Surfer sur la grande vague

Sumo - Jeux Olympiques de Tokyo

Avec cette publicité animée illustrant un sumo parcourant la campagne japonaise, MullenLowe et France TV rendent hommage au pays du soleil levant. On doit cette animation à Stéphane Levallois. Ce dernier s’est inspiré des grands maîtres de l’art japonais et de leurs estampes, notamment celles d’Hokusai et sa célèbre Grande Vague de Kanagawa.

La Grande Vague de Kanagawa, 1830 ou 1831, gravure sur bois, Hokusai
La Grande Vague de Kanagawa, 1830 ou 1831, gravure sur bois, Hokusai

Le surf fera ses débuts aux Jeux de Tokyo 2020, et les épreuves se dérouleront sur la plage de surf de Tsurigasaki. Bénéficiant de vagues de classe mondiale, cette plage attire de nombreux surfeurs chaque année. Elle est située dans la ville d’Ichinomiya dans la préfecture de Chiba, sur la côte Pacifique.

Hommage au taijiquan Zheng zi

Maître Ju Hongbin pratiquant l'épée de Cheng Man Ching

Documentaire réalisé en 2010 par l’International Cheng man Ching Heritage AssociationTai Chi

Ce documentaire rend hommage au taijiquan Zheng zi, une forme en trente-sept postures, créée par maître Zheng Manqing en 1938. Maître 鞠鴻賓 Jū Hóngbīn, disciple direct de Zheng Manqing y est interviewé. Maître Ju Hongbin s’est consacré pendant plus de 50 ans à la promotion du taijiquan Zheng zi.

Le sanctuaire Kamishikimi Kumanoimasu

Marches et tori du sanctuaire Kamishikimi Kumanoimasu

Kamishikimi Kumanoimasu est un sanctuaire shintô enfoui dans une forêt de cèdres à Takamori, non loin du mont Aso dans la préfecture de Kumamoto.
L’histoire de Kamishikimi demeure un mystère. Les premiers services rituels du sanctuaire remonteraient au XIVe siècle. Dans la tradition locale, le lieu consacre Izanagi et Izanami – les dieux fondateurs du Japon. Kamishikimi fait partie des 3000 sanctuaires de Kumano dans la région des monts Kii.

Les eaux-fortes de Tanaka Ryohei

Contrairement à beaucoup d’artistes de sa génération, Tanaka Ryohei préféra se consacrer à la gravure à eau-forte qu’à l’estampe sur bois traditionnelle. Il fit rentrer le Japon traditionnel et campagnard avec ses maisons aux toits magnifiques dans l’art contemporain grâce à son trait.

Dans un rose d’aurore

Mer avec nuages et trois bateaux, aquarelle, 1946, Emil Nolde

C’était sur des surfaces unies et planes comme celles de la mer que, par un matin d’orage déjà tout empourpré, commençait, au milieu d’un aigre silence, dans un vide infini, l’œuvre nouvelle, et c’est dans un rose d’aurore que, pour se construire progressivement devant moi, cet univers inconnu était tiré du silence et de la nuit.

 Marcel Proust in La Prisonnière : À la recherche du temps perdu

Surya Narayana

Surya Narayana, Basohli ou Guler, collines du Pendjab, vers 1740-50

Cette représentation rare et fine de Surya, le dieu solaire, assis dans un orbe doré resplendissant combine ses caractéristiques avec celles de Vishnu ou Narayana. Comme Vishnu, Surya porte une plume de paon dans sa couronne et tient une conque et un chakra dans ses mains.

Mara étreignant la roue des réincarnations

Mara, le Seigneur du Mort et des Désirs, éteignant la Roue des réincarnations, Dazu

Ce bas-relief de 8 mètres parmi les sculptures rupestres de Dazu représente Mara, le Seigneur de la mort et des désirs, étreignant la roue des réincarnations.
La grande roue des renaissances résume la doctrine bouddhiste du karma : un cycle sans fin de réincarnation dans des formes de vie supérieures ou inférieures selon ses actes passés. Dans cette sculpture, le démon Mara, personnifiant l’existence, tient la roue entre ses mâchoires et ses bras. La roue est soutenue par un fonctionnaire personnalisant la cupidité, un soldat, mal, un singe, la folie et une femme, la luxure. Six rayons émanent de la roue, signifiant que l’illumination, le but de toute pratique bouddhiste, permet au chercheur d’échapper au cycle éternel de la naissance et de la mort.

Portrait d’Hong Kong par Fan Ho

Promenade du marché, portrait de Hong Kong par Fan Ho

L’exposition de la galerie Blue Lotus présenta en 2019 un corpus d’œuvres du photographe Fan Ho, qui s’incarne dans le livre « Portrait of Hong Kong ». Pour celui-ci, le célèbre photographe et réalisateur Fan Ho a parcouru ses vastes archives de négatifs pour compiler une série de travaux qui n’avaient pas encore été publiés. En 2015, Fan Ho a sélectionné environ 500 anciens négatifs de ses propres archives qu’il a ensuite recadrées. Le flux d’images nous emmène dans un voyage d’ouest en est dans l’île de Hong Kong, en commençant par les boat people, en passant par la construction et la modernisation, de l’autre côté du port jusqu’à Kowloon.

