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Solstice d’hiver

Célébration du solstice d'hiver à Stonehenge

éŒ•è‡łé»ž dƍngzhĂŹdiǎn

Aujourd’hui, 21 dĂ©cembre 2020, n’est pas un jour tout Ă  fait comme les autres. C’est pour nous, dans l’hĂ©misphĂšre nord, le jour du solstice d’hiver. Et celui du solstice d’Ă©té pour ceux qui vivent dans l’hĂ©misphĂšre sud. C’Ă©tait ce matin, Ă  11 h 02 mn et 19 s, heure de Paris, trĂšs exactement.

Solstice d'hiver

Le solstice d’hiver (ć†Źè‡ł dƍngzhĂŹ) est un terme solaire (çŻ€æ°Ł jiĂ©qi) utilisĂ© par l’astronomie (ć€©æ–‡ tiānwĂ©n). Il Ă©tait appelĂ© jour court (旄短 rĂŹ duǎn) et jour le plus court (æ—„çŸ­è‡ł rĂŹ duǎn zhĂŹ) dans les temps anciens. Aujourd’hui (今怩 jÄ«ntiān), le soleil (ć€Ș陜 tĂ i yang) sera Ă  270 degrĂ©s de longitude. Comme le soleil (æ—„ rĂŹ) est directement sur le tropique du Capricorne, la lumiĂšre du soleil est la plus inclinĂ©e vers l’hĂ©misphĂšre nord, c’est donc le jour le plus court de l’annĂ©e dans l’hĂ©misphĂšre nord. AprĂšs demain, le soleil se dĂ©placera progressivement vers le nord et la journĂ©e s’allongera de jour en jour.

L’élĂ©vation du soleil

L’extrĂȘme (è‡ł zhĂŹ) de l’hiver (錕 dƍng) compte parmi les fĂȘtes les plus importantes en Chine et en ExtrĂȘme-Orient. Elle est cĂ©lĂ©brĂ©e aux alentours du 21 dĂ©cembre, quand le jour est le plus court.

Les origines de cette fĂȘte remontent Ă  la philosophie d’harmonie et d’Ă©quilibre du cosmos (陰陜 yÄ«n yĂĄng). En effet, les jours recommencent Ă  s’allonger aprĂšs cette cĂ©lĂ©bration : ce sont donc les flux d’Ă©nergie positive qui reviennent.

䷗ ćŸ© fĂč

Leur signification philosophique est symbolisĂ©e par le vingt-quatriĂšme hexagramme ䷗, le retour.

  • En haut ☷ ć€ kĆ«n : Le rĂ©ceptif, la terre.
  • En bas ☳ 震 ZhĂšn : L’Ă©veilleur, le tonnerre.

L’idĂ©e du retour est indiquĂ©e par le fait qu’aprĂšs que les traits sombres ont repoussĂ© vers le haut tous les traits lumineux, un de ceux-ci rentre dans l’hexagramme par le bas. Le temps de l’obscuritĂ© est passĂ©. Le solstice d’hiver amĂšne la victoire de la lumiĂšre. L’hexagramme est rattachĂ© au onziĂšme mois, le mois du solstice.

AprĂšs le temps du dĂ©clin vient le retour. La puissante lumiĂšre qui avait Ă©tĂ© chassĂ©e refait son entrĂ©e. Un mouvement se produit. Toutefois ce n’est pas un mouvement contraint : le trigramme supĂ©rieur, ☷ kĆ«n, a le caractĂšre de l’abandon, du don de soi. C’est donc un mouvement naturel, qui naĂźt spontanĂ©ment. C’est pourquoi la transformation des choses anciennes est parfaitement aisĂ©e. Le vieux est dĂ©posĂ©, le neuf est introduit. L’un et l’autre correspondent au temps et n’entraĂźnent donc pas de dommage. Des groupes se forment entre ĂȘtres animĂ©s des mĂȘmes sentiments. Mais ces rĂ©unions s’accomplissent au grand jour, elles correspondent Ă  l’Ă©poque et c’est pourquoi tout effort particulier et Ă©goĂŻste en est exclu, et il n’en rĂ©sulte aucune faute. Le retour a son fondement dans le cours de la nature. Le mouvement est circulaire. La voie se referme sur elle-mĂȘme. C’est pourquoi il ne faut rien prĂ©cipiter artificiellement. Tout vient spontanĂ©ment lorsque c’en est le temps. Telle est la voie du ciel et de la terre. Tous les mouvements s’accomplissent en six Ă©tapes. Le septiĂšme degrĂ© amĂšne ensuite le retour. Ainsi au septiĂšme mois aprĂšs le solstice d’Ă©tĂ© oĂč commence le dĂ©clin de l’annĂ©e vient le solstice d’hiver; de mĂȘme le lever du soleil survient Ă  la septiĂšme heure double qui suit son coucher. C’est pourquoi le sept est le nombre de la jeune lumiĂšre qui naĂźt lorsque le six, nombre de l’obscuritĂ©, s’accroĂźt d’une unitĂ©. Ainsi le mouvement parvient Ă  l’arrĂȘt.

éŒ•è‡ł dƍngzhĂŹ

Boulettes de farine de riz gluant
æ±€ćœ† tāngyuĂĄn

Traditionnellement, la fĂȘte du dƍngzhĂŹ est aussi une occasion de rĂ©unir la famille. En particulier dans le sud de la Chine et dans les communautĂ©s chinoises d’outre-mer, le solstice d’hiver est l’occasion de cuisiner les tangyuan (æčŻćœ“, tāngyuĂĄn), ou balles de riz gluant, qui symbolisent la rĂ©union. Les tangyuan sont faits de farine de riz et sont parfois colorĂ©s. Chaque membre de la famille reçoit au moins un grand tangyuan et plusieurs petits. Ces balles de farine peuvent ĂȘtre pleines ou fourrĂ©es. Elles sont cuites dans une soupe sucrĂ©e ou un bouillon, le tout servi ensemble dans un seul bol.

Dans le nord de la Chine, les gens mangent plutĂŽt des raviolis. On dit que cette tradition a Ă©tĂ© initiĂ©e par le mĂ©decin Zhang Zhongjing (ćŒ”ä»Čæ™Ż) de la dynastie Han2,3. Un jour d’hiver, alors qu’il faisait froid, il vit les misĂ©reux souffrant d’engelures aux oreilles. Compatissant, il ordonna Ă  ses disciples de prĂ©parer des boulettes de pĂąte avec de l’agneau et de les distribuer aux pauvres pour les rĂ©chauffer. Puisque les boulettes avaient une forme d’oreille, Zhang les nomma ainsi : jiāo ěr (ćŹŒè€ł) ; qĆ« hĂĄn jiāo ěr tāng (ç„›ćŻ’ćŹŒè€łæčŻ) signifie « Soupe de boulettes qui protĂšge du froid ». Depuis, la tradition s’est ancrĂ©e et les chinois mangent des boulettes de pĂątes lors de la fĂȘte du solstice d’hiver pour empĂȘcher les engelures aux oreilles.

Origine de la musique et de la danse Ă  la porte du rocher, 1887, Shunsai Toshimasa
Origine de la musique et de la danse Ă  la porte du rocher, 1887, Shunsai Toshimasa

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