Pu Bingru

ๆฟฎๅ†ฐๅฆ‚ Pรบ Bฤซngrรบ 1908 โ€“ 1998

Pu Bingru, nรฉe Yu, รฉtait issue d’une famille d’รฉrudits. ร€ la fin du XIXe et au dรฉbut du XXe siรจcle , sous la dynastie Qing et au dรฉbut de la Rรฉpublique de Chine, sa famille possรฉdait des parts dans une centrale รฉlectrique et un moulin ร  farine. Son pรจre, Pu Qiucheng, รฉtait un lettrรฉ ayant rรฉussi les examens impรฉriaux les plus prestigieux (้€ฒๅฃซ  jรฌnshรฌ) sous le rรจgne de Guangxu (ๅ…‰็ปชๅธ 1871 – 1908). Pu reรงu une รฉducation traditionnelle axรฉe sur la musique, les รฉchecs, la calligraphie et la peinture. Elle excellait en calligraphie et aimait รฉgalement jouer de la flรปte verticale (็ฐซ xiฤo), d’un instrument ร  ร  deux cordes frottรฉes (ไบŒ่ƒก รจrhรบ), d’un luth ร  quatre cordes (็ต็ถ pรญpa) et peindre.

Ye Dami

Le lien de maรฎtre Pu avec le taiji quan a dรฉbutรฉ ร  l’ย รขge de 17 ans,ย lorsqu’elle accompagnait son jeune frรจre, atteint de tuberculose, chez maรฎtre Ye Dami pour apprendre cet art martial.ย Au dรฉbut du XXe siรจcle, le taiji quan รฉtait considรฉrรฉ comme un remรจde miracle contre les maladies chroniques telles que la tuberculose, les maladies cardiaques, l’hypertension et l’arthrite.ย Maรฎtre Pu accompagna son frรจre dans son apprentissage du taiji quan, et commenรงa elle aussi ร  pratiquer. Un jour, elle se porta volontaire pour faire une dรฉmonstration devant maรฎtre Ye, qui en fut ravi. Les spectateurs louรจrent son talent et la qualifiรจrent d’รฉlรจve prometteuse. Maรฎtre Ye lui dit aussitรดt : ยซ Je t’accepte comme disciple gratuitement. ยปย Ce choix fit de Pu une figure importante parmi les trois membres รฉminents de l’รฉcole Yeย avec Jiang Xirong (่’‹้”ก่ฃ 1925-2018), Jin Renlin (้‡‘ไป้œ– 1924-2016)ย et Cao Shuweiย ย (ๆ›นๆ ‘ไผŸ 1934)ย . Ses annรฉes d’apprentissage auprรจs de maรฎtre Ye lui permirent de devenir plus tard une รฉlรจve des maรฎtres Li Jinglin et Yang Chengfu.

Zheng Manqing

Selon Maรฎtre Pu, pendant son apprentissage du Tai Chi, elle รฉtudiait รฉgalement la peinture traditionnelle chinoise auprรจs d’un artiste renommรฉ au sein d’une sociรฉtรฉ artistique. ร€ cette รฉpoqueย , maรฎtre Zheng Manqing, qui รฉtudiait lui aussi la peinture dans cette mรชme sociรฉtรฉ, souffrait de tuberculose et prรฉsentait des symptรดmes tels que la toux et l’hรฉmoptysie. Maรฎtre Pu le prรฉsenta ร  maรฎtre Ye Dami afin qu’il apprenne le taiji quan pour se soigner. Ainsi, maรฎtre Pu et maรฎtre Zheng devinrent non seulement camarades de classe en peinture, mais aussi disciples des รฉcoles Ye et Yang de taiji quan. C’est grรขce ร  cette relation que, encouragรฉ par le pรจre de maรฎtre Pu Bingru, M. Pu Qiucheng, maรฎtre Zheng Manqing รฉcrivit le livre ยซย Le Livre complet du Tai Chiย ยป.

