Wang Zongyue

็Ž‹ๅฎ—ๅฒณ

En ce qui concerne l’histoire longue du taiji quan, trรจs peu de documents fiables et historiquement vรฉrifiables existent jusqu’ร  l’arrivรฉe de Yang Luchan (ๆฅŠ้œฒ็ฆ… 1799-1872) ร  Pรฉkin. Yang Luchan est la personne qui a fait connaรฎtre le taiji quan au niveau national. Sa biographie est trรจs connue : il a รฉtรฉ vendu trรจs jeune comme serviteur sous contrat au village de Chenjiagou (้™ณๅฎถๆบ) dans le comtรฉ de Wen (ๆบซ็ธฃ), province du Henan (ๆฒณๅ—). Lร , il apprit le taiji quan auprรจs de Chen Changxing (้™ณ้•ท่ˆˆ 1771-1853). Aprรจs sa libรฉration de la servitude, il est retournรฉ dans sa ville natale dans le comtรฉ de Yongnian (ๆฐธๅนด็ธฃ) de la province du Hebei (ๆฒณๅŒ—) et s’est ensuite rendu dans la capital. ร€ Pรฉkin, il a รฉtonnรฉ le plus grand rassemblement d’artistes martiaux de haut niveau du pays avec un type de compรฉtence qu’ils n’avaient jamais vu auparavant, ce qui lui a valu le surnom de Yang l’Invincible (ๆฅŠ็„กๆ•ต Yรกng wรบdรญ), et dรจs lors il a gagnรฉ une grande renommรฉe pour lui-mรชme et pour l’art du taiji quan. Comme pour tous les maรฎtres avant lui, avant le moment oรน le taiji quan est entrรฉ dans la conscience populaire avec l’arrivรฉe de Luchan ร  Pรฉkin, on sait trรจs peu de choses.

Le nom de Wang Zongyue (็Ž‹ๅฎ—ๅฒณ Wรกng Zลngyuรจ) fait rรฉfรฉrence ร  lโ€™un de ces maรฎtres de lโ€™antiquitรฉ, oรน lรฉgende et rรฉalitรฉ se confondent. Dans le cas de Wang Zongyue, l’auteur du plus cรฉlรจbre classique du taiji quan, nous ne savons que deux choses et mรชme de cela nous ne pouvons pas รชtre certains. La premiรจre est qu’il รฉtait originaire du Shanyou (ๅฑฑๅณ), ou du cรดtรฉ droit (ouest) de la montagne Taihang (ๅคช่กŒๅฑฑ), ce qui le placerait dans la province du Shanxi (ๅฑฑ่ฅฟ, littรฉralement ร  l’ouest de la montagne). Nous le savons car cela est rรฉpรฉtรฉ dans de nombreux articles. Lโ€™autre chose que nous savons, cโ€™est quโ€™il est lโ€™auteur du plus ancien et du plus cรฉlรจbre de tous les classiques du taiji quan. Certains experts remettent encore en question ces affirmations. Par consรฉquent, il est presque impossible de crรฉer une biographie substantielle de Wang Zongyue.

Il existe de nombreuses histoires sur Wang Zongyue, mais presque rien ne peut รชtre prouvรฉ et toutes ces histoires sont sujettes ร  des dรฉbats sans fin. Ces dรฉbats persistent car lorsque les gens parlent de Wang Zongyue, ils parlent en rรฉalitรฉ des origines du taiji quan.

Le rรฉcit traditionnel

Le rรฉcit traditionnel de l’origine du taiji quan, celui qui a รฉtรฉ transmis oralement dans la plupart des รฉcoles, est le suivant :

  • Le grand maรฎtre taoรฏste Zhang Sanfeng (ๅผ ไธ‰ไธฐ) a crรฉรฉ le taiji quan.
  • Plus tard, Wang Zongyue a hรฉritรฉ de ce savoir soit en รฉtudiant directement avec Zhang, soit de quelqu’un appartenant ร  la lignรฉe de Zhang plusieurs gรฉnรฉrations plus tard.
  • Wang Zongyue l’a transmis ร  Jiang Fa (่”ฃๅ‘).
  • Jiang Fa l’a transmis ร  Chen Wangting (้™ณ็Ž‹ๅบญ) ou รฉventuellement ร  d’autres membres de la famille Chen. Jiang a รฉgalement transmis son savoir aux habitants de Zhaobucun (่ถ™ๅ กๆ‘) ร  Zhaobuzhen (่ถ™ๅ ก้Žฎ). [Ici le caractรจre ๆ‘ cลซn signifie village et ้Žฎ zhรจn signifie qu’il s’agit d’une rรฉgion ayant une petite ville centrale qui comprend gรฉnรฉralement plusieurs villages. Le caractรจre ๅ ก peut รชtre prononcรฉ bว”, pรน ou  bวŽo. Lorsqu’il est lu comme bว”, cela fait rรฉfรฉrence ร  un village entourรฉ de remparts. Lorsqu’il est lu comme pรน, il s’agit d’une scรจne. Lorsqu’il est prononcรฉ comme bวŽo, cela fait rรฉfรฉrence ร  un chรขteau. Ainsi, le nom officiel du village devrait รชtre Zhaobucun, mais le plus communรฉment on l’appelle Zhaobaocun. ]

Puisque toutes les รฉcoles modernes de taiji quan, ร  l’exception du style Chen, ont commencรฉ avec Yang Luchan, nous pouvons raisonnablement en dรฉduire qu’il s’agit de l’histoire transmise par Yang, telle quelle lui a รฉtรฉ racontรฉe par son maรฎtre Chen Changxing.

