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L’importance du symbolisme dans les arts martiaux internes chinois – 1

Dragon et tigre, encre et couleurs claires sur papier de Kishi Renzan (1805 - 1859)

Les symboles du ciel et de la terre, du yin et du yang, des cinq éléments, du dragon et du tigre.

  1. Les symboles du ciel et la terre, du yin et du yang, des cinq éléments, et du dragon et du tigre.
  2. Les associations avec des animaux, les noms des mouvements, les sinogrammes
  3. Le symbolisme du yÏ jīng

Vue d’ensemble: Le symbolisme est un aspect important et souvent mĂ©connu des arts martiaux internes chinois. Ce premier volet d’une sĂ©rie de trois articles, traite de l’importance et de la pertinence des symboles du ciel et la terre, du 陰 yÄ«n et du 陜yĂĄng, des cinq Ă©lĂ©ments, et du dragon et du tigre.

Le symbolisme dans les arts martiaux internes chinois

Le symbolisme est un aspect important et souvent mĂ©connu des arts martiaux internes chinois. Les symboles liĂ©s aux arts martiaux internes sont souvent rejetĂ©es en Occident comme bagage culturel superstitieux qui a peu de valeur dans l’apprĂ©hension et l’application pratique de ces arts. Cette attitude a Ă©tĂ© de plus dirigĂ© vers les arts internes chinois (慧柶 nĂšijiā ), principalement en raison de la nature dĂ©routante des images utilisĂ©s par les pratiquants d’arts martiaux chinois
qui sont spĂ©cifiques Ă  leur culture, il est difficile pour les Ă©tudiants occidentaux de s’investir dans cet aspect des arts internes chinois. C’est pourquoi, de nombreux enseignants et Ă©tudiants occidentaux tentent d’actualiser et de transformer l’imagerie traditionnelle, de refondre les symboles pour proposer des explications scientifiques, bio-mĂ©caniques dans leur enseignement et pour les applications.

De mĂȘme, les occidentaux tendent Ă  retravailler le processus d’apprentissage
et les programmes des arts martiaux internes chinois qui sont circulaires et plus organiques  en un processus logique Ă©tape par Ă©tape  qui amĂšnent en douceur, Ă  travers une sĂ©rie de niveaux, le dĂ©butant au niveau du praticien expert. Cette approche se caractĂ©rise par une tentative d’analyse des mouvements, des mĂ©thodes de formation et des principes afin qu’ils puissent ĂȘtre divisĂ©es en leurs Ă©lĂ©ments constitutifs. Cette approche plus «moderne» et plus «scientifique» crĂ©e autant de problĂšmes qu’elle tente d’en rĂ©soudre – en fin de compte elle amoindrie ces arts et conduit les Ă©lĂšves Ă  regarder ailleurs pour combler les lacunes perçues. Parce que chaque aspect d’un art interne interpĂ©nĂštre avec un autre aspect, briser les choses en leurs composantes peut effectivement rendre l’apprentissage plus difficile, voire impossible.

Les arts internes chinois ont un caractĂšre fractal. Chaque aspect, chaque partie d’un art comme le ć…«ćŠæŽŒ bāguĂ zhǎng (de la plupart des aspects “de base” au plus “avancĂ©”) est un hologramme qui contient, s’interconnecte et interagit avec toutes les autres parties du systĂšme pour former un tout organique complet. Il est donc impossible d’isoler les composants individuels sans perdre l’essence des arts internes.

L’argument commun mis en avant par le camp moderniste est quelque chose comme: “les vrais combattants n’Ă©taient pas des intellectuels, ils ne savaient pas ce genre de choses. Ils se sont juste formĂ©s Ă  la dure.” En fait, ils ne savaient pas “ce genre de choses.” Le symbolisme est tellement ancrĂ© dans tous les aspects de la vie chinoise, la culture et les coutumes qu’ils ne pouvaient pas Ă©viter de le savoir. La langue Ă©crite chinoise elle-mĂȘme est une collection d’idĂ©ogrammes sur la base de pictogrammes et de symboles. Les “vrais combattants” non seulement connaissaient les histoires, les mĂ©taphores et les symboles, mais pour eux, la simple Ă©vocation d’une histoire, d’une mĂ©taphore ou d’un symbole dĂ©clenchait une cascade d’autres histoires, mĂ©taphores et  symboles associĂ©s. MĂȘme les dĂ©clarations les plus occasionnelles, par la plupart des combattants les plus terre-Ă -terre que j’ai rencontrĂ©s en Chine sont imprĂ©gnĂ©es par la langue du Yi Jing, par la mĂ©decine traditionnelle chinoise, la mĂ©taphysique taoĂŻste, et les classiques comme Les Trois Royaumes et Au bord de l’eau.

