Principes

Dans le terrier du lapin

Dans le terrier du lapin

La tension et son lien avec le fńĀj√¨n

Le discours d’ouverture de la Conf√©rence mondiale de la Journ√©e mondiale du Shenlong 2017 par Stephen Frost (Shenlong Australie)

L’activation

Cet article explique pourquoi nous devons √©liminer totalement toute forme de tension physique, √©motionnelle et mentale pour activer le processus du ÁôľŚčĀ fńĀj√¨n.¬†Il s’agit des moments juste avant et l’instant o√Ļ le fńĀj√¨n se produit.¬†Ce qui se passe apr√®s cela (c’est-√†-dire le suivi) n’est pas le sujet de cet article.


Introduction

Descendre dans le terrier du lapin signifie entrer dans une situation ou commencer un processus ou un voyage particuli√®rement √©trange, probl√©matique, difficile, complexe ou chaotique, surtout lorsque celui-ci le devient de plus en plus au fur et √† mesure qu’il se d√©veloppe ou se d√©roule. Apr√®s cela, il n’y a plus de retour en arri√®re. (Une allusion aux aventures d’Alice au pays des merveilles par Lewis Carroll.)

Dans le film culte The Matrix, le personnage principal (Neo) est invit√© √† prendre soit une pilule bleue, soit une pilule rouge. S’il prend la pilule bleue – l’histoire se termine, et il se r√©veille dans son lit et continue de croire tout ce qu’il veut croire. S’il prend la pilule rouge – il restera au pays des merveilles et on lui montrera √† quelle profondeur m√®ne le terrier du lapin. La personne qui offre le choix lui rappelle que tout ce qu’elle offre est la v√©rit√©.

Alors attachez vos ceintures de s√©curit√© – suspendez votre incr√©dulit√© pendant un moment – utilisez votre imagination et votre esprit intuitif et rejoignez-moi pour une vir√©e sauvage dans le terrier du lapin, o√Ļ tout peut sembler une contradiction ou un d√©fi √† votre carte interne de la r√©alit√© telle que vous √™tes actuellement sachez le.

Ma pr√©sentation est bas√© sur des textes anglais de notre ma√ģtre Wu (Śź≥ŚúčŚŅ† W√ļ Gu√≥zhŇćng 1932-1975) et de son professeur, le professeur Cheng Man Ching. L’autre source est de Scott Meredith qui est de la lign√©e Cheng. Meredith √©crit sur le taijiquan et pr√©sente une perspective radicalement stimulante sur le taijiquan comme √©tant avant tout un art √©nerg√©tique. J’esp√®re que cela facilitera le d√©bat et nous mettra au d√©fi de r√©fl√©chir profond√©ment √† cet art que nous aimons tant, tous.

Suivez le Lapin Blanc, MinibrandAtelier
Suivez le Lapin Blanc, MinibrandAtelier

Contexte

Dans le livre de ma√ģtre Wu, The Application of Tai Chi Philosophy, il d√©clare: ¬ęLe taiji peut √™tre n’importe quoi et englober tout ou rien du tout. Le concept est si ancien qu’il est impossible de d√©terminer quand et comment il a commenc√©. Ainsi, la plupart des efforts d’interpr√©tation du taiji pour notre compr√©hension moderne se sont sold√©s par un √©chec. C’est parce que le taiji est quelque chose d’original, de spirituel; et pourtant d’inflexible dans la nature. Donc, en insistant pour le nommer comme √©tant quelque chose, cela peut finir par √™tre rien. D√©routant ? Bienvenue dans le taiji. ¬Ľ Ou, si je peux me permettre de r√©interpr√©ter les paroles du Ma√ģtre – bienvenue dans le terrier du lapin !

Il m’a dit un jour que vous pouviez remplacer taiji par le terme de philosophie occidentale de m√©taphysique, qui est la branche de la philosophie qui traite des principes premiers des choses, y compris des concepts abstraits tels que l’√™tre, le savoir, l’identit√©, le temps et l’espace. Ma√ģtre Wu √©tait avant tout int√©ress√© par l’application pratique du taiji. Sa compr√©hension du taiji √©tait tr√®s profonde, mais il aimait la simplicit√© et l’aspect pratique. Par exemple, en interpr√©tant la signification du taiji, il disait que de nombreux sages et √©rudits ont √©tudi√© cela pendant des milliers d’ann√©es et que chacun d’eux avait ses bons et ses mauvais points. Ma√ģtre Wu a d√©clar√© que son point de vue personnel √©tait que ¬ęle Tai Chi est le Tai Chi et il n’est pas n√©cessaire d’expliquer davantage. C’est comme le ciel est le ciel et la terre est la terre et moi c’est moi-m√™me ¬Ľ.

Lorsqu’on me donne l’occasion de pr√©senter ou d’√©crire un article, je fais de mon mieux pour apporter quelque chose de significatif et d’utile qui a √©t√© fond√© par et provient de ma propre exp√©rience. J‚Äôai longuement r√©fl√©chi √† la r√©alisation de cette pr√©sentation, car j‚Äôillustre mon discours en utilisant le point de vue des autres. C’est d√©lib√©r√©, car je pense qu’il est parfois utile de sortir des sentiers battus et de voir quelque chose d’un point de vue diff√©rent. C’est ce que vous faites dans l’analyse critique et c’est quelque chose que ma√ģtre Wu m’a souvent mis au d√©fi de faire. Il me disait que c’√©tait une tr√®s bonne discipline de prendre quelque chose de tr√®s familier pour vous et de s’√©carter de votre propre point de vue personnel et de le voir de celui de quelqu’un d’autre.

Mon int√©r√™t particulier pour le taiji a toujours √©t√© du c√īt√© √©nerg√©tique interne de l’art. C’est ce qui m’a attir√© en premier lieu. C’est ce qui m’a attir√© vers ma√ģtre Wu lorsque je l’ai rencontr√© pour la premi√®re fois √† Sydney en 1986.

M√™me si je m’int√©resse √† tout l’art du taijiquan, compte tenu de ma situation particuli√®re, je n’ai pas eu l’occasion de m’entra√ģner quotidiennement avec un partenaire pour d√©velopper pleinement certaines des comp√©tences dans ce domaine. Cependant, je me suis appliqu√© avec diligence aux aspects internes du taiji. Je me souviens de la premi√®re fois o√Ļ j’ai eu l’occasion de parler √† ma√ģtre Wu. C’√©tait chez lui √† Sydney √† la fin des ann√©es 1980.

Je me souviens de cette conversation comme si c’√©tait hier. Je n’√©tais pas encore devenu son √©l√®ve, mais j’√©tais tr√®s int√©ress√© par ce qu’il avait √† dire. J’√©tais √† un carrefour de mon parcours dans les arts martiaux. J’avais d√©j√† pratiqu√© de nombreux types d’arts martiaux chinois au cours des 25 derni√®res ann√©es; cependant, je n’avais pas encore exp√©riment√© le vrai sentiment du qi. J’ai dit que j’avais honte de mes progr√®s dans ce domaine √©tant donn√© le temps que j’avais pratiqu√©. Ma√ģtre Wu √©tait tr√®s gentil et il m’a dit que j’√©tais trop dur avec moi-m√™me et que je ne devais pas me comparer √† lui. Nous avions tous les deux men√© des vies tr√®s diff√©rentes et eu des opportunit√©s et des exp√©riences tr√®s diff√©rentes. J’ai demand√© s’il m’apprendrait son taiji et √† ma grande joie il a dit oui.