Le village de Zhaobao

Le village de Zhaobao ou Zhaobu est voisin du village de Chen. Autrefois, les deux villages รฉtaient facilement accessibles ร  pied l’un de l’autre. Historiquement, de nombreux membres du clan de la famille Chen vivaient รฉgalement ร  Zhaobao. Le taiji quan y รฉtait รฉgalement largement pratiquรฉ. En fait, Wu Yuxiang (ๆญฆ็ฆน่ฅ„ 1812-1880), l’un des premiers รฉtudiants de Yang Luchan, n’a eu sa rรฉvรฉlation sur le taiji quan qu’aprรจs avoir rendu visite au maรฎtre du village de Zhaobao, Chen Qingping (้™ณๆธ…ๅนณ 1795โ€“1868), un contemporain de Chen Changxing.

L’histoire du village de Zhaobao offre des dรฉtails supplรฉmentaires sur Jiang Fa, le lien crucial entre les รฉtrangers et le village de Zhaobao. Selon leurs archives, Jiang Fa a appris le taiji quan avec un Wang Linzhen (็Ž‹ๆž—็ฆŽ) de la province du Shanxi et a ensuite transmis cette compรฉtence au village de Zhaobao. Selon Jiang, Wang Linzhen lui aurait dit que cet art avait รฉtรฉ crรฉรฉ par Zhang Sanfeng, et que Wang Linzhen l’avait appris d’un taoรฏste itinรฉrant.

Le village de Zhaobao a tenu des registres trรจs clairs et prรฉcis concernant Jiang Fa et sa lignรฉe au sein du village, mais aucun registre de ce type n’existe pour le professeur de Jiang. Ici, le nom et le lieu de rรฉsidence du professeur de Jiang sont identiques ร  ceux de Wang Zongyue, mais le prรฉnom est diffรฉrent. Autrefois, chaque Chinois avait au moins deux prรฉnoms, il est donc possible que Wang Linzhen et Wang Zongyue soient la mรชme personne. Les personnes qui ont รฉtudiรฉ cette question ont trouvรฉ des preuves plausibles que cela pourrait รชtre le cas pour Wang Linzhen et Wang Zongue, citant par exemple que les noms se ressemblent beaucoup si lโ€™on prend en compte les accents rรฉgionaux, etc. Jusquโ€™ร  prรฉsent, cette question nโ€™a pas encore รฉtรฉ rรฉsolue de maniรจre dรฉfinitive.

En 1998, une copie fragmentaire des รฉcrits de Wang Zongyue transmise ร  travers la lignรฉe Zhaobao a รฉtรฉ dรฉcouverte. Il a รฉtรฉ trouvรฉ auprรจs d’une source extรฉrieure aux cercles d’arts martiaux et offre donc un solide soutien ร  la version Zhaobao de l’histoire du taiji quan, en particulier en ce qui concerne la chronologie de Wang Zongyue. Une autre รฉtude indรฉpendante rรฉcente concernant une figure รฉminente des rรฉbellions paysannes de la dynastie Ming a รฉvoquรฉ des rรฉfรฉrences ร  Chen Wangting et Jiang Fa, renforรงant encore l’idรฉe que Jiang Fa a transmis ses compรฉtences ร  Cheng Wangting (้™ˆ็Ž‹ๅปท 1600-1680) .

Jusque dans les annรฉes 1920, cette version de l’histoire du taiji quan รฉtait le rรฉcit historique acceptรฉ par toutes les รฉcoles traditionnelles. Mรชme dans le village de Chen, une vieille histoire selon laquelle Jiang Fa enseignait les arts martiaux ร  Chen Wangting รฉtait populaire. En raison de la nature de la tradition orale, il y avait inรฉvitablement des diffรฉrences mineures entre les versions, mais un consensus s’est dรฉgagรฉ. Ce consensus allait changer avec les รฉcrits de Tang Hao (ๅ”่ฑช 1896-1959).

L’hypothรจse de Tang Hao

Tang Hao a fait des รฉtudes supรฉrieures au Japon et fut un penseur d’influence occidentale, typique de la jeune gรฉnรฉration progressiste de son รฉpoque. Il รฉtait un passionnรฉ d’arts martiaux et connaissait de nombreuses personnalitรฉs de son รฉpoque, dont Yang Chengfu. Comme beaucoup d’autres jeunes gens instruits de cette รฉpoque, il รฉtait consternรฉ par les nombreux vestiges d’une culture fรฉodale dรฉpassรฉe dans ses contacts avec les arts martiaux traditionnels. Il considรฉrait ces รฉlรฉments comme faisant partie de forces plus vastes qui empรชchait la Chine d’enter dans la modernitรฉ. Un exemple classique en รฉtait le culte de Zhang Sanfeng dans les รฉcoles de taiji quan. Il voulait dรฉbarrasser la culture des arts martiaux de ces mythes et superstitions, la rendre plus moderne et utile, un lieu oรน la rigueur scientifique et la vรฉritรฉ devraient prรฉvaloir. Ainsi, Tang Hao entreprit d’utiliser sa formation d’historien pour dรฉmontrer les vรฉritables origines du taiji quan.

