐไธ่ฝไน ๏ผ่ๆณไบไบบไน๏ผๆ ๅพไบไบ้่ ๏ผๅไบ้๏นๅพท่ ๏ผๅไบๅพท๏นๅคฑ่ ๏ผๅไบๅคฑใ ๅไบ้่ ๏ผ้ไบฆๆจๅพไน๏นๅไบๅพท่ ๏ผๅพทไบฆๆจๅพไน๏นไบๅคฑ่ ๏ผๅคฑไบฆๆจๅพไนใ ไฟกไธ่ถณ็๏ผๆไธไฟก็ใ
Chapitre XXIII
Celui qui ne parle pas (arrive au) non-agir. Un vent rapide ne dure pas toute la matinรฉe ; une pluie violente ne dure pas tout le jour. Qui est-ce qui produit ces deux choses ? Le ciel et la terre. Si le ciel et la terre mรชme ne peuvent subsister longtemps, ร plus forte raison l’homme ! C’est pourquoi si l’homme se livre au Tao, il s’identifie au Tao ; s’il se livre a la vertu, il s’identifie ร la vertu ; s’il se livre au crime, il s’identifie au crime. Celui qui s’identifie au Tao gagne le Tao ; celui qui s’identifie ร la vertu gagne la vertu ; celui qui s’identifie au crime gagne (la honte du) crime. Si l’on ne croit pas fortement (au Tao), l’on finit par n’y plus croire.
ไผ่ ไธ็ซ๏น่ทจ่ ไธ่ก๏น่ช่ฆ่ ไธๆ๏น่ชๆฏ่ ไธๅฝฐ๏น่ชไผ่ ็กๅ๏น่ช็่ ไธ ้ทใๅ ถๅจ้ไน๏ผๆฐ๏ผ้ค้ฃ่ด ๅฝขใ็ฉๆๆกไน๏ผๆ ๆ้่ ไธ่ใ
Chapitre XXIV
Celui qui se dresse sur ses pieds ne peut se tenir droit ; celui qui รฉtend les jambes ne peut marcher. Celui qui tient ร ses vues n’est point รฉclairรฉ. Celui qui s’approuve lui-mรชme ne brille pas. Celui qui se vante n’a point de mรฉrite. Celui qui se glorifie ne subsiste pas longtemps. Si l’on juge cette conduite selon le Tao, on la compare ร un reste d’aliments ou ร un goitre hideux qui inspirent aux hommes un constant dรฉgoรปt. C’est pourquoi celui qui possรจde le Tao ne s’attache pas ร cela.
ๆ็ฉๆททๆ๏ผๅ ๅคฉๅฐ็ใๅฏๅ ฎๅฏฅๅ ฎ๏ผ็จ็ซ่ไธๆน๏ผๅจ่ก่ไธๆฎ๏ผๅฏไปฅ็บๅคฉๅฐ ๆฏใๅพไธ็ฅๅ ถๅ๏ผๅผทๅญไนๆฐ้๏ผๅผท็บไนๅๆฐๅคงใๅคงๆฐ้๏ผ้ๆฐ้ ๏ผ้ ๆฐๅ ใๆ ้ๅคง๏ผๅคฉๅคง๏ผๅฐๅคง๏ผไบบไบฆๅคงใๅไธญๆๅๅคง๏ผ่ไบบๅฑ ๅ ถไธ็ใไบบๆณๅฐ๏ผ ๅฐๆณๅคฉ๏ผๅคฉๆณ้๏ผ้ๆณ่ช็ถใ
Chapitre XXV
Il est un รชtre confus qui existait avant le ciel et la terre. O qu’il est calme ! O qu’il est immatรฉriel ! Il subsiste seul et ne change point. Il circule partout et ne pรฉriclite point. Il peut รชtre regardรฉ comme la mรจre de l’univers. Moi, je ne sais pas son nom. Pour lui donner un titre, je l’appelle Voie (Tao). En m’efforรงant de lui faire un nom, je l’appelle grand. De grand, je l’appelle fugace. De fugace je rappelle รฉloignรฉ. D’รฉloignรฉ je l’appelle (l’รชtre) qui revient. C’est pourquoi le Tao est grand, le ciel est grand, la terre est grande, le roi aussi est grand. Dans le monde, il y a quatre grandes choses, et le roi en est une. L’homme imite la terre ; la terre imite le ciel ; le ciel imite le Tao ; le Tao imite sa nature.
้็บ่ผๆ น๏ผ้็บ่บๅใๆฏไปฅๅๅญ็ตๆฅ่กไธ้ข่ผ้ใ้ๆๆฆฎ่ง๏ผ็่่ถ ็ถใ ๅฅไฝ่ฌไนไนไธป๏ผ่ไปฅ่บซ่ผๅคฉไธ๏ผ่ผๅๅคฑๆ น๏ผ่บๅๅคฑๅใ
Chapitre XXVI
Le grave est la racine du lรฉger ; le calme est le maรฎtre du mouvement. De lร vient que le Saint marche tout le jour (dans le Tao) et ne s’รฉcarte point de la quiรฉtude et de la gravitรฉ. Quoiqu’il possรจde des palais magnifiques, il reste calme et les fuit. Mais hรฉlas ! les maรฎtres de dix mille chars se conduisent lรฉgรจrement dans l’empire ! Par une conduite lรฉgรจre, on perd ses ministres ; par l’emportement des passions, on perd son trรดne.
ๅ่ก๏ผ็ก่ฝ่ทก๏ผๅ่จ๏ผ็ก็่ฌซ๏นๅๆธ๏ผไธ็จ็ฑ็ญ๏นๅ้๏ผ็ก้ๆฅ่ไธๅฏ้ ๏ผๅ็ต๏ผ็ก็นฉ็ด่ไธๅฏ่งฃใๆฏไปฅ่ไบบๅธธๅๆไบบ๏ผๆ ็กๆฃไบบ๏นๅธธๅๆ็ฉ๏ผๆ ็กๆฃ็ฉใๆฏ่ฌ่ฅฒๆใๆ ๅไบบ่ ๏ผไธๅไบบไนๅธซ๏นไธๅไบบ่ ๏ผๅไบบไน่ณใไธ่ฒด ๅ ถๅธซ๏ผไธๆๅ ถ่ณ๏ผ้ๆบๅคง่ฟท๏ผๆฏ่ฌ่ฆๅฆใ
Chapitre XXVII
Celui qui sait marcher (dans le Tao) ne laisse pas de traces ; celui qui sait parler ne commet point de fautes ; celui qui sait compter ne se sert point d’instruments de calcul ; celui qui sait fermer (quelque chose) ne se sert point de verrou, et il est impossible de l’ouvrir ; celui qui sait lier (quelque chose) ne se sert point de cordes, et il est impossible de le dรฉlier. De lร vient que le Saint excelle constamment ร sauver les hommes ; c’est pourquoi il n’abandonne pas les hommes. Il excelle constamment ร sauver les รชtres ; c’est pourquoi il n’abandonne pas les รชtres. Cela s’appelle รชtre doublement รฉclairรฉ. C’est pourquoi l’homme vertueux est le maรฎtre de celui qui n’est pas vertueux. L’homme qui n’est pas vertueux est le secours de l’homme vertueux. Si l’un n’estime pas son maรฎtre, si l’autre n’affectionne pas celui qui est son secours, quoiqu’ils paraissent douรฉs de prudence, ils sont plongรฉs dans l’aveuglement. Voilร ce qu’il y a de plus important et de plus subtil.
็ฅๅ ถ้๏ผๅฎๅ ถ้๏ผ็บๅคฉไธ่ฐฟใ็บๅคฉไธ่ฐฟ๏ผๅธธๅพทไธ้ข๏ผๅพฉๆญธไบๅฌฐๅ ใ็ฅๅ ถ็ฝ ๏ผๅฎๅ ถ้ป๏ผ็บๅคฉไธๅผ๏ผๅธธๅพทไธๅฟ๏ผๅพฉๆญธไบ็กๆฅตใ็ฅๅ ถๆฆฎ๏ผๅฎๅ ถ่พฑ๏ผ็บๅคฉไธ ่ฐทใ็บๅคฉไธ่ฐท๏ผๅธธๅพทไน่ถณ๏ผๅพฉๆญธไบๆดใ็บๅคฉไธๅผใๆดๆฃๅ็บๅจ๏ผ่ไบบ็จไน ๏ผๅ็บๅฎ้ท๏ผๆ ๅคงๅถไธๅฒใ
Chapitre XXVIII
Celui qui connaรฎt sa force et garde la faiblesse, est la vallรฉe de l’empire (c’est-ร -dire le centre oรน accourt tout l’empire). S’il est la vallรฉe de l’empire, la vertu constante ne l’abandonnera pas ; il reviendra ร l’รฉtat d’enfant. Celui qui connaรฎt ses lumiรจres et garde les tรฉnรจbres, est le modรจle de l’empire. S’il est le modรจle de l’empire, la vertu constante ne faillira pas (en lui), et il reviendra au comble (de la puretรฉ). Celui qui connaรฎt sa gloire et garde l’ignominie est aussi la vallรฉe de l’empire. S’il est la vallรฉe de l’empire, sa vertu constante atteindra la perfection et il reviendra ร la simplicitรฉ parfaite (au Tao). Quand la simplicitรฉ parfaite (le Tao) s’est rรฉpandue, elle a formรฉ les รชtres. Lorsque le Saint est รฉlevรฉ aux emplois, il devient le chef des magistrats. Il gouverne grandement et ne blesse personne.
ๅฐๆฌฒๅๅคฉไธ่็บไน๏ผๅพ่ฆๅ ถไธๅพๅทฒใๅคฉไธ็ฅๅจ๏ผไธๅฏ็บไน๏ผไธๅฏๅทไนใ็บ ่ ๆไน๏ผๅท่ ๅคฑไนใๆ ็ฉๆ่กๆ้จ๏ผๆๅๆๅน๏ผๆๅผทๆ็พธ๏ผๆ่ผๆ้ณ๏ผๆฏ ไปฅ่ไบบๅป็๏ผๅปๅฅข๏ผๅปๆณฐใ
Chapitre XXIX
Si l’homme agit pour gouverner parfaitement l’empire, je vois qu’il n’y rรฉussira pas. L’empire est (comme) un vase divin (auquel l’homme) ne doit pas travailler. S’il y travaille, il le dรฉtruit ; s’il veut le saisir, il le perd. C’est pourquoi, parmi les รชtres, les uns marchent (en avant) et les autres suivent ; les uns rรฉchauffent et les autres refroidissent ; les uns sont forts et les autres faibles ; les uns se meuvent et les autres s’arrรชtent. De lร vient que le Saint supprime les excรจs, le luxe et la magnificence.