La premiรจre รฉdition de Le Livre complet du Tai Chi Chuan : Thรฉorie et application a รฉtรฉ publiรฉe en fรฉvrier 1934 (la 23e annรฉe de la Rรฉpublique de Chine), imprimรฉe par la librairie Datong de Shanghai et distribuรฉe par les principales librairies de Shanghai et d’autres villes. Le titre de cette premiรจre รฉdition รฉtait inscrit par Qian Mingshan. Treize personnes ont rรฉdigรฉ des inscriptions, dans l’ordre suivant : Chiang Kai-shek, Wu Siyu, Cai Yuanpei, Zhang Renjie, Li Yuying, Wu Tiecheng, Zhang Naiyan, Zhu Qinglan, Zhang Lisheng, Pang Bingxun, Geng Yi, Huang Yuanxiu et Li Pinghan. Aprรจs les inscriptions figure un portrait du dรฉfunt maรฎtre Jianhou. Viennent ensuite la biographie de Zhang Zhenren, la prรฉface de Zheng Manqing, la prรฉface et les notes explicatives de Yang Chengfu, puis le texte principal.

Li Jinglin

Enย novembreย 1927ย , aprรจs l’arrivรฉe ร  Shanghai du maรฎtre Li Jinglin (ๆŽๆ™ฏๆž— 1884-1933), surnommรฉ ยซย l’Immortel de l’ร‰pรฉeย ยป, le maรฎtre Ye et son disciple estimรฉ, le maรฎtre Pu Yu, accompagnรฉs de Chen Weiming, chef de la ยซย Sociรฉtรฉ de Boxe Zhirouย ยป, et de son assistant, Chen Zhijin, รฉtudiรจrent l’escrime de Wudang auprรจs du maรฎtre Li Jinglin.ย Durant leurs entraรฎnementsย ,ย le maรฎtre Pu reรงut frรฉquemment les รฉloges du maรฎtre Li Jinglin. Les succรจs ultรฉrieurs du maรฎtre Ye en escrime de Wudang furent en grande partie dus ร  la pratique assidue du maรฎtre Pu ร  ses cรดtรฉs. Je me souviens qu’auย dรฉbut des annรฉes 1980ย , plusieurs d’entre nous, disciples du maรฎtre Pu, avions organisรฉ une visite ร  notre oncle Jin Renlin au parc Huaihai de Shanghai. Nous y rencontrรขmes par hasard un homme รขgรฉ, M. Sun Yude. Maรฎtre renommรฉ du pipa (un instrument ร  cordes traditionnel chinois), M. Sun avait dirigรฉ l’orchestre national au dรฉbut du XXe siรจcle. Apprenant que nous รฉtions des disciples du maรฎtre Pu Bingru, il se montra immรฉdiatement trรจs bavard. Il nous confia que Ye Dami et Pu Bingru รฉtaient ses amis de longue date et que le maniement de l’รฉpรฉe Wudang par les maรฎtres Ye et Pu รฉtait superbe, d’une beautรฉ formelle remarquable, et qu’il incarnait parfaitement l’esprit des artistes martiaux, procurant ร  chacun une sensation de fraรฎcheur et de vitalitรฉ. Le vieil homme nous raconta รฉgalement que le spectacle le plus rare รฉtait celui du combat ร  l’รฉpรฉe fluide et spontanรฉ entre les maรฎtres Ye et Pu, un style d’entraรฎnement sans formes fixes, s’adaptant aux circonstances changeantes. Il ajouta qu’au rythme de son pipa, les deux maรฎtres semblaient รชtre des gรฉnรฉraux s’affrontant sur un champ de bataille antique, engagรฉs dans un duel fรฉroce et parfaitement รฉquilibrรฉ. Ils avaient maรฎtrisรฉ le style d’escrime Wudang transmis par Li Jinglin ร  un niveau d’habiletรฉ inรฉgalรฉ. Nous, les auditeurs, nous sentions vรฉritablement privilรฉgiรฉs d’avoir assistรฉ ร  un tel spectacle.