Tang Hao a commencรฉ ses recherches dans les annรฉes 1920. Il prouva dโ€™abord que le taiji quan nโ€™avait pas รฉtรฉ crรฉรฉ par Zhang Saifeng. Puis, en 1931, il se rendit au village de Chen. ร€ la fin de ce voyage, il conclut que le taiji quan avait รฉtรฉ crรฉรฉ par Chen Wangting (1580-1660), un membre de la neuviรจme gรฉnรฉration de la famille Chen.

Le manuel de la lance

Cela laisse cependant un problรจme : si le taiji quan est originaire de Chen Wangting, alors comment expliquer Wang Zongyue (Wang serait-il venu avant Chen) ? Tout dโ€™abord, Tang a soulignรฉ des erreurs dans les rรฉcits traditionnels de Wang Zongyue. Puis il a utilisรฉ un livre transcrit ร  la main, Le Manuel de la lance Yinfu (้˜ด็ฌฆๆžช่ฐฑ yฤซn fรบ qiฤng pว”), obtenu dans une librairie dโ€™occasion ร  Pรฉkin dans les annรฉes 1930, pour prouver que Wang Zongyue a vรฉcu vers la fin du XVIIIe siรจcle, bien aprรจs Chen Wangting.

Le manuel de la lance Yinfu obtenu par Tang Hao contenait trois parties : Le manuel de la lance Yinfu, Le manuel de l’รฉpรฉe printemps-automne (ๆ˜ฅ็ง‹ๅˆ€่ฌ› chลซn qiลซ dฤo jiวŽng) et Le manuel du taiji quan (ๅคชๆฅตๆ‹ณ็ถ“ tร ijรญ quรกn jฤซng).

Le manuel du taiji quan trouvรฉ dans le Manuel de la Lance Yinfu est identique ร  celui attribuรฉ ร  Wang Zongyue. Dans le Manuel de la lance Yinfu, il y a une prรฉface รฉcrite par une personne anonyme. La prรฉface indique que l’auteur du Manuel de la lance Yinfu est M. Wang, connu sous le nom de Shanyou Wang (Wang de la province du Shanxi), qui a ouvert des รฉcoles dans la province du Henan, d’abord dans la ville de Luoyang (ๆด›้–‰) vers 1791, et plus tard ร  Kaifeng (ๆด›้–‰) vers 1795. Il a enseignรฉ la philosophie traditionnelle, l’histoire, les arts martiaux et est l’auteur du cรฉlรจbre Manuel de la lance Yinfu.

La conclusion de l’hypothรจse de Tang Hao

  1. Tang Hao a d’abord analysรฉ et comparรฉ les styles d’รฉcriture et les principes de base dรฉcrits dans le Manuel de la lance Yinfu et le Manuel du taiji quan de Wang Zongyue et il en a conclu qu’ils รฉtaient trรจs similaires, de sorte que l’auteur des deux articles devait รชtre la mรชme personne.
  2. Parce que l’auteur du Manuel de la lance Yinfu s’appelle Shanyou Wang, sans aucun prรฉnom mentionnรฉ, Tang pensait que Shanyou Wang รฉtait Wang Zongyue parce qu’il รฉtait รฉgalement originaire de la province du Shanxi et s’appelait Shanyou Wang Zongyue.
  3. Tang a dit que c’รฉtait presque impossible que le Manuel de la lance Yinfu et le Manuel du taiji quan ait รฉtรฉ copiรฉs dans le mรชme cahier et que leurs auteurs fussent des individus diffรฉrents.

Tang en a conclu que Wang Zongyue รฉtait l’auteur du Manuel de la lance Yinfu, et que toutes les informations sur son auteur, telles que des รฉcoles ouvertes dans la province du Henan, d’abord dans la ville APO de Luoyang vers 1791, et plus tard dans la ville de Kaifeng (HP) vers 1795, parlait de Wang Zongyue.

La critique de l’hypothรจse de Tang Hao

Parce qu’il y a des erreurs รฉvidentes dans le raisonnement de Tang Hao, il en a รฉtรฉ critiquรฉ.

La premiรจre hypothรจse de Tang est suspecte. La plupart des gens n’ont jamais lu le Manuel de la lance Yinfu, se basant simplement sur les dรฉcouvertes rapportรฉes par Tang. En fait, pour ceux qui savent lire le texte original, les deux articles sont de qualitรฉs complรจtement diffรฉrentes. Il n’y a pas beaucoup de descriptions en termes de forme ou de principe dans le manuel de la lance, et le manuel contient en grande partie des descriptions de techniques.