ไปฅ้ไฝไบบไธป่ ๏ผไธไปฅๅ ตๅผทๅคฉไธใๅ ถไบๅฅฝ้ใๅธซไนๆ่๏ผ่ๆฃ็็ใๅคง่ปไน ๅ๏ผๅฟ ๆๅถๅนดใๅ่ ๆ่ๅทฒ๏ผไธๆขไปฅๅๅผทใๆ่ๅฟ็๏ผๆ่ๅฟไผ๏ผๆ่ๅฟ ้ฉใๆ่ไธๅพๅทฒ๏ผๆ่ๅฟๅผทใ็ฉๅฃฏๅ่๏ผๆฏ่ฌไธ้๏ผไธ้ๆฉๅทฒใ
Chapitre XXX
Celui qui aide le maรฎtre des hommes par le Tao ne (doit pas) subjuguer l’empire par les armes. Quoi qu’on fasse aux hommes, ils rendent la pareille. Partout oรน sรฉjournent les troupes, on voit naรฎtre les รฉpines et les ronces. A la suite des grandes guerres, il y a nรฉcessairement des annรฉes de disette. L’homme vertueux frappe un coup dรฉcisif et s’arrรชte. Il n’ose subjuguer l’empire par la force des armes. Il frappe un coup dรฉcisif et ne se vante point. Il frappe un coup dรฉcisif et ne se glorifie point. Il frappe un coup dรฉcisif et ne s’enorgueillit point. Il frappe un coup dรฉcisif et ne combat que par nรฉcessitรฉ. Il frappe un coup dรฉcisif et ne veut point paraรฎtre fort. Quand les รชtres sont arrivรฉs ร la plรฉnitude de leur force, ils vieillissent. Cela s’appelle ne pas imiter le Tao. Celui qui n’imite pas le Tao ne tarde pas ร pรฉrir.
ๅคซไฝณๅ ต่ ๏ผไธ็ฅฅไนๅจ๏ผ็ฉๆๆกไน๏ผๆ ๆ้่ ไธ่ใๅๅญๅฑ ๅ่ฒดๅทฆ๏ผ็จๅ ตๅ ่ฒดๅณใๅ ต่ ไธ็ฅฅไนๅจ๏ผ้ๅๅญไนๅจ๏ผไธๅพๅทฒ่็จไน๏ผๆฌๆทก็บไธใๅ่ไธ็พ ๏ผ่็พไน่ ๏ผๆฏๆจๆฎบไบบใๅคซๆจๆฎบไบบ่ ๏ผๅไธๅฏๅพๅฟไบๅคฉไธ็ฃใๅไบๅฐๅทฆ๏ผ ๅถไบๅฐๅณใๅๅฐ่ปๅฑ ๅทฆ๏ผไธๅฐ่ปๅฑ ๅณ๏ผ่จไปฅๅช็ฆฎ่ไนใๆฎบไบบไน็พ๏ผไปฅๆฒๅ ๆณฃไน๏ผๆฐๅไปฅๅช็ฆฎ่ไนใ
Chapitre XXXI
Les armes les plus excellentes sont des instruments de malheur. Tous les hommes les dรฉtestent. C’est pourquoi celui qui possรจde le Tao ne s’y attache pas. En temps de paix, le sage estime la gauche ; celui qui fait la guerre estime la droite. Les armes sont des instruments de malheur ; ce ne sont point les instruments du sage. Il ne s’en sert que lorsqu’il ne peut s’en dispenser, et met au premier rang le calme et le repos. S’il triomphe, il ne s’en rรฉjouit pas. S’en rรฉjouir, c’est aimer ร tuer les hommes. Celui qui aime ร tuer les hommes ne peut rรฉussir ร rรฉgner sur l’empire. Dans les รฉvรฉnements heureux, on prรฉfรจre la gauche ; dans les รฉvรฉnements malheureux, on prรฉfรจre la droite. Le gรฉnรฉral en second occupe la gauche ; le gรฉnรฉral en chef occupe la droite. Je veux dire qu’on le place suivant les rites funรจbres. Celui qui a tuรฉ une multitude d’hommes doit pleurer sur eux avec des larmes et des sanglots. Celui qui a vaincu dans un combat, on le place suivant les rites funรจbres.
้ๅธธ็กๅ๏ผๆด้ๅฐ๏ผๅคฉไธ่ซ่ฝ่ฃใไพฏ็่ฅ่ฝๅฎไน๏ผ่ฌ็ฉๅฐ่ช่ณใๅคฉๅฐ็ธๅ ๏ผไปฅ้็้ฒ๏ผๆฐ่ซไนไปค่่ชๅใๅงๅถๆๅ๏ผๅไบฆๆขๆ๏ผๅคซไบฆๅฐ็ฅๆญข๏ผ็ฅๆญข ๅฏไปฅไธๆฎใ่ญฌ้ไนๅจๅคฉไธ๏ผ็ถๅท่ฐทไนไบๆฑๆตทใ
Chapitre XXXII
Le Tao est รฉternel et il n’a pas de nom. Quoiqu’il soit petit de sa nature, le monde entier ne pourrait le subjuguer. Si les vassaux et les rois peuvent le conserver, tous les รชtres viendront spontanรฉment se soumettre ร eux. Le ciel et la terre s’uniront ensemble pour faire descendre une douce rosรฉe, et les peuples se pacifieront d’eux-mรชmes sans que personne le leur ordonne. Dรจs que le Tao se fut divisรฉ, il eut un nom. Ce nom une fois รฉtabli, il faut savoir se retenir. Celui qui sait se retenir ne pรฉriclite jamais. Le Tao est rรฉpandu dans l’univers. (Tous les รชtres retournent ร lui) comme les riviรจres et les ruisseaux des montagnes retournent aux fleuves et aux mers.
็ฅไบบ่ ๆบ๏ผ่ช็ฅ่ ๆใๅไบบ่ ๆๅ๏ผ่ชๅ่ ๅผทใ็ฅ่ถณ่ ๅฏใๅผท่ก่ ๆๅฟใ ไธๅคฑๅ ถๆ่ ไน ใๆญป่ไธไบก่ ๅฃฝใ
Chapitre XXXIII
Celui qui connaรฎt les hommes est prudent. Celui qui se connaรฎt lui-mรชme est รฉclairรฉ. Celui qui dompte les hommes est puissant. Celui qui se dompte lui-mรชme est fort. Celui qui sait se suffire est assez riche. Celui qui agit avec รฉnergie est douรฉ d’une ferme volontรฉ. Celui qui ne s’รฉcarte point de sa nature subsiste longtemps. Celui qui meurt et ne pรฉrit pas jouit d’une (รฉternelle) longรฉvitรฉ.
ๅคง้ๆฐพๅ ฎ๏ผๅ ถๅฏๅทฆๅณใ่ฌ็ฉๆไนไปฅ็่ไธ่พญ๏ผๅๆไธๅๆ๏ผ่กฃ้ค่ฌ็ฉ่ไธ ็บไธปใๅธธ็กๆฌฒ๏ผๅฏๅไบๅฐ๏น่ฌ็ฉๆญธ็่ไธ็บไธป๏ผๅฏๅ็บๅคงใไปฅๅ ถ็ตไธ่ช็บ ๅคง๏ผๆ ่ฝๆๅ ถๅคงใ
Chapitre XXXIV
Le Tao s’รฉtend partout ; il peut aller ร gauche comme ร droite. Tous les รชtres comptent sur lui pour naรฎtre, et il ne les repousse point. Quand ses mรฉrites sont accomplis, il ne se les attribue point. Il aime et nourrit tous les รชtres, et ne se regarde pas comme leur maรฎtre. Il est constamment sans dรฉsirs : on peut l’appeler petit. Tous les รชtres se soumettent ร lui, et il ne se regarde pas comme leur maรฎtre : on peut l’appeler grand. De lร vient que, jusqu’ร la fin de sa vie, le Saint ne s’estime pas grand. C’est pourquoi il peut accomplir de grandes choses.
ๅทๅคง่ฑก๏ผๅคฉไธๅพใๅพ่ไธๅฎณ๏ผๅฎๅนณๅคชใๆจ่้ค๏ผ้ๅฎขๆญขใ้ไนๅบๅฃ๏ผๆทกไน ๅ ถ็กๅณใ่ฆไนไธ่ถณ่ฆ๏ผ่ฝไนไธ่ถณ่๏ผ็จไนไธ่ถณๆขใ
Chapitre XXXV
Le Saint garde la grande image (le Tao), et tous les peuples de l’empire accourent ร lui. Ils accourent, et il ne leur fait point de mal ; il leur procure la paix, le calme et la quiรฉtude. La musique et les mets exquis retiennent l’รฉtranger qui passe. Mais lorsque le Tao sort de notre bouche, il est fade et sans saveur. On le regarde et l’on ne peut le voir ; on l’รฉcoute et l’on ne peut l’entendre ; on l’emploie et l’on ne peut l’รฉpuiser.
ๅฐๆฌฒๆญไน๏ผๅฟ ๅบๅผตไน๏นๅฐๆฌฒๅผฑไน๏ผๅฟ ๅบๅผทไน๏นๅฐๆฌฒๅปขไน๏ผๅฟ ๅบ่ไน๏นๅฐๆฌฒ ๅไน๏ผๅฟ ๅบ่ไนใๆฏ่ฌๅพฎๆใๆๅๅ๏ผๅผฑๅๅผทใ้ญไธๅฏ่ซไบๆทต๏ผๅไนๅฉๅจ ๏ผไธๅฏไปฅ็คบไบบใ
Chapitre XXXVI
Lorsqu’une crรฉature est sur le point de se contracter, (on reconnaรฎt) avec certitude que dans l’origine elle a eu de l’expansion. Est-elle sur le point de s’affaiblir, (on reconnaรฎt) avec certitude que dans l’origine elle a eu de la force. Est-elle sur le point de dรฉpรฉrir, (on reconnaรฎt) avec certitude que dans l’origine elle a eu de la splendeur. Est-elle sur le point d’รชtre dรฉpouillรฉe de tout, (on reconnaรฎt) avec certitude que dans l’origine elle a รฉtรฉ comblรฉe de dons. Cela s’appelle (une doctrine ร la fois) cachรฉe et รฉclatante. Ce qui est mou triomphe de ce qui est dur ; ce qui est faible triomphe de ce qui est fort. Le poisson ne doit point quitter les abรฎmes ; l’arme acรฉrรฉe du royaume ne doit pas รชtre montrรฉe au peuple.