Un sous-produit obligĂ© de l’approche «scientifique» est le rejet de la richesse du symbolisme inhĂ©rente aux arts internes. C’est cette caractĂ©ristique qui exprime et communique leur holisme au praticien. Les symboles sont ces mĂȘmes outils nĂ©cessaires pour exprimer l’entitĂ© organique trĂšs complexe, avec ses nombreuses couches multiples et culturellement intĂ©grĂ©es de la rĂ©alitĂ© et de la comprĂ©hension des arts martiaux internes chinois.

Les symboles sont comme un code, un code qui sert Ă  exprimer les aspects de la rĂ©alitĂ© qui sont obscurcies par les limites du langage et d’autres modes d’expression. De cette façon, les symboles communiquent et cristallisent un aspect de l’expĂ©rience directe, ou la vĂ©ritĂ©, qui est au delĂ  des mots – et au-delĂ  du symbole lui-mĂȘme. Les symboles utilisĂ©s dans ce contexte fournissent Ă©galement une plate-forme d’auto-dĂ©couverte, d’expĂ©rimentation et de transcendance. Le symbolisme du nĂšijiā est un sujet vaste et complexe, au terme de cet article, nous allons nous concentrer sur cinq manifestations du symbolisme communĂ©ment rencontrĂ©es dans les arts martiaux internes. Beaucoup de ces symboles et concepts ont chevauchĂ© la mĂ©ditation taoĂŻste, le 憅抟 nĂšigƍng et la mĂ©decine chinoise.

Les cinq manifestations du symbolisme abordés dans cet article sont les suivantes:

  1. Le symbolisme des animaux et l’imagerie
  2. Les symboles cosmologiques: le yīn~yång et les cinq forces
  3. Le symbolisme du yĂŹ jÄ«ng
  4. Les noms de mouvement dans les formes chinoises
  5. Les idéogrammes~pictogrammes chinois

Le ciel et la terre, le yin et le yang

Dans la pensĂ©e chinoise, le ciel et la terre sont considĂ©rĂ©s comme les deux forces opĂ©rationnelles fondamentales. Le ciel est yĂĄng et la terre est yÄ«n. On dit que le ciel (怩 tiān) est venu avant et la terre (期 tǔ) aprĂšs. Dans la cosmogonie chinoise, le ciel et la terre se dĂ©veloppent Ă  partir du Wu Ji (无极 wĂșjĂ­), un potentiel indivisible sans limite. Wu Ji (littĂ©ralement «sans polaritĂ©”) est parfois considĂ©rĂ© comme la vacuitĂ© ou le vide – il s’agit essentiellement d’une matiĂšre indiffĂ©renciĂ©e, indivisible, non polarisĂ©e. Le mouvement survient du nĂ©ant, du vide. Le mouvement est comme le vent, comme un souffle. Il s’agit d’une inhalation et une exhalation, ou d’une ouverture et d’une fermeture. Ce mouvement est le Souffle~Energie ou Qi~Souffle. Ce mouvement, cette polaritĂ© crĂ©Ă© par le Qi~Souffle est le Tai Ji, le «grand pĂŽle» ou «polaritĂ© extrĂȘme.” Avec le Tai Ji, le plus lĂ©ger et le plus transparent du Qi~Souffle monte, et le plus lourd, le plus opaque du Qi~Souffle descend. La lumiĂšre et l’aspect yĂĄng produit le ciel, le yÄ«n et l’aspect lourd produit la terre. Le yĂĄng Ă©met et le yÄ«n reçoit. Les traits forts et pleins du flux vers le bas du trigramme du ciel est reçu par la douceur des “lignes rĂ©ceptives” de la terre. La terre rĂ©pond Ă  son tour, actualisant le potentiel du ciel en lui donnant forme et en renvoyant le Qi~Souffle  vers le haut. Ceci est exprimĂ© comme suit:

Ciel-Terre

De l’interaction du ciel-yĂĄng et de la terre-yÄ«n, le monde que nous connaissons, comme les ĂȘtres humains, avec ses variations saisonniĂšres cycliques, ses rythmes et ses motifs, se dĂ©veloppe. Une alternative au diagramme du Tai Ji , attribuĂ©e Ă  é™łæ‘¶
ChĂ©n TuĂĄn  (871–989) de la dynastie des Song, traduit visuellement le mouvement circulaire du Qi~Souffle qui s’Ă©lĂšve en spirale depuis le centre initiant le mouvement qui crĂ©e les polaritĂ©s le lĂ©ger et le lourd, le mouvement et l’immobilitĂ©, le clair et le trouble, le yĂĄng et le yÄ«n.