  1. Dans le Manuel de la lance Yinfu, il n’y a que quelques phrases dรฉcrivant comment utiliser les principes du Laozi dans la pratique de la lance et comment appliquer certaines รฉlรฉments de la thรฉorie du yin~yang dans les combats. Ce genre de principe appliquรฉ aux arts martiaux existait dans de nombreuses รฉcoles ร  cette รฉpoque et donc les principes exprimรฉs dans ce cas n’ont rien de distinctifs Il est รฉgalement clair que les principes du yin~yang de Liangyi (ๅ…ฉๅ„€ liวŽngyรญ) sont utilisรฉs dans le Manuel de la lance Yinfu. Ceci est diffรฉrent des principes du taiji tels que dรฉcrits dans le Manuel du taiji quan. Ainsi, dโ€™aprรจs la qualitรฉ, la maniรจre, le contenu et le style de ces รฉcrits, il nโ€™y a quโ€™un seul point รฉvident : les preuves suggรฉrant quโ€™ils ont รฉtรฉ รฉcrits par la mรชme personne sont insuffisantes et trรจs probablement fausses.
  2. L’affirmation de Tang selon laquelle Shanyou Wang et Wang Zongyue serait une seule et mรชme personne car tous deux viennent de la province du Shanxi est รฉgalement faible. Il est certain quโ€™il y aurait eu dโ€™innombrables artistes martiaux portant le nom de Wang vivant dans la province du Shanxi.
  3. Il nโ€™existe aucune preuve prouvant que Wang Zongyue ait รฉcrit ces articles ensemble. Tang a fait cette supposition afin de prouver sa thรฉorie. En fait, lorsque Tang Hao a publiรฉ l’article du manuel de la lance Yinfu, il y a รฉcrit de nombreuses notes. Ces notes permettent d’observer que Tang a lu trรจs attentivement cette copie transcrite ร  la main et y a trouvรฉ de nombreuses fautes dโ€™orthographe. La plupart sont des erreurs grammaticales trรจs basiques ou des erreurs dโ€™รฉcriture de bas niveau. La ou les sources de bon nombre de ces erreurs proviennent du ou des transcripteurs et non de lโ€™auteur original. Cette observation rend probable la possibilitรฉ qu’une personne de faible niveau d’รฉducation ait crรฉรฉ la copie et ait commis de nombreuses erreurs de transcription. Par exemple, l’erreur ็จ au lieu de ๆขข se produit six fois. La diffรฉrence entre ces deux caractรจres est minime, mais une personne instruite ne commettrait pas cette erreur, surtout pas de maniรจre rรฉpรฉtรฉe sur plusieurs pages, ce qui suggรจre que le transcripteur ne l’a pas simplement mal orthographiรฉ une fois mais ne connaissait pas la diffรฉrence. De nombreux caractรจres manquent รฉgalement dans les phrases du document.

Sur la base de ces preuves, il est raisonnable d’affirmer qu’il est presque impossible que Shanyou Wang, qui รฉtait enseignant, ait commis autant d’erreurs de ce type dans un article aussi court. Il est beaucoup plus probable quโ€™une personne ayant un faible niveau dโ€™รฉducation ait simplement fait une mauvaise copie manuscrite. Ce genre de problรจme รฉtait trรจs courant dans les groupes dโ€™arts martiaux ร  une รฉpoque oรน les publications รฉtaient rares. De ce document, on ne peut pas conclure que Wang Zongyue รฉtait lโ€™auteur des articles.

Il existe d’autres preuves qui pourraient dรฉmontrer que cette copie manuscrite n’a pas รฉtรฉ รฉcrite par Shanyou Wang. Dans la partie Manuel du taiji quan de la copie, outre l’article de Wang Zongyue, il y avait un autre article รฉcrit par Wu Yuxiang et qui pourrait avoir รฉtรฉ modifiรฉ par des adeptes du style Yang. Mรชme Tang lui-mรชme l’a notรฉ dans ses autres livres mais a oubliรฉ de le mentionner dans celui-ci. Si la troisiรจme hypothรจse de Tang รฉtait vraie, cela impliquerait que la vie de l’auteur Shanyou Wang aurait dรป รชtre postรฉrieure ร  celle de Yang Luchan et Wu Yuxiang, ce qui ne se peut.

Bien que son raisonnement soit erronรฉ ou incomplet, Tang Hao a quand mรชme utilisรฉ ces informations et un raisonnement inappropriรฉ pour conclure que Wang Zongyue ayant vรฉcu vers la fin du XVIIIe siรจcle โ€“ deux siรจcles aprรจs Jiang Fa โ€“ ne pouvait avoir instruit Jiang Fa. Tang Hao. a ensuite fait une sรฉrie encore plus grande d’ hypothรจses hasardeuses, concluant qu’il รฉtait impossible pour Jiang Fa d’avoir enseignรฉ Chen Wangling, et que par consรฉquent Chen Wangling รฉtait le vรฉritable fondateur du taiji quan.

De plus, Tang a รฉgalement trouvรฉ le Manuel de l’รฉpรฉe printemps-automne, un article tirรฉ du Manuel de la lance Yinfu dans un autre manuel du village de Chen. Sur la base de sa conclusion prรฉcรฉdente selon laquelle le taiji quan avait รฉtรฉ crรฉรฉ dans le village de Chen, il รฉtait donc vrai que Wang Zongyue devait avoir appris le taiji quan dans le village de Chen et avait donc รฉcrit l’article aprรจs avoir quittรฉ le village de Chen. C’รฉtait la faรงon pour Tang Hao d’expliquer, sans aucune preuve, pourquoi parmi tous les articles de Wang Zongyue, seul un fragment du Chant des poussรฉes de mains figurait parmi les manuels et les archives de la famille Chen.