้ๅธธ็ก็บ่็กไธ็บใไพฏ็่ฅ่ฝๅฎไน๏ผ่ฌ็ฉๅฐ่ชๅใๅ่ๆฌฒไฝ๏ผๅพๅฐ้ฎไนไปฅ ็กๅไนๆดใ้ฎไนไปฅ็กๅไนๆด๏ผๅคซไบฆๅฐไธๆฌฒใไธๆฌฒไปฅ้๏ผๅคฉไธๅฐ่ชๆญฃใ
Chapitre XXXVII
Le Tao pratique constamment le non-agir et (pourtant) il n’y a rien qu’il ne fasse. Si les rois et les vassaux peuvent le conserver (tous les รชtres se convertiront. Si, une fois convertis, ils veulent encore se mettre en mouvement, je les contiendrai ร l’aide de l’รชtre simple qui n’a pas de nom (c’est-ร -dire par le Tao). L’รชtre simple qui n’a pas de nom, il ne faut pas mรชme le dรฉsirer. L’absence de dรฉsirs procure la quiรฉtude. Alors l’empire se rectifie de lui-mรชme.
LIVRE II
ไธๅพทไธๅพท๏ผๆฏไปฅๆๅพท๏นไธๅพทไธๅคฑๅพท๏ผๆฏไปฅ็กๅพทใไธๅพท็ก็บ่็กไปฅ็บ๏นไธๅพท ็ก็บ่ๆไปฅ็บใไธไป็บไน่็กไปฅ็บ๏นไธ็พฉ็บไน่ๆไปฅ็บใไธ็ฆฎ็บไน่่ซไน ๆ๏ผๅๆ่่ๆไนใๆ ๅคฑ้่ๅๅพท๏ผๅคฑๅพท่ๅไป๏ผๅคฑไป่ๅ็พฉ๏ผๅคฑ็พฉ่ๅ ็ฆฎใๅคซ็ฆฎ่ ๏ผๅฟ ไฟกไน่๏ผ่ไบไน้ฆใๅ่ญ่ ๏ผ้ไน่ฏ๏ผ่ๆไนๅงใๆฏไปฅๅคง ไธๅคซ่ๅ ถๅ๏ผไธๅฑ ๅ ถ่๏น่ๅ ถๅฏฆ๏ผไธๅฑ ๅ ถ่ฏใๆ ๅปๅฝผๅๆญคใ
Chapitre XXXVIII
Les hommes d’une vertu supรฉrieure ignorent leur vertu ; c’est pourquoi ils ont de la vertu. Les hommes d’une vertu infรฉrieure n’oublient pas leur vertu ; c’est pourquoi ils n’ont point de vertu. Les hommes d’une vertu supรฉrieure la pratiquent sans y songer. Les hommes d’une vertu infรฉrieure la pratiquent avec intention. Les hommes d’une humanitรฉ supรฉrieure la pratiquent sans y songer. Les hommes d’une รฉquitรฉ supรฉrieure la pratiquent avec intention. Les hommes d’une urbanitรฉ supรฉrieure la pratiquent et personne n’y rรฉpond ; alors ils emploient la violence pour qu’on les paye de retour. C’est pourquoi l’on a de la vertu aprรจs avoir perdu le Tao ; de l’humanitรฉ aprรจs avoir perdu la vertu ; de l’รฉquitรฉ aprรจs avoir perdu l’humanitรฉ ; de l’urbanitรฉ aprรจs avoir perdu l’รฉquitรฉ. L’urbanitรฉ n’est que l’รฉcorce de la droiture et de la sincรฉritรฉ ; c’est la source du dรฉsordre. Le faux savoir n’est que la fleur du Tao et le principe de l’ignorance. C’est pourquoi un grand homme s’attache au solide et laisse le superficiel. Il estime le fruit et laisse la fleur. C’est pourquoi il rejette l’une et adopte l’autre.
ๆไนๅพไธ่ ๏ผๅคฉๅพไธไปฅๆธ ๏นๅฐๅพไธไปฅๅฏง๏น็ฅๅพไธไปฅ้๏น่ฐทๅพไธไปฅ็๏น่ฌ็ฉ ๅพไธไปฅ็๏นไพฏ็ๅพไธไปฅ็บๅคฉไธๆญฃใๅ ถ่ดไนไน๏ผๅคฉ็กไปฅๆธ ๏ผๅฐๆ่ฃ๏นๅฐ็กไปฅ ๅฏง๏ผๅฐๆๅปข๏น็ฅ็กไปฅ้๏ผๅฐๆๆญ๏น่ฐท็กไปฅ็๏ผๅฐๆ็ซญ๏น่ฌ็ฉ็กไปฅ็๏ผๅฐๆ ๆป ๏นไพฏ็็กไปฅ่ฒ๏ผๅฐๆ่นถใๆ ่ฒดไปฅ่ณค็บๆฌ๏ผ้ซไปฅไธ็บๅบใๆฏไปฅไพฏ็่ช็จฑๅญค ใๅฏกใไธ็ฉใๆญค้ไปฅ่ณค็บๆฌ้ช๏ผ้ไน๏ผๆ ่ด่ญฝ็ก่ญฝใๆฏๆ ไธๆฌฒ็ญ็ญๅฆ็๏ผ ็็ๅฆ็ณใ
Chapitre XXXIX
Voici les choses qui jadis ont obtenu l’Unitรฉ. Le ciel est pur parce qu’il a obtenu l’Unitรฉ. La terre est en repos parce qu’elle a obtenu l’Unitรฉ. Les esprits sont douรฉs d’une intelligence divine parce qu’ils ont obtenu l’Unitรฉ. Les vallรฉes se remplissent parce qu’elles ont obtenu l’Unitรฉ. Les dix mille รชtres naissent parce qu’ils ont obtenu l’Unitรฉ. Les princes et rois sont les modรจles du monde parce qu’ils ont obtenu l’Unitรฉ. Voilร ce que l’Unitรฉ a produit. Si le ciel perdait sa puretรฉ, il se dissoudrait ; Si la terre perdait son repos, elle s’รฉcroulerait ; Si les esprits perdaient leur intelligence divine, ils s’anรฉantiraient ; Si les vallรฉes ne se remplissaient plus, elles se dessรฉcheraient ; Si les dix mille รชtres ne naissaient plus, ils s’รฉteindraient ; Si les princes et les rois s’enorgueillissaient de leur noblesse et de leur รฉlรฉvation, et cessaient d’รชtre les modรจles (du monde), ils seraient renversรฉs. C’est pourquoi les nobles regardent la roture comme leur origine ; les hommes รฉlevรฉs regardent la bassesse de la condition comme leur premier fondement. De lร vient que les princes et les rois s’appellent eux-mรชmes orphelins, hommes de peu de mรฉrite, hommes dรฉnuรฉs de vertu. Ne montrent-ils pas par lร qu’ils regardent la roture comme leur vรฉritable origine ? Et ils ont raison ! C’est pourquoi, si vous dรฉcomposez un char, vous n’avez plus de char. (Le sage) ne veut pas รชtre estimรฉ comme le jade, ni mรฉprisรฉ comme la pierre.
ๅ่ ้ไนๅ๏นๅผฑ่ ้ไน็จใๅคฉไธ่ฌ็ฉ็ไบๆ๏ผๆ็ไบ็กใ
Chapitre XL
Le retour au non-รชtre (produit) le mouvement du Tao. La faiblesse est la fonction du Tao. Toutes les choses du monde sont nรฉes de l’รชtre ; l’รชtre est nรฉ du non-รชtre.
ไธๅฃซ่้๏ผๅค่่กไน๏นไธญๅฃซ่้๏ผ่ฅๅญ่ฅไบก๏นไธๅฃซ่้๏ผๅคง็ฌไนใไธ็ฌไธ ่ถณไปฅ็บ้ใๆ ๅปบ่จๆไน๏ผๆ้่ฅๆง๏น้ฒ้่ฅ้๏นๅคท้่ฅ็บ๏นไธๅพท่ฅ่ฐท๏นๅคง ็ฝ่ฅ่พฑ๏นๅปฃๅพท่ฅไธ่ถณ๏นๅปบๅพท่ฅๅท๏น่ณช็่ฅๆธ๏นๅคงๆน็ก้ ๏นๅคงๅจๆๆ๏นๅคง้ณ ๅธ่ฒ๏นๅคง่ฑก็กๅฝข๏น้้ฑ็กๅใๅคซๅฏ้๏ผๅ่ฒธไธๆใ
Chapitre XLI
Quand les lettrรฉs supรฉrieurs ont entendu parler du Tao, ils le pratiquent avec zรจle. Quand les lettrรฉs du second ordre ont entendu parler du Tao, tantรดt ils le conservent, tantรดt ils le perdent. Quand les lettrรฉs infรฉrieurs ont entendu parler du Tao, ils le tournent en dรฉrision. S’ils ne le tournaient pas en dรฉrision, il ne mรฉriterait pas le nom de Tao. C’est pourquoi les anciens disaient : Celui qui a l’intelligence du Tao paraรฎt enveloppรฉ de tรฉnรจbres. Celui qui est avancรฉ dans le Tao ressemble ร un homme arriรฉrรฉ. Celui qui est ร la hauteur du Tao ressemble ร un homme vulgaire. L’homme d’une vertu supรฉrieure est comme une vallรฉe. L’homme d’une grande puretรฉ est comme couvert d’opprobre. L’homme d’un mรฉrite immense paraรฎt frappรฉ d’incapacitรฉ. L’homme d’une vertu solide semble dรฉnuรฉ d’activitรฉ. L’homme simple et vrai semble vil et dรฉgradรฉ. C’est un grand carrรฉ dont on ne voit pas les angles ; un grand vase qui semble loin d’รชtre achevรฉ ; une grande voix dont le son est imperceptible ; une grande image dont on n’aperรงoit point la forme ! Le Tao se cache et personne ne peut le nommer. Il sait prรชter (secours aux รชtres) et les conduire ร la perfection.
้็ไธ๏ผไธ็ไบ๏ผไบ็ไธ๏ผไธ็่ฌ็ฉใ่ฌ็ฉ่ฒ ้ฐ่ๆฑ้ฝ๏ผๆฒๆฐฃไปฅ็บๅใไบบ ไนๆๆก๏ผๅฏๅญคใๅฏกใไธ่ฐท๏ผ่็ๅ ฌไปฅ็บ็จฑใๆ ็ฉๆๆไน่็๏ผๆ็ไน่ๆ ใไบบไนๆๆ๏ผๆไบฆๆไนใๅผทๆข่ ไธๅพๅ ถๆญป๏ผๅพๅฐไปฅ็บๆ็ถใ
Chapitre XLII
Le Tao a produit un ; un a produit deux ; deux a produit trois ; trois a produit tous les รชtres. Tous les รชtres fuient le calme et cherchent le mouvement. Un souffle immatรฉriel forme l’harmonie. Ce que les hommes dรฉtestent, c’est d’รชtre orphelins, imparfaits, dรฉnuรฉs de vertu, et cependant les rois s’appellent ainsi eux-mรชmes. C’est pourquoi, parmi les รชtres, les uns s’augmentent en se diminuant ; les autres se diminuent en s’augmentant. Ce que les hommes enseignent, je l’enseigne aussi. Les hommes violents et inflexibles n’obtiennent point une mort naturelle. Je veux prendre leur exemple pour la base de mes instructions.