Diagramme attribuĂ©e Ă  Chen Tuan (é™łæ‘¶)

Pour le tai-chi-chuan, le xĂ­ngyĂŹquĂĄn et le bāguĂ zhǎng, ces concepts se manifestent dans l’importance accordĂ©e Ă  la comprĂ©hension, Ă  un niveau instinctif, du pouvoir inhĂ©rent Ă  l’Ă©quilibre, des forces d’opposition, ainsi que l’interaction entre le mouvement et l’immobilitĂ©, le vide et la plĂ©nitude, la fermetĂ© et la douceur, ce qui est cachĂ© et ce qui est Ă©vident.

Les cinq éléments ou les cinq puissances

Les cinq Ă©lĂ©ments (äș”èĄŒ wǔ xĂ­ng) sont aussi parfois appelĂ© les cinq puissances (äș”ćŸ· wǔ dĂ©). Les cinq puissances sont intimement liĂ©es Ă  la vie des ĂȘtres humains sur terre. L’interaction du ciel et de la terre, est une polaritĂ© immuable fixe. Elle est intemporelle et immuable. Chez les ĂȘtres humains et le monde naturel, les souffles du ciel et de la terre sont expĂ©rimentĂ©s Ă  travers les cinq puissances, car c’est Ă  travers elles que la vie prend une forme matĂ©rielle et un Ă©tat. Nos sens, les goĂ»ts, les sons, notre capacitĂ© Ă  discriminer, mĂȘme nos organes internes, sont tous considĂ©rĂ©s comme des expressions des cinq puissances. Elles expriment aussi une conception du temps, du mouvement cyclique et du changement. Les cinq puissances opĂšrent en nous de la mĂȘme façon qu’elles fonctionnent dans le monde autour de nous, comme en tĂ©moigne les saisons, le climat et les mouvements des planĂštes.

Le mouvement cyclique inhĂ©rente Ă  ces cinq puissances peut ĂȘtre vu dans le schĂ©ma ci-dessous:

Diagramme Eau~Feu

Les cinq Ă©lĂ©ments peuvent aussi ĂȘtre compris comme cinq forces fondamentales, qui ont des mouvements qui leur sont propres et des capacitĂ©s. Par exemple, l’eau se dĂ©place vers le bas et humidifie alors que le feu se dilate vers le haut, colle et rĂ©chauffe. Cela est particuliĂšrement Ă©vident dans les Cinq Poings ou pour des formes telles qu’elles sont exprimĂ©es en xĂ­ngyĂŹquĂĄn. Chacun de ces mouvements de base crĂ©e une manifestation interne trĂšs diffĂ©rente de jin ćŠČ (force, Ă©nergie, esprit) dans le corps. Cela est schĂ©matisĂ© de maniĂšre trĂšs basique ci-dessous:

Les cinq puissances sont parfois Ă©voquĂ©es de maniĂšre oblique en utilisant les noms d’animaux mythologiques ou emblĂ©matiques. La tortue noire est essentiellement reprĂ©sentĂ©e enlacĂ©e avec un serpent (yĂĄng) pour devenir 玄歊 xuĂĄn wǔ: Le Guerrier Sombre du Nord. Le diagramme ci-dessous montre les formes des quatre animaux emblĂ©matiques. Au centre se trouve l’idĂ©ogramme de la terre.  

Les cinq animaux emblématiques
Les cinq animaux emblématiques

Le dragon et le tigre

Avant la crĂ©ation du diagramme du Tai Ji (au 8e siĂšcle), le yÄ«n et le yĂĄng sont symbolisĂ©s par le tigre (虎 hǔ) et le dragon (韍 lĂłng). Le dragon Ă©tait Ă©galement associĂ© avec le ciel, et le tigre avec la terre.

Dans l’ordre du roi Wen, les manifestations du ciel (yĂĄng) et de la terre (yÄ«n) sont le feu et l’Eau, deux des cinq Ă©lĂ©ments. Le feu est associĂ© au Sud et l’eau avec le Nord. Les manifestations les plus rĂ©pandues du dragon et du tigre sont Le dragon Vert, qui est liĂ© au bois et Ă  l’Est et le tigre Blanc, liĂ© au mĂ©tal et Ă  l’Ouest.