La thรฉorie de Tang Hao รฉtait problรฉmatique car il ne pouvait trouver aucune preuve quant ร  l’endroit et avec qui Wang Zongyue รฉtudiait le taiji quan. La seule chose qu’il pouvait dire ร  ce sujet รฉtait que Wang vivait prรจs du village de Chen et qu’il รฉtait donc possible que Wang soit allรฉ au village pour apprendre le taiji quan. De la mรชme maniรจre, il serait รฉgalement possible que les membres de la famille Chen aient appris le taiji quan auprรจs de Wang. L’autre possibilitรฉ est que Wang et Chen aient appris le taiji quan auprรจs d’un tiers. La tendance de Tang ร  prรฉsenter sa conclusion comme un fait face ร  des erreurs logiques รฉvidentes est l’une des raisons pour lesquelles les chercheurs critiquent la mรฉthode historique de Tang comme รฉtant non professionnelle. Si Wang Zongyue avait vรฉcu vers la fin du XVIIIe siรจcle et avait appris le taiji quan dans le village de Chen, il aurait รฉtรฉ presque impossible que le reprรฉsentant prรฉรฉminent du taiji quan ร  Pรฉkin, Yang Luchan, n’ait pas entendu parler de Wang Zongyue dans le village de Chen. Comment Yang a-t-il pu dire que le taiji quan est passรฉ de Wang ร  Jiang puis ร  Chen ?

Les conclusions de Tang nโ€™ont pas รฉtรฉ particuliรจrement bien accueillies par les groupes traditionnels au moment oรน il รฉcrivait. De nombreux contemporains de Tang ont soulignรฉ ร  juste titre les nombreux problรจmes que posaient ses recherches en termes de preuves recueillies et de conclusions tirรฉes. Malheureusement, une grande partie de leur objectif รฉtait รฉgalement hors cible. Ils lui reprochaient essentiellement de sโ€™en prendre ร  la tradition, au lieu de lui reprocher de ne pas รชtre ce quโ€™il prรฉtendait รชtre, un historien professionnel rigoureux et scientifique. Une critique sรฉrieuse est venue de Xu Zhen (ๅพ้œ‡ Xรบ Zhรจn ou ๅพๅ“ฒไธœ Xรบ Zhรฉdลng) dans son livre Le dossier de vรฉrification du taiji quan (ๅคชๆฅตๆ‹ณ่€ƒไฟกๅฝ• tร ijรญ quรกn kวŽo xรฌn lรน, 1937), oรน il a soulignรฉ des erreurs fondamentales dans les recherches de Tang. Un point intรฉressant est que Tang n’a pas rรฉpondu aux critiques de Xu mais a plutรดt soulignรฉ les erreurs de Xu dans ses รฉcrits. Il semble que Tang voulait que les gens croient que Xu avait commis des erreurs importantes dans son livre, de sorte que ses recherches n’รฉtaient donc pas fiables , les partisans et les dรฉtracteurs de Tang n’ont pas compris une vรฉritรฉ fondamentale : ils argumentaient tous deux ร  partir d’un ensemble de prรฉmisses fausses. Certaines personnes pensent que c’est ce que Tang voulait, car la confusion tendait ร  obscurcir ses erreurs et ร  assurer la permanence de ses affirmations dans la communautรฉ chinoise des arts martiaux.

Il est de notoriรฉtรฉ publique que les artistes martiaux dโ€™autrefois tentaient frรฉquemment dโ€™รฉlever leur art en attribuant sa crรฉation ร  un personnage historique cรฉlรจbre et lointain. Ainsi, nous avons des artistes martiaux externes qui attribuent Bodhidharma ร  Shaolin, Xingyi au gรฉnรฉral Yue Fei, Tongbei au maรฎtre taoรฏste Chen Tuan, etc. Comme dans le cas de Bodhidharma, aucune source extรฉrieure aux cercles des arts martiaux n’a jamais documentรฉ le lien de Zhang Sanfeng avec les arts martiaux. Nous pouvons affirmer avec certitude que Zhang Sanfeng n’a pas crรฉรฉ le taiji quan, mais cela ne signifie pas qu’il doit avoir รฉtรฉ crรฉรฉ par Chen Wangting. Il reste encore ร  prouver la cause de Chen Wangting de maniรจre indรฉpendante. Il convient cependant de mentionner que Zhang Sanfeng a รฉtรฉ choisi pour une raison particuliรจre, que le taiji quan est un produit, ou du moins fortement influencรฉ par la philosophie taoรฏste.

Quant ร  la raison pour laquelle les classiques de Wang n’ont pas รฉtรฉ trouvรฉs dans le village de Chen, Tang Hao a oubliรฉ ou n’รฉtait pas conscient du caractรจre de la maturation des connaissances. La comprรฉhension mรปrit avec le temps. Les comprรฉhensions implicites des jeunes deviennent plus claires et plus explicites avec lโ€™รขge. Cela est particuliรจrement vrai en ce qui concerne l’expression de principes sophistiquรฉs de haut niveau tels que ceux capturรฉs dans les Classiques du taiji quan. Ceux-ci ne se cristallisent gรฉnรฉralement que lorsque le maรฎtre et ses compรฉtences atteignent leur stade le plus mature. Wang aurait trรจs bien pu rรฉsumer ses comprรฉhensions dans sa vieillesse, de sorte que ses premiers รฉtudiants comme Jiang Fa ne les auraient peut-รชtre jamais reรงues. Les obstacles bien connus ร  la communication et aux dรฉplacements constituaient des difficultรฉs majeures ร  lโ€™รฉpoque de Wang.