ๅคฉไธไน่ณๆ๏ผ้ฆณ้จๅคฉไธไน่ณๅ ใ็กๆๅ ฅ็ก้ใๅพๆฏไปฅ็ฅ็ก็บไนๆ็๏ผไธ่จ ไนๆ๏ผ็ก็บไน็๏ผๅคฉไธๅธๅไนใ
Chapitre XLIII
Les choses les plus molles du monde subjuguent les choses les plus dures du monde. Le non-รชtre traverse les choses impรฉnรฉtrables. C’est par lร que je sais que le non-agir est utile. Dans l’univers, il y a bien peu d’hommes qui sachent instruire sans parler et tirer profit du non-agir.
ๅ่่บซๅญฐ่ฆช๏ผ่บซ่่ฒจๅญฐๅค๏ผๅพ่ไบกๅญฐ็ ๏ผๆฏๆ ็ๆๅฟ ๅคง่ฒป๏นๅค่ๅฟ ๅไบกใ
Chapitre XLIV
ๆ ็ฅ่ถณไธ่พฑ๏ผ็ฅๆญขไธๆฎ๏ผๅฏไปฅ้ทไน ใ Qu’est-ce qui nous touche de plus prรจs, de notre gloire ou de notre personne ? Qu’est-ce qui nous est le plus prรฉcieux, de notre personne ou de nos richesses ? Quel est le plus grand malheur, de les acquรฉrir ou de les perdre ? C’est pourquoi celui qui a de grandes passions est nรฉcessairement exposรฉ ร de grands sacrifices. Celui qui cache un riche trรฉsor รฉprouve nรฉcessairement de grandes pertes. Celui qui sait se suffire est ร l’abri du dรฉshonneur. Celui qui sait s’arrรชter ne pรฉriclite jamais. Il pourra subsister longtemps.
ๅคงๆ่ฅ็ผบ๏ผๅ ถ็จไธๅผใๅคง็่ฅๆฒ๏ผๅ ถ็จไธ็ชฎใๅคง็ด่ฅๅฑ๏ผๅคงๅทง่ฅๆ๏ผๅคง่พฏ ่ฅ่จฅใ้ๅ่บ๏ผๅฏๅ็ฑใๆธ ้็บๅคฉไธๆญฃใ
Chapitre XLV
(Le Saint) est grandement parfait, et il paraรฎt plein d’imperfections ; ses ressources ne s’usent point. Il est grandement plein, et il paraรฎt vide ; ses ressources ne s’รฉpuisent point. Il est grandement droit, et il semble manquer de rectitude. Il est grandement ingรฉnieux, et il paraรฎt stupide. Il est grandement disert, et il paraรฎt bรจgue. Le mouvement triomphe du froid ; le repos triomphe de la chaleur. Celui qui est pur et tranquille devient le modรจle de l’univers.
ๅคฉไธๆ้๏ผๅป่ตฐ้ฆฌไปฅ็ณใๅคฉไธ็ก้๏ผๆ้ฆฌ็ไบ้ใ็ฆ่ซๅคงไบไธ็ฅ่ถณ๏นๅ่ซ ๅคงไบๆฌฒๅพใๆ ็ฅ่ถณไน่ถณ๏ผๅธธ่ถณ็ฃ
Chapitre XLVI
Lorsque le Tao rรฉgnait dans le monde, on renvoyait les chevaux pour cultiver les champs. Depuis que le Tao ne rรจgne plus dans le monde, les chevaux de combat naissent sur les frontiรจres. Il n’y a pas de plus grand crime que de se livrer ร ses dรฉsirs. Il n’y a pas de plus grand malheur que de ne pas savoir se suffire. Il n’y a pas de plus grande calamitรฉ que le dรฉsir d’acquรฉrir. Celui qui sait se suffire est toujours content de son sort.
ไธๅบๆถ๏ผ็ฅๅคฉไธ๏นไธ็ชบ็๏ผ่ฆๅคฉ้ใๅ ถๅบๅฝ้ ๏ผๅ ถ็ฅๅฝๅฐใๆฏไปฅ่ไบบไธ่ก ่็ฅ๏ผไธ่ฆ่ๆ๏ผไธ็บ่ๆใ
Chapitre XLVII
Sans sortir de ma maison, je connais l’univers ; sans regarder par ma fenรชtre, je dรฉcouvre les voies du ciel. Plus l’on s’รฉloigne et moins l’on apprend. C’est pourquoi le sage arrive (oรน il veut) sans marcher ; il nomme les objets sans les voir ; sans agir, il accomplit de grandes choses.
็บๅญธๆฅ็๏ผ็บ้ๆฅๆใๆไนๅๆ๏ผไปฅ่ณไบ็ก็บใ็ก็บ่็กไธ็บใๅๅคฉไธๅธธ ไปฅ็กไบ๏ผๅๅ ถๆไบ๏ผไธ่ถณไปฅๅๅคฉไธใ
Chapitre XLVIII
Celui qui se livre ร l’รฉtude augmente chaque jour (ses connaissances). Celui qui se livre au Tao diminue chaque jour (ses passions). Il les diminue et les diminue sans cesse jusqu’ร ce qu’il soit arrivรฉ au non-agir. Dรจs qu’il pratique le non-agir, il n’y a rien qui lui soit impossible. C’est toujours par le non-agir que l’on devient le maรฎtre de l’empire. Celui qui aime ร agir est incapable de devenir le maรฎtre de l’empire.
่ไบบๅธธ็กๅฟ๏ผไปฅ็พๅงๅฟ็บๅฟใๅ่ ๏ผๅพๅไน๏นไธๅ่ ๏ผๅพไบฆๅไน๏นๅพทๅใ ไฟก่ ๏ผๅพไฟกไน๏นไธไฟก่ ๏ผๅพไบฆไฟกไน๏นๅพทไฟกใ่ไบบๅจๅคฉไธ๏ผๆญๆญ็๏ผ็บๅคฉไธ ๆธพๅ ถๅฟ๏ผ็พๅง็ๆณจๅ ถ่ณ็ฎ๏ผ่ไบบ็ๅญฉไนใ
Chapitre XLIX
Le Saint n’a point de sentiments immuables. Il adopte les sentiments du peuple. Celui qui est vertueux, il le traite comme un homme vertueux ; celui qui n’est pas vertueux, il le traite aussi comme un homme vertueux. C’est lร le comble de la vertu. Celui qui est sincรจre, il le traite comme un homme sincรจre ; celui qui n’est pas sincรจre, il le traite aussi comme un homme sincรจre. C’est lร le comble de la sincรฉritรฉ. Le Saint, vivant dans le monde, reste calme et tranquille, et conserve les mรชmes sentiments pour tous. Les cent familles attachent sur lui leurs oreilles et leurs yeux. Le Saint regarde le peuple comme un enfant.
ๅบ็ๅ ฅๆญปใ็ไนๅพๅๆไธ๏นๆญปไนๅพๅๆไธใไบบไน็๏ผๅไนไบๆญปๅฐ๏ผไบฆๅๆ ไธใๅคซไฝๆ ๏ผไปฅๅ ถ็็ไนๅใ่่ๅๆ็่ ๏ผ่ทฏ่กไธ้ๅ ่๏ผๅ ฅ่ปไธ่ขซ็ฒ ๅ ตใๅ ็กๆๆๅ ถ่ง๏ผ่็กๆๆชๅ ถ็ช๏ผๅ ต็กๆๅฎนๅ ถๅใๅคซไฝๆ ๏ผไปฅๅ ถ็กๆญปๅฐ ใ
Chapitre L
L’homme sort de la vie pour entrer dans la mort. Il y a treize causes de vie et treize causes de mort. A peine est-il nรฉ que ces treize causes de mort l’entraรฎnent rapidement au trรฉpas. Quelle en est la raison ? C’est qu’il veut vivre avec trop d’intensitรฉ. Or j’ai appris que celui qui sait gouverner sa vie ne craint sur sa route ni le rhinocรฉros, ni le tigre. S’il entre dans une armรฉe, il n’a besoin ni de cuirasse, ni d’armes. Le rhinocรฉros ne saurait oรน le frapper de sa corne, le tigre oรน le dรฉchirer de ses ongles, le soldat oรน le percer de son glaive. Quelle en est la cause ? Il est ร l’abri de la mort !
้็ไน๏ผๅพท็ไน๏ผ็ฉๅฝขไน๏ผๅขๆไนใๆฏไปฅ่ฌ็ฉ่ซไธๅฐ้่่ฒดๅพทใ้ไนๅฐ๏ผ ๅพทไน่ฒด๏ผๅคซ่ซไนๅฝ่ๅธธ่ช็ถใๆ ้็ไน๏ผๅพท็ไน๏น้ทไน่ฒไน๏นๆไน็ไน๏น ้คไน่ฆไนใ็่ไธๆ๏ผ็บ่ไธๆ๏ผ้ท่ไธๅฎฐใๆฏ่ฌ็ๅพทใ
Chapitre LI
Le Tao produit les รชtres, la Vertu les nourrit. Ils leur donnent un corps et les perfectionnent par une secrรจte impulsion. C’est pourquoi tous les รชtres rรฉvรจrent le Tao et honorent la Vertu. Personne n’a confรฉrรฉ au Tao sa dignitรฉ, ni ร la Vertu sa noblesse : ils les possรจdent รฉternellement en eux-mรชmes. C’est pourquoi le Tao produit les รชtres, les nourrit, les fait croรฎtre, les perfectionne, les mรปrit, les alimente, les protรจge. Il les produit et ne se les approprie point ; il les fait ce qu’ils sont et ne s’en glorifie point ; il rรจgne sur eux et les laisse libres. C’est lร ce qu’on appelle une vertu profonde.