Je vous raconte cette histoire personnelle pour illustrer pourquoi je voulais au d√©part apprendre le taijiquan. C’√©tait pour apprendre √† ressentir r√©ellement mon q√¨. Donc, depuis 30 ans maintenant, j’ai toujours eu cela comme objectif principal dans ma pratique du taiji.

Qu’est-ce que le q√¨?

Au cours des ann√©es 1950, aux √Čtats-Unis, il y eut un c√©l√®bre quiz t√©l√©vis√© appel√© The $64,000 Question. Le terme The $64,000 Question est devenu une phrase f√©tiche courante pour une question ou un probl√®me particuli√®rement difficile. Alors, qu’est-ce que le śį£ q√¨ ? – eh bien, c’est la question √† 64 000 $, n’est-ce pas ! Je me suis naturellement int√©ress√© √† cette question moi-m√™me, mais aussi √©trange que cela puisse para√ģtre, je n’ai pas consacr√© trop de temps √† essayer de d√©finir exactement ce qu’est le q√¨. Une fois que vous descendez dans ce terrier particulier, cela devient tr√®s complexe, tr√®s rapidement – cela devient alambiqu√© et m√™me riche de contradiction. Non – mon int√©r√™t a toujours √©t√© l’exp√©rience et le ressenti du q√¨ en tant qu’exp√©rience r√©elle, tangible et non imagin√©e.

√Ä ce stade de mon voyage, je pr√©f√®re appeler le q√¨ – l’√©nergie interne – car c’est plus proche de mon exp√©rience et cela √©vite toutes les connotations et les superpositions culturelles que les gens y placent. En tant que concept, cela me donne un cadre viable pour ma pratique quotidienne. Ma√ģtre Wu m’a dit un jour que je devrais pratiquer davantage et laisser la conscience de mon ressenti et mon exp√©rience informer ma compr√©hension de l’√©nergie interne. En d’autres termes: 1% de th√©orie et 99% de pratique.

Le corps éthérique

Le corps est comme un nuage plein de qì…

The Complete Song of Tai Chi Chuan and its Application

Le corps √©th√©rique ou corps √©nerg√©tique est un terme tir√© de la philosophie √©sot√©rique. Dans la litt√©rature √©sot√©rique, le corps √©th√©rique est un corps non physique qui est fait d’√©nergie interne non physique, mais surtout, co-localis√© avec le corps physique, le recouvrant comme un habit. Il p√©n√®tre √©galement √† l’int√©rieur de notre corps et s’√©tend √† l’ext√©rieur de celui-ci. √Ä l’ext√©rieur du corps, cela peut √™tre ressenti comme une couche d’√©nergie bien ajust√©e. Le corps √©th√©rique est si √©troitement li√© √† nos corps physiques que lorsque nous d√©c√©dons, le corps √©th√©rique ne survit pas. Cela me rappelle que ma√ģtre Wu disait que l√† o√Ļ il n’y a pas de q√¨, il n’y a pas de vie.

La plupart des gens ne sont pas conscients du corps √©th√©rique, car les sensations et les ressentis du corps physique sont si forts qu’ils submergent le corps √©nerg√©tique plus subtil. Durant toute une vie nous utilisons notre corps physique. Nous comptons sur lui pour nous faire avancer dans la vie et survivre chaque jour. Toute cette concentration sur notre physicalit√© apporte automatiquement des tensions physiques, √©motionnelles et mentales. Cette tension verrouille et paralyse le corps √©th√©rique.

L’un des grands avantages de la pratique quotidienne du taiji, s’il est fait correctement, est d’aider √† lib√©rer et √† d√©verrouiller le corps √©th√©rique. En abandonnant toute tension consciente et inconsciente, nous donnons au corps √©th√©rique une chance de venir au premier plan afin que nous puissions le distinguer de notre corps physique.

La pratique du taijiquan nous aide √©galement √† ressentir l‚Äô√©nergie de notre partenaire gr√Ęce √† nos sensations et au toucher sensible du taiji. Ma√ģtre Wu disait que nous nous connectons d’abord avec un partenaire par le toucher en utilisant notre ŤĀĹŚčĀ tńęngj√¨n. Plus tard, nous nous connectons gr√Ęce au q√¨, mais encore plus tard en utilisant le Á•ě sh√©n. Par cons√©quent, nous devrions avoir pour objectif de travailler avec le corps √©th√©rique ou √©nerg√©tique plus qu’avec le corps physique, mais nous reviendrons sur ce sujet plus tard.

Tension et relaxation

Pourquoi est-il important de respecter strictement le principe de la relaxation maximale à chaque instant de votre pratique du taijiquan ?

L’√©nergie du taiji d√©pend de l’√©limination de la tension physique.

La force et la tension musculaires peuvent √™tre utiles dans les t√Ęches de la vie quotidienne. Vous avez besoin d’une force musculaire pour d√©placer un piano. Le fait n’est pas que la tension et l’utilisation ordinaire des muscles sont en quelque sorte mauvaises. Le probl√®me est que pour la plupart des gens, l’esprit et la tension musculaire sont inextricablement li√©s.

La le√ßon la plus g√©n√©rale du taiji pour la vie quotidienne est d’apprendre √† utiliser la tension uniquement et exactement quand vous en avez besoin, pour d√©placer le piano, mais en √©tant prompt √† l’abandonner.

Quand il s’agit de taiji, que ce soit pour faire la forme ou pour pousser les mains (ou pour le fńĀj√¨n), vous n’en avez jamais besoin.

Le travail du taiji n’est pas tant d’√©liminer compl√®tement les tensions de votre vie que de vous aider √† les comprendre. Nous devons apprendre √† arr√™ter cela chaque fois que nous devons puiser dans le flux d’√©nergie universel.

Mais pour la plupart d’entre nous, l√† o√Ļ l’esprit va, la tension physique vient aussi, en tant que passager clandestin.

Au fur et √† mesure que vous avancez dans le travail du taiji, la puissance interne sera connect√©e et dirig√©e par l’esprit seul, et non par la force musculaire.

Le travail du taiji est de s√©parer l’esprit de la tension physique, afin que le pouvoir interne ait une chance de se faufiler.

Scott Meredith in Juice: Radical Taiji Energetics

On a demand√© au professeur Cheng s’il ne serait pas plus facile de devenir alcoolique comme moyen de d√©tendre le corps. Le professeur a r√©pondu : Il est vrai que les inhibitions d‚Äôun ivrogne sont lib√©r√©es, son tonus musculaire est d√©prim√© et son corps d√©tendu‚Ķ (cependant) un ivrogne renonce √† son intention mentale et est donc √† la merci des circonstances. En Taiji, par contre, nous nous d√©tendons mais gardons un esprit actif de compr√©hension.