Dans l’ordre de l’empereur Fo-Hi, le dragon Vert est associĂ© Ă  Li (le feu) et le  tigre Blanc est associĂ© Ă  Kan (l’Eau). Ensemble, ils symbolisent le mouvement et le changement:

  • Le bois devient feu – Le dragon bondit vers le haut
  • Le mĂ©tal devient eau – Le tigre se jette sur sa proie

Le dragon est yang. Il symbolise le mouvement de la vie qui croĂźt vers le haut et vers l’extĂ©rieur, comme une plante qui pousse d’une graine. Le dragon Vert reprĂ©sente le tonnerre du printemps et les pluies qui nourrissent les ĂȘtres vivants. Au printemps, le dragon est dit de sortir de sa cachette sous la terre et s’Ă©lever vers le ciel crĂ©ant tonnerre et la pluie. D’oĂč le dragon reprĂ©sente Ă©galement l’incitation Ă  la vie et le mouvement. Le tigre est yÄ«n. Le tigre Blanc reprĂ©sente l’automne, lorsque ce qui a poussĂ© commence Ă  se retirer dans la terre, quand la premiĂšre gelĂ©e vient de tuer les ĂȘtres vivants. Le tigre peut reprĂ©senter la mort, mais aussi le calme et la tranquillitĂ© de la fin d’automne quand il se dĂ©place en hiver. Le tigre est donc aussi associĂ© avec le lac  dont les profondeurs ne peuvent pas ĂȘtre vues. Dans ce contexte, le dragon et le tigre reprĂ©sentent l’ensemble du cycle naturel de la vie et de la mort qui se meut Ă  travers nous et tous les ĂȘtres vivants.

Le Dragon et le Tigre
Le Dragon et le Tigre

Le dragon est associĂ© au trigramme ☳ 震 ZhĂšn : le Tonnerre, reprĂ©sentant l’excitation et le mouvement.

Le tigre est associĂ© avec le trigramme ☱ 慌 duĂŹ : le lac, reprĂ©sentant la gaietĂ©, la sensibilitĂ© et l’Ă©motion.

Ces qualités sont évoquées dans le proverbe chinois: Quand le tigre rugit le vent vient de la vallée. Quand le dragon surgit de gros nuages apparaissent. [1]

Le dragon possĂšde Ă  la fois des associations yÄ«n et yĂĄng. Il peut ĂȘtre yĂĄng en ce qu’il s’Ă©lance Ă  travers les nuages, et yÄ«n en ce qu’il se cache sous la terre – comme dans le mouvement du qi gong: “Le dragon Noir entre dans la grotte”. Lorsqu’il se dĂ©place dans le ciel, le dragon apparaĂźt et disparaĂźt dans les nuages. Le dragon n’a pas d’ailes mais vole Ă  travers une oscillation yÄ«n-yĂĄng, littĂ©ralement «il nage Ă  travers les nuages”: Le dragon se cache maintenant dans la profondeur aquatique, maintenant il va en altitude au plus haut des cieux, et sa dĂ©marche mĂȘme est une ondulation continue. Il prĂ©sente une image de l’Ă©nergie en permanence rechargĂ©e par l’oscillation d’un pĂŽle Ă  l’autre. Le dragon est une crĂ©ature en constante Ă©volution sans aucune forme fixe, il ne peut jamais ĂȘtre immobilisĂ© ou attachĂ©,  il n’est jamais saisi. Il symbolise un dynamisme qui est invisible sous une forme concrĂšte et qui est donc insondable. Enfin, dans sa fusion avec les nuages et les brouillards, l’impulsion du dragon fait vibrer le monde environnant: c’est l’image mĂȘme d’une Ă©nergie qui se diffuse Ă  travers l’espace, qui intensifie son environnement et qui voit son environnement s’enrichir de cette aura [2].

Bien que le tigre soit associĂ© au mĂ©tal, il possĂšde Ă©galement une association avec le vent qui est liĂ© Ă  l’Ă©lĂ©ment bois. Le tigre est reliĂ© Ă  la fois Ă  “l’Ă©nergie bois frĂ©nĂ©tique du printemps et Ă  l’Ă©nergie raffinĂ© du mĂ©tal  Ă  l’automne.» [3] Le rugissement du tigre produit le vent, qui est associĂ© au bois. C’est aussi une rĂ©fĂ©rence Ă  “l’haleine de la nature, ainsi qu’au caractĂšre naturel et frĂ©nĂ©tique du tigre .” Comme le vent, le tigre “va et vient comme il lui plaĂźt, en se montrant soudainement et de façon inattendue, parfois avec une force dĂ©vastatrice.” [4 ] Le tigre est parfois considĂ©rĂ©e comme un animal yĂĄng, mais il tire sa puissance de la terre (yÄ«n) en s’accroupissant en vue du printemps – donc, comme le dragon, le tigre a deux aspects yÄ«n et yĂĄng.