ๅคฉไธๆๅง๏ผไปฅ็บๅคฉไธๆฏใๆขๅพๅ ถๆฏ๏ผไปฅ็ฅๅ ถๅญ๏ผๅพฉๅฎๅ ถๆฏ๏ผๆฒ่บซไธๆฎใๅก ๅ ถๅ ๏ผ้ๅ ถ้๏ผ็ต่บซไธๅคใ้ๅ ถๅ ๏ผๆฟๅ ถไบ๏ผ็ต่บซไธๆใ่ฆๅฐๆฐๆ๏ผๅฎๆ ๆฐๅผทใ็จๅ ถๅ ๏ผๅพฉๆญธๅ ถๆ๏ผ็ก้บ่บซๆฎ๏นๆฏ็บ็ฟๅธธใ
Chapitre LII
Le principe du monde est devenu la mรจre du monde. Dรจs qu’on possรจde la mรจre, on connaรฎt ses enfants. Dรจs que l’homme connaรฎt les enfants et qu’il conserve leur mรจre, jusqu’ร la fin de sa vie il n’est exposรฉ ร aucun danger. S’il clรดt sa bouche, s’il ferme ses oreilles et ses yeux, jusqu’au terme de ses jours, il n’รฉprouvera aucune fatigue. Mais s’il ouvre sa bouche et augmente ses dรฉsirs, jusqu’ร la fin de sa vie, il ne pourra รชtre sauvรฉ. Celui qui voit les choses les plus subtiles s’appelle รฉclairรฉ ; celui qui conserve la faiblesse s’appelle fort. S’il fait usage de l’รฉclat (du Tao) et revient ร sa lumiรจre, son corps n’aura plus ร craindre aucune calamitรฉ. C’est lร ce qu’on appelle รชtre doublement รฉclairรฉ.
ไฝฟๆไป็ถๆ็ฅ๏ผ่กไบๅคง้๏ผๅฏๆฝๆฏ็ใๅคง้็ๅคท๏ผ่ไบบๅฅฝๅพใๆ็้ค๏ผ็ฐ ็่ช๏ผๅ็่๏นๆๆ้๏ผๅธถๅฉๅ๏ผๅญ้ฃฒ้ฃ๏ผ่ฒก่ฒจๆ้ค๏นๆฏ็บ็ๅคธใ้้ไน ๅ๏ผ
Chapitre LIII
Si j’รฉtais douรฉ de quelque connaissance, je marcherais dans la grande Voie. La seule chose que je craigne, c’est d’agir. La grande Voie est trรจs unie, mais le peuple aime les sentiers. Si les palais sont trรจs brillants, les champs sont trรจs incultes, et les greniers trรจs vides. Les princes s’habillent de riches รฉtoffes ; ils portent un glaive tranchant ; ils se rassasient de mets exquis ; ils regorgent de richesses. C’est ce qu’on appelle se glorifier du vol ; ce n’est point pratiquer le Tao.
ๅๅปบ่ ไธๆ๏ผๅๆฑ่ ไธ่ซ๏ผๅญๅญซไปฅ็ฅญ็ฅไธ่ผใไฟฎไนไบ่บซ๏ผๅ ถๅพทไน็๏นไฟฎไน ไบๅฎถ๏ผๅ ถๅพทไน้ค๏นไฟฎไนไบ้๏ผๅ ถๅพทไน้ท๏นไฟฎไนไบๅ๏ผๅ ถๅพทไน่ฑ๏นไฟฎไนไบๅคฉ ไธ๏ผๅ ถๅพทไนๆฎใๆ ไปฅ่บซ่ง่บซ๏ผไปฅๅฎถ่งๅฎถ๏ผไปฅ้่ง้๏ผไปฅๅ่งๅ๏ผไปฅๅคฉไธ่ง ๅคฉไธใๅพไฝไปฅ็ฅๅคฉไธ็ถๅ๏ผไปฅๆญคใ
Chapitre LIV
Celui qui sait fonder ne craint point la destruction ; celui qui sait conserver ne craint point de perdre. Ses fils et ses petits-fils lui offriront des sacrifices sans interruption. Si (l’homme) cultive le Tao au dedans de lui-mรชme, sa vertu deviendra sincรจre. S’il le cultive dans sa famille, sa vertu deviendra surabondante. S’il le cultive dans le village, sa vertu deviendra รฉtendue. S’il le cultive dans le royaume, sa vertu deviendra florissante. S’il le cultive dans l’empire, sa vertu deviendra universelle. C’est pourquoi, d’aprรจs moi-mรชme, je juge des autres hommes ; d’aprรจs une famille, je juge des autres familles ; d’aprรจs un village, je juge des autres villages ; d’aprรจs un royaume, je juge des autres royaumes ; d’aprรจs l’empire, je juge de l’empire. Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire ? C’est uniquement par lร .
ๅซใๅพทใไนๅ๏ผๆฏไบ่ตคๅญใๆฏ่ฒไธ่ซ๏ผ็็ธไธๆ๏ผๆซ้ณฅไธๆใ้ชจๅผฑ็ญๆ่ ๆกๅบใๆช็ฅ็็กไนๅ่ๆไฝ๏ผ็ฒพไน่ณไนใ็ตๆฅ่่ไธๅ๏ผๅไน่ณไนใ็ฅๅ ๆฐใๅธธใ๏ผ็ฅๅธธๆฐใๆใใ็็ๆฐใ็ฅฅใใๅฟไฝฟๆฐฃๆฐใๅผทใใ็ฉๅฃฏๅ่๏ผ ่ฌไนไธ้๏ผไธ้ๆฉๅทฒใ
Chapitre LV
Celui qui possรจde une vertu solide ressemble ร un nouveau-nรฉ qui ne craint ni la piqรปre des animaux venimeux, ni les griffes des bรชtes fรฉroces, ni les serres des oiseaux de proie. Ses os sont faibles, ses nerfs sont mous, et cependant il saisit fortement les objets. Il ne connaรฎt pas encore l’union des deux sexes, et cependant certaines parties (de son corps) รฉprouvent un orgasme viril. Cela vient de la perfection du semen. Il crie tout le jour et sa voix ne s’altรจre point ; cela vient de la perfection de l’harmonie (de la force vitale). Connaรฎtre l’harmonie s’appelle รชtre constant. Connaรฎtre la constance s’appelle รชtre รฉclairรฉ. Augmenter sa vie s’appelle une calamitรฉ. Quand le cลur donne l’impulsion ร l’รฉnergie vitale, cela s’appelle รชtre fort. Dรจs que les รชtres sont devenus robustes, ils vieillissent. C’est ce qu’on appelle ne pas imiter le Tao. Celui qui n’imite pas le Tao pรฉrit de bonne heure.
็ฅ่ ไธ่จ๏ผ่จ่ ไธ็ฅใๅกๅ ถๅ ๏ผ้ๅ ถ้๏ผๆซๅ ถ้ณ๏ผ่งฃๅ ถ็ด๏ผๅๅ ถๅ ๏ผๅๅ ถ ๅกต๏ผๆฏ่ฌใ็ๅใใๆ ไธๅฏๅพ่่ฆช๏ผไธๅฏๅพ่็๏นไธๅฏๅพ่ๅฉ๏ผไธๅฏๅพ่ ๅฎณ๏นไธๅฏๅพ่่ฒด๏ผไธๅฏๅพ่่ณคใๆ ็บๅคฉไธ่ฒดใ
Chapitre LVI
L’homme qui connaรฎt (le Tao) ne parle pas ; celui qui parle ne le connaรฎt pas. Il clรดt sa bouche, il ferme ses oreilles et ses yeux, il รฉmousse son activitรฉ, il se dรฉgage de tous liens, il tempรจre sa lumiรจre (intรฉrieure), il s’assimile au vulgaire. On peut dire qu’il ressemble au Tao. Il est inaccessible ร la faveur comme ร la disgrรขce, au profit comme au dรฉtriment, aux honneurs comme ร l’ignominie. C’est pourquoi il est l’homme le plus honorable de l’univers.
ไปฅๆญฃๆฒปๅ๏ผไปฅๅฅ็จๅ ต๏ผไปฅ็กไบๅๅคฉไธใๅพไฝไปฅ็ฅๅ ถ็ถๅ๏ผไปฅๆญค๏ผๅคฉไธๅคๅฟ ่ซฑ๏ผ่ๆฐๅฝ่ฒง๏นไบบๅคๅฉๅจ๏ผๅๅฎถๆปๆ๏นไบบๅคไผๅทง๏ผๅฅ็ฉๆป่ตท๏นๆณไปคๆปๅฝฐ๏ผ ็่ณๅคๆใๆ ่ไบบไบ๏ผใๆ็ก็บ๏ผ่ๆฐ่ชๅ๏นๆๅฅฝ้๏ผ่ๆฐ่ชๆญฃ๏นๆ็กไบ ๏ผ่ๆฐ่ชๅฏ๏นๆ็กๆฌฒ๏ผ่ๆฐ่ชๆดใใ
Chapitre LVII
Avec la droiture, on gouverne le royaume ; avec la ruse, on fait la guerre ; avec le non-agir, on devient le maรฎtre de l’empire. Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire ? Par ceci. Plus le roi multiplie les prohibitions et les dรฉfenses, et plus le peuple s’appauvrit ; Plus le peuple a d’instruments de lucre, et plus le royaume se trouble ; Plus le peuple a d’adresse et d’habiletรฉ, et plus l’on voit fabriquer d’objets bizarres ; Plus les lois se manifestent, et plus les voleurs s’accroissent. C’est pourquoi le Saint dit : Je pratique le non-agir, et le peuple se convertit de lui-mรชme. J’aime la quiรฉtude, et le peuple se rectifie de lui-mรชme. Je m’abstiens de toute occupation, et le peuple s’enrichit de lui-mรชme. Je me dรฉgage de tous dรฉsirs, et le peuple revient de lui-mรชme ร la simplicitรฉ.
ๅ ถๆฟๆถๆถ๏ผๅ ถๆฐๆทณๆทณ๏นๅ ถๆฟๅฏๅฏ๏ผๅ ถๆฐ็ผบ็ผบใ็ฆๅ ฎ๏ผ็ฆไนๆๅ๏ผ็ฆๅ ฎ๏ผ็ฆ ไนๆไผใๅญฐ็ฅๅ ถๆฅต๏ผๅ ถ็กๆญฃไนใๆญฃๅพฉ็บๅฅ๏ผๅๅพฉ็บๅฆใไบบไน่ฟท๏ผๅ ถๆฅๅบไน ใๆฏไปฅ่ไบบๆน่ไธๅฒ๏ผๅป่ไธๅ๏ผ็ด่ไธ่๏ผๅ ่ไธ่ใ
Chapitre LVIII
Lorsque l’administration (paraรฎt) dรฉpourvue de lumiรจres, le peuple devient riche. Lorsque l’administration est clairvoyante le peuple manque de tout. Le bonheur naรฎt du malheur, le malheur est cachรฉ au sein du bonheur. Qui peut en prรฉvoir la fin ? Si le prince n’est pas droit, les hommes droits deviendront trompeurs, et les hommes vertueux, pervers. Les hommes sont plongรฉs dans l’erreur, et cela dure depuis bien longtemps ! C’est pourquoi le Saint est juste et ne blesse pas (le peuple). Il est dรฉsintรฉressรฉ et ne lui fait pas de tort. Il est droit et ne le redresse pas. Il est รฉclairรฉ et ne l’รฉblouit pas.