En 1928 , les frรจres Yang Shaohou (1862-1930 ) et Yang Chengfu (1883-1936 ) arrivรจrent ร  Nankin . Maรฎtre Ye Dami s’y rendit ensuite pour รฉtudier la boxe, l’รฉpรฉe, le sabre et le bรขton auprรจs d’eux. Maรฎtre Ye intรฉgra des exercices auxiliaires ร  son Tai Chi Chuan ( plus tard connu sous le nom de Tai Chi Chuan style Ye ) , combinant les principales caractรฉristiques des formes larges, moyennes et petites du style Yang, ainsi que des รฉlรฉments du Baguazhang et du sabre Wudang, pour former un style unique qui incarne la sรฉrรฉnitรฉ, la dรฉtente, la vivacitรฉ et une รฉlรฉgance fluide. Ce style est extrรชmement difficile ร  apprendre et encore plus exigeant ร  pratiquer, nรฉcessitant un dรฉvouement total et une comprรฉhension profonde.

Lorsque Maรฎtre Ye partit pour Nankin afin d’apprendre la boxe, trois autres personnes accompagnรจrent Maรฎtre Yang : Chu Guiting, Wu Huichuan et Zhang Yu, l’รฉlรจve de ce dernier. L’Acadรฉmie centrale des arts martiaux ne pouvant les accueillir tous, Maรฎtre Yang Chengfu confia les trois hommes ร  Maรฎtre Ye pour qu’il l’accompagne ร  Shanghai. Tous trois logรจrent chez Maรฎtre Ye, qui les aida progressivement ร  ouvrir leurs propres ateliers. Aprรจs l’arrivรฉe des Maรฎtres Shaohou et Chengfu ร  Shanghai, Maรฎtre Ye recommanda certains de ses รฉlรจves โ€“ Pu Yu et Zheng Manqing, issus de familles plus aisรฉes et dotรฉs d’un talent et d’une aptitude supรฉrieurs pour la boxe โ€“ par l’intermรฉdiaire de Maรฎtre Pu Qiucheng, leur permettant ainsi de devenir disciples de Yang Chengfu. Cela assura la subsistance de Maรฎtre Yang ร  Shanghai. Maรฎtre Pu nous racontait souvent que Maรฎtre Shaohou et Chengfu ne lui avaient jamais fait mal ; au contraire, elle avait l’impression d’รชtre emportรฉe par le vent ou de flotter sur l’eau ( je pense qu’il s’agissait du traitement de faveur que les deux Maรฎtres Yang rรฉservaient ร  leur riche รฉlรจve, Maรฎtre Pu Yu ) . Cependant, le professeur Pu avait รฉtรฉ tรฉmoin de scรจnes tragiques de violences envers des รฉlรจves. L’un de ses camarades, plus รขgรฉ, avait รฉtรฉ projetรฉ contre un mur de briques par le puissant coup de Maรฎtre Chengfu et s’รฉtait retrouvรฉ coincรฉ ร  l’intรฉrieur. Il lui fallut trois ou quatre mois pour s’en remettre complรจtement. Un autre รฉlรจve, s’entraรฎnant au duel au bรขton, fut projetรฉ en l’air par la force du coup de Maรฎtre Chengfu, ce qui fit hurler le professeur Pu, prรฉsent ร  ce moment-lร .

La lรฉgende raconte que le Qigong de Yang รฉtait si parfait que personne n’osait lui demander de faire une dรฉmonstration ! Un jour, alors qu’elle voyait Maรฎtre Shao Hou allumer une lampe ร  opium, Maรฎtre Pu, tenant sa pipe ร  opium, s’รฉcria : ยซ Maรฎtre, Maรฎtre, si vous ne me faites pas de Qigong, je ne vous laisserai pas fumerโ€ฆ ยป Exaspรฉrรฉ par les pitreries de Maรฎtre Pu, Maรฎtre Shao Hou rรฉpondit : ยซ Petite, tu es vraiment agaรงante ! ยป Puis, d’un geste d’รฉpรฉe, il fit danser et tourbillonner la flamme de la lampe ร  opium entre ses doigts. La flamme s’รฉlevait dans les airs avant d’รชtre rattrapรฉe par son doigt โ€“ un spectacle rare qui ravit Maรฎtre Pu. Ce dernier raconta cet รฉpisode avec force dรฉtails, pour notre plus grand plaisir, ร  nous autres รฉlรจves.