Le rรฉcit officiel

Malgrรฉ tous les problรจmes rencontrรฉs dans ses recherches, les conclusions de Tang Hao sont devenues le rรฉcit officiel ร  partir des annรฉes 1950, aprรจs la rรฉvolution communiste. Sa version de lโ€™histoire est devenue la version politiquement correcte : lโ€™art martial le plus รฉlevรฉ a รฉtรฉ crรฉรฉ par le prolรฉtariat ร  travers des gรฉnรฉrations de dur labeur, au lieu dโ€™avoir รฉtรฉ miraculeusement conรงu par inspiration divine par une figure religieuse enveloppรฉe de mythologie et de superstition. Pendant cette pรฉriode, sous le contrรดle du gouvernement, aucune autre opinion ne pouvait รชtre publiรฉe ni mรชme discutรฉe. Pendant plus de 40 ans, telle fut l’histoire officielle et donc ร  l’abri de toute critique. Les dรฉtails des recherches de Tang n’รฉtaient pas souvent discutรฉs, mais ses conclusions รฉtaient souvent appliquรฉes directement. Dans le mรชme temps, la popularitรฉ du taiji quan a continuรฉ ร  croรฎtre, de sorte que parmi la population en gรฉnรฉral, la majoritรฉ des gens ne connaissaient que le rรฉcit de Tang et aucun autre. Ce n’est que dans les annรฉes 1990 que le dรฉbat a repris dans la communautรฉ des arts martiaux traditionnels. Aujourd’hui, le gouvernement utilise toujours la version de Tang comme rรฉfรฉrence dans toutes les publications officielles.

En rรฉsumรฉ

L’histoire des dรฉbats sur l’origine du taiji quan peut รชtre rรฉsumรฉe comme suit :

  1. Pendant la majeure partie de son histoire, il y avait un seul rรฉcit des รฉvรฉnements, celui qui a รฉtรฉ transmis par Yang Luchan tel qu’il l’a entendu des habitants du village de Chen dans le premiรจre moitiรฉ du XIXe siรจcle.
  2. Dans les annรฉes 1920 et 1930, quelqu’un de l’extรฉrieur du village de Chen, Tang Hao, a tentรฉ de faire du village de Chen le lieu de naissance du taiji quan. En raison de problรจmes liรฉs ร  ses recherches, les groupes traditionnels l’ont rejetรฉe.
  3. La version de Tang Hao est devenue un ยซ fait ยป officiel aprรจs les annรฉes 1950, la seule version accessible ร  tous sauf ร  ceux appartenant aux groupes traditionnels.
  4. Aprรจs la Rรฉvolution culturelle, le gouvernement local du Henan a adoptรฉ la version officielle et a qualifiรฉ le village de Chen de lieu de naissance du taiji quan. Si le gouvernement du Henan a rรฉussi ร  utiliser cette histoire pour stimuler le dรฉveloppement รฉconomique de la rรฉgion, il a รฉgalement rendu problรฉmatique la poursuite de recherches indรฉpendantes. En l’absence de preuves supplรฉmentaires, les membres des groupes traditionnels en dehors du village de Chen croient encore aujourd’hui ร  la version de l’histoire du milieu des annรฉes 1800, tout en remettant en question Zhang Sanfeng en tant que fondateur.

Aujourdโ€™hui, nous ne savons pas qui a reรงu le manuel de Wang ni comment il a รฉtรฉ transmis. La version complรจte du manuel ne fut publiรฉe que vers 1854, aprรจs que Wu Chengqing (ๆญฆๆพ„ๆธ…) l’ait dรฉcouvert ร  Yandian (้นฝๅบ—) une petite ville du comtรฉ de Wuyang (ๆญฆ้˜ณไนก) dans la province du Henan (ๆฒณๅ—).

Wu, gouverneur du comtรฉ de Wuyang ร  l’รฉpoque, s’intรฉressait au taiji quan. Lui et ses deux frรจres avaient รฉtudiรฉ le taiji quan avec Yang Luchan dans leur ville natale de Yongnian aprรจs le retour de Yang du village de Chen. Aprรจs que Wu eut rรฉussi l’Examen Impรฉrial (็ง‘่ˆ‰่€ƒ่ฉฆ kฤ“ jว” kวŽo shรฌ), il devint gouverneur du comtรฉ de Wuyang. Alors qu’il รฉtait en poste lร -bas, il a entendu des rumeurs sur l’existence d’un bon manuel de taiji quan qui existait quelque part dans la rรฉgion. Il se mit ร  sa recherche.

Pourquoi le manuel de Wang a t-il รฉtรฉ dรฉcouvert ร  Yandian ?