Certains √©tats sont naturellement d√©tendues physiquement, tel qu’√™tre endormi, inconscient ou ivre. C‚Äôest une v√©ritable relaxation physique, mais nous pourrions aussi utiliser le mot ¬ę effondrement ¬Ľ – avec sa connotation n√©gative – pour ce genre d‚Äô√©tats. La diff√©rence entre d√©tendu et effondr√© est que dans l’effondrement, l’esprit fait d√©faut.

Pour la plupart des gens, d√®s que l’esprit est r√©introduit, la tension physique survient, l’accompagnant. Nous rebondissons donc entre deux p√īles ind√©sirables: effondr√© et tendu, passant juste au-del√† de l’√©tat id√©al de d√©tente √† chaque fois.

Scott Meredith

Ne confondez pas le caract√®re unique du taiji avec autre chose. Comme l’a dit Ma√ģtre Wu, laissez le taiji √™tre le taiji.

Au fur et √† mesure que vous progressez, vous ressentirez peut-√™tre les premi√®res agitations de votre √©nergie interne. C’est une √©tape cruciale dans le d√©veloppement de votre taiji, mais beaucoup pensent que c’est √ßa, qu’ils l’ont. Cependant, c’est le moment de vous consacrer encore plus √† la r√©solution de toutes les tensions dans votre corps – m√™me la profonde tension inconsciente que nous avons tous accumul√©e au cours de nos vies.

Ressentir votre √©nergie interne ne suffit pas. Si vous n’√™tes pas d√©tendu, vous pouvez toujours ressentir votre qi, mais vous aurez du mal √† le mobiliser fonctionnellement. Vous pouvez vous sentir d√©tendu √† l’int√©rieur, mais comme vous n’avez pas r√©solu la profonde tension interne, quelqu’un avec une touche de taiji sensible sera capable de le sentir, de s’y connecter et d’en profiter.

Aucun autre art ne pourra r√©soudre ce genre de tension – comme l’√©nonce Meredith.

Seule une pratique correcte du taiji vous permettra de parcourir jusqu’au bout le terrier du lapin.

La pierre angulaire du taiji est, en un mot, se d√©tendre. Yang Chengfu l’a dit. Les classiques du taiji le disent. Cheng Man Ching l’a dit, tout comme notre Ma√ģtre Wu, donc nous ferions bien d’y pr√™ter une attention particuli√®re.

Pourquoi nous accrochons nous à la tension ?

Se consacrer √† la relaxation ultime est fastidieux et difficile, par cons√©quent, beaucoup de gens l’ignorent.

M√™me le noyau dur des adeptes du taiji sont parfois plus dans la structure et l’alignement et d’autres trucs m√©caniques, tout ce que l’on voudra plut√īt que de r√©soudre le probl√®me de base: le besoin de se d√©tendre.

Le taiji dispose d’un inventaire des posture distinctives, de structures si vous voulez. Mais cela n√©cessite un certain talent pour les faire sans en faire trop.

Scott Meredith

Une partie du probl√®me est que tout le monde veut bien faire. Ce d√©sir induisit une tension. Le taiji ne recherche pas beaucoup cela, bien qu’il ait une sorte d’√©l√©gance naturelle.

Les postures doivent √™tre reconnaissables et avoir un peu d’esprit. Mais, fondamentalement, l‚Äôobjectif n‚Äôest pas d‚Äôatteindre une structure particuli√®re au-del√† du maintien minimal du corps droit. Faire bien plus que cela, c’est ajouter des choses, construire quelque chose‚Ķ

Scott Meredith

Une fois, j’ai demand√© na√Įvement √† ma√ģtre Wu quel √©tait le moyen le plus rapide d’apprendre le taiji. Il a ri et m’a dit de ne rien ajouter, faites ce que je dis. Il m’a dit qu’il y avait un proverbe chinois courant qui disait ¬ę ne peignez pas de jambes sur un serpent ¬Ľ, elles ne devraient pas √™tre l√†!

Ma√ģtre Wu aimait √† dire que le taiji est facile, apprendre l’anglais est difficile ! Alors ne compliquez pas le taiji en ajoutant des choses qui n‚Äôexistent pas.

Le but est plut√īt d’√©liminer toute tension, ce qui vous laisserait sans structure, comme l’eau.

C’est un point difficile à apprécier, car les gens aiment la tension, la structure et l’agression orientée vers l’avant. Tout le reste semble faible et dangereux Рmême psychologiquement menaçant. C’est une chose humaine. Le taiji rame à contre-courant sur ce point.

Scott Meredith

√Ä pr√©sent, m√™me si vous d√©veloppez votre √©nergie interne √† un niveau √©lev√©, si vous maintenez la tension dans votre corps, un ma√ģtre de taiji pourra la d√©tecter et l’utiliser quand il appliquera le fńĀj√¨n et vous serez facilement d√©racin√©. Ainsi, comme tous les grands ma√ģtres l’ont dit avant nous, nous devons nous d√©tendre, nous d√©tendre, puis nous d√©tendre √† nouveau. C’est la porte d’entr√©e vers l’application du taiji.

Structure

Alors, parlons de structure !

La seule chose dont vous avez besoin concernant la structure physique et la posture est quelque chose de négatif : au moins, cela ne doit pas engendrer de tension. Le vrai taiji est énergique, non physique, postural ou anatomique.

Scott Meredith

J‚Äôaime son analogie avec l‚Äô√©lectricit√©: ¬ę Le pouvoir du taiji n‚Äôest pas plus physiquement structur√© que l‚Äô√©lectricit√©. Une fois que vous avez branch√© l’extr√©mit√© d’une rallonge dans votre prise murale et l’autre extr√©mit√© √† votre tron√ßonneuse √©lectrique, peu importe si cette rallonge orange est enroul√©e ou droite. Votre scie moudra aussi bien dans les deux cas, car l‚Äô√©nergie √©lectrique, √† des fins pratiques, n‚Äôest ni structurelle ni mat√©rielle. Elle est √©nergie et elle coule bien quelle que soit la forme du fil, tant qu‚Äôil n‚Äôy a pas d‚Äôimp√©dance de court-circuit (ce serait analogue √† la tension physique pour le taiji). Tout cela arrive avec la pratique correcte d’une forme. Vous avez donc besoin d‚Äôune forme qui ne s’inqui√®te pas autant de la ¬ęstructure correcte¬Ľ, qui ne vous g√™ne pas : une forme qui, √† tout le moins, ne vous encourage pas √† vous crisper. ¬Ľ

Pensez toujours √† l’eau

Ma√ģtre Wu m’a souvent dit que nous devrions penser √† nos corps comme s’ils √©taient de l’eau, notre peau ressemblant √† une √©paisse peau de caoutchouc retenant l’eau √† l’int√©rieur. Nous devons imaginer que notre corps n’a ni os, ni tendons, ni ligaments, ni muscles. Peut-√™tre parce que je travaillais dans l’industrie de l’eau, il me parlait souvent en utilisant l’eau comme une analogie pour le taiji. √áa marche pour moi !