ๆฒปไบบไบๅคฉ๏ผ่ซ่ฅๅใๅคซ็บๅ๏ผๆฏ่ฌๆฉๆ๏นๆฉๆ่ฌไน้็ฉๅพท๏น้็ฉๅพทๅ็กไธ ๅ ๏น็กไธๅ ๅ่ซ็ฅๅ ถๆฅต๏น่ซ็ฅๅ ถๆฅต๏ผๅฏไปฅๆๅ๏นๆๅไนๆฏ๏ผๅฏไปฅ้ทไน ๏นๆฏ ่ฌๆทฑๆ นๅบๆข๏ผ้ท็ไน ่ฆไน้ใ
Chapitre LIX
Pour gouverner les hommes et servir le ciel, rien n’est comparable ร la modรฉration. La modรฉration doit รชtre le premier soin de l’homme. Quand elle est devenue son premier soin, on peut dire qu’il accumule abondamment la vertu. Quand il accumule abondamment la vertu, il n’y a rien dont il ne triomphe. Quand il n’y a rien dont il ne triomphe, personne ne connaรฎt ses limites. Quand personne ne connaรฎt ses limites, il peut possรฉder le royaume. Celui qui possรจde la mรจre du royaume peut subsister longtemps. C’est ce qu’on appelle avoir des racines profondes et une tige solide. Voilร l’art de vivre longuement et de jouir d’une existence durable.
ๆฒปๅคงๅ๏ผ่ฅ็นๅฐ้ฎฎใไปฅ้่ๅคฉไธ๏ผๅ ถ้ฌผไธ็ฅ๏น้ๅ ถ้ฌผไธ็ฅ๏ผๅ ถ็ฅไธๅทไบบ๏น ้ๅ ถ็ฅไธๅทไบบ๏ผ่ไบบไบฆไธๅทไบบใๅคซๅ ฉไธ็ธๅท๏ผๆ ๅพทไบคๆญธ็ใ
Chapitre LX
Pour gouverner un grand royaume, (on doit) imiter (celui qui) fait cuire un petit poisson. Lorsque le prince dirige l’empire par le Tao, les dรฉmons ne montrent point leur puissance. Ce n’est point que les dรฉmons manquent de puissance, c’est que les dรฉmons ne blessent point les hommes. Ce n’est point que les dรฉmons ne (puissent) blesser les hommes, c’est que le Saint lui-mรชme ne blesse point les hommes. Ni le Saint ni les dรฉmons ne les blessent ; c’est pourquoi ils confondent ensemble leur vertu.
ๅคงๅ่ ไธๆต๏ผๅคฉไธไนไบคไน๏ผๅคฉไธไน็ใ็ๅธธไปฅ้ๅ็ก๏ผไปฅ้็บไธใๆ ๅคงๅ ไปฅไธๅฐๅ๏ผๅๅๅฐๅ๏นๅฐๅไปฅไธๅคงๅ๏ผๅๅๅคงๅใๆ ๆไธไปฅๅ๏ผๆไธ่ๅ ใๅคงๅไธ้ๆฌฒๅ ผ็ไบบ๏ผๅฐๅไธ้ๆฌฒๅ ฅไบไบบใๅคซๅ ฉ่ ๅๅพๆๆฌฒ๏ผๅคง่ ๅฎ็บไธ ใ
Chapitre LXI
Un grand royaume (doit s’abaisser comme) les fleuves et les mers, oรน se rรฉunissent (toutes les eaux de) l’empire. Dans le monde, tel est le rรดle de la femelle. En restant en repos, elle triomphe constamment du mรขle. Ce repos est une sorte d’abaissement. C’est pourquoi, si un grand royaume s’abaisse devant les petits royaumes, il gagnera les petits royaumes. Si les petits royaumes s’abaissent devant un grand royaume, ils gagneront le grand royaume. C’est pourquoi les uns s’abaissent pour recevoir, les autres s’abaissent pour รชtre reรงus. Ce que dรฉsire uniquement un grand royaume, c’est de rรฉunir et de gouverner les autres hommes. Ce que dรฉsire uniquement un petit royaume, c’est d’รชtre admis ร servir les autres hommes. Alors tous deux obtiennent ce qu’ils dรฉsiraient. Mais les grands doivent s’abaisser !
้่ ่ฌ็ฉไนๅฅงใๅไบบไนๅฏถ๏ผไธๅไบบไนๆไฟใ็พ่จๅฏไปฅๅธๅฐ๏ผ็พ่กๅฏไปฅๅ ไบบ ใไบบไนไธๅ๏ผไฝๆฃไนๆ๏ผๆ ็ซๅคฉๅญ๏ผ็ฝฎไธๅ ฌ๏ผ้ๆๆฑ็งไปฅๅ ้ง้ฆฌ๏ผไธๅฆๅ ้ฒๆญค้ใๅคไนๆไปฅ่ฒดๆญค้่ ไฝ๏ผไธๆฐๆฑไปฅๅพ๏ผๆ็ฝชไปฅๅ ่ถ๏ผๆ ็บๅคฉไธ่ฒดใ
Chapitre LXII
Le Tao est l’asile de tous les รชtres ; c’est le trรฉsor de l’homme vertueux et l’appui du mรฉchant. Les paroles excellentes peuvent faire notre richesse, les actions honorables peuvent nous รฉlever au-dessus des autres. Si un homme n’est pas vertueux, pourrait-on le repousser avec mรฉpris ? C’est pour cela qu’on avait รฉtabli un empereur et instituรฉ trois ministres. Il est beau de tenir devant soi une tablette de jade, ou d’รชtre montรฉ sur un quadrige ; mais il vaut mieux rester assis pour avancer dans le Tao. Pourquoi les anciens estimaient-ils le Tao ? N’est-ce pas parce qu’on le trouve naturellement sans le chercher tout le jour ? n’est-ce pas parce que les coupables obtiennent par lui la libertรฉ et la vie ? C’est pourquoi (le Tao) est l’รชtre le plus estimable du monde.
็บ็ก็บ๏ผไบ็กไบ๏ผๅณ็กๅณใๅคงๅฐๅคๅฐ๏ผๅ ฑๆจไปฅๅพทใๅ้ฃไบๅ ถๆ๏ผ็บๅคงไบๅ ถ ็ดฐใๅคฉไธ้ฃไบ๏ผๅฟ ไฝไบๆ๏ผๅคฉไธๅคงไบ๏ผๅฟ ไฝไบ็ดฐใๆฏไปฅ่ไบบ็ตไธ็บๅคง๏ผๆ ่ฝๆๅ ถๅคงใๅคซ่ผ่ซพๅฟ ๅฏกไฟก๏ผๅคๆๅฟ ๅค้ฃใๆฏไปฅ่ไบบ็ถ้ฃไน๏ผๆ ็ต็ก้ฃ็ฃใ
Chapitre LXIII
(Le sage) pratique le non-agir il s’occupe de la non-occupation, et savoure ce qui est sans saveur. Les choses grandes ou petites, nombreuses ou rares, (sont รฉgales ร ses yeux). Il venge ses injures par des bienfaits. Il commence par des choses aisรฉes, lorsqu’il en mรฉdite de difficiles ; par de petites choses, lorsqu’il en projette de grandes. Les choses les plus difficiles du monde ont nรฉcessairement commencรฉ par รชtre aisรฉes. Les choses les plus grandes du monde ont nรฉcessairement commencรฉ par รชtre petites. De lร vient que, jusqu’ร la fin, le Saint ne cherche point ร faire de grandes choses ; c’est pourquoi il peut accomplir de grandes choses. Celui qui promet ร la lรฉgรจre lient rarement sa parole. Celui qui trouve beaucoup de choses faciles รฉprouve nรฉcessairement de nombreuses difficultรฉs. De lร vient que le Saint trouve tout difficile ; c’est pourquoi, jusqu’au terme de sa vie, il n’รฉprouve nulles difficultรฉs.
ๅ ถๅฎๆๆ๏ผๅ ถๆชๅ ๆ่ฌ๏ผๅ ถ่ๆๆณฎ๏ผๅ ถๅพฎๆๆฃ๏ผ็บไนไบๆชๆ๏ผๆฒปไนไบๆชไบ ใๅๆฑไนๆจ๏ผ็ไบๆฏซๆซ๏นไนๅฑคไน่บ๏ผ่ตทไบ็ดฏๅ๏นๅ้ไน่ก๏ผๅงไบ่ถณไธใ็บ ่ ๆไน๏ผๅท่ ๅคฑไน๏ผๆฏไปฅ่ไบบ็ก็บ๏ผๆ ็กๆ๏ผ็กๅท๏ผๆ ็กๅธซใๆฐไนๅพไบ๏ผ ๅธธไบๅ ๆ่ๆไน๏นๆ ็ตๅฆๅง๏ผๅ็กๆไบใๆฏไปฅ่ไบบๆฌฒไธๆฌฒ๏ผไธ่ฒด้ฃๅพไน่ฒจ ๏นๅญธไธๅญธ๏ผๅพฉ็พไบบไนๆ้ใไปฅ่ผ่ฌ็ฉไน่ช็ถ๏ผ่ไธๆข็บใ
Chapitre LXIV
Ce qui est calme est aisรฉ ร maintenir ; ce qui n’a pas encore paru est aisรฉ ร prรฉvenir ; ce qui est faible est aisรฉ ร briser ; ce qui est menu est aisรฉ ร disperser. Arrรชtez le mal avant qu’il n’existe ; calmez le dรฉsordre avant qu’il n’รฉclate. Un arbre d’une grande circonfรฉrence est nรฉ d’une racine aussi dรฉliรฉe qu’un cheveu ; une tour de neuf รฉtages est sortie d’une poignรฉe de terre ; un voyage de mille lis a commencรฉ par un pas ! Celui qui agit รฉchoue ; celui qui s’attache ร une chose la perd. De lร vient que le Saint n’agit pas, c’est pourquoi il n’รฉchoue point. Il ne s’attache ร rien, c’est pourquoi il ne perd point. Lorsque le peuple fait une chose, il รฉchoue toujours au moment de rรฉussir. Soyez attentif ร la fin comme au commencement, et alors vous n’รฉchouerez jamais. De lร vient que le Saint fait consister ses dรฉsirs dans l’absence de tout dรฉsir. Il n’estime point les biens d’une acquisition difficile. Il fait consister son รฉtude dans l’absence de toute รฉtude, et se prรฉserve des fautes des autres hommes. Il n’ose pas agir afin d’aider tous les รชtres ร suivre leur nature.