Il nโ€™existe aucune trace de maรฎtres de taiji quan dans cette rรฉgion ร  cette รฉpoque. Ces derniรจres annรฉes, il existe une autre version concernant la vie de Wang Zongyue, son manuel de taiji quan et Yandian. Cette version nโ€™est pas populaire et manque de suffisamment dโ€™informations pour lโ€™appuyer, mais elle serait trรจs intรฉressante si elle รฉtait vraie. Selon cette nouvelle recherche, il est dit que Li Yongda (ๆŽๆฐธ้”1762-1851)), directeur du commerce du sel ร  Yandian ร  cette รฉpoque, connaissait le taiji quan. Son deuxiรจme fils Li Jiazhen (ๆŽๅ˜‰่‡ป1806- 1882) enseignait les arts martiaux et jouait dans des piรจces de thรฉรขtre d’arts martiaux dans cette ville. Le pรจre de Li Yongda, Li Helin (ๆŽ้ถดๆž— 1716-1808) รฉtait un artiste martial. La famille de Li vivait dans le village de Tang (ๅ”) du comtรฉ de Boai (ๅšๆ„›) dans la province du Henan, ร  environ 24 kilomรจtres du village de Chen. On dit que Li Chunmao (ๆŽๆ˜ฅ่Œ‚), membre de la huitiรจme gรฉnรฉration de la famille Li, a appris Les treize puissances (ๅไธ‰ๅ‹ข shรญ sฤn shรฌ) avec le maรฎtre taoรฏste Bogong (ๅšๅ…ฌ) dans un temple taoรฏste, le Temple des Mille Ans (ๅƒ่ผ‰ๅฏบ qiฤn zวŽi sรฌ) au nord du village Tang. Ensuite, les frรจres Li Zhong (ๆŽไปฒ), Li Xin (ๆŽไฟก) et leurs cousins โ€‹โ€‹de Chen Wangting du village de Chen, de la neuviรจme gรฉnรฉration, l’ont รฉgalement appris.

Il n’existe aucune trace indiquant exactement oรน Wu Chengqing a trouvรฉ le Classique de Wang Zongyue, comment il l’a trouvรฉ, de qui il l’a obtenu et s’il a obtenu une copie originale ou s’il l’a transcrit aprรจs l’avoir obtenu, il l’a donnรฉ ร  son jeune frรจre Wu Yuxiang (ๆญฆ็ฆน่ฅ„) qui s’est rendu ร  Zhaobao et a appris le taiji quan avec Chen Qingping. Wu Yuxiang fut le principal responsable de la publication et de la popularitรฉ du manuel. Plus tard, Li Yiyu (ๆŽไบฆ็•ฒ), le neveu et รฉtudiant de Wu, a fait plusieurs transcriptions manuelles des Classiques de Wang ; aujourd’hui, ce sont les plus anciennes copies complรจtes connues du texte original. Li Yiyu avait รฉcrit un court article sur la dรฉcouverte de ce Classique. Personne ne sait oรน se trouve la copie originale du Classique de Wang. Mรชme au sein des familles Wu et Li, il n’y a aucune mention de l’endroit oรน est allรฉe la copie originale de Yandian. Certains pensent que la famille Yang avait en leur possession une autre version de ce manuel, mais il s’agissait trรจs probablement d’une simple copie que Yang Luchan avait reรงue de Wu Yuxiang. Aujourd’hui, plusieurs versions de ces textes existent, et les variations sont mineures et se limitent ร  quelques mots seulement.

Il y a quelques dรฉbats mineurs autour de la paternitรฉ de ceux-ci. Certaines personnes doutent de l’existence de Wang et pensent que le vรฉritable auteur รฉtait peut-รชtre Wu Yuxiang lui-mรชme. Cette explication est plausible parce que Wu รฉtait une personne qui avait la capacitรฉ et lโ€™opportunitรฉ de lโ€™รฉcrire, mais jusquโ€™ร  prรฉsent, il nโ€™existe aucune preuve convaincante de cette idรฉe. Si son intention รฉtait d’รฉlever le statut de ces รฉcrits, alors, comme indiquรฉ prรฉcรฉdemment, Wu les aurait attribuรฉs ร  quelqu’un de plus รฉloignรฉ au lieu de quelqu’un de si proche dans le temps, oรน il y aurait de nombreuses personnes vivantes qui pourraient rรฉfuter cette affirmation. En outre, une telle personne devrait รชtre cรฉlรจbre, idรฉalement un nom connu, et non quelqu’un d’aussi obscur que Wang Zongyue. Enfin, Wu รฉtait une personne รฉminente et prospรจre en dehors des arts martiaux, il n’รฉtait pas obligรฉ de le faire et n’aimait pas enseigner le taiji quan en public. Il n’a jamais montrรฉ ces articles ร  des personnes extรฉrieures ร  son cercle familial, ร  l’exception peut-รชtre de Yang Luchan (puisque le village de Chen ne possรฉdait pas ces classiques et qu’il n’y a aucune preuve prouvant que Yang les ai acquis dans le village de Chen.

Enfin, une vieille copie manuscrite des Classiques du taiji quan a fait surface rรฉcemment, antรฉrieure ร  l’รฉpoque de Wu Yuxiang. Il contenait un fragment d’un article รฉgalement trouvรฉ dans le livre de Wu. Cโ€™est une preuve solide que Wu a acquis ces articles ailleurs et nous les a transmis.

D’autre part, dans les nombreuses transcriptions manuscrites de Li Yiyu des Classiques du Taijiquan qui comprenaient les Classiques de Wang Zongyue, de Wu Yuxiang et de lui-mรชme, nous pouvons voir quelques modifications ร  plusieurs endroits, mais pas dans les Classiques de Wang. Cela implique que les articles de Wang provenaient d’une source extรฉrieure et que Li estimait qu’il n’avait pas le droit d’y apporter des modifications.