L‚Äôeau a une structure mol√©culaire et une structure cin√©tique spontan√©e, mais ce n‚Äôest pas un ensemble Lego. Elle n’a pas de structure m√©canique. L’eau est un amas de rel√Ęchement mol√©culaire qui transmet un flux d’√©nergie. Et pour les besoins du taiji, c’est tout ce que le corps humain est. Comprenez que notre corps n’est qu’un tas de cellules, aucun type n’est meilleur qu’un autre. C‚Äôest la m√™me chose qu‚Äôun sac lourd rempli d‚Äôeau dans une salle de boxe. Ce qui compte pour le taiji, ce n‚Äôest pas la disposition fonctionnelle des cellules mais leurs propri√©t√©s de conduction √©nerg√©tique. L’√©l√®ve d√©butant a besoin d’une dose de structure physique pour progresser. Cela est fourni par une bonne pratique du taiji.

Scott Meredith

Le c√īt√© positif de la structure

Les formes de taiji sont la structure avec laquelle nous travaillons pour mobiliser l’√©nergie interne. Les formes et les postures sont la structure minimale autoris√©e et elles remplissent une fonction importante :

La structure garde notre esprit dans le jeu.

La structure des formes et des postures donne √† notre esprit quelque chose √† quoi s’accrocher. Sinon, notre esprit serait partout ; hors de contr√īle et ne pourrait pas se concentrer sur la t√Ęche √† accomplir.

Les postures sont essentielles car notre objectif est la relaxation avec l’esprit. Si nous nous d√©tendons en nous asseyant ou en nous allongeant, notre esprit va vite s’√©loigner de nous. Cette petite structure debout du taiji aide √† clouer les pieds de l‚Äôesprit au sol.

Dans le vrai Taiji, nous utilisons notre esprit, mais nous l’utilisons pour tout adoucir √† l’int√©rieur. L’adoucissement, c’est d√©structurer et d√©coupler toutes ces entrailles physiques afin qu’elles restent connect√©es par l’√©nergie seule.

Curieusement, plus vous vous adoucissez et vous d√©connectez physiquement, plus vous serez √©nergiquement endurci et connect√©. C‚Äôest bizarre, c‚Äôest contre-intuitif, mais c‚Äôest comme √ßa. Seuls l’adoucissement physique et la d√©connexion peuvent produire le flux de puissance ultime du taiji.

Scott Meredith

Il n’y a qu’un seul objectif: se d√©tendre avec l’esprit.

La structure minimale d’une bonne posture de taiji est uniquement destin√©e √† cette fin. Une fois que vous vous √™tes suffisamment d√©tendu pour d√©clencher le flux d’√©nergie interne, vous √™tes pr√™t √† partir.

Alors votre √©nergie peut prendre n’importe quelle forme √† volont√©, comme l’eau, et la structure physique n’aura aucune importance.

Scott Meredith

Ma√ģtre Wu m’a dit un jour qu’en tant que d√©butant, nos formes sont probablement √† 99% externes. Cependant, √† mesure que vous progressez, elles deviendront de plus en plus internes. Il y a un point de basculement dans cette √©quation lorsque vous arrivez au point o√Ļ ‚Ķ

L’alignement ne crée pas d’énergie Рl’énergie crée l’alignement.

Au lieu d’avoir besoin de cr√©er l’alignement parfait au sein de votre corps pour attirer les √©nergies sup√©rieures, les √©nergies sculptent votre corps √† leur convenance.

Scott Meredith

Ainsi, le test, selon Meredith, que nous devons toujours appliquer à notre pratique du taiji est:

Est-ce que cela (notre pratique du taiji) favorise l’√©limination totale de toute tension physique quelle qu’elle soit, conform√©ment √† l’exigence de rester debout ? Favorise-t-elle la p√©n√©tration et la projection absolues d’un esprit conscient d√©tendu dans chaque cellule du corps ? Est-ce qu’elle √©vite l’attention sur elle-m√™me en tant que spectacle th√©√Ętral ?

Scott Meredith

La partie visible et physique de l’art n’est pas l’art.

Ma√ģtre Wu

La concentration totale sur l’obsession de la structure physique en tant que tout et fin de la pratique du taiji n’est pas ce que l’objectif devrait √™tre. La vraie m√©thode de taiji centr√©e sur l’√©nergie est un mode de pratique absolument sp√©cifique. C‚Äôest assez rigoureux. En fait, c‚Äôest un creuset. Vous commencez par un socle solide de la pratique de base de la posture classique. Il y a quelques points de base physiques pour les d√©butants – Oui, ces rudiments sont physiques. Mais avec cela une fois en place, le reste du travail et les r√©sultats sont purement √©nerg√©tiques.

Scott Meredith

La forme du taiji

Cela ne veut pas dire que nous n√©gligeons notre forme. Nous avons besoin de notre corps pour exprimer et d√©ployer notre √©nergie interne. Cependant, la forme du taiji telle que nous l’a enseign√©e ma√ģtre Wu est optimis√©e pour permettre une relaxation compl√®te tout en conservant une forme appropri√©e. Plus nous pouvons nous d√©tendre dans notre forme, plus nous pourrons nous connecter √† l’int√©rieur.

Nos formes de taiji en 37 postures s’encha√ģnent dans une s√©rie de mouvements et sont une partie centrale de l’art pratiqu√© du taiji. La forme est un v√©hicule principal et central de notre formation et est cruciale pour le d√©veloppement et l’utilisation de notre √©nergie interne.

La forme en 37 postures est issue du g√©nie du regrett√© professeur Cheng qui a utilis√© les formes de la famille Yang et y a ajout√© le neigong de la famille Tso (Ś∑¶ Ťźä Ťď¨ Zu«í L√°ip√©ng). Notre propre ma√ģtre Wu a ensuite pass√© 50 ans de sa vie √† affiner et d√©velopper ce syst√®me qui lui a √©t√© transmis. Donc clairement, la forme du taiji a une place centrale dans notre pratique, mais il ne faut jamais oublier que notre taiji est avant tout un art interne.

Il y a un dicton en taiji: tout est dans la forme.

Cependant, tout n‚Äôest que dans la forme – si tout est dans la forme. En d’autres termes, pour que la forme soit compl√®te, elle doit √™tre mis en pratique d’une mani√®re qui exprime pleinement les exigences internes et externes. Si elle est ex√©cut√©e correctement, alors c’est quelque chose de tr√®s unique et pr√©cieux qui produira les immenses avantages et les r√©sultats promis par les grands ma√ģtres du taiji du pass√© et dont il est question dans les √©crits classiques.

Si vous vous concentrez uniquement sur l’externe ou l’interne, vous ne recevrez pas tous les avantages que l’art peut offrir.

Le but de la forme est de permettre √† l’esprit d’exprimer pleinement l’√©nergie interne √† travers le corps d’une mani√®re qu’aucun autre art de qi gong, de m√©ditation ou d’√©sot√©risme ne peut faire. L’art est unique en raison des principes qui conditionnent son fonctionnement. Rappelez-vous que ma√ģtre Wu a dit que le taiji est le taiji.

Le taiji fonctionne de mani√®re √† ce que l’intention de l’esprit impr√®gne pleinement le corps de l’√©nergie interne.