En ce qui concerne le ćœąæ„æ‹ł xĂ­ngyĂŹquĂĄn, le dragon est la premiĂšre forme animale que l’on apprend, et la forme du tigre la seconde. La forme du dragon monte et descend comme son corps qui s’enroule et se dĂ©roule. Les os et les tendons de l’ensemble du corps s’Ă©tendent vers l’extĂ©rieur et se contractent vers l’intĂ©rieur . Ce mouvement ascendant et descendant du dragon ouvre le vaisseau conception et le vaisseau d’assaut. Le vaisseau conception , le vaisseau Gouverneur et
le vaisseau d’assaut sont considĂ©rĂ©s comme un seul mĂ©ridien : le “canal central”. Le canal central doit circuler librement pour que les autres mĂ©ridiens puissent aussi circuler librement. Si le canal central s’ouvre, il est dit que  Â«cent mĂ©ridiens peuvent s’ouvrir” et que puissance et force Ă©maneront sans obstruction. Le tigre utilise son retour pour produire de l’Ă©nergie en accroupissant ou en jaillissant, par consĂ©quent, si elle est pratiquĂ©e correctement, la forme de tigre est dit ouvrir le vaisseau gouverneur qui longe le centre de la colonne vertĂ©brale. Si le vaisseau gouverneur est ouvert, le  yĂĄng Qi clair peut monter Ă  la tĂȘte et au cerveau, et
le vaisseau conception et le vaisseau d’assaut seront Ă©galement ouverts. Quand le tigre “se repose dans sa grotte,” accroupi et rassemblant sa puissance, le qi se rĂ©unit au point Long et fort, . Quand le tigre saute ‘sur sa proie, le point
Porte du destin Ă  l’arriĂšre s’ouvre et le qi dĂ©place vers le haut le long du vaisseau gouverneur.

Dans le bāguĂ zhǎng, les mouvements du corps qui marche et qui dĂ©crit des cercle sont souvent assimilĂ©s au dragon (韍 lĂłng). De nombreux styles de bāguĂ zhǎng contiennent une sĂ©quence appelĂ©e æžžèș«éŸćœąć…«ćŠæŽŒ yĂłu shēn lĂłng xĂ­ng bāguĂ  zhǎng. 王薌霋 WĂĄng Xiāngzhāi (1885-1963), un des plus grands boxeurs internes du 20e siĂšcle, a dĂ©crit la performance de çš‹ć»·èŻ ChĂ©ng TĂ­nghuĂĄ (1848 -1900 ) en bāguĂ zhǎng Comme l’errance, faite d’enroulement et de torsion, d’un dragon divin dans le ciel. [5]  Tout en se dĂ©plaçant comme un dragon de nage, le praticien de 
bāguĂ  est  avisĂ© de “S’asseoir comme un tigre” et  de s’accroupir , «asseyant les kua,” (le pli sur le devant de la hanche). De cette façon on est enracinĂ© dans la terre, prĂȘt Ă  bondir et Ă  sauter avec la puissance et la fĂ©rocitĂ© du tigre. En Occident, nous avons tendance Ă  chercher des correspondances “une Ă  une” entre les choses. Les symboles du dragon et du tigre sont de bons exemples des nombreuses correspondances qui se chevauchent et des relations (dont certaines semblent au premier abord contradictoires), qui sont courantes dans le symbolisme martial chinois.

 Notes:
  1. History of Chinese Philosophy (The Routledge History of Chinese Philosophy), Edited by Bob Mou. London and New York: Routledge 2009, p. 285.
  2. The Propensity of Things – Toward a History of Efficacy in China (Paper), Francois Julien. New York: Zone Books, 1999. p151.
  3. The Lung and the Tiger Image: An Example of Decoding the Symbolic Record of Chinese Medicine. by Heiner Fruehauf, PhD. Classicalchinesemedicine.org. 2008, p. 5
  4. Ibid, p. 3.
  5. Da Cheng Chuan,  by Wang Xuanjie. Hong Kong: Hai Feng Publishing Co. Ltd., 1988. p.40.

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