Tout au long de sa vie, Maรฎtre Pu fit preuve d’une grande diligence et d’une soif d’apprendre, et elle รฉtudia auprรจs de nombreux maรฎtres. Au dรฉbut des annรฉes 1920 , elle rendit visite ร  l’รฉpouse de M. Zhao Puchu ( qui avait prรฉsidรฉ l’Association Bouddhiste avant son dรฉcรจs ) . Elles รฉtaient apparentรฉes, et bien que jeune, Maรฎtre Pu appartenait ร  une gรฉnรฉration plus รขgรฉe et รฉtait l’aรฎnรฉe de Mme Zhao. ร€ cette รฉpoque, Maรฎtre Pu apprit que le locataire de l’รฉtage supรฉrieur de la maison des Zhao รฉtait le maรฎtre de boxe M. Chen Weiming. Dรจs lors, Maรฎtre Pu fit la connaissance de M. Chen Weiming et devint l’une des premiรจres femmes membres de la ยซ Sociรฉtรฉ de Boxe Zhirou ยป de M. Chen Weiming.

Un jour, lors d’une sรฉance d’entraรฎnement avec ses camarades originaires du Guangdong, Maรฎtre Pu leur fit remarquer avec bienveillance quelques erreurs dans leur pratique. Cependant, au lieu d’รชtre acceptรฉe, elle fut prise ร  partie, ce qui la laissa le cล“ur brisรฉ et en larmes chez elle. Son pรจre, Pu Qiucheng, la consola en lui disant : ยซ Bien que Maรฎtre Yang Chengfu soit dรฉcรฉdรฉ, Frรจre aรฎnรฉ Zhang Qinlin est toujours ร  Shanghai. En tant que ton frรจre aรฎnรฉ, je vais lui demander de venir t’enseigner. Progresser est ce qu’il y a de plus important. ยป Il invita donc Maรฎtre Zhang Qinlin dans sa villa de Wuhu pour enseigner ร  Maรฎtre Pu pendant plusieurs mois, afin de perfectionner sa technique de Tai Chi.

Au dรฉbut de l’automne 1993 , lors d’un voyage en Chine continentale, le maรฎtre Wang Yannian, originaire de Taรฏwan, fit un choix particulier : renoncer ร  visiter des sites touristiques renommรฉs comme le Guangxi, et laisser son groupe se rendre de Taiyuan ร  Shanghai avec ses รฉlรจves pour rencontrer le maรฎtre Pu. Disciple du maรฎtre Zhang Qinlin, dรฉtenteur d’une lignรฉe secrรจte de taรฏ-chi style Yang, le maรฎtre Pu raconta ร  Wang Yannian et ร  ses รฉlรจves comment Zhang Qinlin l’avait formรฉ. Elle confia รฉgalement ร  Wang qu’elle se rendait systรฉmatiquement dans la ville natale du maรฎtre Zhang Qinlin, dans la province du Hebei, pour lui rendre visite lors de ses sรฉjours ร  Pรฉkin. Le respect que le maรฎtre Pu portait ร  son maรฎtre fut un exemple pour nous tous.

En 1975 , un camarade d’รฉcole, accompagnรฉ d’un ami, rendit visite au maรฎtre Li Tianji ร  Pรฉkin. Le maรฎtre Li confia qu’il admirait particuliรจrement le talent de Maรฎtre Pu parmi les pratiquants d’arts martiaux de Shanghai et qu’elle avait participรฉ ร  la dรฉmonstration de tai-chi style Yang lors des premiers Jeux nationaux d’arts martiaux en 1929 , faisant รฉtalage de son รฉlรฉgance et de sa maรฎtrise. Cet รฉvรฉnement fut relatรฉ dans la presse de l’รฉpoque.