ๅคไนๅ็บ้่ ๏ผ้ไปฅๆๆฐ๏ผๅฐไปฅๆไนใๆฐไน้ฃๆฒป๏ผไปฅๅ ถๆบๅคใๆ ไปฅๆบๆฒปๅ ๏ผๅไน่ณ๏นไธไปฅๆบๆฒปๅ๏ผๅไน็ฆใ็ฅๆญคๅ ฉ่ ๏ผไบฆ็จฝๅผใๅธธ็ฅ็จฝๅผ๏ผๆฏ่ฌใ ็ๅพทใ๏ผใ็ๅพทใๆทฑ้ ๏น่็ฉๅ็ฃ๏ผ็ถๅไน่ณๅคง้ ใ
Chapitre LXV
Dans l’antiquitรฉ, ceux qui excellaient ร pratiquer le Tao ne l’employaient point ร รฉclairer le peuple ; ils l’employaient ร le rendre simple et ignorant. Le peuple est difficile ร gouverner parce qu’il a trop de prudence ; Celui qui se sert de la prudence pour gouverner le royaume, est le flรฉau du royaume. Celui qui ne se sert pas de la prudence pour gouverner le royaume, fait le bonheur du royaume. Lorsqu’on connaรฎt ces deux choses, on est le modรจle (de l’empire). Savoir รชtre le modรจle (de l’empire), c’est รชtre douรฉ d’une vertu cรฉleste. Cette vertu cรฉleste est profonde, immense, opposรฉe aux crรฉatures. Par elle on parvient ร procurer une paix gรฉnรฉrale.
ๆฑๆตทไนๆไปฅ่ฝ็บ็พ่ฐท็่ ๏ผไปฅๅ ถๅไธไน๏ผๆ ่ฝ็บ็พ่ฐท็ใๆฏไปฅ่ไบบๆฌฒไธๆฐ ๏ผๅฟ ไปฅ่จไธไน๏นๆฌฒๅ ๆฐ๏ผๅฟ ไปฅ่บซๅไนใๆฏไปฅ่ไบบ่ไธ่ๆฐไธ้๏ผ่ๅ่ๆฐ ไธๅฎณใๆฏไปฅๅคฉไธๆจๆจ่ไธๅญใไปฅๅ ถไธ็ญ๏ผๆ ๅคฉไธ่ซ่ฝ่ไน็ญ
Chapitre LXVI
Pourquoi les fleuves et les mers peuvent-ils รชtre les rois de toutes les eaux ? Parce qu’ils savent se tenir au-dessous d’elles. C’est pour cela qu’ils peuvent รชtre les rois de toutes les eaux. Aussi lorsque le Saint dรฉsire d’รชtre au-dessus du peuple, il faut que, par ses paroles, il se mette au-dessous de lui. Lorsqu’il dรฉsire d’รชtre placรฉ en avant du peuple, il faut que, de sa personne, il se mette aprรจs lui. De lร vient que le Saint est placรฉ au-dessus de tous et il n’est point ร charge au peuple ; il est placรฉ en avant de tous et le peuple n’en souffre pas. Aussi tout l’empire aime ร le servir et ne s’en lasse point. Comme il ne dispute pas (le premier rang), il n’y a personne dans l’empire qui puisse le lui disputer.
ๅคฉไธ็่ฌๆ้ๅคง๏ผไผผไธ่ใๅคซๅฏๅคง๏ผๆ ไผผไธ่๏น่ฅ่๏ผไน ็ฃๅ ถ็ดฐไนๅคซ๏ผๆ ๆไธๅฏถ๏ผๆ่ไฟไนใไธๆฐๆ ๏ผไบๆฐๅ๏ผไธๆฐไธๆข็บๅคฉไธๅ ใๆ ๆ ่ฝๅ๏นๅ ๆ ่ฝๅปฃ๏นไธๆข็บๅคฉไธๅ ๏ผๆ ่ฝๆๅจ้ทใไป่ๆ ไธๅ๏น่ๅไธๅปฃ๏น่ๅไธๅ ๏นๆญป็ฃ๏ผๅคซๆ ไปฅๆฐๅๅ๏ผไปฅๅฎๅๅบใๅคฉๅฐๆไน๏ผไปฅๆ ่กไนใ
Chapitre LXVII
Dans le monde tous me disent รฉminent, mais je ressemble ร un homme bornรฉ. C’est uniquement parce que je suis รฉminent, que je ressemble ร un homme bornรฉ. Quant ร (ceux qu’on appelle) รฉclairรฉs, il y a longtemps que leur mรฉdiocritรฉ est connue ! Je possรจde trois choses prรฉcieuses : je les tiens et les conserve comme un trรฉsor. La premiรจre s’appelle l’affection ; la seconde s’appelle l’รฉconomie ; la troisiรจme s’appelle l’humilitรฉ, qui m’empรชche de vouloir รชtre le premier de l’empire. J’ai de l’affection, c’est pourquoi je puis รชtre courageux. J’ai de l’รฉconomie, c’est pourquoi je puis faire de grandes dรฉpenses. Je n’ose รชtre le premier de l’empire, c’est pourquoi je puis devenir le chef de tous les hommes. Mais aujourd’hui on laisse l’affection pour s’abandonner au courage ; on laisse l’รฉconomie pour se livrer ร de grandes dรฉpenses ; on laisse le dernier rang pour rechercher le premier : Voilร ce qui conduit ร la mort. Si l’on combat avec un cลur rempli d’affection, on remporte la victoire ; si l’on dรฉfend (une ville), elle est inexpugnable. Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne l’affection pour le protรฉger.
ๅ็บๅฃซ่ ไธๆญฆ๏นๅๆฐ่ ไธๆ๏นๅๅๆต่ ไธ่๏นๅ็จไบบ่ ็บไนไธใๆฏ่ฌไธ็ญ ไนๅพท๏ผๆฏ่ฌ็จไบบไนๅ๏ผๆฏ่ฌ้ ๅคฉๅคไนๆฅตใ
Chapitre LXVIII
Celui qui excelle ร commander une armรฉe, n’a pas une ardeur belliqueuse. Celui qui excelle ร combattre ne se laisse pas aller ร la colรจre. Celui qui excelle ร vaincre ne lutte pas. Celui qui excelle ร employer les hommes se met au-dessous d’eux. C’est lร ce qu’on appelle possรฉder la vertu qui consiste ร ne point lutter. C’est ce qu’on appelle savoir se servir des forces des hommes. C’est ce qu’on appelle s’unir au ciel. Telle รฉtait la science sublime des anciens.
็จๅ ตๆ่จ๏ผใๅพไธๆข็บไธป่็บๅฎข๏นไธๆข้ฒๅฏธ่้ๅฐบใใๆฏ่ฌ่ก็ก่ก๏นๆ็ก ่๏นๆ็กๆต๏นๅท็กๅ ตใ็ฆ่ซๅคงไบ่ผๆต๏ผ่ผๆตๅ ๅชๅพๅฏถใๆ ๆๅ ต็ธ่ฅ๏ผๅ่ ๅ็ฃใ
Chapitre LXIX
Voici ce que disait un ancien guerrier : Je n’ose donner le signal, j’aime mieux le recevoir. Je n’ose avancer d’un pouce, j’aime mieux reculer d’un pied. C’est ce qui s’appelle n’avoir pas de rang ร suivre, de bras ร รฉtendre, d’ennemis ร poursuivre, ni d’arme ร saisir. Il n’y a pas de plus grand malheur que de rรฉsister ร la lรฉgรจre. Rรฉsister ร la lรฉgรจre, c’est presque perdre notre trรฉsor. Aussi, lorsque deux armรฉes combattent ร armes รฉgales, c’est l’homme le plus compatissant qui remporte la victoire.
ๅพ่จ็ๆ็ฅ๏ผ็ๆ่กใๅคฉไธ่ซ่ฝ็ฅ๏ผ่ซ่ฝ่กใ่จๆๅฎ๏ผไบๆๅใๅคซๅฏ็ก็ฅ ๏ผๆฏไปฅไธๆ็ฅใ็ฅๆ่ ๅธ๏ผๅๆ่ ่ฒดใๆฏไปฅ่ไบบ่ขซ่ค่ๆท็ใ
Chapitre LXX
Mes paroles sont trรจs faciles ร comprendre, trรจs faciles ร pratiquer. Dans le monde personne ne peut les comprendre, personne ne peut les pratiquer. Mes paroles ont une origine, mes actions ont une rรจgle. Les hommes ne les comprennent pas, c’est pour cela qu’ils m’ignorent. Ceux qui me comprennent sont bien rares. Je n’en suis que plus estimรฉ. De lร vient que le Saint se revรชt d’habits grossiers et cache des pierres prรฉcieuses dans son sein.
็ฅ๏ผไธ็ฅ๏ผไธ็ฃ๏นไธ็ฅ๏ผ็ฅ๏ผ็ ไนใ่ไบบไธ็ ๏ผไปฅๅ ถ็ ็ ใๅคซๅฏ็ ็ ๏ผๆฏ ไปฅไธ็ ใ
Chapitre LXXI
Savoir et (croire qu’on) ne sait pas, c’est le comble du mรฉrite. Ne pas savoir et (croire qu’on) sait, c’est la maladie (des hommes). Si vous vous affligez de cette maladie vous ne l’รฉprouverez pas. Le Saint n’รฉprouve pas cette maladie, parce qu’il s’en afflige. Voilร pourquoi il ne l’รฉprouve pas.
ๆฐไธ็ๅจ๏ผๅๅคงๅจ่ณใ็ก็ๅ ถๆๅฑ ๏ผ็กๅญๅ ถๆ็ใๅคซๅฏไธๅญ๏ผๆฏไปฅไธๅญใ ๆฏไปฅ่ไบบ่ช็ฅไธ่ช่ฆ๏น่ชๆไธ่ช่ฒดใๆ ๅปๅฝผๅๆญคใ
Chapitre LXXII
Lorsque le peuple ne craint pas les choses redoutables, ce qu’il y a de plus redoutable (la mort) vient fondre sur lui. Gardez-vous de vous trouver ร l’รฉtroit dans votre demeure, gardez-vous de vous dรฉgoรปter de votre sort, Je ne me dรฉgoรปte point du mien, c’est pourquoi il ne m’inspire point de dรฉgoรปt. De lร vient que le Saint se connaรฎt lui-mรชme et ne se met point en lumiรจre ; il se mรฉnage et ne se prise point. C’est pourquoi il laisse ceci et adopte cela.