Pendant de nombreuses ann√©es, j’√©tais coinc√© dans l’obsession physique de la structure – essayant toujours de trouver la bonne structure et la posture parfaite. Cependant, c’est ma√ģtre Wu qui m’a fait remarquer qu’√† un certain moment, s’accrocher de mani√®re obsessionnelle √† la structure comme √©tant le tout et la fin limitait l’expression naturelle de mon √©nergie interne. Il m’a dit que peu de gens pourraient voir trop de probl√®mes avec ma forme de taiji externe, mais mon √©nergie interne √©tait bris√©e et non connect√©e √† l’int√©rieur. Il m’a dit que la nature n’est pas parfaite, donc nous ne devrions pas essayer de l’√™tre non plus.

Il a ajout√© que si nous suivons les principes et faisons un effort diligent et quotidien pour les appliquer dans notre pratique, notre √©nergie interne s’√©panouira naturellement et se manifestera lorsqu’elle sera pr√™te.

La forme est une machine finement perfectionn√©e avec un seul but : vous aider √† comprendre la relaxation et ainsi √©tablir le chemin / la connexion √©nerg√©tique. Rappelez-vous toujours que le vrai taiji est l’art de la culture et du d√©ploiement de l’√©nergie. Bien que le corps physique soit utilis√©, la v√©ritable comp√©tence n’est ni m√©canique, ni structurelle, ni anatomique, ni angulaire, ni bas√©e sur le moment, ni aucune de ces choses physiques / structurelles grossi√®res.

Le vrai pouvoir du taiji est compl√®tement invisible et est d√©clench√© et propag√© par l’esprit seul, et non par aucun type de claquement physique.

Scott Meredith

Comment se d√©tendre et rel√Ęcher les tensions

Ma√ģtre Wu disait que si vous devez penser √† vous d√©tendre, vous n‚Äô√™tes pas vraiment d√©tendu.

Il disait que la relaxation dans le taiji est un processus qui dure toute la vie. Un d√©butant est si physiquement tendu que vous pouvez souvent voir la tension refl√©t√©e dans ses mouvements et postures. Cependant, au fur et √† mesure que l’on avance, cela peut ne pas √™tre si facilement observ√©. Cela devient alors un concept relatif et seule la personne peut d√©crire √† quel point elle est d√©tendue en la comparant √† une autre √©poque du pass√©. Cependant, cette tension peut √™tre d√©tect√©e par le toucher, par exemple dans la pouss√©es des mains. La pouss√©es des mains est un outil de diagnostic pr√©cieux, qui fournit des informations d’une mani√®re qu’aucun autre exercice ne peut fournir. C’est la valeur de la pratique de la pouss√©e des mains. Cela nous donne un retour sur notre propre tension et celle de notre partenaire.

Dans le livre du professeur Cheng sur le Taiji, il y a une section de questions et r√©ponses. Un √©tudiant a demand√© au professeur pourquoi aucun de ses √©l√®ves n’avait pu atteindre son niveau de ma√ģtrise. L’√©tudiant a demand√© quel √©tait le secret. Le grand ma√ģtre Yang a d√©clar√©: ¬ęil y a un secret, mais c’est tellement simple qu’il est incroyable ! Sa nature insiste pour que vous croyiez ; que vous avez la foi ; sinon vous √©chouerez. Le secret est simplement ceci :

Vous devez totalement détendre votre corps et votre esprit

Il ajouta qu’il avait r√©ussi parce qu’il avait mis de c√īt√© toute fiert√© et croyait aux paroles de son ma√ģtre ! J’ai d√©tendu mon corps et apais√© mon esprit de sorte que seul le qi, coulant √† la commande de mon esprit, restait. Il disait: ¬ę Mes √©l√®ves ne croient pas en ce chemin ou, s’ils le font, ils ne le poursuivent pas assez avec enthousiasme ! ¬Ľ

Ma√ģtre Wu fait √©cho √† son professeur en disant que c’est une question de croyance ou de foi. Il disait qu’en taiji vous devez y croire avant de ressentir l’√©nergie interne. La sagesse conventionnelle a g√©n√©ralement cette maxime dans l’autre sens – je ne le croirai pas, jusqu’√† ce que je le ressente !

C‚Äôest mental, c‚Äôest tout. Ce n‚Äôest pas si difficile, mais vous devez le prendre au s√©rieux. La plupart des √©tudiants ne le font pas. Essayez de commencer votre forme de taiji, puis d’arr√™ter apr√®s quelques mouvements. Maintenant, v√©rifiez-vous. √ätes-vous vraiment d√©tendu ? Est-ce que chaque partie, chaque muscle et tissu qui n’est pas essentiel pour vous tenir debout est doux comme du tofu ?

Scott Meredith

Dans un article pr√©c√©dent, j’ai √©crit sur le c√īt√© mental de la tension dans ma s√©rie d’articles sur la connexion entre l’esprit et le corps. J’ai d√©crit un type particulier de tension mentale qui se refl√®te dans le corps, appel√© armure corporelle psychique. Ce type de tension est psychologiquement bas√© et enfoui profond√©ment dans le subconscient et se refl√®te et se manifeste dans le corps.

L’esprit dirige le q√¨ et le corps suit. Cependant, la plupart des gens utilisent trop d’esprit – ce qui est une forme de tension en soi – et lorsque les gens utilisent l’esprit, la tension physique y est presque automatiquement attach√©e. C’est pourquoi le taijiquan n’utilise que l’esprit / l’intention la plus l√©g√®re dans son application. Donc, pour rel√Ęcher la tension, n’utilisez qu’une l√©g√®re application de votre intention mentale.

Soyez attentif et prenez note des sensations qui se produisent dans votre corps, mais sans vous y fixer. Si vous ne faites pas attention, alors vous êtes sur le pilote automatique, ou vous dormez au volant.

Finalement, vous devez √™tre capable de sentir l’√©nergie courir en vous.
Ma√ģtre Wu disait que vous deviez √™tre capable de ressentir votre q√¨ si vous vouliez l’utiliser. Meredith dit:

Si tu ne peux pas le sentir, tu ne peux pas le nourrir

Une fois que ma√ģtre Wu examinait ma forme et quand j’eus fini, il me dit que j’utilisais trop l’esprit. Il me dit qu’il ne savait pas √† quoi je pensais, mais il m’avertit de ne pas utiliser trop l’esprit. Il me dit qu’utiliser trop d’esprit, c’√©tait comme s’habituer √† une pi√®ce sombre, puis allumer soudainement la lumi√®re – c’est aveuglant – c’est trop lumineux et √©crasant. Le conseil de ma√ģtre Wu √† cette occasion √©tait de pratiquer la forme rapidement pendant 100 jours pour que mon esprit n’ait pas le temps de trop r√©fl√©chir.

La relaxation est une chose relative pour chaque personne. Pour certains, cela signifie √™tre comme une poup√©e de chiffon, totalement d√©pourvue de toute structure. Pour d’autres, intentionnellement ou non, c’est ce qu’ils appelleraient la tension dynamique. La vraie relaxation en taijiquan n’est ni l’un ni l’autre, elle est dans la recherche de l’√©tat id√©al, la plupart des gens ont tendance √† osciller entre un √©tat d’effondrement √† une extr√©mit√© et une tension √† l’autre extr√©mit√©, incapables de trouver l’√©tat id√©al. Cela s’accentue encore plus une fois que nous commen√ßons √† travailler avec un partenaire.

