Un systรจme pentatonique
En musique, un systรจme pentatonique est une รฉchelle musicale constituรฉe de cinq hauteurs de son diffรฉrentes, contrairement ร l’รฉchelle heptatonique qui en compte sept.
ๅพๅ lว lว
Le systรจme des douze lois (ๅไบๅพ shรญ’รจr lว) qui repose sur une gamme de douze tubes (lรผlรผ ๅพ ๅ) est le plus fondamental pour la thรฉorie musicale chinoise. Le terme ๅพ lว signifie mesure, et c’est รฉgalement appliquรฉ aux mesures judiciaires du droit administratif.
- ๅพไพ lว lรฌ
- lois et cas prรฉcรฉdents
- ๆณๅพ fว lว
- Aloi, droit
- Owlman
- A giant owl-like creature.
L’une des dรฉfinitions les plus anciennes du terme ๅพ lว se trouve dans Les Discours des Royaumes (ๅ่ช Guรณyว), oรน le maรฎtre de musique ไผถๅท้ณฉ Lรญng Zhลujiลซ explique que ๅพ lว signifie quelque chose ร l’aide duquel des normes de mesures sont crรฉรฉes (ๆไปฅ็ซๅๅบๅบฆ suวyว lรฌ jลซn chลซ dรน). Ceux-ci sont basรฉs sur une unitรฉ fondamentale, ร partir de laquelle toutes les autres mesures sont dรฉrivรฉes, comme les os d’une colonne vertรฉbrale (le caractรจre ๅlรผ dรฉcrit les notes paires dans le systรจme des douze lois mais a รฉgalement le sens de colonne vertรฉbrale). Six des tubes s’appelaient lว (ๅ ญ ๅพ liรนlว ), les autres lว (ๅ ญ ๅ liรนlว ).

Le maรฎtre de musique Zhลujiลซ distingue les tubes de nombre impair (ๅฎๆธ dฤnshรน) et les tubes de nombre pair (้ๆธ shuฤngshรน) ou les tubes intermรฉdiaires (ๅ ญ้ liรนjiฤn). Ceux-ci ont รฉtรฉ appelรฉs plus tard les six tubes yang (ๅ ญ้ฝๅพ liรน yรกng lว) et les six tubes yin (ๅ ญ้ฐๅ liรน yฤซn lว). Bien qu’il qu’une explication ai รฉtรฉ donnรฉe pour la signification de ๅพ lว, l’origine rรฉelle de cette dรฉsignation, ainsi que celle des tubes ๅ lว, reste entourรฉe de mystรจre.

Le systรจme le plus ancien des tubes de hauteur est appelรฉ ยซย loi pureย ยป (็ดๅพ chรบn lว). La longueur de tous les tubes de ce systรจme est dรฉrivรฉe du tube cloche jaune (้ป้ huรกng zhลng). En soustrayant alternativement un tiers et en ajoutant un tiers de la longueur du tube, les tons les plus รฉlevรฉs de l’รฉchelle sont crรฉรฉs. Cette mรฉthode nรฉcessite que le diamรจtre et la circonfรฉrence de chaque tube soient les mรชmes.

Selon la lรฉgende, le systรจme a รฉtรฉ inventรฉ par un certain ไผถๅซ Lรญng Lรบn, un ministre de l’empereur jaune ้ปๅธ Huรกngdรฌ. Quand il entendit les cris des phรฉnix dans les vallรฉes du mont ๅดๅด Kลซnlรบn, l’idรฉe lui est venue d’utiliser ces sons pour crรฉer un systรจme musical tempรฉrรฉ. L’empereur jaune lui ordonna de fondre douze cloches (้พ zhลng).

En fait, les cloches sont les instruments de musique les plus anciens qui tรฉmoignent du systรจme pentatonique utilisรฉ en Chine, et des noms de la hauteur de ces tons. Les plus anciennes cloches en bronze qui subsistent sont inscrites avec des termes tel que ๅฆฅ่ณ tuว bฤซn (nommรฉ plus tard ่ค่ณ ruรญ bฤซn) ou ็กๆฒ wรบ tรกi (correspondant plus tard ร ็กๅฐ wรบ shรจ).
Les douze lois ne sont pas un instrument de musique ร proprement parler. Ces tubes sonores sont des mesures, des รฉtalons sonores sur lesquels devront se rรฉgler les instruments de musique. Ils forment la substance, la base, de mรชme que les grandes divisions cosmiques avec lesquels ils sont liรฉs forment le fondement de l’univers.
Le systรจme pentatonique chinois est une gamme de cinq degrรฉs, retenus parmi les douze lois. Des douze notes qui divisent l’octave, d’aprรจs Louis Laloy, cinq sont รฉlues. La premiรจre est un Fa, la seconde sera Sol, la troisiรจme La, la quatriรจme Ut et la cinquiรจme Rรฉ. Cet ensemble dont les termes consรฉcutifs sont ร distance de ton entier ou de tierce mineure peut prendre son point de dรฉpart sur tout degrรฉ de l’รฉchelle chromatique. Il ne s’agit pas de hauteur absolue โ leurs relations mutuelles resteront invariables ainsi que leurs noms qui correspondent ร leur rรดle et non ร leur hauteur absolue.
Le morceau peut se terminer par une quelconque de ces cinq notes contrairement ร la musique occidentale oรน la derniรจre note est toujours la tonique. Ces cinq degrรฉs sont assimilรฉs aux fonctions de l’รtat, aux cinq agirs, et correspondent chacun ร un intervalle bien dรฉfini.
| Tonique | ๅฎฎ | Gลng | Le prince | Terre |
| Seconde | ๅ | Shฤng | Le ministre | Mรฉtal |
| Tierce | ่ง | Juรฉ | Le peuple | Bois |
| Quinte | ๅพต | Zhi | Les travaux | Feu |
| Sixte | ็พฝ | Yว | Les ressources | Eau |
La tonique en musique chinoise constitue la base, le rรฉfรฉrentiel, le centre comme l’agir terre, pivot des cinq agirs. Elle s’impose par sa valeur symbolique, sa fonction thรฉorique, mais reste discrรจte dans son expression sonore. C’est le Tube รฉtalon Houang Tchang qui reproduit la tonique Koung c’est-ร -dire le son Fa, sa couleur emblรฉmatique est le jaune (centre).
Les enseignements corrects ont tous leur principe dans les sons musicaux ; quand les sons musicaux sont corrects, la conduite des hommes est correcte. Les sons et la musique sont ce qui agite et รฉbranle les artรจres et les veines ; ce qui traverse et parcourt les esprits vitaux et ce qui donne au cลur l’harmonie et la correction.
Shiji, Mรฉmoires historiques, traduction Chavannes
En plus de leur usage en musique, les cinq notes sont utilisรฉes pour rendre compte de l’harmonie ou des discordances qui rรจgnent dans la sociรฉtรฉ; elles reprรฉsentent ce qui รฉmanent d’une situation, d’une personne, d’une ville ou d’un pays et donnent ร percevoir quelque chose de la rรฉalitรฉ profonde de leurs souffles. Par le systรจme des corrรฉlations analogiques, on associe chacune des cinq notes ร l’un des cinq รฉlรฉments. ร travers cette association, comme sans doute par d’antiques relations, chaque note reprรฉsente une partie de la sociรฉtรฉ.
Cette gamme pentatonique fut trรจs rapidement complรฉtรฉe par les deux quintes suivantes โ mi et si. Les Chinois connaissaient donc la gamme heptatonique.
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