ๅไบๆขๅๆฎบ๏ผๅไบไธๆขๅๆดปใๆญคๅ ฉ่ ๏ผๆๅฉๆๅฎณใๅคฉไนๆๆก๏ผๅญฐ็ฅๅ ถๆ ๏ผ ๆฏไปฅ่ไบบ็ถ้ฃไนใๅคฉไน้๏ผไธ็ญ่ๅๅ๏ผไธ่จ่ๅๆ๏ผไธๅฌ่่ชไพ๏ผ็น็ถ ่ๅ่ฌใๅคฉ็ถฒๆขๆข๏ผ็่ไธๅคฑใ
Chapitre LXXIII
Celui qui met son courage ร oser, trouve la mort. Celui qui met son courage ร ne pas oser, trouve la vie. De ces deux choses, l’une est utile, l’autre est nuisible. Lorsque le ciel dรฉteste quelqu’un, qui est-ce qui pourrait sonder ses motifs ? C’est pourquoi le Saint se dรฉcide difficilement ร agir. Telle est la voie (la conduite) du ciel. Il ne lutte point, et il sait remporter la victoire. Il ne parle point, et (les รชtres) savent lui obรฉir. Il ne les appelle pas, et ils accourent d’eux-mรชmes. Il paraรฎt lent, et il sait former des plans habiles. Le filet du ciel est immense, ses mailles sont รฉcartรฉes et cependant personne n’รฉchappe.
ๆฐไธ็ๆญป๏ผๅฅไฝไปฅๆญปๆผไน๏ผ่ฅไฝฟๆฐๅธธ็ๆญป๏ผ่็บๅฅ่ ๏ผๅพๅพๅท่ๆฎบไน๏ผๅญฐ ๆข๏ผๅธธๆๅธๆฎบ่ ๆฎบใๅคซไปฃๅธๆฎบ่ ๆฎบ๏ผๆฏ่ฌไปฃๅคงๅ ๆฒ๏ผๅคซไปฃๅคงๅ ๆฒ่ ๏ผๅธๆ ไธๅทๅ ถๆ็ฃใ
Chapitre LXXIV
Lorsque le peuple ne craint pas la mort, comment l’effrayer par la menace de la mort ? Si le peuple craint constamment la mort, et que quelqu’un fasse le mal, je puis le saisir et le tuer, et alors qui osera (l’imiter) ? Il y a constamment un magistrat suprรชme qui inflige la mort. Si l’on veut remplacer ce magistrat suprรชme, et infliger soi-mรชme la mort, on ressemble ร un homme (inhabile) qui voudrait tailler le bois ร la place d’un charpentier. Lorsqu’on veut tailler le bois ร la place d’un charpentier, il est rare qu’on ne se blesse pas les mains.
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Chapitre LXXV
Le peuple a faim parce que le prince dรฉvore une quantitรฉ d’impรดts. Voilร pourquoi il a faim. Le peuple est difficile ร gouverner parce que le prince aime ร agir. Voilร pourquoi il est difficile ร gouverner. Le peuple mรฉprise la mort parce qu’il cherche avec trop d’ardeur les moyens de vivre. Voilร pourquoi il mรฉprise la mort. Mais celui qui ne s’occupe pas de vivre est plus sage que celui qui estime la vie.
ไบบไน็ไนๆๅผฑ๏ผๅ ถๆญปไนๅ ๅผทใ่ๆจไน็ไนๆ่๏ผๅ ถๆญปไนๆฏๆงใๆ ๅ ๅผท่ ๆญป ไนๅพ๏ผๆๅผฑ่ ็ไนๅพใๆฏไปฅๅ ตๅผทๅๆป ๏ผๆจๅผทๅๆใๅผทๅคง่ไธ๏ผๆๅผฑ่ไธใ
Chapitre LXXVI
Quand l’homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort. Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides. La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie. C’est pourquoi, lorsqu’une armรฉe est forte, elle ne remporte pas la victoire. Lorsqu’un arbre est devenu fort, on l’abat. Ce qui est fort et grand occupe le rang infรฉrieur ; ce qui est souple et faible occupe le rang supรฉrieur.
ๅคฉไน้๏ผๅ ถ็ถๅผตๅผๆญ๏ผ้ซ่ ๆไน๏ผไธ่ ่ไน๏นๆ้ค่ ๆไน๏ผไธ่ถณ่ ่ฃไนใ ๅคฉไน้๏ผๆๆ้ค่่ฃไธ่ถณใไบบไน้๏ผๅไธ็ถ๏ผๆไธ่ถณไปฅๅฅๆ้คใๅญฐ่ฝๆ้ค ไปฅๅฅๅคฉไธ๏ผๅฏๆ้่ ใๆฏไปฅ่ไบบ็บ่ไธๆ๏ผๅๆ่ไธ่๏ผๅ ถไธๆฌฒ่ฆ่ณขใ
Chapitre LXXVII
La voie du ciel (c’est-ร -dire le ciel) est comme l’ouvrier en arcs, qui abaisse ce qui est รฉlevรฉ, et รฉlรจve ce qui est bas ; qui รดte le superflu, et supplรฉe ร ce qui manque. Le ciel รดte ร ceux qui ont du superflu pour aider ceux qui n’ont pas assez. Il n’en est pas ainsi de l’homme : il รดte ร ceux qui n’ont pas assez pour donner ร ceux qui ont du superflu. Quel est celui qui est capable de donner son superflu aux hommes de l’empire ? Celui-lร seul qui possรจde le Tao. C’est pourquoi le Saint fait (le bien) et ne s’en prรฉvaut point. Il accomplรฎt de grandes choses et ne s’y attache point. Il ne veut pas laisser voir sa sagesse.
ๅคฉไธ่ซๆๅผฑไบๆฐด๏ผ่ๆปๅ ๅผท่ ๏ผ่ซไน่ฝๅ๏ผไปฅๅ ถ็กไปฅๆไนใๅผฑไนๅๅผท๏ผๆ ไนๅๅ๏ผๅคฉไธ่ซไธ็ฅ๏ผ่ซ่ฝ่กใๆฏไปฅ่ไบบไบ๏ผใๅๅไนๅข๏ผๆฏ่ฌ็คพ็จทไธป๏น ๅๅไธ็ฅฅ๏ผๆฏ็บๅคฉไธ็ใใๆญฃ่จ่ฅๅใ
Chapitre LXXVIII
Parmi toutes les choses du monde, il n’en est point de plus molle et de plus faible que l’eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l’emporter sur elle. Pour cela rien ne peut remplacer l’eau. Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur. Dans le monde il n’y a personne qui ne connaisse (cette vรฉritรฉ), mais personne ne peut la mettre en pratique. C’est pourquoi le Saint dit : Celui qui supporte les opprobres du royaume devient chef du royaume. Celui qui supporte les calamitรฉs du royaume devient le roi de l’empire. Les paroles droites paraissent contraires (ร la raison).
ๅๅคงๆจ๏ผๅฟ ๆ้คๆจ๏นๅ ฑๆจไปฅๅพท๏ผๅฎๅฏไปฅ็บๅ๏ผๆฏไปฅ่ไบบๅทๅทฆๅฅ๏ผ่ไธ่ฒฌไบ ไบบใๆๅพทๅธๅฅ๏ผ็กๅพทๅธๅพนใๅคฉ้็ก่ฆช๏ผๅธธ่ๅไบบ
Chapitre LXXIX
Si vous voulez apaiser les grandes inimitiรฉs des hommes, ils conserveront nรฉcessairement un reste d’inimitiรฉ. Comment pourraient-ils devenir vertueux ? De lร vient que le Saint garde la partie gauche du contrat et ne rรฉclame rien aux autres, C’est pourquoi celui qui a de la vertu songe ร donner, celui qui est sans vertu songe ร demander. Le ciel n’affectionne personne en particulier. Il donne constamment aux hommes vertueux.
ๅฐๅๅฏกๆฐใไฝฟๆไปไผฏไนๅจ่ไธ็จ๏นไฝฟๆฐ้ๆญป่ไธ้ ๅพใ้ๆ่่ผฟ๏ผ็กๆไน ไน๏ผ้ๆ็ฒๅ ต๏ผ็กๆ้ณไนใไฝฟๆฐๅพฉ็ต็นฉ่็จไนใ็ๅ ถ้ฃ๏ผ็พๅ ถๆ๏ผๅฎๅ ถๅฑ ๏ผๆจๅ ถไฟใ้ฐๅ็ธๆ๏ผ้็ฌไน่ฒ็ธ่๏ผๆฐ่ณ่ๆญป๏ผไธ็ธๅพไพใ
Chapitre LXXX
(Si je gouvernais) un petit royaume et un peuple peu nombreux, n’eรปt-il des armes que pour dix ou cent hommes, je l’empรชcherais de s’en servir. J’apprendrais au peuple ร craindre la mort et ร ne pas รฉmigrer au loin. Quand il aurait des bateaux et des chars, il n’y monterait pas. Quand il aurait des cuirasses et des lances, il ne les porterait pas. Je le ferais revenir ร l’usage des cordelettes nouรฉes. Il savourerait sa nourriture, il trouverait de l’รฉlรฉgance dans ses vรชtements, il se plairait dans sa demeure, il aimerait ses simples usages. Si un autre royaume se trouvait en face du mien, et que les cris des coqs et des chiens s’entendissent de l’un ร l’autre, mon peuple arriverait ร la vieillesse et ร la mort sans avoir visitรฉ le peuple voisin.
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Chapitre LXXXI
Les paroles sincรจres ne sont pas รฉlรฉgantes ; les paroles รฉlรฉgantes ne sont pas sincรจres. L’homme vertueux n’est pas disert ; celui qui est disert n’est pas vertueux. Celui qui connaรฎt (le Tao) n’est pas savant ; celui qui est savant ne le connaรฎt pas. Le Saint n’accumule pas (les richesses). Plus il emploie (sa vertu) dans l’intรฉrรชt des hommes, et plus elle augmente. Plus il donne aux hommes et plus il s’enrichit. Telle est la voie du ciel, qu’il est utile aux รชtres et ne leur nuit point. Telle est la voie du Saint, qu’il agit et ne dispute point.
- ้ๅพท็ถ by Laozi from Project Gutenberg
- Lao-tseu : Tao Te King traduit par Stanislas JULIEN in Chine ancienne
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