Share This Post

Lectures

Le tai chi chuan, une boxe pour les doux

La poussée de Cheng Man Ching

La puissance de la passivité

L’origine du tai chi chuan remonte √† l’√©poque de Huang Ti, l’un des premiers empereurs de l’histoire chinoise √©crite. Il s’est ensuite m√©lang√© √† la philosophie de Laotze, qui croyait au pouvoir de la passivit√©. Les mouvements de tai chi chuan n’ont √©t√© organis√©s que vers la fin de la dynastie Song, il y a environ 800 ans, lorsqu’un ma√ģtre tao√Įste nomm√© Zhang Sanfeng en a con√ßu l’ensemble.

√Ä cette √©poque, les tao√Įstes passaient la plupart de leurs heures de veille en position contemplative. Zhang a r√©alis√© que le manque d’exercice physique pouvait √™tre nocif pour la sant√©. Une fois, il a vu un serpent combattre un oiseau. L’oiseau sautait et piaillait avec enthousiasme tandis que le serpent attendait silencieusement, sa t√™te pr√™te pour l’attaque. Le serpent a frapp√© rapidement et s√Ľrement et a tu√© l’oiseau instantan√©ment. Inspir√© par la facilit√© de l’attaque du serpent, Zhang a √©tabli le principe fondamental du tai chi chuan selon lequel la douceur l’emporte sur la duret√©.

Les disciples de Zhang ont form√© l’√©cole des monts Wudang. Les querelles du temple √©taient courantes √† cette √©poque et le pugilisme est devenu une institution importante chez les moines. C’√©taient des hommes sans soucis mondains qui pouvaient se permettre de consacrer des ann√©es √† l’entra√ģnement dur et √† la vie spartiate pour devenir de bons boxeurs. Les boxeurs Wudang rivalisaient √† cette √©poque avec les bouddhistes du Temple Shaolin, le si√®ge des adorateurs de la force brute et de l’impact physique. Ils √©taient entra√ģn√©s √† fendre une pile de briques d’un coup de main et √† envoyer un homme voler d’un coup de pied. Un stagiaire de Shaolin “obtenait son dipl√īme” en se frayant un chemin √† travers un tunnel √©quip√© d’automates de boxe.

Malgr√© tout l’entrainement de leur force musculaire, les pugilistes de Shaolin n’ont d√©montr√© aucune sup√©riorit√© sur les boxeurs du tai chi Wudang. La vendetta a √©t√© une source d’innombrables histoires pour les √©crivains chinois sur le pugilisme.

Comme en d’autres arts et prouesses, le tai chi chuan a diff√©rentes sectes. L’√©cole √† laquelle appartient le professeur Cheng s’appelle Yang, du nom de son fondateur.

Yang Luchan √©tait un riche fermier de la province de Hebei au milieu de la dynastie Qing, la derni√®re avant la r√©volution de 1911. Homme de bonne nature, il √©tait constamment malmen√© et maltrait√© par les petites brutes locales. Il a donc cherch√© √† se d√©fendre en apprenant le tai chi chuan. Il s’est av√©r√© √™tre un g√©nie et est rapidement devenu le fl√©au des brutes.

Au fil des ans, sa renomm√©e s’est r√©pandue. Il a atteint un tel sommet que la cour de la dynastie Qing lui proposa le poste de doyen de boxe au palais royal. Cela signifiait qu’il enseignerait exclusivement aux membres de la famille royale, tout comme ses fils et petits-fils. Les secrets ne devaient pas √™tre transmis aux filles, dans la tradition de l’√©poque, car elles ne resteraient pas dans la famille.

Lever les mains, Cheng Man Ching
La puissance est d’humeur in√©gale mais explosive

Share This Post

Professeur de qi gong et de tai chi chuan, créateur de l'école Nuage~Pluie
%d blogueurs aiment cette page :