Wu Yuxiang s’est inspirรฉ de Chang Naizhou

Une autre thรฉorie encore suggรจre que Wu Yuxiang a lu le livre de Chang Naizhou (่‡ไนƒๅ‘จ), en a tirรฉ quelques idรฉes et a รฉcrit les Classiques. Cette hypothรจse est รฉgalement hautement improbable.

  • Premiรจrement, Wu a dรฉclarรฉ que sa vรฉritable comprรฉhension des principes du taiji quan lui รฉtait venue aprรจs avoir rendu visite ร  Chen Qingping dans le village de Zhaobao. La plupart des principes contenus dans le livre de Chang รฉtaient dรฉjร  trรจs connus ร  cette รฉpoque, quelqu’un comme Wu les aurait connus mรชme sans aller au village de Zhaobao.
  • En fait, certaines thรฉories de Chang pourraient avoir รฉtรฉ influencรฉes par le taiji quan. Les archives du village de Chen montrent que Chang a visitรฉ le village et a perdu un combat test avec Chen Jixia (้™ณ็นผๅค), un membre de la onziรจme gรฉnรฉration de la famille Chen. Les archives du village de Wangbao montrent que Chang a appris la lance dans les villages de Wangbao et Tang. Le taiji quan รฉtait enseignรฉ dans les deux villages.
  • Troisiรจmement, si nous comparons les รฉcrits de Chang et de Wang, nous constatons que les รฉcrits de Wang sont d’un niveau de comprรฉhension plus รฉlevรฉ que ceux de Chang. L’รฉcriture de Chang รฉtait spรฉcifique et technique, tandis que celle de Wang รฉtait systรฉmique et thรฉorique. Ainsi, mรชme si Wu avait รฉcrit ces articles, il est peu probable que la lecture du livre de Chang l’aurait beaucoup aidรฉ.

En rรฉsumรฉ

En combinant les idรฉes que lโ€™on croit gรฉnรฉralement vraies ร  partir du rรฉcit traditionnel de lโ€™histoire et des recherches les plus rรฉcentes, voici une version possible des รฉvรฉnements qui peut expliquer tous les faits connus :

  • Wang Zongyue ou Wang Gongyue, entre les XVIe et XVIIe siรจcles, rรฉsidait dans la rรฉgion de Taigu et du comtรฉ de Pingyao, dans la province du Shanxi.
  • Il a appris les arts martiaux appelรฉs treize postures ou taiji quan auprรจs d’un maรฎtre taoรฏste itinรฉrant anonyme qui en attribuait la crรฉation ร  Zhang Sanfeng.
  • Wang aurait pu voyager pour affaires entre les provinces du Shanxi et du Henan.
  • Lors de ces voyages, il est trรจs probablement passรฉ par les comtรฉs de Wen et Boai du Henan.
  • Grรขce ร  ce voyage, Wang aurait eu l’occasion de rencontrer Dong Cheng (่‘ฃๆˆ) et de lui transmettre son savoir-faire.
  • Wang a รฉgalement rencontrรฉ Jiang Fa dans cette rรฉgion et a ramenรฉ le jeune homme chez lui, l’entraรฎnant pendant des annรฉes.
  • Il se peut que Wang ait reรงu quelques classiques de son professeur et qu’il ait ensuite รฉcrit lui-mรชme quelques articles.
  • Wang a transmis ces articles ร  ses รฉtudiants. ร€ diffรฉrentes pรฉriodes, diffรฉrents รฉtudiants peuvent avoir reรงu ces รฉcrits.
  • Plus tard, Dong Cheng a transmis ses compรฉtences ร  Bogong et Dong Bingqian au Temple des Mille Ans.
  • Bogong et Dong Bingqian, ร  leur tour, ont transmis leur savoir-faire ร  la famille Li du village Tang, ร  Chen Wangting au village Chen et ร  la famille Wang du village Wangbao.
  • Jiang Fa a transmis la compรฉtence ร  Xing Xihuai du village de Zhaobao et ร  Chen Wangting du village de Chen. Ainsi, Chen Wangting a appris la posture des Treize dans le Temple de Mille Ans quand il รฉtait jeune, puis l’a รฉtudiรฉe ร  nouveau avec Jiang Fa ร  l’รขge mรปr.
  • Parce que la famille Li avait un commerce de sel ร  Yandian, le Classique de Wang Zongyue y fut dรฉcouvert par Wu Chengqing, puis รฉditรฉ par Wu Yuxiang et Li Yiyu, et finalement publiรฉ par les รฉtudiants de la lignรฉe de Li.

Cette version des รฉvรฉnements expliquerait ce que la thรฉorie ร  source unique du village Chen de Tang Hao ne peut pas expliquer : l’existence d’autres lignรฉes trรจs similaires de taiji quan, notamment celle de Song Shuming. Quoi qu’il en soit, en raison du manque de preuves, nous ne pouvons rien dire avec certitude de qui fut Wang Zongyue. Trop de questions demeurent. Quel que soit le rรฉcit de la vie de Wang qui soit vrai ou plus proche de la vรฉritรฉ, les experts de tous styles n’en admirent pas moins Wang Zongyue en tant que grand maรฎtre des arts martiaux et le respectent pour avoir รฉcrit le texte dรฉfinitif sur le taiji quan, la plus grande contribution ร  l’expression de ses principes. Si la pratique d’une personne ne suit pas les principes de Wang, quoi que l’on fasse, ce n’est pas du taijiquan.



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