Persister dans la pratique quotidienne

Ne manquez jamais la pratique quotidienne car les résultats en taiji sont cumulatifs. Si vous ne faites pas votre taiji tous les jours de votre vie, il sera difficile de faire des progrès significatifs.

Il y a un dicton en taiji qui dit : “si vous manquez une journ√©e, c’est comme si vous recommenciez“.

Ma√ģtre Wu disaitt qu’il trouvait toujours du temps pendant la journ√©e pour faire du taiji, peu importe ce qui se passait.

Le professeur Cheng d√©clarait : Pour atteindre la ma√ģtrise, il faut recourir aux choses que vous avez mentionn√©es (c’est-√†-dire un travail acharn√© et une pratique r√©guli√®re); il faut travailler dur et ne jamais abandonner la pratique quotidienne. Mais il faut faire attention de ne pas rendre le travail du taiji synonyme de celui de Shaolin. Ce dernier est g√©n√©ralement fond√© sur le muscle, la puissance et la transpiration qui √©touffent l’esprit. Le taiji, lui, vous demande de travailler avec ses principes √† l’esprit. Il ne suffit pas de consacrer une heure ou deux par jour √† la pratique; la pratique elle-m√™me doit √™tre effectu√©e correctement. Sinon, c’est un gaspillage total.

Nous ne pouvons pas √©liminer compl√®tement les tensions dans notre vie quotidienne, cependant, la m√©thode qui nous a √©t√© transmise par ma√ģtre Wu nous permet de comprendre comment fonctionne la tension dans notre pratique du taiji et dans notre vie quotidienne et comment la l√Ęcher quand nous en avons besoin. pour l’application dans le taiji.

Une fois que nous apprenons √† utiliser l’application l√©g√®re de l’esprit pour diriger notre √©nergie interne, sans tension inutile, nous pouvons g√©neralement √©liminer la force musculaire.

Nous apprenons √† s√©parer l’utilisation de l’esprit de la tension physique et √† permettre √† l’√©nergie interne de prendre le dessus.

Scott Meredith

Je me souviens d’une le√ßon avec ma√ģtre Wu, o√Ļ il me disait de me d√©tendre et de ne pas utiliser la tension pour rediriger sa pouss√©e, mais je ne comprenais tout simplement pas – mon esprit n’√©tait pas correctement dirig√© vers la t√Ęche √† accomplir. Il a soudainement quitt√© la pi√®ce et il est revenu avec un tr√®s grand couteau de cuisine ! Sans aucun avertissement, il a commenc√© √† me pousser dans l’√©paule, les hanches et les coudes avec le couteau ! J’ai re√ßu le message ! D√©tendez-vous, ne r√©sistez pas, c√©dez, mais ne fuyez pas – NE PENSEZ PAS – soyez juste attentif et dans le moment pr√©sent.

La ligne fine entre détendu et effondré

Je me rappelle de mon voyage taiji, nous voyagions √† travers la Chine. Un matin, nous √©tions √† notre pratique matinale. Nous √©tions un grand nombre entass√©s dans une petite zone. Tout √† coup, ma√ģtre Wu s’est arr√™t√© et s’est d√©plac√© √† travers les files de personnes jusqu’√† quelqu’un dans la rang√©e arri√®re et lui a parl√© d’une voix tr√®s urgente. Ne comprenant pas le chinois, je me suis demand√© ce qui n’allait pas. Le ma√ģtre m’a expliqu√© que notre fr√®re commettait le p√©ch√© mortel du taiji. Il s’effondrait plut√īt que de se d√©tendre.

Le taiji est rempli de ces lignes fines et de ces contradictions. D’une part, nous devons rel√Ęcher toute tension en pratiquant le taiji, cependant, on nous dit de ne pas nous effondrer non plus. En r√©alit√©, la diff√©rence est tr√®s fine. Ma√ģtre Wu disait un jour qu’un b√Ętiment repose sur sa structure, qui est soutenue par une fondation. Sans la combinaison correcte de ces pi√®ces, la structure s’effondrerait. Cependant, nous n’avons pas besoin de sur-concevoir la fondation et la structure. Au taiji, nous avons besoin de structures au dessin √©l√©gant et de fondations suffisantes.

Meredith dit quelque chose de similaire: Lorsque vous √™tes dans un √©tat d√©tendu, vous n’utilisez pas plus de force physique ou de tension musculaire que ce qui est n√©cessaire pour maintenir correctement une configuration corporelle donn√©e‚Ķ Dans un √©tat tendu, vous utilisez plus de force physique ou de tension musculaire que ce qui est n√©cessaire pour maintenir la configuration corporelle souhait√©e ‚Ķ Dans un √©tat d’effondrement, vous avez √©limin√© toute force physique et votre esprit est incapable d’engager efficacement votre corps pour accomplir quoi que ce soit.

Le paradoxe ultime et le point de puissance du taiji est son insistance pour que vous vous mainteniez sur le fil du rasoir ; juste assez de soutien physique pour maintenir la posture Рmême pas quatre onces de plus.

Le gradient de tension

Conform√©ment √† l‚Äôapplication simple et pratique du taichi par ma√ģtre Wu, nous avons besoin d‚Äôun moyen simple de cat√©goriser la tension, afin que nous puissions la reconna√ģtre et travailler avec elle.

La tension peut √™tre physique, √©motionnelle ou mentale. En r√©alit√©, il s’agit probablement d’un m√©lange des trois. Cependant, dans un esprit de simplification, j‚Äôaime l‚Äôapproche de Meredith.

La tension est une préoccupation centrale de la pratique de la poussée des mains. Dans mon monde et entre mes mains, il y a deux types de tension chez un partenaire. L’adepte des poussées de mains ressentira immédiatement les deux types de tension dans le corps de la plupart des gens, et les deux peuvent être exploités.

Scott Meredith

Le premier est la tension superficielle. Le second est une tension profonde.

Tension superficielle

Meredith dit: La tension qui appara√ģt et dispara√ģt rapidement est une tension superficielle, consciente ou inconsciente. Il est tr√®s facile de travailler avec. Vous pouvez manipuler ce type de tension avec √† peu pr√®s la m√™me facilit√© que de soulever une th√©i√®re par sa poign√©e rigide. L’autre sous-esp√®ce, la tension superficielle inconsciente, provient g√©n√©ralement de l’insouciance, de la paresse ou de l’habitude. La caract√©ristique de diagnostic de la tension superficielle est que votre partenaire est capable de la faire tomber rapidement, chaque fois que vous le lui signalez.

La tension superficielle se pr√™te √† un enseignement et √† une correction sur place, simplement en attirant l’attention sur les mauvaises habitudes. Et tout comme elle peut √™tre facilement r√©par√©‚Ķ elle peut facilement √™tre exploit√© par une personne relativement peu qualifi√©e.

C’est ainsi que Ma√ģtre Wu nous apprenait √† pousser la main lorsque j’ai commenc√© √† apprendre. C’est une sorte d’exercice de biofeedback, o√Ļ les deux personnes se donnent des commentaires pendant la pratique. Ma√ģtre Wu me disait que je ne devais pas pratiquer la pouss√©e silencieuse des mains. Cette tension de surface ou superficielle est la plus facile √† travailler au niveau conscient.