Aux grandes pierres plates

Paysage, Wang Wei

戏题盘石可怜盘石临泉水,
复有垂杨拂酒杯。
若道春风不解意,
何因吹送落花来

Le grand livre d’images de toutes les choses

Les arhats Baradasha, Dakaharida, Kanyakabassa et Sobinda, encre sur papier, Hokusai

Intitulé 万物絵本大全図, Le Grand livre d’images de toutes les choses, cet ouvrage inédit réunit des illustrations aux sujets très variés qui pour certains ne se retrouvent pas ailleurs dans l’œuvre de Katsushika Hokusai (葛飾 北斎 1760-1849). L’artiste représente aussi bien des paysages et des phénomènes naturels que des animaux, des fleurs ou des figures mythologiques, historiques et littéraires. L’iconographie qu’il développe est principalement liée à l’histoire et la culture de la Chine ancienne et de l’Inde, mais également de l’Asie du Sud-Est et l’Asie centrale.

Samā‘

Sama, danse giratoire sacrée des derviches tourneurs soufis

Samā‘ désigne la danse giratoire sacrée des derviches tourneurs Mevlevi qui s’exécute dans le semahâne. Le samā‘ fait partie des pratiques spirituelles du soufisme.

Les derviches tourneurs se déplacent d’abord avec lenteur et font trois fois le tour de la piste. Chaque derviche se tourne vers celui qui est derrière lui et tous deux s’inclinent avant de reprendre leur circumambulation. Ce déplacement est le symbole des âmes errantes cherchant à la périphérie de l’existence. Après le troisième tour, le maître prend place sur son tapis et les danseurs attendent. Alors les chanteurs chantent et quand ils s’arrêtent, les derviches, en un geste triomphal, laissent tomber leur manteau noir, dévoilant leur vêtement blanc. La chute du manteau est celle de l’illusion. Quand le manteau noir qui représente l’enveloppe charnelle est abandonné, c’est la résurrection. Les derviches, bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, sur eux-mêmes puis écartent les bras, la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce de Dieu et la main gauche tournée vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En même temps qu’ils tournent sur eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers, l’homme tourne autour de son centre, son cœur, et les astres gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique est le véritable sens du Sema : toute la création tourne autour d’un centre.

Les poésies mystiques chantées dans le samā‘ associent les thèmes de l’amant et de l’aimé, de l’ivresse spirituelle, de la nostalgie de la séparation de l’être bien-aimé ou encore de notre divine essence. Ces états intérieurs accentués par la danse sont les effets de l’ivresse spirituelle qui se traduit par une sensation de submersion et un oubli de soi-même dont l’aboutissement est l’extinction dans la présence divine.

Sache que le monde tout entier est miroir,
dans chaque atome se trouvent
cent soleils flamboyants.
Si tu fends le cœur d’une seule goutte d’eau,
il en émerge cent purs océans.
Si tu examines chaque grain de poussière,
mille Adam peuvent y être découverts…

Un univers est caché dans une graine de millet ;
tout est rassemblé dans le point du présent…
De chaque point de ce cercle
sont tirées des milliers de formes.
Chaque point, dans sa rotation en cercle,
est tantôt un cercle,
tantôt une circonférence qui tourne.

Mahmûd Shabestarî. Poète soufi, Iran (XIVè s.)

Le muguet

Le muguet, huile sur isorel, 1975, Marc Chagall (1887 - 1985)

Marc Chagall 1887 – 1985

J’ouvrais seulement la fenêtre de ma chambre et l’air bleu, l’amour et les fleurs y pénétraient.

Marc Chagall

L’air bleu est celui des vapeurs de ses rêves d’enfant en terre natale russe ; à son arrivée à Paris en 1911, c’est en ces termes que Chagall relate encore ses songes. Prédominant dans sa teinte presque violine et jusque dans des nuances affleurant le turquoise, le bleu est aussi celui de la mer et du ciel de la Côte d’Azur, à Saint-Jean Cap Ferrat puis à Vence où il installe définitivement son atelier en 1966.

Bruissants de clochettes blanches, les brins de muguet ramassés au centre de la composition sont une variation sur le thème du bouquet. Indissociable de l’art de Chagall, souvent associé à la figure du couple ou à celle de la mariée, le bouquet est identifié par André Breton comme « métaphore du plaisir ». Coïncidant avec l’arrivée du printemps et signifiant « retour du bonheur », le muguet s’accorde bel et bien avec cette symbolique. Dans Le Muguet, la place quasi-exclusive et foisonnante du bouquet de muguet fait écho aux œuvres du milieu des années 1920 où le bouquet est traité pour lui-même. Il s’en distingue cependant par sa retenue chromatique. De manière assez exceptionnelle, Chagall fait ici le choix d’une palette restreinte (le vert et le blanc) et nuancée qui contraste avec la franche exubérance habituelle. Il s’en distingue aussi par son ambivalence. Dans Le Muguet, le bouquet exalte le bonheur du couple qui le surplombe, à gauche de la composition. Dans les œuvres de cette époque cependant, ne sont pas rares les accents d’une nostalgie diffuse que Chagall semble avoir héritée de ses origines slaves. A cet instant, les empâtements blancs des fleurs de mai ont aussi la douceur de flocons.