Au dรฉbut des annรฉes 1980 , lorsque le professeur Cao Shuwei revint de Hong Kong ร  Shanghai, le maรฎtre Pu me demanda de lui remettre des documents sur l’รฉpรฉe de Wudang. Ce faisant, je rencontrai pour la premiรจre fois mon oncle Cao, que j’admirais depuis longtemps. Lui aussi รฉtait un professeur beau et affable, et malgrรฉ notre premiรจre rencontre, je me sentis immรฉdiatement ร  l’aise. Il me dit : ยซ Votre professeur peut รชtre ร  la fois aรฎnรฉe et cadette. ร€ l’รฉcole Ye, je l’appelle sล“ur Pu. Mais si l’on considรจre qu’elle et le maรฎtre Ye ont tous deux รฉtudiรฉ l’รฉpรฉe de Wudang auprรจs du maรฎtre Li Jinglin, alors elle est suffisamment aรฎnรฉe pour que je l’appelle tanteโ€ฆ ยป Par une heureuse coรฏncidence, Li Desheng, un รฉlรจve du professeur Cao, vint lui rendre visite depuis Wenzhou. Lui aussi se montra trรจs hospitalier et me donna son adresse, nous invitant ร  venir chez lui ร  Wenzhou.

Maรฎtre Pu a transmis aux gรฉnรฉrations futures les postures รฉlรฉgantes, dynamiques, gracieuses, fluides, profondes et harmonieuses du Tai Chi de style Yang, ainsi que la culture de l’รฉnergie interne. De la victoire au championnat de Tai Chi lors des premiers Jeux Nationaux ร  la Confรฉrence Nationale de Dรฉmonstration de Wushu ร  Nanning en 1979 , ses รฉlรจves ont remportรฉ des mรฉdailles d’or en Tai Chi. Humble et avide d’apprendre, elle s’est efforcรฉe de rendre hommage ร  ses prรฉdรฉcesseurs par des actions concrรจtes, tout en transmettant ร  ses รฉlรจves les qualitรฉs de ces derniers.

En septembre 2006 , je suis rentrรฉ ร  Shanghai aprรจs un sรฉjour aux ร‰tats-Unis. Lors d’un รฉvรฉnement, un ami m’a dit : ยซ Maintenant, tu es plus ancrรฉ et tu peux encaisser une plus grande force. ยป J’ai rรฉpondu : ยซ Je ne peux pas te pousser de force, mais je suis impuissant. Si nous entrons en contact, tu ne pourras pas te tenir debout. ยป ร€ l’รฉpoque, il n’a pas compris. Quelques mois plus tard, lors d’un appel tรฉlรฉphonique transocรฉanique, il m’a demandรฉ : ยซ Avant, les mรฉthodes de Maรฎtre Yang pour frapper les garรงons et les filles รฉtaient diffรฉrentes, n’est-ce pas ? ยป J’ai rรฉpondu : ยซ Tu as raison. Maรฎtre Pu รฉtait frappรฉ par l’รฉnergie et l’esprit des maรฎtres, il ne ressentait donc ni douleur ni blessure ; c’รฉtait comme รชtre emportรฉ par le vent ou l’eau โ€“ une force soutenue. Frapper les garรงons se faisait gรฉnรฉralement par des coups brefs et intenses. ยป