Tension profonde

Comme mentionn√© pr√©c√©demment, j’ai √©crit sur la tension profonde et utilis√© le terme d’armure corporelle psychique pour la d√©crire. C’est le genre de tension habituelle enfouie au plus profond de notre corps et ancr√©e dans notre subconscient. Ce type de tension est souvent d√Ľ √† un traumatisme physique ou √©motionnel. Le souvenir conscient de celui-ci est oubli√© depuis longtemps, mais il est toujours l√† dans le subconscient et se manifeste sous forme de tension quelque part dans le corps. Comme nous le verrons, la principale diff√©rence dans la tension profonde que d√©crit Scott Meredith est que pour ses mains, cette tension profonde se refl√®te partout dans le corps et n’est localis√©e dans aucune zone.

La tension profonde est diff√©rente‚Ķ (cependant) elle est √©galement accessible pour un pratiquant de taiji exp√©riment√© qui l’utilisera dans un d√©s√©quilibre (pousser des mains et fajing). Mais contrairement √† la tension superficielle, la tension profonde n’est normalement pas ancr√©e √† un muscle fort particulier ou concentr√©e habituellement dans une seule zone du corps. La tension profonde est une propri√©t√© holistique, presque inh√©rente √† l’ensemble du corps d’un partenaire.

Une tension profonde a tendance √† √™tre enti√®rement inconsciente et ne peut pas √™tre abandonn√©e sur instruction. En prendre conscience et s’en d√©barrasser est un processus de longue haleine. Contrairement √† la tension superficielle, elle ne peut pas √™tre r√©duite de mani√®re significative en une seule s√©ance d‚Äôentra√ģnement, ou avec une correction verbale ou une correction de posture ponctuelle d‚Äôun enseignant.

Une tension profonde est comme un colorant qui envahi ou imprègne tout le tissu, tandis que la tension superficielle est comme le renversement soudain de café sur votre pantalon ou votre chemise Рcela va et vient.

Une tension profonde ne peut √™tre corrig√©e qu’en s’entra√ģnant au processus de taiji √† travers une bonne forme de taiji sur une longue p√©riode.

Les tensions profondes sont non seulement difficiles √† √©liminer, mais √©galement plus difficiles √† d√©tecter. Vous devez avoir un niveau de d√©veloppement du taiji beaucoup plus √©lev√© pour d√©tecter et exploiter une tension profonde que ce qui √©tait n√©cessaire dans le cas d’une tension superficielle.

Scott Meredith

La connexion fajing

Que se passe-t-il r√©ellement au tout premier moment du fajing ? Certains disent que c’est l’application de la force gr√Ęce √† l’alignement correct du corps, qui est alors focalis√© dans une direction. Ou, vous d√©s√©quilibrez votre partenaire, puis vous le renvoyez. D’autres peuvent dire que c’est l’application de votre √©nergie interne qui le fait rebondir. Je suis s√Ľr qu‚Äôil existe de nombreuses autres variantes et opinions. Lorsque j’ai entr√©, que se passe-t-il lorsque vous faites du fajing ? dans Google, en 0,75 seconde, j’ai re√ßu 1 530 000 r√©ponses !

Il n’est pas surprenant que Meredith pense qu’il s’agit d’un processus √©nerg√©tique interne; cependant, il ajoute une tournure ou une nuance que je trouve tr√®s intrigante.

Il dit: Nous arrivons maintenant √† une question int√©ressante et √† un sujet vraiment profond. Que se passe-t-il exactement dans la vraie pouss√©es des mains pouss√©es (et le fajing) ? Surtout, s’il n’y a vraiment pas de puissance physique essentielle dans le mouvement, qu’est-ce qui fait exactement tr√©bucher ou reculer votre partenaire ?

L’effet de d√©clenchement

Vaincre mille livres avec une force de déclenchement de quatre onces.

Les douze points importants de Yang Chen-fu

Meredith affirme: Le pouvoir interne appliqu√© n’agit pas directement pour d√©placer le corps de votre partenaire, il agit plut√īt comme un d√©clencheur appliqu√© √† sa tension‚Ķ (C’est) comme une √©tincelle sur la poudre √† canon, ce qui provoque le d√©s√©quilibre de votre partenaire (ou le projette ou le renverse ) c’est lui-m√™me. La force qui propulse les gens quand ils sont projet√©s n’est pas mon √©nergie interne; c’est simplement leur propre tension interne profonde. Aussi √©trange que cela puisse para√ģtre, c‚Äôest tout – leur propre tension activ√©e les fait reculer. Leur corps saute en arri√®re sans √™tre enti√®rement sous leur contr√īle conscient.

La tension √† laquelle vous appliquez vos effets internes peut √™tre de l’un ou l’autre type ci-dessus: superficielle ou profonde. Mais pour l’essentiel, votre partenaire bouge toujours de lui-m√™me. Ou pour √™tre plus pr√©cis, la tension de votre partenaire fait le vrai travail, le plus gros pour ainsi dire, d√©clench√© par votre application d’√©nergie.

La profonde tension inconsciente (que tout le monde semble avoir, √† part les grands ma√ģtres de taiji) n‚Äôest pas localis√©e en permanence dans une zone particuli√®re du corps des partenaires. Elle est partout et ne les quitte jamais compl√®tement. Donc, vous pourriez aussi bien travailler simplement avec ses bras et le haut du torse, il n’est pas n√©cessaire de toucher la t√™te ou d’autres endroits sensibles ‚Ķ puisque la tension profonde n’est pas localis√©e ou transitoire, tant que vous √™tes en contact, vous pouvez y aller.

Scott Meredith
Schémas d'une cartouche

Vous utilisez votre √©nergie interne uniquement comme appr√™t et non comme poudre. Tout comme une balle (1) tir√©e par un pistolet, l’amorce (5) de la cartouche n’a qu’une petite force de d√©clenchement physique. Mais l’amorce enflamme la puissance physique beaucoup plus grande de la charge de poudre (3), ce qui propulse r√©ellement la balle hors du canon. La poudre dans cette analogie est la tension interne de votre partenaire, et la balle (la chose qui est finalement d√©plac√©e) est son corps physique.

Scott Meredith

La premi√®re fois que j’ai lu ceci, cela m’a rappel√© la premi√®re fois o√Ļ j’ai rencontr√© ma√ģtre Wu √† Sydney en 1986. C’√©tait aussi la premi√®re fois qu’il me faisait des fńĀj√¨n. Son fńĀj√¨n ne ressemblait √† rien de ce que j’avais ressenti auparavant. MAIS – c’√©tait exactement comme je l’avais toujours imagin√©. J’avais lu les livres du professeur Cheng sur le taiji et √† partir de l√†, je me suis rendu compte que j’avais enfin trouv√© quelqu’un qui pouvait le faire pour de vrai.

Jusque-l√†, j’avais √©t√© bouscul√© par de tr√®s bons professeurs de taiji, mais chacun d’entre eux utilisait une sorte de m√©canique corporelle, un effet de levier, une astuce ou une technique intelligente comme dans le śďíśčŅ q√≠n n√°.

J’ai √©t√© d√©racin√© par ma√ģtre Wu √† plusieurs reprises et m√™me si son fńĀj√¨n est devenu de plus en plus raffin√© depuis 1986, cela reste toujours pour moi une surprise. Je ne pouvais jamais dire quand cela allait arriver. Et je ne pouvais jamais √©chapper √† son toucher – m√™me si je m’am√©liorais et devenais plus d√©tendu, il √©tait toujours capable de me d√©placer √† volont√©.

Je r√©alise maintenant que m√™me si j’ai progress√© dans la lib√©ration et l’abandon de la tension de surface, ma√ģtre Wu a pu se connecter √† ma profonde tension non r√©solue avec son tńęngj√¨n hautement d√©velopp√©.

Par exemple, il y a quelques ann√©es, nous √©tions tous r√©unis ici √† nouveau pour notre Shenlong Day annuel. Je venais litt√©ralement d’entrer dans le hall de l’h√ītel Guba et ma√ģtre Wu se tenait l√† pour accueillir tout le monde. J’√©tais fatigu√© apr√®s un long vol, mais d√®s que ma√ģtre Wu m’a vu, il m’a appel√© et m’a dit de faire le Bafa !!! Wow, totalement la derni√®re chose √† laquelle je m’attendais. Je pensais que j’√©tais assez d√©tendu, mais ma√ģtre Wu, comme toujours, a pu m’enfermer ou me faire un fńĀj√¨n comme il l’entendait. Et, comme toujours, je me suis demand√© qu’est ce que je faisais mal et pourquoi je n’avais pas progress√© malgr√© une pratique quotidienne constante.

Je pense que ma√ģtre Wu a pu voir ce que je pensais et il m’a dit que j’√©tais en fait beaucoup mieux que la derni√®re fois. Je suis maintenant convaincu qu‚Äôil parlait de la fa√ßon dont je progressais dans la r√©solution de la profonde tension subconsciente enfouie dans mon corps. Parce qu’elle est inconsciente, il est difficile de savoir comment vous progressez. Vous ne le savez que par l’exp√©rience du travail avec un partenaire qui a un niveau √©lev√© de tńęngj√¨n, qui peut d√©tecter cette tension profonde dans votre corps.

Ma√ģtre Wu a souvent dit que tout ce qu’il avait √† faire √©tait de toucher l√©g√®rement n’importe o√Ļ sur mon corps et il pouvait sentir la tension – l√©g√®rement ici √©tant le mot important. Il se connectait √† mon corps √† travers mon corps d’√©nergie √©th√©rique et d√©tectait la tension profonde. Une touche l√©g√®re et il savait o√Ļ j’√©tais tendu. Il pouvait m√™me fermer les yeux et me dire o√Ļ mon poids √©tait plac√© et o√Ļ ma tension √©tait la plus forte.

Il utilisait souvent l’analogie de conduire un taureau par l’anneau dans son nez. Il a dit que notre travail dans la pouss√©e des mains consistait √† apprendre √† trouver le nez du taureau sur le corps de notre partenaire, puis √† y appliquer l’anneau. Lorsque nous pourrions faire cela, ce serait tr√®s facile et tr√®s simple de conduire notre partenaire o√Ļ nous le voulions.

Je me souviens qu’il m’avait dit une fois, que les gens admiraient son ÁôľŚčĀ fńĀj√¨n, cependant, il a dit qu’il passait beaucoup plus de temps √† d√©velopper son ŤĀĹŚčĀ tńęngj√¨n.

C‚Äôest pourquoi il est essentiel de s‚Äôengager absolument √† √©liminer TOUTES les tensions. Sinon, votre capacit√© √† am√©liorer votre fńĀj√¨n sera limit√©e.

Si vous sentez que vous avez √©t√© bloqu√© ou atteint un plateau dans votre entra√ģnement, alors peut-√™tre avez-vous besoin de regarder de plus pr√®s ce principe de relaxation. √ätre śĒĺť¨Ü f√†ng sŇćng, lib√©rer, laisser aller toute tension.

Tout dans le taiji est sur un continuum. C’est pourquoi c’est un art de vie. Ma√ģtre Wu a dit qu’au d√©but vous vous connectez √† votre partenaire par ce contact l√©ger. √Ä l’√©tape suivante, vous vous √™tes connect√© √† l’√©nergie interne de votre partenaire (corps √©th√©rique). √Ä un niveau plus √©lev√© encore une fois, il a dit que vous vous connectez via votre Á•ě sh√©n. √Ä son niveau, vous n‚Äôavez m√™me pas besoin de vous connecter physiquement pour conna√ģtre l‚Äôintention de votre partenaire et sa tension.

La seule fa√ßon de r√©soudre notre propre tension profonde est d’utiliser la m√©thode du taichi que ma√ģtre Wu nous a enseign√©e. √Ä un certain moment de votre voyage en taiji, vous pouvez avoir l’impression de ne pas progresser, cependant, si vous avez la croyance mentale, √©motionnelle et physique en ce qu’il a enseign√© et le pratiquez avec diligence, vous pouvez √™tre s√Ľr que vous progresserez. Les r√©sultats sont cumulatifs au fil des ann√©es de pratique quotidienne – cherchez toujours activement √† √™tre ť¨Ü sŇćng et n’utilisez pas la force physique. Rel√Ęchez et l√Ęchez prise, permettez √† l’√©nergie interne d’adoucir notre corps. Si vous vous accrochez √† un vestige de force physique, la v√©ritable √©nergie interne ne se manifestera pas et vous ne pourrez pas l’utiliser.

Si votre propre corps est plein de tension, comment pouvez-vous espérer pouvoir la détecter dans le corps de votre partenaire ?

Conclusion

Restez doux en tout temps, physiquement, √©motionnellement et mentalement. Vous ne devriez jamais avoir besoin d’√©mettre un quelconque pouvoir physique direct pour faire du fńĀj√¨n. Le v√©ritable entra√ģnement √©nerg√©tique interne repose toujours sur la ligne fine ou le fil du rasoir entre le physique et le mental.

Nous devons croire et avoir foi en ce que ma√ģtre Wu nous a enseign√© et pratiquer fid√®lement les principes du taiji. Je crois que ma√ģtre Wu, son professeur le professeur Cheng et la lign√©e des ma√ģtres de taiji remontant dans l’histoire, voulaient que ces principes de relaxation totale et de non-utilisation de la force physique soient pris √† la lettre. Je crois que lorsqu’ils parlaient du taiji comme d’un art interne, ils le pensaient.

Le vrai taiji, centr√© sur l’√©nergie, d√©livre sa puissance d’une pratique calme et d√©tendue. C’est vraiment une comp√©tence myst√©rieuse et digne du nom de taijiquan.

Je veux conclure par quelques mots d’encouragement de notre bien-aim√© ma√ģtre Wu. Il a dit: Si nous suivons le chemin du taiji, nous devrions pouvoir entrer par la porte du taiji. Alors toute contradiction sera automatiquement assimil√©e dans le sph√©ro√Įde de taiji. C’est peut-√™tre ce que nous cherchons au bout du terrier du lapin.


Dominique Clergue
Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie

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