Dรฉbut dรฉcembre 2008 , j’ai eu l’occasion d’inviter l’รฉpouse du maรฎtre Ye, le professeur Jiang Xirong, le professeur Jin Renlin et mes condisciples ร  une rรฉunion ร  Shanghai. J’ai รฉgalement invitรฉ M. Li Liqun, ancien directeur du stade des travailleurs du district de Xuhui, qui organisait et animait les activitรฉs de boxe et d’aรฉrobic. Lorsque le nom de Maรฎtre Pu Bingru fut รฉvoquรฉ, M. Li Liqun la loua chaleureusement : ยซ La boxe et le maniement de l’รฉpรฉe de Maรฎtre Pu sont d’une grande beautรฉ et d’une profonde signification. Son ouverture d’esprit et sa magnanimitรฉ sont vรฉritablement remarquables ; elle ne fait aucune discrimination fondรฉe sur l’appartenance ร  une รฉcole. Aprรจs la Rรฉvolution culturelle, lorsque les professeurs Wu Yinghua et Ma Yueliang sortirent de leur retraite pour enseigner la boxe, elle souhaita que tous ses รฉlรจves apprennent d’elle et les guida mรชme personnellement. C’est un geste rare et prรฉcieux. Maรฎtre Pu commanda รฉgalement des photos du professeur Wu Yinghua pratiquant la boxe de style Wu, prรฉservant ainsi sa magnifique posture pour les gรฉnรฉrations futures. C’est รฉgalement grรขce ร  Maรฎtre Pu. Son esprit studieux, son รฉthique martiale exemplaire et sa maรฎtrise exquise des arts martiaux sont un trรฉsor inestimable pour nous, ses รฉlรจves. ยป

รŠtre le disciple de Maรฎtre Pu est pour moi une immense chance. Non seulement il m’a sauvรฉ de la mort en raison de ma santรฉ fragile, mais il nous a aussi permis d’apprendre auprรจs de nombreux maรฎtres renommรฉs et de nous imprรฉgner des enseignements de diffรฉrentes รฉcoles et professeurs. Je suis profondรฉment reconnaissant ร  Maรฎtre Pu pour sa rare gรฉnรฉrositรฉ dans le monde des arts martiaux, grรขce ร  laquelle j’ai pu apprendre de nombreux enseignants et en tirer un grand profit. Bien que ma maรฎtrise ne soit pas encore parfaite, je peux m’inspirer des techniques de mes maรฎtres lors d’รฉchanges avec d’autres passionnรฉs d’arts martiaux, en les expliquant et en les dรฉmontrant. Je peux รฉgalement enseigner le Tai Chi et le maniement du sabre Wudang.

Aprรจs ma retraite, je me suis installรฉ aux ร‰tats-Unis. Aujourd’hui octogรฉnaire, je continue de gagner ma vie en soignant des patients grรขce aux massages internes de la mรฉdecine traditionnelle chinoise (MTC). En octobre 2008 , je suis retournรฉ ร  Shanghai et Xiamen pendant quatre mois. ร€ mon retour aux ร‰tats-Unis, des patients sont venus me consulter et, en me voyant, ils me disaient : ยซ Bienvenue ร  la maison ! ยป L’รฉpouse d’un patient รฉtranger m’a racontรฉ que, souffrant de maux de dos, son mari avait dit en larmes : ยซ Si seulement M. Li pouvait revenir ! ยป J’en ai รฉtรฉ profondรฉment touchรฉ. Malgrรฉ mon รขge, je peux encore recevoir l’aide de nombreux patients. Tout cela, je le dois aux conseils et ร  la formation que j’ai reรงus de maรฎtres comme Pu Bingru. Je tiens ร  leur exprimer toute ma gratitude et je continuerai ร  pratiquer et ร  enseigner la MTC avec ardeur pour leur tรฉmoigner ma reconnaissance. Maรฎtre Pu disait : ยซ Le kung-fu part du poing, le poing repose sur une posture correcte, et la posture sur un bon alignement de la taille et des hanches. ยป Un jour, deux disciples pratiquaient le tui-hoop, et l’un d’eux dit ร  Maรฎtre Pu : ยซ Il est trรจs fort. ยป Maรฎtre Pu rรฉpondit : ยซ Comment peux-tu savoir si quelqu’un est fort si tu ne t’y essaies pas ? ยป Je me suis toujours souvenu de cette premiรจre phrase, en veillant ร  maintenir une posture correcte. Ce n’est que vingt ans plus tard que j’ai compris la seconde et que je l’ai mise en pratique. Elle s’est avรฉrรฉe extrรชmement efficace, me permettant de saisir et d’expรฉrimenter l’art subtil de vaincre la force par la faiblesse.



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